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Fiche de Martin9244


  Martin9244
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Ville : Nantes (France)
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Description :


Ce membre a posté 50 critiques

La vie est belle   (n°19152)
Le : 20/07/2005 à 18:12:03
Critique :
La vie est belle" est vraiment un film magnifique qui a bien mérité tous les prix qu'il a reçut. Il y a eu une grande polémique à sa sortie : peut-on rire de tout ? A cette question, ce film apporte un "oui", car derrière son allure de conte de fée drôle et original, on découvre les coulisses d'un massacre fait de sang froid. Des scènes anodines et silencieuses qui valent plus qu'un long discours (ex: le chaton sur les vêtement de sa maitresse venant d'être gazé), une gaité apprente qui cache le plus profond désespoir, un sacrifice par amour, donnent à nos rires un goût de larmes. Lorsqu'à la fin, sous les paroles crédules et naïfs d'un enfant, on se surprend à pleurer, on réfléchit sur l'inhumanité des hommes et sur le courage de certains d'entre eux face à ces dernier. Ici, on n' pas besoin d'un décor et d'un scénario glauque au plus que possible pour exprimer avec autant de force la barbarie humaine. Un splendide hommage à l'amour et à la vie
L'age de glace   (n°19151)
Le : 20/07/2005 à 18:10:22
Critique :
Tremblez, amis animateurs 3D, Pixar, Dreamworks et autres... vous avez un nouveau concurrent : Blue Sky Studio !
L'équipe de Blue Sky signe avec ce petit bijou de film d'animation son contrat de réussite assurée !
Mélant une aventure captivante emportant des personnages aussi charismatiques que drôles à un design et une réalisation lisses et originaux, L'Age de Glace s'impose comme LE film d'animation tout public de la saison (bon... OK, avec Shrek).
Le film débute directement par l'élément perturbateur : Scrat, cette petite bestiole mi-rat mi-écureuil, avec l'envie irrépressible d'enterrer un gland chèrement récupéré avant l'ère glaciaire... qu'il a déclenché. La scène d'introduction donne tout le ton de l'histoire et "présente" un petit perso qu'on aurait peut-être aimé voir un peu plus, mais, "point trop n'en faut", d'ailleurs, c'est sur quoi se base le film qui arrive à rassembler intelligemment tous les clichés du genre, les gags, etc. sans sombrer dans l'exagération.
Parlons un peu du design : WAAA ! c'est bô ! c'est simple, c'est lisse (certain trouveront que ça l'est peut-être un peu trop), mais c'est vachement beau et bien fignolé. Y'a pas un grain qui dépasse, les effets d'ombre et de lumière, la réalisation de l'attraction terrestre, ... tout cela est moulé parfaitement. Ils ont colorié l'Age de Glace sans dépasser des bords... et voilà le résultat, je le redis : c'est beau. Viennent aggrémenter le désign, toutes les actions de vitesse parfaitement reproduites et certains plan nouveau dans l'animation par ordinateur qui rendent le film original et fièrement fun.
Côté scénar, pas de quille ! l'histoire coule son fil. C'est parfois drôle, parfois triste, parfois hilarant, parfois nouant : construit dans une certaine diversité qui plaît par l'emboîtage parfait des différences de ton, L'Age de Glace ne déçoit sur aucun point (enfin, du moins ne ME déçoit sur aucun point...).
Autre bon coin : les voix ! ça c'est du casting ! Gérard Lanvin (il a le vent en poupe ce Lanvin en ce moment), Elie Semoun, Vincent Cassel, ... Y'en a pour tous les goûts !
Là ou un Disney ne réussirait qu'à enjouer les plus jeunes (je pense à Monstres et Cie, très bon, mais surtout pour les plus petits, à mon avis), ou a plonger tout droit dans l'épopée animale tristounette (comme dans Dinosaures), Blue Sky cuisine tous les bon points du genre et nous fait un joli gâteau à parts égales pour petits et grands, où règnent humour décapant, amitiés et déchirures...
Et la morale dans tout ça ! ne vous en faîtes pas, elle arrive... le clan soudé, voilà la morale, l'amitié et la convivialité entre personnes d'un même groupe, la mise à part de toutes les rencoeurs (Diego le tigre à dents de sabre, envoyé par ses semblables pour anéantir Manfred le mammouth et le bébé recueilli, qui laisse tout de côté pour préférer rester dans ce groupe soudé), être bien et aimer être avec les personnes qu'on apprécie... mais laisser de côté ses rencoeurs envert l'autre, ici l'homme : Manfred sait que les hommes tuent les mammouths pour se nourir, mais il va quand même aider le bébé... elle est pas belle la morale ? et ce qui est encore mieux, c'est qu'il faut creuser un peu (pas trop quand même) pour la trouver. Les morales trop voyantes, c'est peut-être ça qui rend certains dessins-animés un peu "niais", ou encore "cucus"... non ?
Et pour égayer un peu tout ça d'un humour de situation bien plaisant, monsieur Blue Sky n'a pas oublié les persos modèles du gaffeur : Sid le paresseux, Scrat l'accident ambulant du début à la fin et les Dodos apparaissant dans une scène déjà culte... mais je vais finir par aller un peu trop loin... ces personnages types fonctionnent tellement bien dans ce film qu'il serait bête de les oublier...
En cette période estivale, c'est bon un film qui rafraichit (dans tous les sens du terme).
AMI ! fonce dans ta salle obscure voir l'Age de Glace, tu ne seras pas déçu...
Tu aimes les belles images, la déconne et les z'animos ! cours encore plus vite, allez, va ! va

Lost in translation   (n°19150)
Le : 20/07/2005 à 18:07:02
Critique :
Ce film est une duperie totale. Se voulant subtil et doucement mélancolique il ne sait provoquer qu'un ennui abyssal et consternant. Lost in translation est l'exemple typique du faux chef d'oeuvre ; inutile, laid et prétentieux. Le spectateur floué subit, impatient, les errements de deux américains ne se connaissant pas mais qui, venus plus ou moins contre leur gré séjourner une semaine à Tokyo se rencontrent dans les couloirs d'un hôtel d’affaire, duquel on se demande s'ils ont le droit de sortir...
L'éventuelle profondeur et vérité de ces deux protagonistes, ne semblant ne savoir exprimer qu'un ennui lancinant mêlé d'une sorte d’indécision perpétuelle est attendue toute la durée du film, jusqu’à ce que l’on constate, déçu mais finalement pas surpris, que ce film aura été un prétentieux navet psychologique qui n'a rien à dire. Comment les personnages peuvent-ils perdre autant leur temps à s’asseoir devant leur fenêtre à mâcher leur langue ?
Ils se regardent sans fin avec tendresse et compréhension mutuelle, on espère alors les voir se mettre à nu, émotionnellement parlant car on convient vite qu'il ne s'agira pas d'une relation charnelle. Mais rien.
Il se peut que, cherchant à éviter ce piège classique qui consiste à filmer la relation d'une jeune fille malheureuse en couple et d'un monsieur en pleine crise de la cinquantaine, la réalisatrice nous déroute en nous servant un film faussement pudique sur une amitié dont les fondements sont l’ennui et la désinvolture permanente. En cela, les personnages (principaux – mais il n’y a pas de rôles secondaires, tous les autres personnages faisant office de décor) ont raison de se respecter l’un et l’autre, étant sur la même longueur d’onde qui
consiste à ruminer intérieurement leurs pauvres coeurs tristounets au possible. En outre, il y a le mépris latent, que semble leur inspirer la société japonaise moderne. On ne verra aucun rapport humain chaleureux même lors de leur unique soirée, dite de l'"évasion" (comble du pathétisme de ce film !) avec la population locale. Une caricature de la nuit japonaise ringarde, remplie d'enluminures factices nous est alors donnée à voir, parmi laquelle nos deux complices, en manque total de tendresse mais ayant choisi de ne pas se câliner, par une espèce de convention cinématographique qui consiste à abuser du regard des personnages pour éviter de sombrer dans la banale histoires d’amour, ricanent en se saoulant vaguement, pour se donner le courage de ne rien oser. Ainsi, S. Coppola croit surprendre, quand elle nous afflige d’un scénario mortellement creux, dont la récompense aux oscars 2004 n’est parfaitement pas méritée.
Dans ce décor de foutaise et dans cette histoire sans surprise ni rebondissement, on tente de s'attacher tout de même à la présence et au jeu des acteurs, qui ne sauront nous inspirer finalement nous inspirer qu'ennui et même pitié ! La relation entre ces deux personnages, qui se ressemblent sans se ressembler et se reconnaissent dans leur sentiment de ne pas être à leur place, possède un potentiel de départ mais qui ne sera jamais exploité, la réalisation ne leur donnant à aucun moment l’occasion de vivre des sensations fortes d’amour ou d’amitié.
Ainsi, ce film qui prétend mettre en scène une trame narrative subtile avec des sentiments tout en clair obscur, ne révèle qu’un manque d’imagination, dans un film complaisant qui consiste en la mise en scène vacillante de deux êtres pétris d’ennui moribond et dont le conformisme faussement dénoncé ici ne leur permet que d’exprimer des attentes et des regrets envers ce qu’ils sont venus y faire.
L’ambiance intimiste qui semble poindre au début de chaque scène est très vite gâchée, empoisonnée par cette espèce de détachement, de bras ballants créant l’illusion d’un comique qui n’en est pas vraiment un.
Il est probable que même si l’on n’est pas crispé par la platitude du jeu et de l’action de ce film, même si l’on a adoré ‘Amélie Poulain’ et trouvé ‘Elephant’ intéressant, on peut se trouver déçu, se sentir un peu malmené, voire vaguement châtrés par ce spectacle

Blade runner   (n°19149)
Le : 20/07/2005 à 18:05:26
Critique :
BLADE RUNNER ou comment rydley scott a realise le film de science fiction le plus abouti de tous les temps;plusieurs chose font de ce film un film cultes 1)la mise en scene qui est ici remarquable ,rydley scott a tt simplement realise ici son meilleurs film 2)les decors qui sont hallucinant comme quoi on peut realiser des choses merveilleuses ss l'appui constant des ordinateur .je tient a souligner que pour moi jamais un film n'a egaler la qualite des decors de blade runner 3)les acteurs qui sont tous parfaits harrisson ford est impeccable rugter hauer est remarquables d'ambiguite et sean young est tt simplement parfaite dans son role de femme fatale 4)l'histoire qui est tt a fait realistes et bien en phase avec l'epoque(il y'a juste le voyage dans l'espace qui peut paraitre impossible pour l'epoque mais comme philip k dick a ecrit cette nouvelle avant les annees80 ,il ne pouvait pas prevoir la date des premiers grands voyage dans l'espace)la transposition de rydley scott est remarquables meme si il ne respecte pas entierement le livre de philip kinder dick 5)la musique est sublime et tt a fait coherente avec l'univers noir du film 6)le film est un hommage aux films des annees 40 avec un personnage de femme fatale un detective des personnages ambigue .il suffit de voir la scene entre harrisson ford et sean young dans l'appartement d'harrisson ford pour se convaincre de l'hommage appuye de rydley scott aux films noir des annees 40 6)le film est avant tout une formidable reflexion sur le rapport homme machine ,sur l'intelligence artificielle sur le devenir de l'humanite ,sur l'emergence tres prochainement de megapole ,de ville ecrasantes puantes noir ou l'humanite sera condamne a vivre dans la noirceur la plus totale.je suis sur qu'en 2019 la ville de los angeles sera aussi noir que celle decrite dans le film .le film pose aussi une reflexion sur les sentiments que peuvent ressentir les androides et la volonte de leur createur de les faire a tt pris ressembler a l'homme comme si celui ci serait l'etre parfait 7)la fin qui est remarquables (harrisson ford est la remarquables car apres avoir ramasse la licorne ,il comprends encore mieux son devenir et la ,il prends peur devant sa destinnee harisson ford exprime une angoisse presque palpable)oui harrisson ford est un replicant ,et c'est en ce sens que la fin est grande car elle pose le probleme de l'identite et de la ressamblance homme/machine.tt ca pour dire que si vous ne deviez voir q'un film de sf courez louez BLADE RUNNER ,enfermez vous chez vous et regardez le dans le noir pour encore mieux ressentir le film,le chef d'oeuvre
Le masque de Zorro   (n°19148)
Le : 20/07/2005 à 18:04:17
Critique :
Don Diego de la Vega ( Anthony Hopkins ) est un riche aristocrate californien. Il est l'époux heureux de la charmante Esperanza, et le père de la non moins adorable Elena. Mais il est aussi Zorro, le défenseur des faibles opprimés par l'odieux Don Rafael Montero ( Stuart Wilson ). Ce dernier s'apprête à faire fusiller trois paysans innocents dans le but de capturer son ennemi. Le sauvetage des trois malheureux a bien lieu comme prévu. Mais Don Diego est arrêté et emprisonné quelque temps plus tard. Sa femme est tuée par un soldat, sa fille enlevée par don Rafael. Vingt ans ont passé. Don Rafael revient d'Espagne avec Elena ( Catherine Zeta Jones ) qui se croit sa fille, ainsi qu'un grand projet : acheter la Californie au Général Santa Anna avec l'or qu'il extrait en secret d'une mine. Pendant ce temps, Don Diego s'est échappé et entreprend la formation du jeune Alejandro Murrieta ( Antonio Banderas ) dont le frère a été tué par l'âme damnée de Rafael, le capitaine Harrison Lowe ( Matt Letscher ).
La légende de Zorro est fortement attachée à cette période du milieu du dix-neuvième siècle qui précède de peu celle des westerns qui étaient fort en vogue dans les années 60-70, et qui ont à peu près déserté le paysage cinématographique actuel. Il faut dire qu'ils ne se prêtent guère à l'intervention quasi obligatoire des effets spéciaux numériques. Et puis les modes ne s'expliquent pas toujours très bien ! Martin Campbell a renouvelé avec bonheur ce mythe qui s'épuisait quelque peu. Les scénaristes ( au nombre de sept !) ont eu l'ingénieuse idée de dédoubler le personnage et en introduisant l'initiation de celui qui remplace l'enfant que don Diego a perdu. Les chevauchées et combats inhérents à l'histoire, ici agréablement gonflés d'énergie et de panache, alternent avec des scènes intimistes, le tout parsemé d'humour et de sensualité (la scène de duel entre Alejandro et Elena dans l'écurie). Cette cohabitation donne naissance à une oeuvre sensible et palpitante, habitée par un choix particulièrement judicieux des acteurs. Catherine Zeta Jones irradie de beauté et de volonté farouche. Antonio Banderas est totalement à l'aise dans ce personnage de bandit aussi fougueux qu'ignorant. Le capitaine Love est un odieux individu, cruel et glaçant. Quant à Anthony Hopkins, que l'on n'attendait pas spécialement dans ce rôle (mais y en a-t-il un dans lequel il n'excelle pas ?), il se montre toujours aussi impressionnant de charisme et de sensibilité.
Au final, un très agréable divertissement, soutenu, qui plus est, par une musique discrète et superbe.

Ace Ventura, détective chiens et chats   (n°19147)
Le : 20/07/2005 à 18:02:39
Critique :
Une énigme policière originale et drôle, mais qui n'est pas sans rappeler un film Disney, si on excepte la fin.
Ace Ventura (détective animalier) a la mission de retrouver un dauphin kidnappé. L'épaisseur de l'intrigue se résume à ça, et le scénario reste quelque peu grotesque, ou du moins en ce qui concerne le dénouement final très "surprenant"...
Mais cela reste très drôle du moment qu'on a rien à reprocher à Jim Carrey et aux gags lourds. L'exagération est la devise de ce film qui ne restera pas dans les annales mais qui a eu le mérite de révéler, avec aussi "The Mask", Jim Carrey

A.I. Intelligence artificielle   (n°19146)
Le : 20/07/2005 à 18:01:54
Critique :
Attendu, A.I l'était. Peut-être même un peu trop. Tout comme peut l'être l'oeuvre posthume d'un génie, celle de Kubrick en l'occurrence. Pour être tout à fait clair, on dira que le fait d'avoir refilé le bébé à Spielberg n'était peut-être pas la meilleure idée qu'a pu avoir le grand Stanley.
Mais commençons par le commencement: adapté d'une nouvelle de Brian Aldiss, le film était depuis longtemps (la fin des années 70) en germination dans l'esprit de Kubrick. En ayant acheté les droit à son auteur, dont il était devenu l'ami, il avait du attendre les progrès de la technique et les avancées d'un scénario fleuve qu'il peinait (c'est dire la coriacité du sujet) à coucher sur papier.
Il ne finira jamais son scénario, en fait écrit par Spielberg, et encore moins ne commencera son film. Mais le grand bonhomme était persuadé que Spielberg était l'homme de la situation pour réaliser.
Evidemment, à la vision de ce produit étrange, mystérieux, hybride, on est forcément dérouté. Que l'on connaisse l'univers de Kubrick -de nombreuses références émaillent l'oeuvre- ou non. Car A.I, qu'on le prenne pour un film spielbergien ou kubrickien, n'arrive jamais vraiment à convaincre.
Fascinant, tout de même, comme une histoire aussi simpliste a pu captiver un cinéaste à l'oeuvre si complexe. A.I raconte en effet l'odyssée de David, enfant-robot créé dans un futur proche. Ce n'est ni le premier ni le dernier, mais David a une particularité: il a été créé capable d'aimer. Et voilà donc qu'il s'entiche de sa mère adoptive (excellente Frances O'Connor, Australienne aux faux airs de Jennifer Lopez), bourgeoise éplorée dont l'enfant est dans le coma. A ce point là de l'histoire, les voyants "rebondissements attendus" sont au rouge, et ça ne manque pas: une fois que David est bien intégré à sa nouvelle famille, pan! le petit est guéri. D'où la crise qui s'ensuit: non seulement maman n'arrive plus à éprouver quoique ce soit pour le bout de ferraille, mais en plus papa a peur dudit bout depuis qu'il a failli noyer le petit garçon dans la pataugeoire familiale. C'est ce qui s'appelle faire preuve de bienséance à l'égard de ses hôtes... Conséquence immédiate: maman conduit David dans la forêt où elle l'abandonne. C'est le début de la découverte du monde pour David, et par la même occasion de la quête de ce qui le fera devenir un vrai petit garçon. Si ce résumé vous fait penser à des références aux contes de fées, c'est tout à fait normal puisque le film en est truffé. Ce qui est moins normal, c'est quand la mise en scène met les gros sabots et trémolos bien appuyés pour l'illustrer. Par derrière l'ultra-prévisibilité du scénario, la banalité du sujet et l'indigence du propos, on devine les bonnes idées, malheureusement assez mal exploitées: personnages riches mais pas assez fouillés (Gigolo Joe, maman) ou totalement sacrifiés (papa), scènes inutiles ou peu compréhensibles (la flesh fair), fin hors-sujet, essoufflement du rythme à force de préserver un "suspense" dont on finit par se foutre légèrement au bout de 2h 30 de tergiversations. Seuls la séquence d'ouverture, réussie, et les décors et costumes absolument délirants sauvent la mise. Mais incontestablement, le point faible du film réside dans la façon même dont il est raconté, se contentant de sérier linéairement les événements uniquement perçus à travers les yeux d'un robot d'une naïveté confondante. Par contrecoup logique, le spectateur n'arrive jamais à avoir une image objective des faits racontés quelques qu'ils soient -ce qui, pourrait-on répliquer, est attendu dans le cadre d'un conte de fées. Le problème, c'est que le matériau substantiel du film, lui -la morale du conte, en quelque sorte- ne vient jamais, excepté si l'on prend l'affirmation finale "David connaissait enfin le vrai bonheur, sa mère était enfin débarrassée de son mari et de leur fils" pour une morale. Message implicite: mères, si vous voulez vous être heureuses, débarrassez vous donc de votre mari et de vos enfants (conseil dont on aurait aimé que celle d'Haley Joel Osment suive tant ce gamin est insupportable). Arrivé à de telles inepties, le film aboutit dans une impasse. Et, au final, il n'apporte pas grand-chose aux mythes respectifs de ses auteurs, si ce n'est suggérer qu'ils ont en commun un goût pour les univers surréalistes ainsi qu'une vision des rapports humains extrêmement infantile

L'auberge espagnole   (n°19145)
Le : 20/07/2005 à 17:59:59
Critique :
Xavier (Romain Duris) obtient la possibilité d'aller passer un DEA à Barcelone, ce qui permettrait à un ami de son père, titulaire d'une haute situation gouvernementale, de lui dénicher un job de qualité à la Commission Européenne. Bien qu'assez peu motivé, Xavier se résout à partir un an en Espagne, ce qui n'est du goût ni de sa mère (poule) ni de son amie Martine (Audrey Tautou). Dans l'avion, il fait la connaissance de Jean Michel (Xavier de Guillebon), neurologue macho, fraîchement marié à la douce et un peu coincée Anne Sophie (Judith Godrèche). D'abord hébergé chez eux, Xavier ne tarde pas à dénicher une chambre dans un appartement occupé par des étudiants de diverses nationalités. Il y a là l'Anglaise Wendy (Kelly Reilly), un Allemand, un Italien, une Belge... La vie catalane commence...
Cédric Klapisch aime décidément les menus riens qui s'amalgament et font une histoire. Ce n'était pas vraiment une réussite dans l'un de ses premiers films, "Riens du tout". La mayonnaise avait bien de la difficulté à prendre consistance. On retrouve ici ces morceaux de puzzle composés de détails de la vie quotidienne, d'amours ébauchées, de tensions internes, de petits drames, de joies furtives. Le milieu hétéroclite, pan-européen, se prête évidemment bien à la mise en rapports des cultures, des différences d'éducation, des limites propres à chaque civilisation, apportant conjointement un enrichissement mutuel.
Passons d'abord sur certains tics agaçants, tels les mouvements saccadés, images accélérées, écrans ou voix simultanés, surimpression d'images. Même si leur insertion n'est pas vraiment gratuite, le résultat et l'utilité ne me paraissent pas évidents. Pour sûr, ça fait moderne, branché, mais plutôt que des trouvailles visuelles originales et gratifiantes, j'y verrais un moyen artificiel de dépasser une certaine banalité des situations et du propos. Le début se met assez difficilement en place. C'est à la fois superficiel, d'une subtilité pas évidente, et dénote un certain manque d'implication de la part du réalisateur. Certaines scènes sentent le remplissage et n'apportent rien à l'histoire ou à la psychologie des personnages. Et puis, petit à petit, une vraie tendresse finit par s'installer dans la description de cette micro colonie. Des moments de tendresse, de sensibilité apparaissent. Les errances intérieures de Xavier quittent l'abstraction artificielle pour devenir une quête de l'identité émouvante. Le film doit d'ailleurs beaucoup, à mon sens, à Romain Duris qui apporte une grande crédibilité et une sensibilité vraie à ce personnage déboussolé, à la recherche de ses marques et du sens de sa vie.
Au final, un agrégat qui finit par donner un tout bien sympathique.

Sin city   (n°19144)
Le : 20/07/2005 à 17:59:08
Critique :
Sin Ciy, la ville du vice et du péché... La bande annonce, maintes fois visionné m'avait alléché au plus haut point, de sorte que je ne cessais de compter les jours qui restaient à attendre avant la sortie de l'adaptation du comic culte de Frank Miller. Et ça y est, enfin, Sin City est sorti ! Auréolé d'une sélection au festival de Cannes, et accompagné de critiques mitigées, le film fera à n'en pas douter un score important au box office (aux Etats-Unis il a réalisé un très bon départ avant de maquer un peu le pas).
Le film se base sur trois des graphics novels de Frank Miller, l'un racontant la vengeance de Marv, un colosse marginal, qui veut retrouver ceux qui ont tué Goldie, la seule femme l'ayant jamais aimé, la seconde narrant les aventures de Dwight, mystérieux amant de la belle Shellie et protecteur des prostituées et la troisième retranscrivant le parcours de Hartigan, le dernier flic intègre de la ville, qui s'est juré de protéger la strip teaseuse Nancy. On retrouve un système à la Pulp Fiction, où au lieu de nous montrer les séquences grâce à un montage alterné, on assiste à un découpage histoire par histoire, en ne respectant pas vraiment l'ordre chronologique (certains personnages sont montrés à l'écran alors qu'ils ont été tués peu avant à l'écran, mais ne le seront qu'après, dans l''unité temporelle du film).
Le film est réalisé par Robert Rodriguez, qui après des débuts prometteurs s'était surtout distingué comme un réalisateur banal, apportant tout au plus une originalité superficielle au cinéma hollywoodien habituel. Il nous avait notamment infligé la série des Spy Kids dont les gamins insupportables nous ont fait regretter l'achat de nos cartes UGC. Par la suite, son principal fait d'armes avait été de composer pour un dollar symbolique la musique de Kill Bill volume II. Force est de constater que "Sin City" est pour Rodriguez l'oeuvre de la maturité. Finies les puérilités, les excentricités gratuites. On nage en plein film noir. Sombre. Violent. Rodriguez a souhaité à tout prix conserver l'esprit de la BD et pour ce faire, il a proposé la coréalisation à Frank Miller (qui en plus joue un rôle dans le film). Le film est donc réalisé par un tandem de réalisateurs, une équipe hors pair. A ce binôme déjà performant vient s'ajouter un troisième larron. Et pas n'importe lequel : Quentin Tarantino en personne a dirigé une scène de Sin City (celle avec Owen et Del Toro dans la voiture), pour un dollar symbolique (rendant donc la monnaie de sa pièce à Rodriguez). Avec une équipe de choc telle celle ci, on peut difficilement imaginer que "Sin City" soit un nanar (ce qu'il n'est pas, ça tombe bien).
Sa principal spécificité réside dans son aspect visuel. En effet, "Sin City" a été réalisé intégralement en numérique, les acteurs jouant devant des fonds verts ou bleus, les décors étant créés plus tard par numérique. Ce qui permet à Rodriguez de nous réaliser un film d'une beauté plastique stupéfiante, avec un choix original : tout est en noir et blanc, avec seulement quelques touches de couleur (comme dans la BD). Par exemple, au milieu d'une image en noir et blanc, on aura juste le rouge à lèvre d'une femme en rouge, ou bien les iris des personnages, les chaussures de tel autre, etc.
Les principaux points faibles du film sont scénariques : c'était une bonne idée de refaire le coup de Pulp Fiction (déjà évoqué plus haut) mais les connections entres les différentes trâmes sont hélas minces (Hartigan et Shellie échangent une phrase, Marv et Nancy deux mots, et c'est à peu près tout); la voix off est de son côté un peu pesante, pas toujours utile (par contre, les battements du coeur des personnages que l'on entend sont une bonne idée). Un autre point faible du film est sa surenchère dans la violence. Personnellement, je n'ai pas été gêné, mais celà peut choquer des âmes sensibles. Enfin, mais c'est habituel, la VF est exécrable (particulièrement la doubleuse de Shellie, quoique celui de Jack mérite également citation).
Le casting, enfin, est assez impressionnant : Mickey Rourke (Marv) fait un retour remarqué, sous un maquillage hallucinant, Nick Stahl (le fils du sénateur) lui aussi très maquillé, compose un personnage haut en couleur (sans "s"), Bruce Willis (Hartigan) trouve un de ses meilleures rôles, on ne l'avait plus vu à ce niveau depuis Sixième Sens, Clive Owen (Dwight) continue à faire bonne impression, Rosario Dawson (Gail) prouve qu'en plus d'être, comment dire, hum, très visuelle, elle a aussi du charisme, Benicio Del Toro (Jacky) est fidèle à lui même, Brittany Murphy (Shellie) est excellentes comme toujours, pourquoi n'est elle pas plus connue, c'est un mystère, Jessica Alba (Nancy) joue correctement et c'est déjà une victoire, Elijah Wood (Kevin) trouve un rôle plus intéressant que dans le "Seigneur des anneaux", et on retrouve bien d'autres acteurs de renom.
En gros, Sin City, bien qu'ayant quelques lacunes, les comble aisément par son énergie dévastatrice, le talent de ses acteurs et l'inventivité de ses réalisateurs

Les Poupées russes   (n°19143)
Le : 20/07/2005 à 17:58:27
Critique :
Après l’excellent « L’auberge espagnole », « Les poupées russes » marque le passage dans la vie active et dans la trentaine de nos chers camarades, Xavier(le décidément sensible et excellent Romain Duris) en tête.
J’ai apprécié cette séquelle toujours aussi drôle et encore plus touchante avec ses personnages perdus(comme beaucoup) dans la confusion de l’amour ; voir le fantastique passage du « C’est quoi ce bordel avec l’amour là ?! Quand t’es seul tu te plains, est-ce que je vais trouver quelqu’un ? Quand t’as quelqu’un est-ce que c’est la bonne ? Est-ce que jl’aime vraiment et est-ce qu’elle m’aime autant que moi je l’aime ?? » Klapisch est un fameux dialoguiste qui nous réjouit pendant 2h malgré que le film soit, il est vrai par moment, un poil trop long. Mais difficile de lui en tenir grief face à une telle virtuosité de mise en scène(toujours aussi originalement ‘‘clipesque’’ que le premier) et impossible de demeurer impassible face à la maestria de la bande-originale, une des meilleure B.O française depuis Amélie Poulain ! Kelly Reilly est touchante, Cécile de France est plaisante Audrey Tautou est impertinente et Kevin Bishop est, à notre plus grande joie, devenu adulte ! Tous sont habités par l’ambiance visiblement décontractée du tournage des « Poupées russes ». En plus on évite de stagner en avançant de 5 ans dans la vie des anciens colocataires de Barcelone et l’œuvre acquiert des atouts supplémentaires par rapport à son aîné comme par exemple : la variété dépaysante de lieux de tournage est un régal pour nos yeux car on visite tout de même Paris, Londres et Saint Petersbourg !
En bref le nouveau Klapisch est drôle, dépaysant, touchant et très bien réalisé… Je vous assure, j’ai du mal à voir ce qu’il faut de plus pour faire un bon film

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Notes de production : Bataille à Seattle, 15 ans et demi, 27 robes, Whatever Lola Wants, A bord du Darjeeling Limited, ... + de cinéma
Dernières paroles : I Wish You Well, Bye Bye, For The Record, O.O.C., Thanx 4 Nothin', Last Kiss, ... + de paroles

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