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Braquage à l'anglaise


Notes de production

Parties :

- God save le butin...
- Un australien à Londres
- Cambrioleurs, mafieux et têtes couronnées
- Londres en 1971
affiche du film Braquage à l'anglaise - worldcinemag.com

God save le butin...
  En se basant sur l’audacieux cambriolage dont avait été victime la banque Lloyds de Londres en 1971, BRAQUAGE A L’ANGLAISE nous raconte une histoire comme seule la réalité sait en inventer. Dans ce thriller atypique, les voleurs ont dérobé de l’argent et des bijoux, mais ils ont aussi mis la main sur des éléments qui ne devaient surtout pas arriver au grand jour… Lorsque vous éclaboussez la Couronne et que vous déclenchez le plus grand scandale de la décennie, les services secrets, la police et même les hommes de l’ombre sont à vos trousses. Ça fait beaucoup pour des petits braqueurs qui se croyaient chanceux…

C’est en septembre 1971 que des cambrioleurs ont percé un tunnel qui les a conduits dans les coffres d’une banque de Baker Street. Ils ont emporté argent et bijoux pour plusieurs millions de livres sterling. Rien n’a jamais été retrouvé. Personne n’a été arrêté. L’affaire a fait les gros titres pendant quelques jours, puis les médias n’en ont plus parlé : le gouvernement avait muselé la presse. Ce film révèle ce qui était caché dans ces coffres. Cette histoire parle de meurtre, de corruption, et d’une histoire de sexe qui remonte jusqu’à la famille royale britannique. Dans cette histoire, les voleurs étaient sans aucun doute les plus innocents…

God save le butin...

Les années 60 ont vu passer le Flower Power, les émeutes étudiantes, la révolution verte, le premier atterrissage sur la Lune, la Beatlemania et le « Swinging London ». Les années 70, la « Me Decade » comme l’a appelée l’auteur Tom Wolfe, ont vu la naissance des ordinateurs avec l’invention de la disquette et du microprocesseur, et l’avènement du disco.
En 1971, l’Angleterre faisait difficilement son deuil des années 60. Les Anglais luttaient avec leur nouvelle monnaie en système décimal, pourtant plus simple que l’ancienne ; une épidémie de grèves menaçait le gouvernement conservateur d’Edward Heath, et de nouvelles troupes étaient envoyées dans le nord de l’Irlande où la situation continuait à se détériorer.
Un jour de septembre, les journaux télévisés rapportèrent une histoire extraordinaire. Un radioamateur nommé Robert Rowland avait appelé Scotland Yard pour leur expliquer qu’il avait entendu par hasard sur sa radio le déroulement d’un cambriolage, quelque part dans un rayon de 15 km autour de Londres. Rowland, qui habitait à Wimpole Street, avait réglé son appareil sur la fréquence 27.15 mégacycles à 23 h 00 le samedi 11 septembre pour tenter de contacter un autre radioamateur en Australie. Il capta alors une conversation entre ce qui semblait être une équipe de cambrioleurs et leur guetteur posté sur un toit voisin.
Tout en enregistrant l’échange, Rowland appela la police. Après avoir écouté son histoire, un officier supérieur décida à 2 h 00 du matin d’envoyer une camionnette équipée d’un radio détecteur pour trouver l’origine des transmissions. Malheureusement, les techniciens des communications étaient en week-end. Le temps de les rappeler, les conversations au talkie-walkie avaient cessé.
Les recherches s’intensifièrent et la police vérifia 750 banques de Londres, en portant une attention toute particulière sur les 150 banques qui se trouvaient dans un rayon de 1,5 km autour de Wimpole Street. Le dimanche après-midi, des policiers inspectèrent la Lloyd’s Bank au coin de Baker Street et Marylebone Road. Ils ne trouvèrent aucune trace d’effraction, la porte épaisse de 40 cm de la chambre forte était intacte et fermée par une minuterie. Sans le savoir, ils venaient de passer à quelques mètres des cambrioleurs, qui étaient encore à l’intérieur de la chambre forte. Ce n’est que le lundi matin, à l’ouverture de la banque, que le cambriolage fut découvert. Le montant du butin dérobé en fit le plus gros cambriolage de toute l’histoire de l’Angleterre.
Pour réussir cet exploit, les voleurs avaient creusé un tunnel d’une douzaine de mètres depuis le sous-sol de Le Sac, un magasin d’articles de cuir qu’ils avaient loué à deux portes de la banque. Après être passés sous le restaurant Chicken Inn les cambrioleurs ont percé le sol en béton armé d’un mètre d’épaisseur de la chambre forte avec une lance thermique.
Considéré à tort comme impénétrable, le sol n’était protégé par aucun système d’alarme. Huit tonnes de gravats ont été excavés et déposés dans le magasin, et les voleurs ont disparu en emportant le contenu de 268 coffres.
Le « cambriolage au talkie-walkie », comme il a été appelé, ressemblait étrangement à celui élucidé par le légendaire résident de Baker Street, Sherlock Holmes, dans le roman de Sir Arthur Conan Doyle « La Ligue des Rouquins ». Toutefois, de nombreuses questions restaient sans réponse dans cette affaire. Seuls quatre hommes ont été reconnus coupables de complicité, la plus grande partie du butin n’a jamais été retrouvée, et le peu qui a été récupéré par la police n’a jamais été réclamé.
Steven Chasman, producteur de BRAQUAGE A L’ANGLAISE, commente : « Les gens ne mettent pas que des objets de valeur dans leurs coffres, bien souvent ils y placent des choses qu’ils veulent garder secrètes. C’est pour cela que personne n’a réclamé le contenu des coffres volés : les propriétaires auraient été obligés d’expliquer d’où venait tout cet argent et tout ces bijoux, ou pourquoi ils avaient des armes dans leurs coffres.
« Quand on pense à des cambrioleurs de banque, on imagine en général des criminels armés et brutaux. Je ne dis pas que ceux qui ont cambriolé la Lloyd’s Bank étaient des anges, mais ils n’ont rien fait de violent. Nous avons mené beaucoup de recherches pour ce film, qui a attendu des dizaines d’années d’être porté à l’écran.
Avant nous, personne n’avait jamais réussi à rencontrer les personnes impliquées dans cette affaire. Selon nos sources, la moitié de ces gens avaient reçu de nouvelles identités et disparu, et les autres étaient morts. Après avoir retrouvé certaines de ces personnes, nous avons pu discuter avec elles et utiliser leurs témoignages pour donner plus d’authenticité au film. Un de ces gentlemen, un homme charmant qui a maintenant dans les 70 ans, m’a raconté que comme ils n’étaient pas armés et qu’aucun crime ou geste violent n’avait été commis, tout s’était bien passé avec la police. En fait, à cette époque, on parlait aussi beaucoup de corruption dans les forces de police... »
Steven Chasman poursuit : « Plusieurs membres de l’équipe de cambrioleurs sont venus visiter le plateau. Nous avons tenu leurs noms secrets parce qu’ils mènent maintenant une vie normale, certains sont parents ou même grands-parents. L’un d’entre eux a même travaillé comme consultant sur le film, mais cela lui a rappelé tellement de souvenirs qu’il a préféré se retirer du projet. Cela nous a posé quelques problèmes, mais nous avons fini par le convaincre de revenir. Grâce à ce que ces gens nous ont raconté, le film est plus pertinent et plus fidèle à la réalité. Leurs récits nous ont beaucoup aidés parce que quatre jours après le cambriolage, les médias ont reçu du gouvernement une “D-Notice”, une demande exceptionnelle de ne rien publier sur un sujet pouvant compromettre la sécurité de l’Etat. Si ce n’est pour mentionner les actes d’accusation, les médias n’ont plus jamais parlé de cette affaire. C’est assez ironique, parce qu’à chaque fois que je prends un taxi à Londres ou que je parle à un Londonien qui a connu cette époque, tous se souviennent encore du “cambriolage au talkie-walkie”. Ils connaissent tous une personne, qui connaît une personne, qui connaît une personne impliquée dans l’affaire. Il y a quelque chose de magique dans cette histoire, et nous avons essayé de la raconter de la façon la plus contemporaine qui soit. »
L’emplacement de la banque n’a pas échappé aux cambrioleurs. Avant de partir, ces derniers ont inscrit sur le mur intérieur de la chambre forte « A Sherlock Holmes de jouer maintenant… »


Un australien à Londres
  Le réalisateur australien Roger Donaldson raconte : « C’est Charles Roven qui m’a envoyé le scénario de BRAQUAGE A L’ANGLAISE. Il avait déjà produit un de mes films en 1990, CADILLAC MAN, avec Robin Williams et Tim Robbins. J’ai tout de suite été attiré par le fait que c’était une histoire vraie pleine de détails intéressants sur le cambriolage de cette banque. Et puis cela me donnait la possibilité de tourner en Angleterre pour la première fois depuis LE BOUNTY en 1984. Mon père est né dans ce pays, j’ai un passeport anglais et mon fils vit à Londres, cela ne me posait donc aucun problème. Ce qui est fantastique quand vous tournez en Angleterre, c’est qu’il y a dans ce pays un nombre incroyable d’excellents acteurs, les castings sont toujours très intéressants. Pour moi, c’était aussi un avantage parce que le choix des acteurs était vital pour cette histoire. Les équipes techniques sont aussi très bonnes ; de toutes celles avec qui j’ai travaillé durant ma carrière, celle de BRAQUAGE A L’ANGLAISE a été l’une des meilleures. »
Le producteur Charles Roven confie : « J’étais d’autant plus heureux de travailler à nouveau avec Roger Donaldson qu’il était le réalisateur parfait pour ce film. Il a touché à tous les genres durant sa carrière, le thriller, la comédie, le drame, l’action, et même les histoires vraies comme le récit touchant de la vie de BURT MUNRO avec Anthony Hopkins. Ce dernier était de ces films qui mélangent tous les genres parce que c’était une histoire vraie pleine de suspense et d’humour, avec des personnages passionnants dans lesquels nous nous retrouvons tous un peu – exactement comme BRAQUAGE A L’ANGLAISE. »
Roger Donaldson déclare : « Ce film m’a intéressé pour de nombreuses raisons. J’adore observer comment fonctionne la société, et ce cambriolage, l’histoire et la politique de cette période constituaient un ensemble très intéressant à explorer. J’aime beaucoup faire des recherches, j’ai passé des heures aux archives nationales à lire les journaux de l’époque qui parlaient de ce cambriolage. J’ai grandi avec la télévision anglaise, et les Anglais ont un sens de l’humour très particulier que j’ai toujours adoré. Les scénaristes du film, Dick Clement et Ian La Frenais, sont connus pour leur humour anglais alors que ma réputation est plutôt celle d’un réalisateur de thrillers politiques, certainement à cause de SENS UNIQUE et TREIZE JOURS. En lisant le scénario, je me suis dit que le mélange de nos deux styles allait créer quelque chose de vraiment intéressant. »
Le scénariste Dick Clement se souvient : « Nous vivions à Londres à cette époque-là. Nous nous souvenions que cette histoire avait fait les gros titres, mais ce n’est que lorsque nous avons commencé nos recherches que nous avons découvert qu’elle avait si vite disparu des premières pages. Les journaux en ont parlé deux ou trois jours, et puis plus rien. Nous ne savons pas exactement ce qui s’est réellement passé, beaucoup de choses n’ont jamais été révélées. Je ne sais pas précisément quelle part de vérité nous avons réussi à approcher dans le film, mais ce qui est certain, c’est que nous avons essayé de reconstituer l’histoire le plus fidèlement possible. »
Le scénariste Ian La Frenais ajoute : « Aujourd’hui, la plupart des films de cambriolages se déroulent dans une ambiance très high-tech, les voleurs utilisent des ordinateurs et tout un tas de gadgets pour neutraliser les systèmes de sécurité. BRAQUAGE A L’ANGLAISE est différent parce que c’est un casse “à l’ancienne”. Pour vider la banque, les gars ont creusé un tunnel avec des pioches et des pelles, découpé le sol en béton de la chambre forte, et forcé les coffres avec des pieds-de-biche ! »
Dick Clement observe : « Ce qui est fascinant, c’est que les lieux n’ont pas changé depuis cette époque. La boutique de Baker Street d’où partait le tunnel et le restaurant sous lequel il passait sont toujours là ! Le restaurant n’est peut-être plus un Chicken Inn, mais c’est toujours un fast-food. Rien n’a changé depuis 35 ans ! »
Steven Chasman note : « Comme Melbourne ressemble beaucoup aux villes européennes, nous avons pensé pendant un moment tourner le film en Australie. Cela coûte beaucoup plus cher de tourner en Angleterre, mais c’est un sacrifice que nous avons fait pour donner au film davantage d’authenticité. La qualité des acteurs et des techniciens anglais était aussi un paramètre important. Comme le cambriolage s’est déroulé à Londres, nous avons naturellement choisi d’y tourner le film. Faire rentrer cette ville immense dans le cadre de la caméra a été une vraie gageure, mais cela en valait la peine. C’était une expérience fabuleuse. »
Le chef décorateur Gavin Bocquet commente : « Pour ce film, nous avions besoin de 60 à 70 lieux de tournage hors studios à Londres. Comme nous ne disposions pas d’un gros budget, ils devaient ne pas avoir trop changé depuis les années 70 pour être utilisables. Cela a été très difficile de les trouver. Nous avons beaucoup parlé avec Roger Donaldson et Mick Coulter, le directeur de la photographie, pour savoir ce qui pouvait ou ne pouvait pas être filmé dans certains décors. »
Le régisseur général Giles Edelston ajoute : « Dans une des versions de travail du scénario, il y avait quelque chose comme 76 lieux de tournage, c’est-à-dire deux fois plus que la normale. L’histoire m’a fait penser à plusieurs endroits que j’avais utilisés dans le passé. Londres étant un immense chantier perpétuel, ils n’existent plus aujourd’hui, mais nous en avons trouvé d’autres comme le Pigalle Club à Piccadilly. C’est toujours très agréable de tourner dans des décors qui n’ont jamais été filmés. »
Gavin Bocquet confirme : « C’était un drôle de défi de trouver tous ces petits morceaux de Londres sortis tout droit des années 70. Nous avons fait énormément de recherches sur cette période. Nous avons par exemple récupéré les journaux télévisés de la BBC qui parlaient de l’affaire et dans lesquels on pouvait voir la banque deux ou trois jours après le vol. Ces documents nous ont beaucoup aidés pour la séquence du cambriolage. Comme elle devait être tournée dans plusieurs endroits différents, Roger Donaldson tenait absolument à ce que les décors soient les plus homogènes possible. Nous avons beaucoup discuté de la meilleure façon de filmer cette séquence, et au final nous avons utilisé un décor de rue en extérieur à Pinewood, et trois décors en studio à Ealing dans lesquels se trouvaient le tunnel et le sous-sol de Le Sac. Le décor de la chambre forte a été construit dans la vieille mairie de Bethnal Green à partir des images de la BBC et des photos de la police. Quand on voit le film, on a vraiment l’impression que la chambre forte, le tunnel et le sous-sol sont des lieux réels reliés les uns aux autres. Roger les a filmés de façon à créer une illusion parfaite. »
En dix semaines de tournage, les cinéastes ont posé leurs caméras dans un grand nombre d’endroits allant des luxueux appartements de Bayswater aux ateliers de l’East End, des pubs miteux aux clubs les plus huppés, et des bureaux décorés de boiseries somptueuses de la Cour Royale de Justice au chantier naval historique de Chatham. Plusieurs scènes ont aussi été filmées dans le métro de Londres dans la station fermée d’Aldwych.
Les cinéastes ont aussi tourné pendant deux jours sur le quai numéro un de la très fréquentée gare de Paddington avec une locomotive et des wagons de 1971. L’actrice Saffron Burrows raconte : « C’était la première fois qu’une équipe de tournage faisait venir un train dans cette gare. C’était assez extraordinaire de pouvoir tourner sur un quai de Paddington. Les figurants étaient habillés comme dans les années 70, certains portaient même des survêtements et d’horribles bagages orange. Dès qu’une personne “normale” passait dans le champ de la caméra, tout le monde lui disait de déguerpir, c’était très amusant ! »
Certaines scènes ont également été tournées en Australie.


Cambrioleurs, mafieux et têtes couronnées
  Ian La Frenais explique : « Nous avons dû inventer nos personnages en nous fondant sur le fait que les personnes ayant participé de près ou de loin au cambriolage étaient nombreuses et travaillaient dans des domaines très différents. Ces gars n’étaient pas de vrais criminels endurcis de la pègre londonienne. La plupart d’entre eux n’étaient que de petits truands sans envergure, et pourtant ils ont réussi le cambriolage de banque le plus extraordinaire de toute l’histoire de l’Angleterre. »
Dick Clement ajoute : « Nos contacts nous ont raconté que “Terry” faisait du trafic de voitures d’occasion, et que “Kevin” était un photographe de seconde zone. Bien sûr, ce ne sont pas leurs vrais noms. La police a aussi rapporté avoir entendu une voix de femme à la radio, nous avons donc inventé le personnage de Martine. D’une certaine façon, nous avons comblé les vides avec les autres personnages, nous avons complètement inventé Dave, Bambas et le Major, dont l’accent et la classe leur permettent de louer le magasin. »
Ian La Frenais reprend : « Pour créer Vogel, nous nous sommes inspirés d’un homme qui a vraiment existé et qui dirigeait une sorte d’empire du porno. C’était bien avant les DVD et l’industrie des films porno, et son business se concentrait sur les magasins de revues cochonnes et les clubs de strip-tease. Quant à la femme qui dirige le bordel, elle est directement inspirée d’une personne bien connue aujourd’hui. »
Le leader du Black Power en Angleterre, Michael X, est un personnage central du film. Le producteur Charles Roven explique : « Michael X a menacé le gouvernement anglais de publier des photos compromettantes de la princesse Margaret qu’il détenait dans son coffre à Baker Street. C’est à ce moment que le MI5 et le MI6 ont eu l’idée de monter le cambriolage de la banque pour récupérer les photos et les négatifs. C’est assez incroyable, mais le but premier de ce cambriolage, c’étaient les photos. Sans elles, cette histoire n’aurait jamais eu lieu. »
Dick Clement commente : « A l’époque, Michael X était perçu comme une figure politique. Quelques années auparavant, l’affaire John Profumo avait secoué le pays et les services secrets étaient terrorisés à l’idée qu’un nouveau scandale puisse éclater à cause des photos de Michael X. (En 1961, le secrétaire d’Etat à la guerre anglais John Profumo entretenait une relation avec une call-girl, Christine Keeler, qui était elle-même liée à Yevgeny Ivanov, attaché militaire à l’ambassade d’Union Soviétique. Dévoilée au public, l’affaire provoqua un scandale sans précédent.) Michael X défendait la cause noire et a beaucoup utilisé en sa faveur la sympathie en vogue à cette époque pour le mouvement du Black Power. A côté de ça, c’était aussi un proxénète, un dealer de drogue, un racketteur et un meurtrier. En fait, c’était plutôt un sale type. »
Michael X est interprété par Peter De Jersey. L’acteur raconte : « Michael X était un escroc et un gangster qui rêvait de devenir un leader pour les Noirs. Toute sa vie, il a construit un véritable mythe autour de son personnage. Quand il était à Trinidad, quelqu’un lui a demandé s’il était socialiste. Il a répondu “Non. Ma politique se situe plus dans la veine de celles de Napoléon et d’Hitler”. »
Le rôle principal, Terry Leather, est joué par Jason Statham. Roger Donaldson déclare : « En plus d’être un acteur très charismatique, Jason a prouvé sa capacité à jouer dans n’importe quel genre de film. Il a en lui toutes les qualités d’une grande star, il me rappelle beaucoup Steve McQueen. Il arrive à faire passer énormément de choses uniquement à travers son regard, quelques gestes et sa voix magnifique. Tous ces éléments font de lui un acteur exceptionnel qui ne ressemble à aucun autre. »
Charles Roven note : « Jason était très intéressé par le rôle de Terry parce qu’il lui permettait de jouer sur plusieurs registres. Terry sait être dur quand il le faut, mais il sait aussi utiliser sa tête pour organiser le cambriolage. C’est également un gars du quartier comme on en croise tous les jours, et un homme gentil et romantique avec Martine, sa femme et sa famille. Sa capacité à réunir tous ces aspects conflictuels en un seul et même personnage nous a montré toute l’étendue de son talent : il est capable de jouer tout et n’importe quoi. Il est aussi toujours incroyablement sympathique, dès qu’il apparaît à l’écran on adhère à son personnage sans même y penser. Il est clair que sans Jason dans le rôle de Terry, ce film n’aurait jamais vu le jour. Nous avions absolument besoin de lui pour ce projet, et de son côté il était ravi à l’idée de jouer dans un film aussi passionnant sous la direction de Roger Donaldson, qui a réalisé des films magnifiques et a travaillé avec les plus grandes stars. Nous étions donc tous très heureux de travailler ensemble. »
Jason Statham déclare : « C’était agréable de jouer un personnage qui ne soit pas un héros de film d’action. Il y avait moins de cascades : au lieu de dégainer des flingues, je dégainais des pintes de bière, c’était sympa ! Le film est plus un thriller qu’un gros film d’action, je ne passe pas mon temps à faire des trucs dingues accroché à un hélicoptère, mais il y a quand même quelques scènes assez animées. Quand je retrousse mes manches, c’est toujours pour de bonnes raisons, il n’y a pas de violence gratuite. Même les scènes d’action à la fin du film sont justifiées par la mort d’un de nos amis et la nécessité de nous sortir d’une situation dangereuse. Je suis sûr que le public va adorer. »
Martine est interprétée par Saffron Burrows. Roger Donaldson observe : « Martine était autrefois un mannequin et une actrice célèbre, Saffron Burrows était donc parfaite pour ce rôle. »
Saffron Burrows raconte : « Martine Love est un personnage qui a quitté son ancienne vie pour en vivre une autre complètement différente. Je trouve très belle la relation qu’elle entretient avec Terry parce qu’elle reste vague, les scénaristes ont volontairement choisi de ne pas expliciter leur histoire pour lui donner un côté plus doux et romantique. »
Ian La Frenais se souvient : « Avec Dick Clement, nous avons rencontré Saffron Burrows à Los Angeles autour d’un thé au Four Seasons. Très vite, nous avons réalisé qu’avec sa voix, son attitude et son look elle était parfaitement crédible dans le rôle d’une femme des années 60. »
Dick Clement ajoute : « Nous avions déjà travaillé avec elle il y a une quinzaine d’années sur une série qui s’appelait “Full Stretch” dans laquelle elle tenait son premier rôle parlant. En plus d’être belle, elle possède un authentique accent londonien, exactement comme nous l’avions écrit dans le scénario pour le personnage de Martine. »
Kevin, le photographe et meilleur ami de Terry, est joué par une star montante du théâtre et du cinéma, Stephen Campbell Moore. Celui-ci raconte : « Kevin fait partie de la bande de Terry. Quand ce dernier lui demande de l’aider à cambrioler la banque, il rapplique immédiatement sans poser de questions. Il fait un peu de photos de mode et s’imagine être un grand photographe comme David Bailey, mais il vit surtout en faisant des photos d’identité et des bricoles dans le même genre. Il a toujours été amoureux de Martine. Ils ont couché ensemble une nuit où ils avaient trop bu. Elle l’a quitté dès le lendemain, mais depuis cette époque il ne cesse de penser qu’il y a encore un “petit quelque chose” entre elle et lui. Il l’a photographiée il y a des années, et toutes les photos sont encore accrochées sur ses murs. »
Dave Shilling, un des meilleurs amis de Terry, est interprété par Daniel Mays. Il raconte : « Dave fait lui aussi partie de l’équipe qui cambriole la banque. C’est un type sympathique, une sorte de star du porno à mi-temps. Nous avons d’ailleurs tourné notre propre “porno” le premier jour de tournage. Ça n’a pas été évident au départ, mais après cela tout m’a paru facile à jouer ! Dave travaille aussi comme doublure sur les plateaux de cinéma. Il est très chic, très citadin, et possède énormément de bagout. C’était un personnage très amusant à jouer. Il prend un peu peur quand Terry lui propose de cambrioler la banque. L’enjeu est tellement énorme qu’il doute de la réussite d’un tel projet, mais il se laisse convaincre par l’assurance de Terry et finit par se lancer dans cette aventure qui ne se terminera pas très bien pour lui. »
Lew Vogel, le méchant du film, est joué par David Suchet, acteur connu dans le monde entier sous les traits du célèbre détective belge Hercule Poirot, qu’il a interprété plus de soixante fois depuis 1989. Il explique : « Vogel est un personnage peu recommandable, un pur produit de l’East End, le quartier le plus pauvre et le plus dangereux de Londres. Il gagne sa vie en exploitant les immigrés qui arrivent à Londres tout en dirigeant l’industrie du porno à Soho. Même s’il peut être charmant, c’est avant tout un homme impitoyable et dangereux dans la lignée des mafieux londoniens des années 30 et 40.
« J’ai beaucoup aimé travailler avec Roger Donaldson parce qu’il fait partie de ces réalisateurs qui savent vraiment diriger leurs acteurs. Il aime notre façon de travailler et de penser, et adore passer du temps avec nous à créer nos personnages. Il est toujours là pour nous soutenir et nous aider à sortir ce dont il a besoin. C’est un réalisateur extraordinaire. »


Londres en 1971
  La chef costumière Odile Dicks-Mireaux raconte : « Nous avons fait beaucoup de recherches pour les costumes, les maquillages, les coiffures et les décors du film. Quand nous avons visionné les journaux télévisées de la BBC qui ont parlé du cambriolage, nous nous sommes rendu compte en observant leurs costumes que les gens n’étaient pas encore vraiment sortis des années 60. C’est une chose que j’ai gardée à l’esprit pour créer les costumes des personnages. Si vous faites attention, vous verrez qu’ils ont tous le look d’une personne célèbre de cette époque. »
Odile Dicks-Mireaux poursuit : « Je me suis documentée sur les petits truands de cette époque. Après avoir discuté avec Jason Statham, nous avons choisi de lui donner un look très Sixties avec des costumes nets et bien taillés pour coller à la vision qu’il avait de son personnage.
« Pour Kevin, nous nous sommes inspirés de l’acteur David Hemmings et du photographe David Bailey. Nous avons pioché un tas d’idées dans des photos d’eux qui dataient de 1971. Sa coupe de cheveux rappelle aussi beaucoup celles des Rolling Stones.
« Le look de Danny est inspiré de celui de George Best, un célèbre footballeur irlandais. Il porte des cravates et des cols de vestes larges qui contrastent avec la sobriété des costumes de Jason.
« Nous nous sommes inspirés de l’actrice et mannequin anglais Jean Shrimpton pour Martine, et de Cynthia Lennon pour Wendy Leather. Wendy reste beaucoup plus Sixties que Martine qui elle, porte les derniers vêtements à la mode. Le fait qu’elle soit mannequin était très intéressant parce qu’elle passe son temps à se déguiser, on ne sait jamais très bien qui elle est. C’était un élément important à prendre en compte pour sa garde-robe. Je me suis aussi inspirée de Jane Birkin parce que je trouvais que son image collait très bien au personnage.
« Ingrid, la jeune femme qui travaille avec Terry, est un mélange de deux chanteuses anglaises, Cilla Black et Lulu Kennedy-Cairns. »
Odile Dicks-Mireaux ajoute : « La consigne de Roger Donaldson était de ne pas trop en faire avec les costumes, ils devaient refléter cette période sans pour autant distraire le spectateur. Nous nous sommes donc aussi inspirés de la mode contemporaine qui est actuellement très influencée par les années 60 et 70. Cela nous a permis de choisir des vêtements qui ressemblent à ceux que nous portons aujourd’hui et qui plairont certainement au public. »
Le chef décorateur Gavin Bocquet explique : « Roger Donaldson voulait un style visuel réaliste et cru pour le film, il ne voulait pas d’une ambiance et d’une lumière légères et estivales.
Nous avons donc utilisé des tons sourds et des couleurs tertiaires caractéristiques des années 60. Parfois, il y a aussi quelques teintes plus colorées comme au Chicken Inn, mais en général toutes les couleurs du film sont très adoucies. »
Pour Odile Dicks-Mireaux, les costumes devaient aussi servir à recréer l’univers de chaque personnage. Elle précise : « C’était très varié, il y avait l’univers du club avec toutes les robes de cocktail, les tenues aguicheuses des entraîneuses et les smokings, mais aussi celui de la fête chez Andre Deutsch, celui de Michael X, de Vanessa Redgrave qui était très coloré. Pour que la narration de l’histoire reste claire, nous avons fait attention à bien dissocier les personnages et les groupes. J’ai par exemple habillé les policiers avec des chemises couleur crème, et les agents du MI5 avec des chemises blanches. La différence est subtile, mais elle permet aux spectateurs de les distinguer plus facilement. »
Odile Dicks-Mireaux observe : « Comme Martine est un ancien mannequin, elle change très souvent de look. Il y avait celui de l’aéroport d’Heathrow, celui pour aller au club, celui du mariage et celui pour aller chez Andre Deutsch. Nous avons été obligés de créer plusieurs costumes pour elle, notamment pour le club où elle porte une splendide robe haute couture qui pourrait très bien avoir été faite par Lanvin. Elle est très classe dans cette robe, très chic. Saffron Burrows s’est beaucoup investie dans la création de son personnage. Elle est par exemple allée voir d’elle-même David Bailey pour parler avec lui des mannequins de l’époque et lui demander comment garder un look cohérent pendant tout le film. Sa grande question était de savoir si elle devait se cantonner à un style ou en adopter plusieurs. David lui a répondu que son personnage ayant accès à toutes les fringues des magazines de mode de l’époque, elle pouvait changer de style à volonté selon les occasions. Pour le mariage, elle porte un tailleur-pantalon de velours vert inspiré de Bianca Jagger. En dessous, elle a un très beau chemisier en mousseline, copie d’un original d’Ossie Clark qui a été retaillé pour Saffron. Sa tenue à l’aéroport est inspirée d’une photo de Twiggy à l’aéroport d’Heathrow où elle porte un pantalon large en lin et un haut assez ample. Dans la scène où elle va récupérer les perles à la banque, elle était habillée dans un style très français avec une tenue bleue marine avec de la flanelle crème, très chic. Comme Saffron a de très belles jambes, nous lui avons fait porter une jupe courte dans la scène où elle s’assoit dans sa voiture. Nous avons essayé un tas de choses avec elle ; dans le film elle est vraiment représentative du style de cette époque. C’est ce que recherchait Roger Donaldson : d’une certaine façon elle raconte à travers ses costumes cette période de transition entre les années 60 et 70. »
Saffron Burrows se souvient : « Odile a eut l’idée de me faire porter à la fin du film un long et superbe manteau Biba que ma mère portait quand elle était enceinte de moi en 1972. Cela m’a beaucoup touchée, c’était vraiment adorable de sa part de penser à ce genre de chose et d’utiliser un maximum d’habits riginaux de cette époque. »
Odile Dicks-Mireaux commente : « Nous avons retrouvé des vêtements de cette époque et nous en avons fait des copies pour Saffron et les autres rôles féminins. Cela faisait beaucoup d’habits. Retrouver et fabriquer des tenues pour les hommes a été un peu plus facile. Kevin, Danny, Lew Vogel et Terry ont tous des styles différents les uns des autres. Pour fabriquer les costumes, nous avons utilisé de la laine mohair et des tissus d’époque cela leur donnait plus d’authenticité et les acteurs adoraient les porter. »
Kirstin Chalmers, la responsable du département maquillages et coiffures, raconte : « La plupart des acteurs avaient des coupes de cheveux modernes qui n’allaient pas du tout pour le film. Beaucoup d’entre eux ont donc été obligés de porter des perruques, de fausses pattes et même de fausses moustaches. Tout était dans la coupe. Quand ils étaient bien coiffés et en costumes, il suffisait de les regarder pour avoir l’impression d’être revenus au début des années 70. »
Kirstin Chalmers explique : « Pour les maquillages, bien que le film se déroule en 1971, nous nous sommes inspirés de ce qui se faisait à la fin des années 60. Les femmes ont de longs cils et le contour des yeux lourdement souligné à l’eye-liner, mais elles ont toutes un look bien différent. Martine reste la plus à la mode et son maquillage ressemble le plus à ce qui se faisait en 1971. C’est la plus élégante, la plus glamour, elle est vraiment très belle dans le film. A l’opposé, il y a la mère de Dave Shilling dont le maquillage est discret et ressemble plus à celui du début ou du milieu des années 60. Il lui donne un look plus naturel, comme si elle n’était pas maquillée. »
BRAQUAGE A L’ANGLAISE a été tourné avec les dernières caméras numériques haute-définition. Kirstin Chalmers note : « Pour nous, cela représentait un vrai challenge parce que l’image est plus nette que celle d’une pellicule, on voit beaucoup mieux le maquillage et les perruques. Il faut redoubler d’efforts pour que tout ait l’air parfaitement naturel. »
Roger Donaldson ajoute : « C’est mon premier film en haute définition. C’est une technologie difficile à maîtriser, mais elle vous permet de voir immédiatement ce que vous avez filmé comme avec un appareil photo numérique, ce qui est un très grand avantage. Je suis très heureux d’avoir eu Mick Coulter comme directeur de la photographie, il a énormément de talent. Il a fait de très bons films anglais et je crois que comme moi, il a adoré relever le défi que représentait BRAQUAGE A L’ANGLAISE. »
Le chef décorateur Gavin Bocquet observe : « La haute-définition étant utilisée depuis maintenant une dizaine d’années, j’avais déjà fait deux ou trois films avec ce procédé. Pour nous, cela ne change pas grand-chose, il faut juste faire plus attention aux finitions des décors en arrière-plan parce que la profondeur de champ est plus grande et l’image beaucoup plus nette. Cela nous oblige à veiller aux plans moyens et aux plans éloignés. Autrefois, la qualité d’image des moniteurs de contrôle était assez mauvaise, et ce n’est qu’en regardant les rushes qu’on pouvait voir les défauts, mais à ce moment-là il était déjà trop tard pour corriger quoi que ce soit. Avec la haute-définition, tous les départements peuvent voir sur le moniteur ce qui est filmé avec une image d’une netteté incroyable. Le moindre défaut est détecté et corrigé très rapidement. Pour moi, c’est un avantage qui l’emporte de loin sur les petits inconvénients de la haute définition. »
Saffron Burrows conclut : « J’aime beaucoup la haute-définition, mais en tant qu’actrice je trouve que c’est un procédé très intimidant. L’image est sans pitié, elle ne se concentre pas comme le fait l’oeil humain sur un objet en laissant ce qui est autour dans le flou. La haute-définition ne restitue pas une image semblable à celle d’un peintre ou d’un photographe, elle donne une image d’une netteté presque clinique. D’un autre côté, cette technologie a de nombreux avantages : Roger pouvait par exemple rentrer chez lui le soir en étant certain que la mise au point de tous ses plans était parfaite. C’était mon deuxième film en haute-définition, et comme la première fois, j’ai adoré la vitesse à laquelle cela nous permet de travailler. »

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