Superman returns (juillet 2006)

Superman returns (juillet 2006)

De Bryan Singer. Le voilà donc ce nouvel épisode tant attendu (?) du héros à culotte rouge, un Superman de retour conjointement des années 80 (et donc de l’esthétique années 80), de ses multiples adaptations en séries télé et, à l’intérieur même du film, de 5 années de retraite qui lui ont fait perdre la jolie Loïs désormais mariée, avec un enfant et un peu énervée que notre héros soit parti sans dire au revoir (elle a même écrit un article intitulé Why we don’t need Superman?): quel goujat ce superman mais non il est super timide, simplement!… Autant le dire tout de suite, ce nouvel opus est assez décevant : mal construit dans sa progression dramatique et narrative, beaucoup trop long (2h30…) et compensant un scénario quelconque (voire un peu débile à vrai dire) par un déluge d’effets numériques… Long et quelconque, voilà les deux mots qui caractérisent selon moi ce film.

Superman returns, la souffrance l’humanise

Quelques points (tentatives) sont néanmoins à mettre au compte de Bryan Singer (qui, je crois, perd de plus en plus le crédit que lui confèrait l’excellent Usual Suspects). Son Superman est d’abord un héros tourmenté, beaucoup plus humain que héros en somme : la souffrance l’humanise tout au long du film, qu’elle soit morale (“oh, Loïs, tu as refait ta vie, sniff, sniff, tristesse…”) ou physique (il cotoie la mort à la fin du film, se fait tabasser comme un vulgaire terrien etc)… Cet aspect est assez réussi puisqu’il joue sur le contraste entre un statut, une fonction de super héros et une existence finalement beaucoup plus dure à assumer… Singer tente également de dessiner de nombreux doubles à Superman : un double dans la vie quotidienne (CLark, aspect du film qui, lui, est raté), dans la vie amoureuse (le mari de Loïs, qui vole comme lui -du moins en avion…- et qui est aussi capable d’héroïsme) et bien sûr un double dans le mal (Lex Luthor, joué par un Kevin Spacey qui cabotine à souhait!). De même, la figure de la miniature guide le film : la maquette utilisée par Lex pour ses expériences rappelle par exemple non seulement le Metropolis susceptible d’être détruit mais représente aussi un clin d’oeil aux effets spéciaux et à l’esthétique du précédent Superman (le premier). La miniature, c’est aussi (ne lisez pas si vous allez le voir!) le petit Superman qu’est le fils de Loïs (qui semble donc avoir pris le temps de faire connaissance avec Superman avant son départ…). Il est à noter que Mini Superman est asthmatique : un grand pouvoir à assumer conjointement à une infirmité physique, c’est le Singer des Xmen qui parle ici!!!!

Ce Superman Returns est la continuité du premier Superman et joue pleinement sur cette filiation à travers le retour de figures bien connues et donc parfaitement reconnaissables. Pourtant, on n’accroche que difficilement, l’humour tombant souvent à plat tandis que le lieu commun du couple… à trois est traité de manière tout à fait banal. Enfin, le blockbusterestival est une tradition qui se respecte, alors pourquoi pas? Après tout et par ces temps de canicule, 2h30 à l’ombre….

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