Film vu par un pèlerin ayant connu le GR 65 et le Camino francès avant l'année sainte 1999.
Un groupe en marche vers Compostelle, neuf individus qui sont là les uns par cupidité ou fidélité, les autres pour leur besoin d'aimer ou d'être aimés, de grandir ou se transformer.
Le film est servi par de bons acteurs qui campent des personnages dont on ne peut pas dire qu'ils soient toujours tout en finesse. Les personnages et le pèlerinage sont traités avec un trait caricatural, souvent épais, loin de la réalité d'un pèlerinage, proche de ce qu'est devenu le chemin de Compostelle. Certains pèlerins regretteront de voir leur expérience pèlerine dénaturée par des excès ou exagérations. Les portraits d'hommes et femmes d'Eglise feront sourire ou grincer des dents. J'ai ri souvent dans la première partie et apprécié les trouvailles de plusieurs scènes. Les longueurs sont-elles voulues pour faire prendre conscience de la monotonie du chemin ? Les paysages sont magnifiques mais les personnages, fermés sur leurs histoires personnelles, y sont pour la plupart insensibles. Il vit sur lui-même sans contacts avec le monde extérieur. Il est d'ailleurs frappant de constater à quel point le monde extérieur au groupe est inexistant dans ce film, en dehors de quelques personnes en décors. Comme les pèlerins passent la frontière avec l'Espagne, le film franchit une barrière lorsqu'il passe de la caricature au symbolisme et aux rêves. De style différent, cette seconde partie n'est pas traitée avec plus de nuances que la première. Les personnages se transforment. La magie du chemin joue sans cacher ses effets. Le final a été construit pour "faire pleurer dans les chaumières du 9-3". Il est à l'image du film : réussi dans le style choisi.