L’histoire de « The descent » est simple. Sarah (Shauna MacDonald) a perdu mari et enfant dans un accident de voiture ce qui la plonge dans une sorte d’état second. Un an plus tard, accompagnée de cinq autres femmes, elle accepte de participer à une expédition spéléologique menée par Juno (Natalie Jackson Mendoza), une de ses amies, dans les Appalaches. Seulement voilà, sous terre se cachent des êtres monstrueux et assoiffés de sang, bien décidés à chasser ces nouvelles proies. Sous ses dehors de film d’horreur, cette histoire n’est ni plus ni moins une introspection spirituelle qui aide Sarah à comprendre que son mari la trompait avec la fameuse Juno, qui lui permet de se venger de cette dernière (la scène est géniale de froideur et de répugnance) et, enfin, de retrouver sa fille dans la mort. Certaines scènes, notamment celle dans laquelle Sarah tombe dans une gigantesque marre de sang dont elle ressort couverte d’hémoglobine qui n’est pas sans nous rappeler la fin de « Carrie » de Monsieur De Palma, rendent hommages aux films du genre. Les monstres quant à eux mi hommes mi vampires nous évoquent tantôt les suceurs de sang d’ « Une nuit en Enfer », tantôt le monstre de « The Creek ». Le film a souvent un goût de « déjà vu » mais dans l’ensemble il mérite le détour, spécialement pour la fin qui aurait pu être consensuelle, comme bon nombre d’autres films d’horreur, et qui nous surprend par son originalité. Finalement, cette magnifique blonde fait la paix avec elle-même à plein de niveau. D'aucun diront qu’elle aurait pu faire cette quête sans passer par des grottes encombrées de méchants monstres mais c’eut été moins rigolo et beaucoup moins sanglant !
Magnifiquement interprété par des acteurs au talent souvent inexploité (Sandra Bullock), servis par des dialogues justes et une écriture parfaite, le film de Paul Haggis nous plonge dans la vie d'une poignée de personnages aux âmes "grises". Au delà du thème du racisme qui pourrait sembler être le propos premier de l'histoire, le film traite du manque de communication, de l'incompréhension, de la peur de l'inconnu et de "l'autre", du mal être qui peut habiter tout un chacun. Ici, même les scènes qui pourraient facilement tomber dans la mièvrerie, nous touchent par leur justesse ou leur angle poétique. Un premier film réussi. Personnellement j'ai hâte de savourer le second.
Voilà un film qui ne vaut pas la peine que l'on s'y attarde. l'histoire est non seulement inintéressante mais également tirée par les cheveux et cousue de fil blanc. Jodie Foster campe ici le rôle d'une mère de famille qui vient tout juste de perdre son mari dans un accident. Quelques jours après, elle rapatrie le corps du défunt aux Etats Unis et embarque avec sa fille de six ans à bord d'un avion ultra moderne dont elle a conçu quelques équipements. Commence alors pour elle l'aventure : sa progéniture disparait durant le vol et reste introuvable malgré les efforts de l'équipage pour la retrouver. Si la première heure du film nous plonge dans l'univers de la paranoïa (sujet qui aurait peut être mérité d'être un peu plus fouillé), la seconde partie, qui nous mène à la révélation finale, verse sans aucune transition dans un scénario terre à terre et totalement dépourvu d'originalité. Les acteurs ne sont pas "mauvais" mais ne sont pas crédibles non plus. Jodie Foster tient quasiment le même rôle que dans "Panic room" à ça près qu'elle n'est plus enfermée dans une maison mais dans un avion. Et le méchant (Peter Sarsgaard) est très peu convaincant dans son rôle de pirate de l'air. La mise en scène est quasi inexistante et les effets spéciaux peu marquants pour un thriller. Bref, un film qui n'apporte rien et qui, à certains moments, est limite ennuyeux.
Assez éloigné de l’univers glauque et malsain auquel il nous a habitué dans ses films précédents, David Cronenberg aborde dans son dernier long métrage le thème de la famille et de l’amour absolu. L’histoire est servie par une poignée d’acteurs talentueux : Viggo Mortensen (Tom Stall) endosse avec brio le rôle d’un ancien meurtrier qui mène un combat contre lui-même et fait tout pour que son ancienne vie de malfrat ne ressurgisse pas sur sa petite vie paisible et rangée de père de famille, en élimant tour à tour les éléments qui le lient à son passé ; Maria Bello (Edie Stall) est parfaite dans son rôle d’épouse coquine et mère protectrice, Ashton Holms qui interprète ici le rôle de Jack, le fils de Tom et Edie, nous montre rapidement qu’il porte en lui les stigmates violentes de son géniteur ; Ed Harris est époustouflant en tueur charismatique qui recherche a tout pris à lever le voile sur l’identité de Tom, quant à William Hurt, il nous séduit dans sa prestation courte mais intense du frère vindicatif et vénal. L’univers est noir et d’une violence inouïe, sans jamais cesser d’être drôle, et rappelle l’ambiance des films nippon de Takeshi Kitano. A voir absolument et armé d’humour pour ceux qui ont l’âme sensible.