Inscription Newsletter :
  
Recherche : Films     Affiches     Box-office     Vos critiques de films     Actus ciné     Forum

John Rambo


Notes de production

Parties :

- Un mythe moderne & Rambo et ses films
- A l'origine de Rambo & Acteurs et personnages
- Les missionnaires & Les mercenaires
- Les acteurs thailandais et Birmans & Le tournage
affiche du film John Rambo - worldcinemag.com

Un mythe moderne & Rambo et ses films
  Vingt ans après ses dernières aventures, John Rambo revient sur les écrans. Si ce personnage de vétéran du Vietnam s’est imposé dès son apparition en 1982 comme l’un des héros les plus emblématiques du cinéma, c’est parce que derrière le guerrier absolu, au-delà du combattant hors pair, existait un homme qui n’acceptait pas la violence à laquelle ce monde le contraignait. Dès le premier film, ce héros à part est devenu un élément essentiel de l’imaginaire collectif. Les deux suites n’ont fait que renforcer sa notoriété et sa cote de popularité, que les ventes de DVD n’ont jamais cessé de confirmer. Avec ce rôle comme avec celui de Rocky Balboa, Sylvester Stallone s’est imposé comme l’une des icônes du cinéma mondial, dont il est l’un des acteurs les plus populaires.
A l’instar de son personnage de boxeur dont il a brillamment clôturé la saga l’année dernière avec ROCKY BALBOA, Stallone reprend ici les rênes de la réalisation et de l’écriture, nous offrant sans doute le plus personnel des épisodes de la série des RAMBO. Il confie lui-même qu’il lui aura fallu vingt ans pour prendre le recul et acquérir l’expérience nécessaire à cette histoire.

Un mythe moderne

Depuis la sortie de RAMBO sur les écrans en 1982, le monde entier connaît Rambo, ce soldat redoutable et pourtant vulnérable humainement qui s’élève contre l’oppression et l’injustice. Dans le premier film, une adaptation du roman «First Blood» de David Morrell, John Rambo était un héros de la guerre du Vietnam, un soldat décoré devenu un paria dans son propre pays après sa participation à ce conflit impopulaire. Trois films et deux décennies plus tard, Rambo est devenu dans toutes les langues un symbole de tous les combattants héroïques luttant contre l’oppression. Dans les zones de conflits modernes comme l’Afghanistan, l’Irak ou la Birmanie (Myanmar), «Rambo» fait référence aux agressions militaires les plus violentes, mais aussi aux hommes obligés par les circonstances de prendre les armes.
D’une force physique impressionnante et d’une rare habileté au combat, Rambo est aussi un homme blessé et fragile sur le plan émotionnel qui a su toucher la corde sensible du public et devenir une véritable icône à travers le monde. Le nom «Rambo» est passé à la fois dans le langage populaire et dans le discours politique, et le succès des films a fait de Sylvester Stallone une des plus grandes stars de notre époque. Vingt-cinq ans après la sortie du premier film, l’image et le personnage de Rambo font définitivement partie de la culture populaire. En 2007, l’ancien soldat américain Jessica Lynch dénonçait devant le Congrès américain la manipulation médiatique destinée à «la faire passer pour une petite Rambo capturée en Irak». La même année, un rapport du Pentagone sur les questions de santé mentale dans l’armée était surnommé dès sa parution «Le Problème Rambo».
Le producteur Kevin King commente : «Rambo est passé dans le vocabulaire de toutes les langues et même dans les dictionnaires, qui le définissent comme une agression militaire. En termes simplistes, Rambo, c’est le bien contre le mal, l’oppressé contre l’oppresseur, l’exclu contre la société. Ce sont des choses que les gens comprennent très bien.»
Rambo a pénétré la conscience collective avec une force que n’a jamais eue un autre personnage de film. Partout dans le monde, que ce soit chez les Karens rebelles des collines de Birmanie, dans les montagnes arides d’Afghanistan ou dans des lieux où les films sont illégaux ou très rares, tout le monde connaît Rambo.
Alors qu’elle recrutait des acteurs locaux et des centaines de figurants pour JOHN RAMBO, l’équipe du film s’est aperçue que même les Thaïlandais et les réfugiés birmans connaissaient leur héros. La directrice de casting thaïlandaise Pasiri ‘Noiy’ Pana raconte : «C’est un personnage qu’ils connaissent tous très bien. Quand j’ai demandé aux Birmans pourquoi, ils m’ont expliqué que chez eux, dans leurs villages, ils se cachaient pour regarder RAMBO en secret.»
Au cours des ans, Rambo est devenu le sujet d’un album de reggae, de plusieurs chansons, de poésies, et bien sûr de nombreuses discussions politiques. Que ce soit sur des sacs, des tee-shirts ou des posters, en Asie, en Afrique, en Europe ou ailleurs, son image est partout. L’acteur Jake La Botz, qui incarne Reese, un mercenaire joueur de guitare, observe : «Tout le monde a sa propre histoire à raconter sur Rambo. J’étais au Mexique au début des années 80, je voyageais dans un bus et sur le tableau de bord, on pouvait voir Jésus, Marie, Rambo et Titi... Une association plutôt surprenante ! Au Mexique, Rambo est une idole au même titre que Che Guevara. Dans notre monde moderne, il apparaît comme un vrai symbole de l’exclusion et de la résistance.»
Paul Schulze, qui interprète le médecin et missionnaire Michael Burnett, ajoute : «Il y a en chacun de nous quelque chose qui nous pousse à résister aux criminels et aux oppresseurs. Rambo incarne celui qui est capable de s’opposer aux méchants et de triompher d’énormes difficultés. Le fait qu’il n’ait jamais été joué que par un seul homme a, selon moi, beaucoup contribué à en faire un personnage célèbre dans le monde entier. Sylvester Stallone est le seul à pouvoir le jouer, le seul à pouvoir lui donner cette force et cette rage qui l’anime.»
Avec Rocky Balboa et John Rambo, Sylvester Stallone a créé deux des personnages les plus endurants et les plus symboliques du cinéma. Pour tous, les deux noms évoquent la même présence physique, la même voix et la même démarche. S’il est aussi un scénariste nommé à l’Oscar pour ROCKY, un producteur, un réalisateur et un acteur éclectique, l’image de Sylvester Stallone, ou «Sly», reste indissociable de ces deux grands rôles du cinéma. Kevin King note : «Rocky et Rambo sont souvent utilisés pour parler de Sylvester Stallone parce qu’ils sont avant tout ce que Sly en a fait. D’une certaine façon, ils font partie de lui. Il aime d’ailleurs raconter que le matin au réveil il se sent très «Rambo» tant qu’il n’a pas bu son café, après il se sent plus «Rocky» ! Il voulait une belle fin pour ces deux personnages. ROCKY BALBOA était le dernier de la série des Rocky ; avec JOHN RAMBO il achève celle des Rambo.»
Depuis une dizaine d’années, la science-fiction et la fantasy ont pris une place de plus en plus importante dans le cinéma d’action, dont les histoires se déroulent maintenant souvent dans des mondes imaginaires ou alternatifs. Des sorcières combattent des magiciens, des super-héros doués de superpouvoirs luttent contre des cyborgs, des robots, des démons, des extra-terrestres… D’autres films mettent en scène des cambriolages hightech ou des cyber-crimes à grand renfort d’effets visuels impressionnants, de gadgets et de véhicules incroyables.
Kevin King commente : «Rambo n’est pas un super-héros, et c’est ce qui fait sa force. La différence tient à la nature même de la violence qu’il exerce : c’est une violence éthique, des représailles qui se justifient. Il n’a pas de pouvoirs extraordinaires, tout ce qu’il fait s’inscrit dans la réalité. Il agit de façon humaine, brutale et réaliste face à l’oppression et la violence.»
Pour beaucoup, la résurgence de personnages et de franchises comme celles de RAMBO, DIE HARD ou INDIANA JONES provient d’un désir de voir des héros simplement humains confrontés à des situations extraordinaires, mais inspirées de la réalité. Le chef décorateur Franco Carbone explique : «Beaucoup de films ont été faits avec des personnages issus de comics qui possèdent des pouvoirs incroyables. Rambo ne leur ressemble pas du tout. C’est un être de chair et de sang. Il est héroïque parce qu’il fait face à l’oppression en étant simplement humain.»
Rey Gallegos interprète Diaz, un vétéran désabusé de la guerre du Golfe devenu mercenaire. Pour lui, Rambo est une sorte d’archétype du parcours que fait chaque homme durant sa vie. Il précise : «Rambo traverse les trois étapes essentielles de la vie d’un homme : un combat à mener, un voyage à accomplir et un amour à reconquérir. Ce personnage souffre d’avoir perdu ces trois choses. Tous ceux qui regardent ses aventures se retrouvent dans son histoire parce que nous sommes tous à la recherche d’un combat, d’un voyage et d’une princesse à délivrer.»
Sylvester Stallone déclare : «Le personnage de Rambo rappelle ces héros mythiques qui doivent accomplir contre leur volonté une tâche pour laquelle ils sont nés et qu’ils ne peuvent refuser. Rambo est un homme droit, pour lui les choses sont simples et se résument à une lutte du bien contre le mal. Les mauvais doivent être punis et les faibles être protégés. Cette façon de voir rappelle les histoires avec lesquelles nous avons grandi, toute la mythologie du bien contre le mal.»

Rambo et ses films

Le titre original de RAMBO, FIRST BLOOD, fait référence à l’acte d’ouvrir les hostilités, d’être le premier à verser le sang. Contrairement à ce que pourrait faire croire ce titre, Rambo ne tue personne dans sa première aventure. Dans ce film, le vétéran aux cheveux longs est chassé d’une petite ville de montagne par son shérif (interprété par Brian Dennehy) alors qu’il n’a causé aucun problème. Refusant de quitter la ville, Rambo est arrêté, humilié et maltraité avant de s’échapper et d’être traqué dans la forêt voisine. Hanté par l’horreur de la guerre, Rambo apparaît comme un personnage victime des circonstances et traumatisé par le cauchemar sans fin qu’est devenue sa vie. Entraîné pour être une véritable machine à tuer, son intelligence et ses compétences de survie sont ses deux meilleures armes. Même s’il malmène et neutralise ses poursuivants, Rambo n’en tue aucun durant toute sa traque. A la fin du film, il retourne en ville animé par la rage pour affronter les forces du shérif, et termine son aventure en laissant éclater son désespoir dans les bras de son officier, la figure paternelle du colonel Trautman (Richard Crenna). Dans le roman de David Morrell, Rambo meurt à la fin de l’histoire.
L’acteur Tim Kang, qui interprète le mercenaire En-Joo dans JOHN RAMBO, raconte : «RAMBO était différent des autres films d’action parce qu’il y avait un coeur et une âme dans cette histoire. La qualité de l’interprétation de Sly en était grandement responsable. La violence n’était pas gratuite, il y avait un message derrière tout cela. Avec JOHN RAMBO, Sly revient à la source de la série.» En plus de ses records au box-office, la série des RAMBO a réinventé et défini le genre moderne du film d’action. Héros à jamais traumatisé par ses expériences, Rambo fait preuve d’un sens de l’honneur et d’un pragmatisme compréhensibles par tous les humains, quelle que soit leur culture.
Les armes et le style de combat de Rambo ont grandement contribué à son image. Equipé d’un arc, de flèches, d’un couteau qu’il a forgé lui-même et de son célèbre bandeau, sa simplicité et son authenticité résonnent au plus profond de nous. Le chef décorateur Franco Carbone observe : «Rambo est un homme qui a abandonné toute la complexité du monde moderne, il a oublié toutes les nationalités, toutes les identités ethniques et tribales pour vivre d’une façon simple et instinctive. C’est un personnage primitif au bon sens du terme, un homme qui reflète la nature sauvage de l’humain. Dans notre société sans cesse en évolution, où nous devons devenir de plus en plus spécialisés pour avoir une fonction et vivre, beaucoup de gens se sentent mal à l’aise. D’une certaine façon, Rambo représente ce malaise, cette envie de se retirer du monde et de revenir à l’individu.»
Audacieuses et visionnaires, les histoires formant le contexte des aventures de Rambo ont des thèmes politiques et sociaux qui donnent un élan réaliste à l’action et se sont souvent révélés précurseurs. RAMBO montrait par exemple les effets du syndrome de stress post-traumatique bien avant qu’il soit connu et accepté par la science comme un trouble mental. Selon les producteurs de ce film, Mario Kassar et Andrew Vajna, 26 versions différentes du scénario ont été nécessaires pour adapter le roman écrit en 1972 et transposer l’histoire de Rambo sur grand écran. C’est l’implication personnelle de Stallone, fort du succès du film oscarisé ROCKY, qui a permis au premier RAMBO de naître.
Le producteur Kevin King se souvient : «La guerre du Vietnam était encore très présente dans les esprits quand RAMBO est sorti et le film a attiré l’attention de toute la nation. Il nous a montré un autre visage de la guerre et de ses héros. Au cours de l’ère Reagan, Rambo est devenu un symbole politique des conflits qui opposaient l’Est et l’Ouest, le communisme à la liberté. C’était un sujet sensible à l’époque. Au final, Rambo est une allégorie. Dans les films, il apparaît comme un homme plutôt pacifiste tant qu’on ne l’ennuie pas, mais capable de répliquer si on franchit les limites.»
En 1985 sortait sur les écrans RAMBO II : LA MISSION, dont le scénario a été écrit par James Cameron et Sylvester Stallone. Dans ce nouvel épisode, le colonel Trautman demande à Rambo de mener une mission visant à prouver qu’il existe encore des soldats prisonniers au Vietnam. Les slogans du film, «Aucun homme, aucune loi, aucune guerre ne peuvent l’arrêter» et «Cette fois-ci, il faut vaincre», illustraient la frustration américaine quant à l’issue de la guerre du Vietnam et faisaient de Rambo un symbole de noblesse et de victoire. Comme dans le premier film, ce second volet explorait les effets à long terme de la guerre du Vietnam, et en particulier le sort des prisonniers américains qui ont été utilisés, puis niés et abandonnés par leur gouvernement après la fin du conflit. Une phrase de Rambo à la fin du film résumait à elle seule le désespoir des vétérans : «Je veux la même chose qu’eux. Je veux que notre pays nous aime autant que nous l’aimons.»
L’actrice Julie Benz interprète dans JOHN RAMBO une missionnaire et la seule femme du film. Elle raconte : «Depuis le premier film, Rambo est rejeté par le pays qu’il aime et qu’il a servi. Tout ce qu’il désire, c’est être à nouveau chez lui. Bien qu’il soit fort, avec un physique imposant, c’est avant tout un être humain imparfait avec des émotions. Ce dernier volet montre un Rambo plus proche de ce qu’il était dans le premier film.»
L’indignation légitime ressentie par Rambo face à l’utilisation abusive qui a été faite de lui par l’armée et par son pays, a trouvé un écho partout dans le monde, et a fait de lui un noble guerrier qui ne tue que pour se défendre ou se venger des mauvais traitements qu’il a subis. L’acteur Graham McTavish interprète dans JOHN RAMBO le leader des mercenaires, Lewis. Il remarque : «Rambo est dans la droite lignée de Beowulf, Achille, ou de tout autre personnage plus valeureux que les autres hommes et qui vit en dehors de la société. Les gens de la Grèce et de la Rome Antique auraient reconnu Rambo comme un véritable héros mythologique. Ce qui est intéressant avec lui, c’est que c’est un homme d’action : alors que d’autres perdent du temps à se demander quoi faire, il va de l’avant et lutte contre l’adversité.»
Dans RAMBO III, Rambo quitte sa retraite en Thaïlande pour aller secourir son seul ami, le colonel Trautman, qui a été enlevé en Afghanistan, théâtre d’un conflit qui fut le «Vietnam russe» de 1979 à 1989. Sorti en 1988, le regard proposé par le film sur le Jihad et les moudjahidin afghans est encore d’actualité face aux événements qui agitent le monde musulman.
En septembre 2007, alors que cinq mois après la fin du tournage, JOHN RAMBO était en montage, les images du mouvement massif de protestation mené par des centaines de moines bouddhistes contre le gouvernement birman envahissaient les écrans du monde entier. Ce mouvement a fait sortir dans les rues de Yangon (anciennement Rangoun), la capitale, plus de 100 000 personnes et a été la plus grosse manifestation pro-démocratique du pays de ces deux dernières décennies. Quand les dirigeants militaires ont pris la décision de réprimer le mouvement fin septembre, les troupes ont commencé à frapper les opposants et ont tiré des balles et des cartouches de gaz sur la foule désarmée, tuant plusieurs civils et moines. L’armée a investi plusieurs monastères bouddhistes et de nombreux manifestants ont été arrêtés. Le gouvernement a aussi bloqué les accès Internet et mis en place un sévère contrôle des télécommunications, par lesquels le mouvement a pu être révélé au monde entier. En raison du manque d’information, le nombre exact de morts est aujourd’hui difficile à cerner.
Au contraire des protestations pro-démocratiques de 1988, le soulèvement a été cette fois mené par des moines bouddhistes et non plus des étudiants. Le mécontentement a commencé en août suite à l’augmentation du prix du carburant, et a attiré l’attention de la communauté internationale sur les abus du gouvernement militaire birman, fort de 400 000 hommes.
Le producteur John Thompson note : «La série des RAMBO s’est toujours inspirée de faits réels : le traumatisme des vétérans du Vietnam, les disparus et les prisonniers de cette guerre ou encore le conflit interminable en Afghanistan. Avec JOHN RAMBO, Sylvester Stallone parle d’une chose encore peu connue aujourd’hui : le génocide du peuple karen par l’armée birmane. C’est un sujet on ne peut plus réaliste et Sly a su l’utiliser avec beaucoup d’intelligence.»
Kevin King ajoute : «Les RAMBO ont toujours été des allégories, des contes qui reposent sur la symbolique du bien contre le mal. Toutes ces histoires s’appuient sur des faits et des problèmes réels. Ce que l’on voit quand Rambo s’enfonce en Birmanie est exactement ce qui se passe en ce moment. D’anciens mercenaires et soldats américains remontent le fleuve pour aider les Karens. On y trouve des missionnaires, des champs de mines et des camps de réfugiés. Bien sûr, ce film est avant tout un divertissement, mais il a un fond très réel.»
Dans une industrie qui repose beaucoup sur les marques et les franchises, la série des RAMBO a connu un succès exceptionnel. Chacun des trois premiers films s’est immédiatement classé à la première place du box-office et a récolté des millions à travers le monde. Malgré les critiques parfois défavorables, les films et le personnage de Rambo ont perduré et sont devenus un phénomène global qui a transcendé les langues et les cultures.
John Thompson commente : «Rambo est un laissé-pour-compte, et je crois que c’est un élément important qui a grandement contribué à son succès. Il fait face à des situations incroyables, rencontre des obstacles qui paraissent impossibles à surmonter, et pourtant il triomphe. C’est aussi un homme incompris. C’est un solitaire dont les idées dérangent, et le public adore ce genre de personnage.»
A certains égards, Rambo ressemble beaucoup à son créateur et alter ego, Sylvester Stallone. Pour toute son équipe, Sylvester Stallone est un homme intelligent, drôle, cultivé, plein d’énergie et doué d’un grand sens artistique. Homme de contraste, il aime entretenir le dialogue et l’échange d’idées avec ses collaborateurs tout en étant clair et exigeant quant à ses objectifs. Ouvert et plein d’humour, il est aussi connu pour être un solitaire.
C’est un acteur capable de remarquables interprétations, et un réalisateur direct et intransigeant dans sa façon de travailler.»
Julie Benz observe : «Depuis toujours, il aime prendre des risques. Le premier ROCKY était un risque pour lui, tout comme le premier RAMBO. Il faut un sacré courage pour faire revivre ce personnage plus de vingt ans après et revenir sur les écrans à soixante ans dans la peau d’un héros de film d’action. Il en fallait aussi beaucoup pour être au top physiquement, diriger cet énorme film et surmonter les problèmes et les dangers de la Birmanie. Tout cela était très risqué. Sa carrière est jalonnée de prises de risques et c’est ce qui en a fait une légende, une véritable icône. Il n’a pas peur de se mettre en danger, il ne recule devant aucune difficulté.»
Jake La Botz raconte : «Le savoir et l’énergie de Sylvester nous ont tous impressionnés. Je ne sais pas comment il fait, mais tous les jours il était gonflé à bloc. Il travaille avec un sérieux et une maîtrise époustouflante. Il ne fait vraiment pas son âge. Quand on le voit se jeter dans l’action, on a du mal à croire qu’il a soixante ans. Je connais très peu d’hommes de son âge, ou même de la moitié de son âge, qui soient capables de faire tout ce qu’il a pu faire durant le tournage !»
John Thompson reprend : «Je crois que le sens des responsabilités de Sylvester est ce qui l’a poussé à mettre un point final à l’histoire de cette véritable idole américaine.
Il possède une énergie physique et mentale inépuisable, tous les jours il écrivait, dirigeait le film, jouait son rôle, regardait les rushes et s’en inspirait pour réécrire certaines scènes... Nous étions tous constamment impressionnés, envieux et très stimulés par son énergie et son engagement !»


A l'origine de Rambo & Acteurs et personnages
  Après le succès de ROCKY BALBOA, dernier film de la série des ROCKY, Sylvester Stallone voulait aussi terminer celle des RAMBO. Il explique : «Comme avec Rocky, je voulais revisiter Rambo et en terminer avec ce personnage. Le dernier film était plein de bonnes intentions mais son message n’a pas été entendu. Nous étions en 1988 et nous voulions montrer ce qui se passait en Afghanistan ; la guerre froide venait de se terminer et les Russes retiraient leurs troupes. A cette époque, les gens et les médias ne se préoccupaient pas de ce pays, des moudjahidins et des talibans. Maintenant que nous savons ce qui s’est passé après le départ des Russes et qu’on voit ce qui se passe aujourd’hui, les gens s’y intéressent davantage. Mais à l’époque, le film n’a pas réussi à attirer l’attention sur la situation de ce pays. Je voulais donc terminer la série sur une meilleure note et revenir à une version du personnage plus proche du premier film.»
Après avoir acheté les droits de ce nouvel épisode de RAMBO aux frères Weinstein de Miramax, le producteur John Thompson, de chez Millennium Films, a contacté Sylvester Stallone pour lui faire part de son intention de produire un nouveau RAMBO. John Thompson se souvient : «Il ne voulait pas se lancer immédiatement dans ce projet. Il voulait d’abord pouvoir réfléchir afin de comprendre où en était ce personnage et ce qu’il restait à dire avec lui. Il a pris un temps de réflexion, d’autant plus qu’il travaillait à l’époque sur ROCKY BALBOA. Il a fallu attendre un bout de temps parce qu’il était très occupé avec Rocky et le succès qui a suivi. Mais j’ai attendu et au final, nous avons pu faire ce film.»
Sylvester Stallone raconte : «Je me suis dit que si cela devait être le dernier RAMBO, il devait y avoir un message fort. Cela ne devait pas être juste de l’action. Je voulais un sujet sérieux qui parle de la condition humaine et du monde réel.»
Il précise : «Il était hors de question de faire un film de plus. Rambo a vieilli, il a mûri et pris du recul sur beaucoup de choses. Il sait le prix de la vie mais il est aussi le résultat d’un parcours qui lui en a appris long sur la violence des hommes et sur leurs méthodes. Parce qu’il est plusieurs fois allé en enfer et qu’il en est revenu, il est sûrement l’un des seuls à pouvoir aller chercher ceux qui y sont retenus prisonniers.»
Beaucoup d’idées et de scénarios pour un quatrième RAMBO avaient été proposés depuis le dernier film. Plusieurs histoires se déroulaient au coeur des conflits en Irak, en Afghanistan, au Soudan, en Colombie, et même au Darfour. John Thompson et Millennium Films possédaient déjà une demi-douzaine de scénarios mettant en scène Rambo, mais Sylvester Stallone voulait une toile de fond moins connue et une histoire se déroulant dans un des conflits les moins médiatisés du monde.
Sylvester Stallone explique : «J’ai fait des recherches, j’ai parlé avec beaucoup de gens, j’ai appelé le magazine Soldier of Fortune (une revue destinée aux mercenaires et aux soldats professionnels) et les Nations Unies. A chaque fois que je demandais quel était le conflit le plus meurtrier et le moins couvert par les médias, on me répondait “la Birmanie”.
Cette histoire est basée sur des faits réels et sur une guerre qui dure depuis soixante ans. Les exactions montrées dans le film sont celles que subissent les gens dans ce pays. En fait, la plupart des atrocités qui leur sont infligées sont tellement horribles que nous ne pouvions pas les montrer. C’est la guerre dans toute son horreur.»
Durant la Seconde Guerre mondiale, les tribus karens ont lutté avec les Alliés contre les Japonais et l’armée birmane. Quand la guerre s’est terminée, une autre a commencé pour eux. Les Karens voulaient un Etat indépendant et autonome, tout comme les autres tribus et minorités du pays. Après avoir colonisé le pays pendant des années, la Grande-Bretagne rappela ses troupes chez elle après la Seconde Guerre mondiale. Après ce départ, un nouveau nationalisme birman émergea. L’effondrement du colonialisme et des institutions royales, en plus des nombreuses années de guerre et de conflits ethniques, laissa l’armée birmane aux commandes des infrastructures du pays, des sociétés de transport, des compagnies d’import-export et de construction de ponts et de routes, et du réseau de communications qui constituaient les seules ressources du pays. En 1947, quand les négociations pour l’obtention d’un Etat échouèrent, les Karens formèrent la Karen National Union (KNU), un comité politique luttant pour leur indépendance. Depuis soixante ans, les Karens luttent contre le gouvernement birman qui exerce à leur encontre un nettoyage ethnique brutal et systématique.
Sylvester Stallone reprend : «Ce conflit était parfait pour le film parce qu’il permettait d’introduire quelque chose qui ne parle pas uniquement de Rambo, quelque chose de vrai et de complètement d’actualité. Avec les missionnaires et les mercenaires, cette histoire ne se limite pas à un seul personnage. Plus je faisais des recherches et plus j’en apprenais sur ce pays, plus je me disais que je pouvais faire quelque chose de grand si je parvenais à attirer l’attention des gens sur la guerre civile en Birmanie tout en faisant un bon film d’aventure.»
La Birmanie était aussi pour Sylvester Stallone un terrain parfait pour ce nouveau film à cause de sa frontière commune avec la Thaïlande, le pays où vit Rambo depuis le deuxième film. Comme beaucoup de vétérans qui ne sont pas parvenus à se réintégrer dans la société américaine, Rambo est resté en Asie du Sud-Est. En retrouvant son personnage, Sylvester Stallone s’est demandé quels effets avaient pu avoir sur lui et sur son lieu de vie vingt ans de vie solitaire et quasi monastique. Il raconte : «C’est un homme fatigué, lassé du monde, il a vu et enduré trop de choses. Il vit en dehors de la société mais ce n’est pas un ermite, juste une sorte de marginal désenchanté qui préfère vivre seul.»
Julie Benz ajoute : «Ce n’est pas le Rambo aux muscles huilés que nous avons connu il y a vingt ans. C’est un Rambo plus vieux, usé par la vie mais en même temps beaucoup plus sympathique. Tout ce qu’il a vécu dans les trois premiers films a beaucoup affecté sa vie, c’est un homme qui s’est retranché derrière une véritable carapace.»
A contrecoeur, Rambo accepte de faire remonter le fleuve Salouen au Dr. Burnett, à sa fiancée Sarah, et aux missionnaires qui veulent apporter de l’aide à un camp de réfugiés. C’est Sarah qui arrive à le convaincre. Quand il apprend deux semaines plus tard qu’ils ne sont pas revenus, il sait qu’il est le seul à pouvoir guider un groupe de mercenaires engagés pour les sauver.
Sylvester Stallone commente : «Rambo décide d’aider les missionnaires parce qu’il retrouve en Sarah l’espoir et l’optimisme qui l’animaient quand il était jeune. C’est pour cela qu’il s’est engagé dans l’armée autrefois, parce qu’il pensait pouvoir faire quelque chose de bien. Bien qu’il n’ait plus foi en cela désormais, il éprouve un sentiment de loyauté envers elle, il se sent responsable de sa sécurité. L’optimisme de cette femme a quelque chose de sacré, c’est pour lui une chose qui doit être respectée et protégée.»
Rambo sait que la guerre civile fait rage en Birmanie et que la torture, les exécutions sommaires et le viol des adultes et des enfants y sont monnaie courante. Durant ses voyages et sa vie dans la jungle des montagnes du nord qui se trouvent entre la Thaïlande et la Birmanie, il a été témoin des destructions systématiques des champs et des villages, il a vu les victimes des champs de mines et les camps de travail forcé remplis d’hommes, de femmes et d’enfants karens battus et affamés. Alors qu’il a toujours évité de s’impliquer dans ce conflit, la disparition des missionnaires réveille son sens des responsabilités et le sentiment qu’il doit leur venir en aide, même si cela signifie replonger dans l’enfer de la guerre.
Kevin King souligne : «Nous ne pourrions même pas montrer un dixième des atrocités et du génocide systématique qui se déroulent tous les jours sur la frontière. Nous avons fait des recherches et tout ce que nous montrons est réel. Nous ne voulions pas montrer de violence gratuite, tout est factuel et documenté. Depuis soixante ans, les Karens ont été systématiquement annihilés, et personne ne le sait. Personne ne connaît l’horrible vérité.»
Les villages karens s’étendent depuis la ville de Mae Hong Son dans le nord-ouest de la Thaïlande jusqu’au sud de la Birmanie, suivant la frontière de 2 496 kilomètres de long entre les deux pays. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les militaires birmans équipés d’armes chinoises essaient d’éliminer les tribus karens pour s’emparer de leur territoire, riche en pétrole, en rubis, en émeraudes et en jade. Ces exactions sont longtemps restées secrètes parce que la Birmanie a coupé ses relations diplomatiques et ses liens avec les médias occidentaux. Le soulèvement étudiant et le massacre de Rangoun le 19 septembre 1988 ainsi que les reportages sur les jumeaux de 12 ans leaders du God’s Army, un groupe de rebelles karens, ont révélé la guerre civile birmane au monde entier. Malgré cela, le Conseil de Sécurité National Thaïlandais interdisait en 2002 à tout correspondant étranger d’entrer dans les camps de réfugiés et dans les zones contrôlées le long de la frontière birmane. Beaucoup pensent que cette interdiction était la conséquence directe de deux rapports accablants de groupes humanitaires : le rapport «Licence to Rape» (Permis de violer) de la Shan Human Rights Foundation, et le rapport «Brutal Reign of Terror» (Le règne brutal de la terreur) des Free Burma Rangers, qui sont mentionnés dans le film.
Sylvester Stallone déclare : «La presse a peu parlé de ce qui se passait en Birmanie parce que des nations puissantes soutenaient ce pays. Avec ce film, nous mettons en scène une histoire fictive ancrée dans des faits réels. C’est une grande responsabilité de raconter l’histoire des Karens, mais cela apporte aussi un sérieux et un sens dramatique énorme à notre histoire.»
La plupart des acteurs et des membres occidentaux de l’équipe de tournage n’avaient jamais entendu parler de la guerre civile birmane. L’acteur Graham McTavish confie : «J’ignorais ce qui se passe dans ce pays. Je ne voudrais pas paraître prétentieux, mais je pense sincèrement qu’un film de cette ampleur attirera plus l’attention sur ce conflit que toutes les conférences de presse que pourront faire tous les groupes humanitaires. C’est triste, mais c’est une réalité.»
Les acteurs, les techniciens et les figurants locaux étaient quant à eux conscients de la situation. Beaucoup d’entre eux ont même participé ou ont été victimes de la guerre et risquent des représailles pour avoir travaillé ou joué dans le film. L’acteur Muang Muang Khin, un ancien leader rebelle de la KNU qui interprète le major birman Tint, raconte : «J’ai accepté ce rôle parce que je déteste les Birmans. C’était un risque, mais j’étais prêt à le prendre pour montrer au monde ce que les Birmans font aux Karens. Après la sortie de ce film, je vais devoir me faire discret parce que les services de renseignement birmans sont partout, même en Thaïlande, et les représailles pourraient être terribles.»
Le gouvernement birman et ses services secrets militaires répandent la terreur jusque sur le territoire thaïlandais, plusieurs centaines de kilomètres au-delà des zones de combat. Kevin King explique : «Le gouvernement birman est excessivement discret sur ce conflit. Je crois que seul un film comme celui-ci était capable d’attirer l’attention des gens sur cette guerre. Je sais qu’il existe dans le monde beaucoup de problèmes et de violences, mais ce film se concentre sur un génocide et un conflit particulièrement horribles. Le monde connaît déjà Rambo, et j’espère que Rambo saura sensibiliser le monde au sort des Karens.»

Acteurs et personnages

John Thompson raconte : «Quand nous avons appris que Sylvester Stallone voulait écrire et réaliser le dernier chapitre des aventures de Rambo, nous avons su que le projet était sur la bonne voie. Dès le premier jour, j’ai été très impressionné par sa façon de travailler. C’est très agréable d’avoir un scénariste-réalisateur qui soit un véritable leader, et Sly est un leader né. Il joue, il écrit, il dirige et la première chose que j’ai apprise en le voyant faire, c’est qu’il s’immerge et se consacre complètement à son travail quand il fait un film. C’est sa façon d’être et de faire. Il y a beaucoup de Sylvester en Rambo, mais il a aussi su mettre une part de lui-même dans les autres personnages.»
L’acteur Paul Schulze commente : «Il sait très bien motiver ses troupes, c’est un vrai chef. Dans son livre “Le Prince”, Machiavel explique que le chef règne d’abord grâce à la peur, et en second grâce à l’amour. Si le chef fait preuve des deux, alors ses hommes le suivront n’importe où. Sylvester fonctionne comme cela. Quand il nous dirigeait, nous avions tous peur de le décevoir et nous cherchions tous à l’impressionner. Au final, on essayait tous de suivre son exemple et de travailler avec le même sérieux.»
Sylvester Stallone n’avait pas au départ l’intention d’écrire et de réaliser le quatrième Rambo. Mais après son expérience positive de metteur en scène et scénariste sur ROCKY BALBOA, il a réalisé que si ce film devait être le dernier des RAMBO, il devait s’impliquer dans tous les aspects de sa création.
Il explique : «Quand quelqu’un d’autre s’en occupe, vous avez toujours des regrets, vous sentez que le film ne reflète pas complètement votre personnalité. Je me suis donc dit qu’il serait intéressant que ce dernier Rambo soit dirigé par Rambo. Cela éliminait les intermédiaires. Cette histoire est donc entièrement la mienne. Si cela ne fonctionne pas, alors je n’aurai pas de regrets parce que je saurai que j’ai fait de mon mieux. Personne d’autre ne sera fautif.»
Sylvester Stallone a fait des recherches pour son histoire pendant plusieurs mois et a rencontré de nombreux représentants des Nations Unies, des missionnaires et des mercenaires. Son objectif était de montrer Rambo sous un jour plus proche du premier film, où il apparaissait comme un homme dévoué à son pays, mais traumatisé par toute la violence qu’il a vécue. De plus, il lui tenait à coeur de créer un final honorable pour son héros.
L’acteur Tim Kang commente : «Je crois que Sly voulait faire un retour aux sources du personnage. Le deuxième et le troisième film sont très différents du premier, et il voulait explorer à nouveau le coeur et l’âme du premier épisode. Ainsi, la boucle est bouclée.»
Rey Gallegos ajoute : «Pour résumer, on pourrait dire que dans ce film, John Rambo se retrouve lui-même. Après avoir abandonné ou oublié qui il était pendant un temps, les événements de cette histoire vont réveiller l’homme qu’il a été. Dans le premier film, Rambo était un jeune homme de retour de la guerre, à la recherche d’une place à occuper dans son pays et dans la société. Rien n’a changé pour lui et les missionnaires, les mercenaires et les Karens vont réveiller en lui cette quête d’une identité et d’un rôle à remplir. C’est un retour à ses racines.»


Les missionnaires & Les mercenaires
  Le retour aux sources de Rambo se fait grâce à l’arrivée inattendue de missionnaires chrétiens américains. De nombreuses organisations viennent du monde entier sur la frontière birmano-thaïlandaise afin d’apporter de l’aide aux tribus karens, en grande partie chrétiennes. Ces groupes engagent souvent des guides locaux et travaillent avec des rebelles ou des ex-mercenaires pour faire passer en contrebande de l’aide médicale, de la nourriture, des fournitures scolaires et des bibles aux survivants.
Quand un groupe de missionnaires vient trouver Rambo pour lui demander son aide, il commence par refuser. Après toutes les horreurs dont il a été le témoin et l’acteur, Rambo a perdu la foi et pense que l’homme laissé à lui-même est un être sauvage qui crée un monde de violence. Pour lui, rien ne pourra jamais changer la cruauté humaine.
Malgré cela, quelque chose interpelle Rambo dans la démarche de Sarah et de son fiancé, qui ont quitté une vie confortable pour se lancer dans un difficile périple à travers une zone de guerre. Après les avoir mis en garde contre leur naïveté et les avoir questionnés sur leur façon de procéder, Rambo refuse toujours de les aider. Sylvester Stallone note : «Ce qu’ils veulent faire réveille en lui son sens inné du bien et du mal. Il voit bien que cette jolie jeune femme et son fiancé médecin sont pleins d’espoirs, qu’ils sont prêts à risquer leur vie et leur confort pour aider des gens qu’ils ne connaissent pas et qui vivent à l’autre bout du monde, et cela réveille quelque chose en lui.»
Julie Benz explique à propos de son personnage : «Sarah est une missionnaire chrétienne, c’est sa première mission avec son fiancé, Michael Burnett. Elle est entièrement portée par sa foi, qui guide tous ses actes. Face à elle, Rambo, est un homme qui ne croit plus en rien, une sorte de coquille vide qui vit à l’écart de la société et de tout contact humain. Leur relation est très intéressante. En lui redonnant un peu d’espoir, elle va aussi prendre conscience de toutes les horreurs de la guerre et comprendre que la foi ne suffit peutêtre pas face à tant de violence.»
Finalement, Rambo accepte de conduire Sarah, Michael et les missionnaires jusqu’à un point prédéterminé. Le voyage ne se passe pas sans incidents et le groupe rencontre en chemin un bateau pirate. Lorsque le chef des pirates veut enlever Sarah, la réaction de Rambo montre qu’ils sont bien dans une zone de guerre. En quelques secondes, son voeu de non-violence vole en éclats, tout comme les illusions des missionnaires.
Paul Schulze explique : «Mon personnage, Michael Burnett, est un médecin de la Pan- Asian Ministry américaine qui apporte chaque année de l’aide au peuple karen. Il a déjà effectué cinq fois cette mission et possède une conception bien établie de ce que devraient être le monde et sa vie. Ses idéaux vont être mis à rude épreuve.»
Burnett et son groupe sont indignés par le bain de sang causé par la réaction de Rambo. Inflexible, ce dernier leur explique que sans lui, les pirates auraient tous violé Sarah avant de la tuer, et qu’ils auraient ensuite coupé la tête de tous les missionnaires. Après quelques discussions enflammées, Burnett, Sarah et le groupe demandent à Rambo de reprendre leur route et de les déposer au point convenu. Bien qu’il sente que c’est une erreur, Rambo s’exécute. Quand il apprend deux semaines plus tard qu’ils ont été capturés par les militaires birmans et que la diplomatie ne pourra rien pour eux, Rambo se sent responsable et accepte de remonter à nouveau la rivière pour aller les sauver.
Sylvester Stallone commente : «Pour Rambo, il y a dans cette nouvelle descente aux enfers un souffle d’espoir et de renaissance absent des autres films. Quand je parle de renaissance, c’est au sens où cet homme va réussir à dépasser son désespoir. En sauvant Sarah et en essayant de sauver les missionnaires, il sauve en même temps une part de lui-même».

Les mercenaires

Pour sauver les missionnaires, les mercenaires doivent avant tout les trouver. Bien qu’il refuse de s’impliquer dans cette affaire depuis le début, Rambo se retrouve pris entre les missionnaires, les mercenaires, l’armée birmane, ses sentiments pour Sarah et son désir de retrouver un peu de foi et d’espoir.
Alors qu’il remonte la rivière avec les cinq mercenaires, leur chef, Lewis, essaie de comprendre qui est cet étrange Américain. Malgré ses questions et ses provocations, Lewis n’obtient aucune information de la part de Rambo. Graham McTavish, qui interprète Lewis, raconte : «Il y a une scène assez longue où mon personnage essaye de discuter avec Rambo. Mais c’est un échec complet : à chaque tentative, Rambo le remet à sa place.» Rey Gallegos note : «Dans les trois premiers films, il y avait encore beaucoup de colère en lui. Après vingt ans en Thaïlande, elle s’est estompée et il a fini par accepter sa vie. Les événements du film vont le ramener en arrière et lui montrer qu’il ne peut pas oublier celui qu’il a toujours été.»
Lewis, le chef des mercenaires, n’est pas là pour des raisons humanitaires. Graham McTavish explique : «Il est là uniquement à cause de son ex-femme et de ses trois enfants. Il ne veut rien avoir à faire avec la situation dans laquelle il se trouve, en particulier après l’échec de son plan de sauvetage. C’est un homme coléreux, violent, un vrai teigneux. Tout ce qui l’intéresse, c’est l’argent, néanmoins il finira par se racheter à la fin du film. C’était un personnage très intéressant à jouer en raison de son évolution.»
Sylvester Stallone observe : «Graham lui a donné un côté rude et réaliste très différent de celui des durs à cuire que l’on peut voir à Hollywood. C’est un merveilleux acteur. Quand il est venu pour une première lecture du rôle, il a lu la première page et tout de suite après, il a joué sa scène de mémoire, mot pour mot. C’était la première fois que je voyais quelqu’un mémoriser son texte aussi vite et le jouer dans la peau du personnage sur l’instant.»
En se documentant sur les mercenaires, Sylvester Stallone a découvert que la plupart d’entre eux ont entre vingt et cinquante ans, et sont souvent, comme Rambo, d’anciens soldats qui ne trouvent pas leur place dans la société. Beaucoup sont croyants, souvent évangélistes. Certains sont mariés ou subviennent aux besoins de leur famille, d’autres ne recherchent que l’aventure et l’adrénaline. Pour montrer la diversité de ces hommes, Sylvester Stallone a créé les personnages de Lewis, Diaz, Reese, En-Joo et School Boy. Kevin King commente : «Reese, le personnage de Jake La Botz, est un exemple de ces soldats qui ont fait l’expérience des horreurs de la guerre et ont aimé ça. Ils ont tout vu, plus rien ne les étonne. Rien ne leur fait peur. Ils aiment la guerre et veulent y rester. Pour eux, le retour à la vie normale est définitivement impossible.»
Pour Rey Gallegos, son personnage, Diaz, est plus représentatif de ces pères de famille et anciens idéalistes qui sont devenus mercenaires. Il explique : «Je pense que mon personnage est devenu militaire pour un tas de bonnes raisons. Il devait vouloir servir sa patrie et faire quelque chose d’important. Par la suite, il est sans doute devenu mercenaire pour d’autres bonnes raisons, comme subvenir aux besoins de sa famille, permettre à ses enfants d’aller dans les meilleures écoles, et puis aussi pour continuer à faire la seule chose qu’il sait bien faire... Il était volontaire pour venir et il n’a peur de rien, mais il n’a pas envie de mourir.»
Interprété par Tim Kang, le soldat En-Joo est le plus déconcertant des cinq mercenaires. L’acteur raconte : «Il reste imperturbable durant toute la mission de sauvetage. Il y a bien quelques moments où les choses le prennent par surprise, mais la plupart du temps il apparaît comme un personnage très stable. Pour lui, accomplir la mission et rentrer est la seule chose qui importe.»
Joué par l’acteur anglais Matthew Marsden, School Boy fait figure d’exception parmi les mercenaires en raison de son perfectionnisme et de ses idéaux. Kevin King observe : «C’est le plus naïf du groupe. Il croit encore à la noblesse de ce qu’il fait alors que tous les autres sont aigris, blasés et ne sont là que pour l’argent.»
Impressionné par l’interprétation des acteurs qui incarnaient les mercenaires, Sylvester Stallone a ajouté durant le tournage des dialogues et des scènes pour leur permettre d’explorer plus en détail leurs personnages. Rey Gallegos commente : «On était tous dans le bateau avec Sly qui faisait des centaines de choses tout en participant à nos plaisanteries, et puis il a commencé à les intégrer à nos scènes. Un jour, il a vu Jake chanter et jouer de la guitare, et il a aussi ajouté cela dans le film.»
Jake La Botz observe : «Bien que les soldats et les mercenaires soient des figures familières au cinéma, ce film montre quelque chose de très différent par rapport à la plupart des films d’action : il dit que la compassion et la violence peuvent coexister simultanément. Sarah, Michael et Rambo vont prendre conscience que la compassion peut prendre d’autres formes dans un environnement violent.
Elle peut prendre la forme d’une balle tirée dans la tête de quelqu’un de profondément néfaste. C’est une chose difficile à concevoir, mais elle prend toute sa signification dans l’action. Il est facile de fermer les yeux, de rester en sécurité loin de tout ça, mais aucun de ces personnages n’en est capable dans ce film.»


Les acteurs thailandais et Birmans & Le tournage
  La grande variété d’acteurs, de personnages et de visages en Thaïlande du Nord a apporté une richesse inestimable au film. Le producteur John Thompson explique : «Il n’y a qu’en Thaïlande que vous pouvez trouver un tel mélange de personnes authentiques et d’acteurs expérimentés. Quand la caméra s’attarde sur leur visage et leur regard, leur présence à l’écran est saisissante.» Après avoir reçu la description des personnages écrite par Sylvester Stallone et les producteurs, la directrice de casting thaïlandaise Pasiri ‘Noiy’ Pana a contacté plusieurs acteurs professionnels. Quand Sylvester Stallone a reçu en retour les CV et les bouts d’essai des acteurs choisis, il lui a demandé d’engager davantage de «véritables personnes».
Pasiri Pana raconte : «Il voulait que je recrute de vrais Karens et de vrais Birmans. Ce qu’il cherchait, ce n’étaient pas des acteurs professionnels, mais des gens qui connaissent vraiment la guerre civile birmane. C’était très surprenant, surtout pour un film d’action. C’est plus difficile pour Sly de diriger une personne qui n’est pas un acteur professionnel et qui ne parle pas sa langue, mais il voulait avant tout des gens authentiques. Nous avons donc trouvé des réfugiés karens, des amputés, des victimes de mines et d’anciens soldats birmans. Et Sly a fait avec eux un travail remarquable.»
Au cours des repérages et des castings en Thaïlande, les cinéastes ont pris conscience que partout où ils allaient, tout le monde connaissait Rambo. Le régisseur général Somchai Santitharangkul se souvient : «Nous sommes allés très loin dans la jungle pour l’un de nos repérages et nous avons trouvé des villageois et plusieurs membres des tribus des collines. Quand ils ont vu Sly, ils se sont tous mis à l’appeler “Rambo”. Même les plus jeunes enfants le connaissaient. Sly était très surpris.»
Né en Thaïlande, Suparkorn Kijsuwan est un des jeunes acteurs les plus populaires de son pays. Il interprète le personnage de Myint, un soldat karen qui guide Rambo et les mercenaires en territoire birman. Il raconte : «Je suis allé voir tous les films de Rambo plusieurs fois avec ma mère et ma famille. A cette époque j’étais président de l’organisation des étudiants à l’école et j’adorais porter des vêtements militaires. A cause de cela, on m’avait surnommé “Rambo” et mes amis m’appellent toujours comme ça.».
Dans son livre intitulé «Restless Souls» (2006, Asia Books) qui traite du conflit entre la Birmanie et la Thaïlande, le journaliste et auteur Phil Thornton raconte qu’au cours de sa rencontre dans une maison sécurisée avec le légendaire leader de la rébellion karen, feu le général Bo Mya, le mur qui se trouvait derrière lui était décoré avec un poster de Rambo. Bo Mya a servi aux côtés des Britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale et a rejoint la résistance karen à 21 ans. De simple soldat, il est parvenu à s’élever au grade de général, et a terminé Président de la KNU. Il est mort en décembre 2006, après s’être retiré pour raisons de santé au bout de soixante ans de lutte.
Un autre chef de la résistance, Muang Muang Khin, connaissait aussi Rambo. Il interprète dans le film le cruel major birman Tint. Après avoir vu le massacre de l’insurrection de Rangoun en septembre 1988, Muang Muang Khin a rejoint les forces de la KNU. Il explique : «Les gens demandaient pacifiquement la restauration de la démocratie, et tout ce qu’ils ont eu ce sont des balles et des coups de bâtons. Beaucoup sont morts. Toutes les revendications ont été rejetées par la junte militaire. Après cela, j’ai pris le maquis avec d’autres amis et nous avons pris les armes pour nous battre contre les Birmans.»
Après avoir rejoint la résistance, Muang Muang Khin a suivi trois mois d’entraînement militaire et a ensuite été nommé officier et instructeur en charge d’un camp d’entraînement durant plus de trois ans. En 1999, il quittait le camp et montait au front pour se battre contre les Birmans. Bien que l’ancien rebelle n’ait aucune expérience d’acteur, Sylvester Stallone a été impressionné par son expérience du terrain et son application à jouer son rôle.
Muang Muang Khin précise : «Je veux que le monde sache ce qui se passe ici. Pour préparer ce rôle, je me suis servi de mon expérience, de ce que j’ai vu et vécu. J’ai simplement imité ce que font les Birmans, rien de plus.»
Muang Muang Khin a prévu pour sa sécurité de disparaître pendant un certain temps après la sortie de JOHN RAMBO. Il explique : «Avec ma famille, nous sommes harcelés depuis toujours par les services de renseignement militaires. Avec ou sans ce film, la situation ne pourra pas être pire. Depuis le temps, nous y sommes habitués.»
Sai Mhong, un chanteur professionnel qui incarne le chef des pirates birmans, a déjà souffert de la colère de l’armée birmane. Il raconte : «Quand j’ai eu le rôle et que mon nom a figuré sur Internet, ma famille a été arrêtée, ma soeur emprisonnée en Birmanie et mon neveu a été violé par les soldats birmans. Je ne sais pas si c’est arrivé parce que je participe à ce film, ce qui est une prise de position, mais c’est arrivé. Cela m’a rendu encore plus déterminé à montrer la brutalité et la violence des soldats birmans.»
Le réseau de renseignement de l’armée birmane et les représailles qu’elle exerce ont rendu les cinéastes très prudents, en particulier pour l’engagement des acteurs et des figurants locaux. Les producteurs et Sylvester Stallone ont travaillé en étroite collaboration avec la directrice de casting Pasiri ‘Noiy’ Pana pour préserver leur anonymat et assurer leur sécurité. Pasiri ‘Noiy’ Pana se souvient : «Nous étions assez inquiets et nous leur avons expliqué la situation. Ils connaissaient tous Rambo et malgré les risques, ils voulaient absolument participer. Sylvester m’a beaucoup surpris en recrutant de vrais Karens et de vrais Birmans. Il voulait des gens qui connaissent les réalités de ce pays parce qu’il savait que cela allait ajouter beaucoup de réalisme à son film. Il voulait aussi que les Karens sachent que quelqu’un allait raconter leur histoire.»
John Thompson ajoute : «Raconter ce qui arrive aux Karens était un des aspects les plus motivants de la création de ce film. Grâce à lui, le monde va apprendre ce qui se passe en Birmanie. J’espère qu’il va provoquer une prise de conscience internationale et qu’il permettra de faire avancer les choses.»

Le tournage

La Thailande
Sylvester Stallone voulant tourner le plus près possible de la frontière birmano-thaïlandaise, la production a installé ses quartiers dans une très ancienne cité, Chiang Mai, la deuxième plus grande ville de Thaïlande qui se trouve dans les luxuriantes montagnes du nord ouest du pays.
Kevin King explique : «Nous n’avions pas la permission de tourner en Birmanie, mais nous avons fait tout ce que nous avons pu pour que le film paraisse le plus authentique possible. Ce souci d’authenticité était important pour Sly, dans le choix des décors comme dans celui des acteurs. Nous nous sommes vraiment immergés dans cet univers.»
Logistiquement parlant, JOHN RAMBO était une énorme et complexe production qui a nécessité une équipe de près de cinq cents personnes parlant cinq langues différentes. La société de production Legend Films, basée en Thaïlande, a aidé Millennium Films et les cinéastes en facilitant l’obtention des autorisations de tournage, des licences d’importation, des papiers officiels et en apportant son aide logistique. Certaines scènes tournées dans des parcs nationaux ont demandé des autorisations spéciales et des soins particuliers afin de ne pas endommager l’environnement. L’organisation des trajets et l’hébergement des nombreuses personnes qui ont travaillé sur le film s’est révélé une tâche à la mesure de cette énorme production.
John Thompson commente : «Notre équipe était constituée de personnes venant de treize pays différents. Les acteurs venaient quant à eux de sept pays différents. Tous les jours, plus de soixante cascadeurs et des centaines de figurants s’activaient sur le plateau. Cinq caméras étaient utilisées quotidiennement par deux équipes, et nous avons construit un village et une petite ville pour certaines séquences. Il fallait coordonner énormément de choses et de personnes.» Le film ayant été tourné entièrement en extérieurs, le camp de base de la production ressemblait à un camp militaire sans cesse en déplacement avec ses centaines d’uniformes et d’armes, ses douzaines de tentes, de bus, de caravanes, et presque deux cents véhicules parmi lesquels de nombreux tous terrains. L’ampleur et les besoins du film en matière de construction, d’hébergement, de transport et de restauration a transformé la production en une véritable petite armée. Six bateaux ont été en outre construits pour le film, dont une réplique d’un navire de patrouille birman, un bateau pirate birman et la chaloupe de Rambo. Pour le campement de l’armée birmane, le chef décorateur Franco Carbone a défriché avec ses décorateurs deux hectares de jungle sur lesquels ont été construits plus de cinquante baraques. Non loin de là, la construction du village karen a nécessité le nivellement de plusieurs collines, la création de rizières en terrasse avec leur système d’irrigation, la construction de 34 maisons en bambous et l’apport de plantes, de bétail et de divers animaux.
John Thompson confie : «Nous avons eu la chance de travailler avec les meilleurs responsables de départements qu’il soit possible de trouver. Nous avons eu Alexander Gunn et son équipe d’effets spéciaux, qui ont participé à des films comme MUNICH et TROIE. L’équipe de cascadeurs était celle de MATRIX et V POUR VENDETTA. Nous avons eu aux postes clés beaucoup de gens qui ont travaillé sur des films importants et Sly a su comment les faire travailler de concert vers un but commun.»
L’harmonie et la bonne ambiance au sein d’une équipe ne sont pas les choses les plus simples à entretenir au cours d’un tournage en extérieurs dans la chaleur et l’humidité de la jungle du nord de la Thaïlande.
Kevin King confie : «La communication était notre plus grosse difficulté. Travailler avec autant de personnes, de langues et de différences culturelles n’était pas tous les jours facile, d’autant plus quand vous êtes pressé par le temps. Quoi qu’il arrive, vous devez faire votre travail tous les jours. Avec la boue qui bloquait les routes, les pluies torrentielles, la chaleur étouffante, toute l’équipe et tout notre matériel qu’il fallait transporter en montagne ou sur la rivière, cela ressemblait parfois à un véritable cauchemar…»
Tim Kang confie : «Le fait d’être dans la jungle thaïlandaise a beaucoup aidé tous les acteurs. Pour nous, être immergés dans un pays, sa culture et sa langue est un très gros avantage. Quand j’arrivais sur le plateau, je n’avais pas à imaginer que j’étais en Thaïlande : j’y étais vraiment. J’étais aussi près de la réalité qu’on pouvait l’être en restant en sécurité.»

Un tournage éprouvant
En décidant de faire son film en Thaïlande, Sylvester Stallone savait qu’il allait avoir besoin pour ses décors d’une rivière traversant la jungle. La ville de Chiang Mai, à quatre heures de la zone de conflit birmano-thaïlandais, était idéalement située pour établir le camp de base de la production.
Tous les jours, l’équipe et les acteurs de JOHN RAMBO se levaient avant l’aube et voyageaient vers le nord pendant plus d’une heure pour se rendre dans les montagnes, couvertes de jungles et comptant d’abondantes cascades et rivières, des lacs, des cavernes et des gorges qui ont servi de décor au film. Sylvester Stallone déclare : «Le fond de ce film est très sérieux parce qu’il parle de gens dont personne ne se préoccupe, et qui vivent malgré eux dans un état de guerre et de persécution constant. Cela apporte un poids considérable à cette histoire. JOHN RAMBO est un grand film en termes d’histoire et d’espoir, et un film spectaculaire en termes d’images.»
Sans intérieurs ni studios, l’équipe a travaillé pendant plus de trois mois dans les conditions les plus difficiles, subissant la pluie, la grêle, le tonnerre, les éclairs, les inondations, de hautes altitudes, la chaleur extrême et une humidité étouffante. Dans la jungle des montagnes, la température oscille entre 32 et 38°C et s’accompagne d’un taux d’humidité proche de 100 %. Pour la plupart des acteurs et des membres de l’équipe, ce tournage a été le plus difficile et le plus éprouvant de leur carrière. Sylvester Stallone commente : «Ce fut une expérience fantastique mais épuisante. L’équipe et les acteurs ont travaillé dans des conditions incroyablement difficiles.
Aujourd’hui, le monde du cinéma est devenu complètement mécanique et informatisé, et je crois que ce film est vraiment un des derniers représentants de l’ancienne école. C’était plus difficile que tout ce que j’ai pu faire jusqu’ici, mais c’était aussi plus enrichissant. Tous les jours, nous avons travaillé dans une chaleur insupportable sans nous arrêter. Tout le monde devait traverser la jungle et subir les assauts de la nature, des insectes et des serpents. Toutes ces difficultés ont créé une grande camaraderie entre nous.»
Le tournage a débuté à Chiang Mai à la mi-février 2007, pendant la saison chaude qui s’étend de janvier à avril et durant laquelle les paysans défrichent leurs champs en y mettant le feu. L’équipe et les acteurs ont commencé le tournage dans les montagnes qui entourent la ville dans une atmosphère saturée de pollution, avant l’arrivée de la saison des pluies et du printemps. Près des grottes de Tim Luang qui ont servi de décor pour les scènes où des Karens se cachent et celles de la Tall Boy Bomb, des poignées de cendre et de braises flottaient dans l’air et jonchaient le sol de la jungle. En plus de la chaleur étouffante qui a accompagné les semaines de tournage de la grande scène finale du film, la fumée, la poussière et le feu saturaient constamment l’atmosphère.
Rey Gallegos raconte : «Certains jours, on travaillait au beau milieu d’une vingtaine de feux laissés sans surveillance dans les montagnes qui nous entouraient, et malgré la fumée, la poussière, le poids de notre équipement et le bruit des balles, il fallait courir et faire nos cascades. Il devait faire dans les 50 degrés et avec les cinq caméras, une centaine de soldats birmans, les lance-flammes, la mitrailleuse calibre 50, les cinq mercenaires et Rambo, c’était le tournage le plus épuisant de toute ma carrière.»
En plus de la fumée et de la poussière qui envahissaient l’atmosphère, le sable, les herbes et les arbres qui se trouvaient à Baan Tap Dua étaient pleins d’araignées, de scorpions, de fourmis, de moustiques et de puces, mais aussi de cobras, de couleuvres vertes, de serpents arboricoles et de vipères.
Graham McTavish confie : «Avec tous ces insectes, c’était vraiment terrible de tourner en Thaïlande. Les fourmis y sont tellement grosses que vous pouvez leur mettre une selle sur le dos et monter dessus ! Quant aux serpents, ils avaient des couleurs tellement incroyables qu’on se demandait si c’étaient des vrais. Sur environ 168 espèces de serpents qui vivent là-bas, 165 sont venimeuses. Avec la deuxième équipe, il nous est arrivé d’en voir quatre dans la même journée, et l’un d’entre eux était même en train de monter le long de la jambe d’un acteur !»
Les premières images de Rambo dans le film le montrent de retour à la ferme aux serpents où il vit et travaille. Le décor du village de la ferme aux serpents se trouve à Baan Chao Na, et c’est le premier que les cinéastes ont trouvé lors des repérages à Chiang Mai. Près de la rivière Ping, qui traverse la ville, un ancien restaurant et son bateau pour touristes ont été reconstruits et modifiés pour devenir la ferme aux serpents, la maison, la forge de Rambo, et le lieu d’amarrage de ses chaloupes.
Pendant la préproduction, Sylvester Stallone s’est entraîné à manipuler des serpents pour les séquences où Rambo les capture. Plusieurs d’entre eux étant mortels, l’équipe et les acteurs restaient à distance des reptiles pendant que Sylvester Stallone manipulait des pythons, des cobras et d’autres serpents venimeux. Avec l’aide des charmeurs de serpents, Stallone a tourné plusieurs scènes avec des serpents vidés de leur venin. Le soigneur Songporn «Tammy» Musikadilok commente : «C’était tout de même dangereux car on ne sait jamais, il peut rester quand même un peu de venin. En outre, nous avons travaillé avec des serpents toujours équipés de leurs crochets et une morsure restait possible. Mais Sly voulait quand même le faire, et il se débrouillait très bien.»
Pendant plusieurs semaines, les acteurs ont aussi tourné de nuit dans la jungle sous une pluie artificielle. Rey Gallegos se souvient : «Il fallait ramper dans la boue, courir, nager dans des ruisseaux et des rivières, se cacher sous des huttes ou être suspendu dans des cages en bambou, tout ça sous un déluge continuel. Avec cette machine à pluie, c’était un peu comme prendre une douche tout habillé pendant des heures d’affilée, avec des serpents et des insectes.»
Les scènes tournées avec la pluie artificielle dans la grande fosse du camp militaire birman ont été pour plusieurs acteurs les plus éreintantes, mais aussi les plus mémorables. Paul Schulze raconte : «Je crois que les choses qui comptent le plus dans la vie ne sont pas les plus faciles, mais souvent celles qui semblent les plus difficiles sur le moment. La scène où je suis dans une cage au-dessus de la fosse aux cochons pendant que mon compatriote est crucifié et dévoré par les porcs est ma préférée. Elle m’a beaucoup marqué parce que d’où j’étais, je pouvais voir Sly debout avec de la boue et du fumier jusqu’aux genoux en train d’expliquer à tout le monde en criant ce qu’il fallait faire pour que la scène soit parfaite.»
Julie Benz continue : «Pour moi, cette scène a été beaucoup moins sympathique. J’étais attachée dans la fosse, agenouillée sous une hutte en bambou, avec ce gros cochon sauvage de 200 kilos qui venait droit sur moi sans que je ne puisse rien faire. Tout était plein de boue, dégoûtant, détrempé et il faisait froid. C’est la chose la plus difficile physiquement et émotionnellement que j’aie faite !»
Le camp militaire birman s’étendait sur un espace de deux hectares près de Mae Hor Pra et regroupait une cinquantaine de structures parmi lesquelles des tentes militaires, quatre ou cinq styles différents de baraques d’officiers et de soldats, des cantines, des sanitaires, des dépôts d’armes et de munitions et des lieux de rassemblement. Quatre tours de guet d’une vingtaine de mètres de haut chacune surplombaient le camp depuis des positions surélevées. La construction du camp a demandé trois mois et demi de travail.
Plus bas sur la route, l’équipe a aussi construit un village qui a figuré deux villages karens différents dans le film, qui sont finalement détruits. A l’origine, la production voulait un véritable village karen, mais ceux qui étaient disponibles étaient trop éloignés et dans des zones dangereuses. Après des recherches sur la façon dont les Karens bâtissent leurs villages, l’équipe de décoration a construit avec les outils utilisés par les Karens 34 structures de bambou à flanc de colline.
Franco Carbone explique : «Aucun outil électrique n’a été utilisé pour la construction des huttes du village. Tout a été fait à la machette, à la scie manuelle, à la pelle et avec l’aide des éléphants. Quand nous avions besoin d’une échelle, on en fabriquait une en bambou. Notre équipe était constituée de très bons artisans et ils sont parvenus à rendre ce décor plus vrai que nature. En fait, c’était si réaliste que quand l’équipe de tournage et les acteurs sont arrivés, ils se sont mis à errer dans le village en cherchant ses habitants. Pour nous, c’était le meilleur compliment qu’ils puissent nous faire.»
En défrichant la jungle pour construire le campement, l’équipe de production a fait une découverte importante qui a par la suite influencé le plan du campement militaire. Franco Carbone se souvient : «Nous avons trouvé une magnifique rivière qui dessinait un arc de cercle autour du campement, nous avons donc construit une route qui suivait son tracé. Nous ignorions complètement l’existence de cette rivière au moment où nous avons commencé les travaux. Quand vous travaillez dans un environnement inconnu comme la jungle, il faut toujours attendre que tout soit terminé pour voir le résultat final réel.»
Pour l’équipe et les acteurs, travailler dans la jungle, tourner dans la boue et dans l’eau a été une aventure de tous les jours. Julie Benz confie : «Au final, cela reste une très bonne expérience, je suis heureuse d’avoir participé à ce projet. Nous avons tous enduré beaucoup d’épreuves et maintenant, entre nous, c’est un peu comme si nous avions fait la guerre ensemble. On se lançait des défis, c’était à celui qui serait le plus courageux avec les insectes, le plus téméraire avec ses cascades, ou à celui qui resterait le plus longtemps dans la boue et sous la pluie. Ce film nous a unis.»

Le fleuve
Tourner sur le fleuve Salouen signifiait voyager sur le plus long cours d’eau sans barrage du Sud-Est asiatique. Ce fleuve prend sa source au Tibet et s’écoule sur 2 815 kilomètres à travers la Chine, la Birmanie et la Thaïlande, où il débouche dans la mer d’Andaman. Dans la province du Yunnan en Chine, où il est appelé Nujiang, les superbes gorges qu’il a creusées sont surnommées le Grand Canyon Chinois. Inscrit au patrimoine mondial depuis 2003, le fleuve Salouen abrite une centaine d’espèces animales et de poissons rares et en voie de disparition, ainsi que plusieurs centaines de plantes et d’insectes sur ses berges.
Alors qu’il est continuellement envisagé de construire des barrages, le puissant fleuve continue de s’écouler à travers quatre pays et résiste depuis toujours aux changements et au progrès. En descendant vers le sud, le fleuve dessine une partie de la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande, une zone de guerre depuis de nombreuses années. Le régisseur général Somchai observe : «C’est une zone dangereuse de la Thaïlande où les Karens et les Birmans s’affrontent. Même si Sylvester Stallone voulait y tourner son film et avait fait quelques repérages, nous ne pouvions pas aller là-bas. Nous avons donc dû trouver un autre endroit avec des montagnes et une rivière importante.»
La solution de ce problème s’est présentée sous la forme de trois rivières situées autour de Chiang Mai, notamment près du barrage de la Mae Ngud dans le parc national du Sri Lanna, qui se trouve à une heure au nord de la ville et à environ trois cents kilomètres de la frontière birmane. Grâce à leur largeur, leurs petites criques, leurs gorges et les montagnes qui les entourent, les trois rivières ont fourni un décor très semblable au fleuve Salouen. Toutes les séquences avec les mercenaires et les missionnaires, et celles où Rambo attrape des serpents, y ont été tournées. D’autres scènes se déroulant sur le Salouen ont aussi été filmées dans la région de Baan Tap Dua, et la rivière Ping à Chiang Mai a servi de décor pour les scènes sur les quais.
Franco Carbone note : «Le fleuve est une sorte de fil conducteur visuel très fort. Trouver un endroit aussi important pour l’histoire était un énorme défi, et ce d’autant plus que nous avons tourné pendant la saison sèche où le niveau de l’eau est au plus bas. Par chance, nous avons fini par trouver le barrage de la Mae Ngud et nous avons pu filmer toutes nos scènes.»
Une grande partie de JOHN RAMBO a été filmée sur la Mae Ngud et dans la région de Baan Tap Dua. De nombreuses séquences avec cascades et effets spéciaux ainsi que des poursuites en bateaux et des explosions y ont été tournées. Les scènes se déroulant sur l’eau ont été difficiles à filmer en raison du nombre de caméras, d’accessoires et d’intervenants qu’elles nécessitaient. Des douzaines de bateaux et de pontons flottants ont été utilisés pour transporter ou servir de support aux lumières, au matériel, aux costumes, à la nourriture et l’eau, aux acteurs et à l’équipe technique. Pour accéder au lieu de tournage le plus éloigné sur la rivière, il fallait naviguer 45 minutes, ce qui ajoutait presque une heure aux déplacements quotidiens. Pour ne pas perdre deux heures tous les jours, certains membres de l’équipe sont allés jusqu’à camper dans la forêt et sur des abris flottants sur la rivière. Moustiquaires et sprays répulsifs sont vite devenus leurs meilleures armes pour lutter contre les très nombreux insectes de la forêt. Pour éviter la fatigue et les coups de chaleur, la production a veillé à fournir suffisamment d’eau, de boissons énergétiques, de chapeaux et de crèmes solaires à toute l’équipe du film.
Kevin King explique : «Le problème principal quand vous tournez dans l’eau, c’est que vous devez travailler en fonction des éléments. Quand vous filmez sur une rivière, vous vous retrouvez forcément entre les deux berges, sans rien pour vous protéger du soleil et sans aucun endroit où vous asseoir, en particulier quand vous travaillez avec beaucoup de caméras et de personnes. Vous devez endurer des chaleurs étouffantes, la pluie, le mauvais temps, le brouillard... Tourner dans de telles conditions est très difficile.»
Le niveau des eaux, la manoeuvrabilité des bateaux, le poids des équipements, des acteurs et des membres de l’équipe de tournage ont aussi compliqué le tournage de JOHN RAMBO. Pour certaines scènes, les cinéastes ont fixé quatre moteurs sur un ponton flottant pour supporter les nombreuses caméras et leurs techniciens. Kevin King note : «Le poids était parfois tellement élevé que les bateaux et les pontons coulaient. Ce tournage sur les eaux a vraiment été une épreuve pour tout le monde.»
Après le nouvel an thaïlandais, l’abaissement du niveau des eaux a posé de gros problèmes. Même sur le barrage de la rivière Mae Ngud, l’eau était si basse qu’il a fallu reconstruire le décor près du bateau des pirates. Pour ne plus être à la merci des variations de niveau, Franco Carbone et son équipe ont reconstruit le décor sur une barge flottante près de la rive.
L’endroit où devait être tournée la scène finale d’extraction et de fusillade à Baan Tap Tua possédait tout ce dont les cinéastes avaient besoin : la rivière faisait un coude permettant d’apercevoir le navire de patrouille birman, la rive était une plage de sable bordée par de gros arbres, une large zone permettait d’établir un important camp de base et une colline en surplomb pouvait accueillir une mitrailleuse calibre 50. Le seul problème de ce décor était… une absence d’eau quasi complète dans la rivière - seulement trente centimètres ! Le régisseur général Somchai se souvient : «Sly adorait cet endroit, alors il m’a demandé si je pouvais faire monter le niveau de l’eau. J’ai répondu que j’allais essayer. Pendant des mois avant le tournage, je me suis adressé à un tas de gens pour essayer de résoudre ce problème. Tout le monde me prenait pour un fou.»
Bien qu’il soit rare de construire un barrage en pleine jungle pour un film, Franco Carbone, son équipe, Somchai et plusieurs villageois locaux ont finalement relevé ce défi afin de faire monter le niveau de l’eau à près d’un mètre cinquante et permettre le tournage des scènes de poursuite en bateau, la mise en place des effets pyrotechniques et la réalisation des cascades. La construction du barrage s’est faite à la force des bras, avec seulement des pelles, des machettes et l’aide de plusieurs éléphants. Ces animaux sacrés en Thaïlande sont utilisés depuis de nombreuses années par les bûcherons et les forestiers dans les zones de jungle et de montagne inaccessibles aux camions et aux tracteurs.
Franco Carbone explique : «Il était impossible de faire venir des machines de chantier, mais grâce aux éléphants nous avons pu acheminer sur place de gros piliers en béton. En plus d’avoir abattu pas mal d’arbres, ils ont aussi creusé le lit de la rivière pour la rendre plus profonde. Nous leur sommes très redevables. Ce sont de superbes animaux, les regarder travailler était fascinant.»
Les décors du final du film se trouvant à six cents mètres d’un centre où les touristes pouvaient louer des éléphants pour des promenades en forêt, les énormes pachydermes déambulaient toujours autour de la production pendant le tournage du film. Lorsque la mitrailleuse calibre 50 s’est mise à faire feu, la réaction des éléphants a été immédiate. Somchai raconte : «Nous n’avions pas imaginé que cela pourrait autant les effrayer. En une seconde, une cinquantaine d’éléphants ont pris peur et se sont mis à courir dans la jungle avec des touristes sur leur dos. Pour éviter que cela ne se reproduise, le camp des éléphants était prévenu par téléphone avant chaque nouvelle explosion et fusillade. Avec le temps, les éléphants ont fini par s’habituer… mais pas les touristes !»
Les touristes ont aussi posé quelques problèmes aux cinéastes pendant le tournage des scènes sur la rivière. Somchai explique : «Les touristes pouvaient louer des radeaux en bambou au nord de notre camp, et parfois certains d’entre eux débarquaient dans nos décors sans prévenir et se retrouvaient en plein milieu du tournage d’une scène. Il fallait donc faire attention à ce que personne ne soit dans l’eau quand nous faisions les scènes de poursuites et les cascades en bateaux. D’habitude, le site pour touristes fermait la rivière pour que le courant soit calme pour les radeaux. Mais à cause de notre barrage, le débit d’eau était devenu beaucoup plus violent. Les radeaux en bambou n’étant pas très solides, nous avons dû en réparer plus d’un… En plus du film, il y avait donc beaucoup d’autres choses à s’occuper.»
Malgré les difficultés liées à un tournage sur l’eau, cette expérience n’était pas non plus dénuée de charme pour les acteurs et les membres de l’équipe de tournage. Rey Gallegos raconte : «C’était merveilleux de rentrer au camp de base le soir en bateau et de regarder le soleil se coucher. A mesure qu’il disparaissait derrière la crête des arbres, le ciel devenait orange et rouge. Tous les jours, c’était un spectacle magnifique.»

    L'actu cinéFlux RSS des news
12/05 18:17 - " Deux jours à tuer " : Fuir pou...
12/05 11:19 - Jamel Debbouze a dit " Oui " ...
12/05 11:08 - La guitare électrique sur grand ...
12/05 11:02 - Rachid Bouchareb réalise "London...
03/05 16:37 - « Cash » : l’Arroseur arrosé !
+ d'actus  
   
    Les dernières photos
Iron Man (106 images)Sex and the City (47 images)
Jackpot (20 images)Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal (58 images)
+ de photos  
   
    Les films du momentFlux RSS des sorties ciné de la semaine
Cette semaine dans les salles Semi-Pro
Cette semaine dans les salles Cleaner
Cette semaine dans les salles Le Journal d'une baby-sitter
Sorti depuis une semaine Bataille à Seattle
Sorti depuis une semaine Jackpot
Sorti depuis une semaine Tu peux garder un secret
Sorti depuis une semaine GAL
A venir la semaine prochaine Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal
A venir la semaine prochaine Nés en 68
+ de films  
   
  Ajouter à vos favoris
  Mettre en page d'accueil
Cnil n°843930 | Informations personnelles | Contact | Partagez vos photos | Aide aux webmasters | Affiches | Météo | Horoscope | Sudoku

Notes de production : Sex and the City - le film, Bataille à Seattle, 15 ans et demi, 27 robes, Whatever Lola Wants, ... + de cinéma
Dernières paroles : I Wish You Well, Bye Bye, For The Record, O.O.C., Thanx 4 Nothin', Last Kiss, ... + de paroles

Les films les plus vus
Whatever Lola Wants
Bataille à Seattle
15 ans et demi
Into the Wild
Cleaner
27 robes
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal
Jackpot
MR 73
John Rambo
Bienvenue chez les Ch'tis
Le seigneur des anneaux : le retour du roi
A bord du Darjeeling Limited
Semi-Pro
Tu peux garder un secret
Iron Man
Astérix aux Jeux Olympiques
Ca$h
Nés en 68
GAL
Plus...
Les paroles les plus vues
Superstar
The reason
Hey ya
Everytime
I don't wanna know
Toxic
In da club
Complicated
Candy Shop
About You Now
Skater boy
Fuck it (I don't want you back)
Turbo Diesel Sport Injection T.D.S.I.
This love
Cette fois
What you waiting for ?
Bye Bye
Hommes, Femmes
Sometimes
P.I.M.P.
Plus...