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La Vie devant ses yeux
LA VIE DEVANT SES YEUX est adapté du livre éponyme de Laura
Kasischke. L’oeuvre romanesque de cette romancière américaine est marquée par
un thème récurrent : comment prendre conscience que l’on est en vie, alors que la
vie elle-même est une succession de banalités ? Pourtant, face au quotidien
anesthésiant, à l’atrophie des sensations, des forces menaçantes grondent. Et les
écouter est peut-être justement un moyen de se rendre compte que l’on est
vivant…
Vadim Perelman, le réalisateur, commente : « Le livre est comme une
magnifique chanson sur deux filles, il a vraiment quelque chose de magique. Laura
Kasischke est une poétesse et ce livre est l’une de ses premières oeuvres en prose.
Il n’a pas de structure linéaire, pas de narration conventionnelle. Il a une qualité
onirique. Mais c’est justement ce qui m’a attiré : le défi de l’adapter à l’écran. »
Laura Kasischke précise : « Cette histoire parle de rêve et d’imagination,
d’un éclat d’extase imaginative ou d’agonie, et du déchirement du tissu dont sont
faits les rêves… »
LA VIE DEVANT SES YEUX nous invite au plus profond d’un labyrinthe
d’émotions, de sentiments, de souvenirs, face à la vie et à sa violence…
Vadim Perelman explique : « Le film obéit à sa propre logique. Il ne raconte
pas une histoire linéaire avec des causes et des effets parfaitement définis.
Beaucoup de choses restent dans le flou, ce que j’ai traduit scène par scène à
travers des ellipses. Par exemple, Maureen est obsédée par un garçon de sa
classe, elle parle de lui tout le temps avec Diana mais on ne le voit presque jamais.
Ne pas donner toutes les informations nous a permis de recréer l’ambiance
onirique que les lecteurs ont apprécié dans le roman de Laura Kasischke. »
Le personnage de Diana est incarné jeune par Evan Rachel Wood et adulte
par Uma Thurman. Cette dernière explique : « J’ai été profondément touchée par cette histoire parce que la façon dont ces deux jeunes femmes se parlent et
observent le monde m’a rappelé des choses que j’ai moi-même vécues,
comme l’expérience enrichissante mais douloureuse de se retrouver seule à
l’adolescence. »
Vadim Perelman observe : « Diana et Maureen vivent toutes les deux à Briar
Hill, une ville de banlieue du Connecticut, mais elles sont très différentes l’une de
l’autre. La jeune Diana est une rebelle, elle fume et a souvent des ennuis. Maureen
est plus timide, elle va à l’église et se cherche encore en tant qu’adulte alors que
Diana est en avance sur elle à ce niveau-là. Ce qui est intéressant avec elles, c’est
que malgré leurs différences elles ont aussi beaucoup de choses en commun. Elles
ont toutes les deux été élevées par des mères célibataires qui ne peuvent
s’occuper d’elles. Elles ont donc appris à ne compter que sur elles-mêmes, puis
l’une sur l’autre quand elles sont devenues amies. »
L’influence que les deux jeunes filles exercent l’une sur l’autre se reflète
aussi dans la façon dont Diana sauve sa vie. Vadim Perelman déclare : « Nous
sommes tous profondément et durablement influencés par notre entourage, c’est
une réalité que ce film essaie de montrer en passant successivement du passé au
présent de Diana. »
Uma Thurman confirme : « Le film montre le rêve de Diana, ce que
deviendra sa vie et comment elle essaiera d’échapper à son passé. Ce n’est pas
un film qui accuse la violence de notre époque, mais une histoire sur la perte de
l’innocence, sur la façon dont une vie banale et heureuse d’adolescente dont le
monde se résume à son petit ami, sa mère, ses devoirs et ses diplômes peut
basculer en un clin d’oeil. Au-delà de mon personnage, c’est aussi un film qui
montre comment un événement horrible peut complètement détruire une paisible
communauté. »
Vadim Perelman note : « Bien qu’un événement violent soit le point de
départ de la nouvelle vie de Diana, LA VIE DEVANT SES YEUX n’est pas un film sur
les fusillades dans les écoles. Il s’agit davantage de montrer l’influence de ce
drame sur les personnages et comment ils parviennent à reprendre le contrôle de
leurs vies. Ce film parle d’amour, de devoir, de responsabilité, de remords, mais
aussi de l’instinct de conservation. Bien avant l’héroïsme, cet instinct est ce qui fait
de nous des humains, c’est une qualité primaire que nous partageons tous, et
pourtant nous n’en parlons pratiquement jamais. »
Evan Rachel Wood interprète Diana adolescente. Elle explique : « Comme
Diana est une incomprise, il fallait trouver un moyen de la rendre sympathique aux
yeux des spectateurs malgré son côté rebelle. Mais ce n’était pas très difficile
parce qu’au final ce n’est pas vraiment une méchante fille, juste une adolescente
un peu turbulente. »
Comme il fallait trouver deux actrices pour le même personnage à des
moments différents de sa vie, le casting n’a pas été facile pour Vadim Perelman. Il
raconte : « Après avoir vu beaucoup d’actrices pour le rôle de Diana adulte, j’ai fini
par rencontrer Uma Thurman. J’ai tout de suite senti qu’elle avait en elle toute la
profondeur requise pour ce personnage. Elle sait ce que c’est que d’être mère et a
une expérience de la vie qui était très importante pour jouer Diana.
« Les choses se sont passées différemment pour Evan Rachel Wood. Elle
avait quinze ans quand je l’ai rencontrée pour la première fois à la première de
THIRTEEN. C’était il y a de nombreuses années, je lui ai dit que j’avais un film dans
lequel elle serait parfaite. Depuis cette époque, j’ai su qu’elle jouerait la jeune
Diana. »
Une fois les deux actrices trouvées, la difficulté suivante a été de donner
au public le sentiment que les deux actrices n’étaient qu’un seul et même
personnage. Vadim Perelman explique : « Pour commencer, Diana n’est pas un
personnage que j’ai créé. J’ai donc laissé Uma et Evan Rachel Wood le façonner
comme elles le sentaient. Je donnais juste de temps en temps quelques conseils.
Chaque jour, je leur montrais les scènes qu’elles avaient tournées l’une et l’autre
pour les aider à harmoniser leur jeu. Elles ont toutes les deux adopté les mêmes
gestes et les mêmes tics de langage. Même si cela paraît très naturel à l’écran, cela
leur a demandé un très important travail d’observation. »
Maureen est interprétée par Eva Amurri. Vadim Perelman déclare : « Eva ne
s’imposait pas comme un choix évident pour ce rôle parce que contrairement à
Maureen, elle est pétillante et pleine d’assurance. J’ai pensé que sa personnalité
nous aiderait à apporter plus d’humanité à ce personnage de jeune fille docile et
pieuse. Eva lui donne un feu intérieur qui fait ressortir son héroïsme dans cette
histoire. »
Evan Rachel Wood précise : « Vadim Perelman avait une vision très
personnelle du film, il savait parfaitement ce qu’il voulait, je pense qu’il avait déjà
réalisé tout le film dans sa tête. Il peut parfois être un peu direct dans sa façon
de diriger ses acteurs, certaines personnes n’aiment pas trop ça, mais
personnellement c’est une chose que j’apprécie parce que je suis très exigeante
avec moi-même. Cela m’aide beaucoup de sentir que quelqu’un observe le
moindre de mes gestes. »
Eva Amurri ajoute : « Tout ce que fait Vadim est parfaitement calculé. Il
savait très bien ce qu’il voulait, et jour après jour il tournait son film exactement
comme il l’avait imaginé. Il a vraiment porté ce projet du début à la fin. »
Uma Thurman confie : « J’ai trouvé que son premier film, HOUSE OF SAND
AND FOG, était un drame absolument magnifique. C’est un genre que j’adore et quand j’ai vu le courage et l’audace dramatique que possédait son film, je me suis
dit que je devais absolument travailler avec lui. Pour moi, cela a été une expérience
fabuleuse parce que Vadim a su donner à LA VIE DEVANT SES YEUX une
profondeur et une intensité dignes des plus grands classiques du genre. »
LA VIE DEVANT SES YEUX est produit et financé par Todd Wagner et Mark
Cuban de 2929 Productions, à qui l’on doit GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK de et
avec George Clooney, et LA NUIT NOUS APPARTIENT de James Gray avec
Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg et Robert Duvall. Uma Thurman observe : « Ce
film est l’exemple parfait de la raison d’être du cinéma indépendant. Le cinéma
indépendant est plus limité au niveau du budget, mais il permet de créer des films
plus sombres et plus intelligents sur des sujets pointus, pour un public moins large
mais plus exigeant. Il donne une liberté artistique plus grande, vous n’êtes pas
stoppé dans votre élan par des gens qui viennent vous dire que les spectateurs ne
vont pas aimer telle ou telle chose – la fusillade dans l’école par exemple. Ce n’est
pas une chose que j’aime moi non plus, mais tout le film repose sur cet
événement. »
Vadim Perelman conclut : « J’ai voulu faire un film qui soit avant tout
enraciné dans la réalité, une réalité qui explose à cause d’un événement horrible et
dont les morceaux reflètent quelque chose de presque surnaturel. LA VIE DEVANT
SES YEUX ressemble beaucoup aux tragédies classiques, mais il y a aussi au
centre de son histoire un mystère pesant. En général, les thrillers ou les films
policiers débutent avec un acte violent, puis développent une explication avant de
sanctionner cette violence. Avec LA VIE DEVANT SES YEUX, je ne voulais pas me
pencher sur les raisons de la violence, mais sur les effets qu’elle peut avoir sur les
gens qui lui survivent. »
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