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Détention secrète


Notes de production

Parties :

- Actualité brulante
- Une équipe et un casting international
- Un tournage sur deux continents
affiche du film Détention secrète - worldcinemag.com

Actualité brulante
  Le scénariste Kelley Sane a commencé l’écriture de DETENTION SECRETE après une conversation animée avec son ami Mark Martin, devenu par la suite coproducteur du film, sur une activité peu connue du gouvernement américain : l’enlèvement de ressortissants étrangers suspectés d’être une menace pour la sécurité nationale, et leur détention dans des prisons secrètes à l’étranger pour y subir des interrogatoires. Cette activité illégale est connue sous le nom d’ «extraordinary rendition».
Kelley Sane se souvient : «Mark Martin et moi parlions de cet abus de pouvoir et du fait que cela ne cadrait pas du tout avec l’idéal américain. Mark m’a alors suggéré d’écrire une histoire là-dessus. J’ai beaucoup réfléchi parce que si j’étais certain de l’intérêt moral du sujet, je voulais être sûr d’en faire quelque chose qui soit également intéressant d’un point de vue cinématographique. En pensant aux familles des disparus qui ignorent tout du destin de leurs proches, je me suis dit qu’il y avait une entrée en matière très affective pour ce problème politique. Aux Etats-Unis, des centaines de personnes disparaissent tous les ans pour de multiples raisons, et j’imagine parfaitement la douleur que chacune de ces situations provoque.»
Le producteur Steve Golin a pu lire le scénario durant ses premières phases d’écriture. Il raconte : «David Kanter et Keith Redman, avec qui je collabore chez Anonymous Content, ont découvert ce scénario avec Mark Martin. Nous avons travaillé tous ensemble sur cette histoire pendant quatre ans. Dès ma première lecture, j’ai beaucoup aimé le fait que le scénario ne soit pas moralisateur et qu’il s’attache plus à essayer de comprendre ces déportations clandestines et les effets qu’elles peuvent avoir sur des individus. DETENTION SECRETE présente les deux points de vue face à cette pratique. Beaucoup de gens sont prêts à accepter, en cas de menace imminente, que des méthodes illégales soient utilisées si cela permet d’obtenir des informations capables de sauver des centaines de vies. D’un autre côté, il est déjà arrivé au gouvernement américain d’outrepasser les droits civiques en cas de guerre ou d’urgence. Je crois qu’en explorant ce problème, nous soulignons la raison d’être de la Convention de Genève et le fait qu’il faut respecter les lois qui font de notre société une civilisation. Si nous perdons cela, ce sera le chaos.»
Pour réaliser le film, Steve Golin a immédiatement pensé à Gavin Hood, qui a remporté en 2006 l’Oscar du meilleur film étranger avec MON NOM EST TSOTSI, l’histoire d’un jeune chef de gang de Soweto qui se retrouve obligé de s’occuper d’un bébé accidentellement kidnappé au cours d’un vol de voiture.
Steve Golin déclare : «Gavin Hood vient d’Afrique du Sud, il a grandi dans un contexte politique beaucoup plus puissant et surtout bien plus complexe que la plupart d’ente nous. J’étais certain qu’il serait intéressé par le sujet, d’autant plus que certains de ses amis ont disparu sans laisser de traces. Il y avait un lien entre cette histoire et son vécu qui me paraissait très intéressant.»
Gavin Hood explique : «Pour moi, un grand film doit posséder deux choses : il doit avoir la capacité de vous divertir, de vous tenir en haleine, et ensuite vous donner l’envie d’en parler et d’en débattre avec vos amis. C’est ce qui m’a attiré quand j’ai lu le scénario de DETENTION SECRETE. Son intrigue était passionnante. C’est un excellent thriller, il était impossible de s’arrêter de le lire. Mais au-delà de cet aspect essentiel, c’est aussi une histoire qui aborde des questions sérieuses auxquelles il est impossible d’apporter des réponses toutes faites ou simplistes. Je me souviens qu’après avoir terminé le scénario, je suis resté assis pendant des jours à me demander ce que je pensais de tout cela. C’est une histoire fascinante, mais elle vous laisse avec de très nombreuses interrogations.»
Le producteur Bill Todman Jr. confie : «J’étais très heureux de pouvoir travailler avec Gavin Hood. Il a un talent inné pour raconter une histoire avec autant de simplicité que d’efficacité. Le prendre comme réalisateur était le meilleur choix possible : sa capacité à nouer les histoires entre elles était exactement ce que nous cherchions pour ce film.»
Gavin Hood souligne : «Une des difficultés de DETENTION SECRETE était d’exposer clairement les enjeux et les ressorts humains. Le film repose sur quatre ou cinq destins liés entre eux, il fallait donc qu’ils restent équilibrés.»
L’acteur Jake Gyllenhaal, qui interprète Douglas Freeman, un analyste de la CIA, commente : «Ce film ne ressemblait à aucun de ceux que j’ai pu faire. Durant le tournage au Maroc, nous avions l’impression de tourner un film complet alors que ce que nous faisions n’était qu’une des nombreuses histoires de DETENTION SECRETE.»
Gavin Hood et le scénariste Kelley Sane ont travaillé ensemble sur le scénario avant de commencer le tournage. Le réalisateur se souvient : «Quand j’ai lu le scénario de Kelley pour la première fois, je me suis dit que la structure de son histoire était tout simplement brillante. Les personnages étaient très bien décrits et l’histoire était parfaite telle qu’elle était. Je me suis donc contenté de faire avec lui mon travail de réalisateur, qui consiste à trouver le rythme du film, l’arc émotionnel des histoires racontées et de les équilibrer entre elles. Il était aussi important d’envisager cette histoire d’un point de vue presque moral et de nous demander si nous allions en faire un film qui cautionne ou non la torture. Kelley et moi voulions absolument éviter de faire un film qui dise quoi penser aux spectateurs, nous avons donc montré les deux côtés de cette violence avec neutralité.»


Une équipe et un casting international
  Récompensée en 2006 par l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans WALK THE LINE, Reese Witherspoon interprète Isabella El-Ibrahimi, une femme qui cherche à élucider la disparition de son mari.
Steve Golin observe : «Reese Witherspoon est représentative des femmes d’aujourd’hui, et c’est ce qui permet à tout le monde de s’identifier à elle. Si cette histoire peut lui arriver à elle, alors elle peut arriver à n’importe qui, et c’est exactement cela que nous voulions faire ressentir au public.»
Reese Witherspoon explique : «J’ai beaucoup aimé l’idée que toutes les histoires du film se dirigent vers des situations à peu près similaires. Chaque personnage est finalement dans l’isolement, et c’est un aspect que je trouvais très intéressant. Plus qu’un instantané des liens qui unissent les gens, c’est un film qui montre que nous sommes tous très différents les uns des autres. Le rôle d’Isabella m’a attirée parce que j’étais curieuse de savoir ce que cela pouvait être de faire partie d’une famille musulmane vivant aux Etats-Unis. Nous avons beaucoup d’idées préconçues et de peurs à propos des religions, et je trouvais passionnant de dissiper ces craintes.»
Gavin Hood commente : «Reese travaille avec beaucoup de discipline, elle prépare toutes ses scènes et sait toujours comment elle va les jouer. C’est une grande actrice. L’unique difficulté avec elle, c’est de supporter tous les paparazzi qui la suivent partout pour la photographier !»
Pour préparer son rôle, Reese Witherspoon a rencontré plusieurs musulmans américains. Elle précise : «J’ai aussi fréquenté des communautés sur Internet et lu plusieurs livres. C’est fascinant de voir que nous avons dans ce pays autant de personnes et de religions différentes. La liberté de religion aux Etats-Unis est une chose merveilleuse, mais depuis le 11 septembre 2001, la situation est devenue plus difficile pour de nombreuses familles.»
Jake Gyllenhaal, nommé à l’Oscar pour son rôle dans LE SECRET DE BROKEBACK MOUNTAIN, interprète Douglas Freeman, un analyste de la CIA. Steve Golin raconte : «Jake joue un jeune homme dont le sens des valeurs est complètement remis en cause lorsqu’il se retrouve confronté à un cas concret.»
Gavin Hood ajoute : «Jake a un rôle très difficile parce que Douglas est d’une certaine façon le référent moral du film. C’est un observateur, comme le public, c’est un personnage qui possède une opinion ambivalente. Tout au long du film, il est difficile de savoir ce qu’il pense vraiment des événements qui se déroulent autour de lui. Jake a fait un travail brillant en comprenant que son rôle d’acteur était de ne pas trop en dire, et au contraire d’absorber et de projeter un maximum de choses sur le plan émotionnel.»
Jake Gyllenhaal observe : «C’est un rôle très différent de tous ceux que j’ai pu jouer auparavant. Douglas se retrouve physiquement et émotionnellement au beau milieu de l’action, mais il ne dispose d’aucune véritable porte de sortie. Je crois que beaucoup de gens de mon âge sont à la recherche de leur identité, de ce qu’ils sont vraiment et de ce qu’ils veulent faire de leurs vies. Douglas est dans la même situation. Au début du film, c’est un homme qui s’est habitué à une certaine forme d’insensibilité mais rapidement, la réalité obsédante des événements qu’il va vivre va l’ébranler et le confronter à sa propre humanité. Ce qu’il va voir l’oblige à s’interroger sur lui-même et sur ce qu’il cherche. Au final, son parcours personnel va le mener là où il s’y attendait le moins, ce qui est toujours très intéressant pour un personnage mais aussi pour moi en tant que son interprète.»
L’acteur Omar Metwally interprète le personnage d’Anwar El-Ibrahimi, un Américain d’origine égyptienne suspecté d’être un terroriste.
Gavin Hood déclare : «Omar est un jeune acteur très intelligent capable de jouer avec énormément d’émotion. Son personnage était souvent bien plus difficile à interpréter que celui des autres acteurs parce que beaucoup de scènes reposaient entièrement sur lui. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir un comédien de son talent pour ce rôle.»
Omar Metwally note : «Il y a plusieurs scènes où Anwar est seul. Elles sont importantes parce qu’elles soulignent le fait que la torture vous plonge dans une solitude immense. C’est un des éléments que je trouvais passionnants chez ce personnage. Anwar est un rôle fascinant, un de ceux qui font rêver les acteurs parce que cet homme enfermé va faire l’expérience des aspects les plus sombres de l’humanité.»
Corrine Whitman, la chef du contre-terrorisme de la CIA, est jouée par Meryl Streep. Gavin Hood déclare : «Un de mes plus grands privilèges sur ce film aura été de travailler avec Meryl Streep. En plus d’être une actrice de légende et une immense professionnelle, c’est une personne d’une très grande gentillesse.»
Reese Witherspoon ajoute : «Travailler avec Meryl était merveilleux. J’avais déjà eu la chance de la rencontrer avant ce film et je savais que c’était quelqu’un d’adorable. C’est la personne la plus gentille et talentueuse que je connaisse.»
Le casting international du film est complété par les acteurs américains Peter Sarsgaard et Alan Arkin, qui a reçu dernièrement un Oscar pour son rôle dans LITTLE MISS SUNSHINE, l’acteur israélien Igal Naor, l’actrice marocaine Zineb Oukach et l’acteur algérien Moa Khouas. Tout au long du tournage, la question des enlèvements clandestins et de l’externalisation des interrogatoires a alimenté les conversations entre les cinéastes et les acteurs, qui ont pu constater que les opinions sur ce sujet étaient très diverses. Reese Witherspoon confie : «Quand j’ai appris l’existence de ces pratiques, ma première réaction a été de ne pas y croire. Détenir des gens sans véritable raison et sans jugement me semblait tout simplement impossible de la part d’une nation comme la nôtre. Le fait qu’il n’existe aucun recours pour les gens qui ont subi ce traitement est vraiment choquant. Je suis très fière d’avoir pu jouer dans un film qui dénonce cette pratique. En même temps, j ’ a i conscience que c’est un sujet très complexe, je suis une actrice, pas un agent du gouvernement, et je me doute qu’il n’est pas évident de maintenir la sécurité du pays. Dans ce genre de situation, il existe deux façons d’agir et d’envisager les choses, et c’est ce que le film s’applique à montrer.»
Gavin Hood remarque : «Je crois qu’un des plus grands dilemmes des sociétés occidentales, et en particulier en Amérique, est de rejeter complètement la torture tout en acceptant qu’elle soit pratiquée si besoin est, du moins tant que personne n’en entend parler…
C’est pour cela que nous “sous-traitons” cette basse besogne à des pays qui pratiquent la torture régulièrement, cela nous permet d’avoir la conscience tranquille. Pourtant, ne pas avoir de sang sur les mains ne signifie pas que vous n’êtes pas impliqué.
«L’autre question est de savoir si la torture est véritablement efficace. Un grand nombre de militaires, de juristes, d’agents du FBI et de la CIA vous diront bien sûr que oui, mais je ne suis pas convaincu. Les informations obtenues par cette méthode sont très souvent mauvaises ou peu intéressantes parce que la personne qui les donne est terrifiée et capable de dire n’importe quoi pour faire cesser son calvaire.»
Le producteur exécutif Bill Todman Jr. remarque : «Si une personne est arrêtée et relâchée par notre gouvernement et que cette personne va ensuite faire sauter d’autres buildings à New York, est-ce juste ou injuste ? De la même façon, si le gouvernement arrête une personne, la traite et l’interroge comme nous ne le ferions jamais aux Etats-Unis, et que cette personne se révèle innocente, est-ce juste ou injuste ? C’est une question très difficile et pour être franc, je ne suis pas certain de savoir quelle perspective choisir.» L’acteur Peter Sarsgaard déclare : «Je crois que pour défendre une nation et préserver tout ce que nous avons construit, nous devons parfois changer notre façon de faire. La question est de savoir comment et dans quelle mesure, parce qu’en faisant certaines choses compromettantes nous prenons le risque de devenir un pays que nous ne voulons pas être. Je crois que sacrifier un homme pour en sauver 7000 n’est pas acceptable, mais c’est une solution qui reste néanmoins très attirante. L’enlèvement pour interrogatoire est une méthode que notre gouvernement peut décider d’arrêter, mais si cela devait arriver, cette méthode serait remplacée par une autre. C’est une chose avec laquelle nous allons devoir vivre pendant longtemps.»
Le comédien Igal Naor, qui interprète Abasi Fawal, explique : «Je vis en Israël et là-bas, la question de la torture est sans cesse abordée. Nous sommes continuellement dans un état proche de la guerre, et ce genre de situation exceptionnelle appelle immanquablement des solutions exceptionnelles avec lesquelles il est parfois difficile de vivre. J’ai été soldat, et mon fils et ma fille le sont actuellement, je peux donc vous dire que quand vous devez protéger votre vie ou celle de citoyens innocents, vous devez parfois faire certaines choses qui ne sont pas très valorisantes sur le plan humain. C’est une question très complexe à laquelle je n’ai aucune réponse. Personnellement, je suis opposé à ce genre de méthode et à plusieurs autres choses qui se passent dans le monde et dans mon pays. Mais chacun doit faire son propre examen de conscience et déterminer quelles sont les barrières à ne pas franchir pour rester humain.»


Un tournage sur deux continents
  Une des difficultés du film était de trouver un directeur de la photo capable de collaborer avec Gavin Hood pour donner une unité visuelle aux nombreuses intrigues du film. Le choix du réalisateur et des producteurs s’est porté sur Dion Beebe, qui a été récompensé par un Oscar en 2006 pour son travail sur MEMOIRES D’UNE GEISHA.
Gavin Hood se souvient : «Dès notre première rencontre, j’ai su que nous allions faire ensemble du beau travail. En plus d’être toujours serein, Dion possède un oeil fantastique et une profonde compréhension de l’histoire.»
Le producteur Bill Todman Jr. ajoute : «A mon sens, Dion Beebe est un des meilleurs directeurs de la photo actuels. C’est un homme très posé et détendu et en même temps très organisé. Une grande intensité émane de son travail, et sa capacité à utiliser la lumière pour mieux raconter une histoire est tout simplement merveilleuse.»
Dion Beebe raconte : «La phase de préproduction s’est déroulée très rapidement, sur environ six semaines. Avec Gavin, nous avons appris à nous connaître très vite afin de développer entre nous un vocabulaire commun nécessaire pour la réalisation du film. Nous avons passé de très bons moments. Gavin est un réalisateur passionné et très talentueux. Collaborer avec lui était vraiment passionnant.»
Très tôt, Gavin Hood et Dion Beebe ont parlé de la façon dont ils allaient différencier l’univers visuel de Washington de celui de l’Afrique du Nord. Gavin Hood explique : «J’ai tendance à favoriser les arrière-plans bien composés et les plans un peu statiques, ce qui fait que je suis toujours un peu hésitant avec les mouvements de caméra. Dion m’a beaucoup aidé en me délivrant de cette peur tout en comprenant mon besoin d’avoir parfois des plans fixes pour permettre au public de voir le jeu d’un acteur de plus près.»
Dion Beebe commente : «Nous ne voulions pas compliquer les choses avec plusieurs styles visuels parce que le film passe sans cesse de l’histoire d’un personnage à celle d’un autre. Les quelques différences notables concernent surtout la composition d’ensemble et les mouvements de la caméra.»
Gavin Hood reprend : «Washington est un monde très sérieux et très classique. Toutes les images s’y déroulant sont donc assez statiques et composées de lignes horizontales et verticales. Les scènes tournées au Maroc, elles, sont pleines d’arches et de courbes, ce qui nous a permis de mettre en place une image beaucoup plus fluide et chaotique.»
Dion Beebe commente : «Où que vous alliez au Maroc, l’air est toujours plein de petites particules, cela donne une texture très particulière à la lumière, et c’est un élément que nous avons par exemple utilisé pour souligner les puits de lumière à travers les fenêtres. La photo des scènes qui se déroulent à Washington est plus clinique, plus froide, avec des lignes plus fortes et composées. La caméra est aussi plus statique.»
Durant leurs repérages, l’équipe a trouvé Washington trop conventionnelle à son goût. Gavin Hood raconte : «Au départ, Dion Beebe ne voulait pas avoir de monuments dans ses plans. Nous avons donc cherché des endroits où nous pouvions filmer sans les voir. Nous avons fini par choisir un immeuble moderne avec des colonnes et une grande façade vitrée à travers laquelle on pouvait voir le Capitole. Son architecture reflétait le mélange des valeurs et des symboles qui caractérisent le Washington d’hier et celui d’aujourd’hui. Le fait que ces nouvelles valeurs aient l’air d’envahir les anciennes était un sous-texte important.»
Le pays du tiers-monde où se déroulent plusieurs scènes du film n’étant pas nommé explicitement, les cinéastes pouvaient choisir d’aller filmer n’importe où au Moyen-Orient ou dans le nord de l’Afrique. Depuis le 11 septembre 2001, trouver un lieu de tournage dans cette partie du monde est devenu problématique. Le choix se porta donc sur le Maroc.
Le producteur Steve Golin note : «Quand j’ai lu le scénario, je me suis dit que le Maroc était le meilleur endroit pour tourner. Il y a deux ans, nous avons tourné BABEL là-bas et je savais que c’était un lieu où nous trouverions tout ce dont nous allions avoir besoin. La population, le roi et la famille royale du Maroc aident énormément tous les tournages.»
Gavin Hood ajoute : «Les équipes qui travaillent làbas dans le cinéma ont beaucoup d’expérience.»
Les cinéastes ont tourné dans la ville de Marrakech. Gavin Hood se souvient : «Quand nous avons fait nos repérages là-bas, j’ai vraiment été émerveillé par l’énergie et la palette de couleurs que l’on peut trouver dans les ruelles de cette vieille ville. Vous pouvez poser votre caméra n’importe où, l’image sera toujours merveilleuse. Cinématographiquement parlant, c’est un endroit de rêve.»
Le Maroc possède une longue tradition artisanale qui s’étend de la fabrication de tapis à celles de lampes, de mosaïques ou encore de céramiques. Gavin Hood note : «Les Marocains sont très doués de leurs mains, ils fabriquent d’innombrables objets en métal ou en bois. Tous ceux qui ont travaillé sur le film, que ce soit à la conception des décors, des accessoires, des costumes ou au département artistique, avaient un grand sens de l’artisanat et une parfaite compréhension visuelle de l’environnement dans lequel ils vivent.»
Malgré toutes les facilités disponibles sur place, le tournage au Maroc n’a pas été sans difficultés. Le producteur Marcus Viscidi explique : «Il faut 18 heures d’avion pour aller de Los Angeles à Marrakech, alors il vaut mieux s’assurer que vous avez tout ce dont vous avez besoin avant de partir ! Avec tous les films qui nécessitent des armes, des effets spéciaux ou pyrotechniques, il faut aussi s’assurer que tout le matériel sera sur place avant d’en avoir besoin parce que tout doit être vérifié par la douane. Après les attentats du 11 septembre, il est devenu très difficile d’importer des armes n’importe où dans le monde, et encore plus au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Pour en faire venir au Maroc, il faut tout préparer des mois à l’avance afin d’obtenir l’accord du roi. Il faut présenter une liste des armes que vous allez faire venir et absolument s’y tenir ; une fois qu’elle a été validée vous ne pouvez plus faire aucune modification.» Pour le tournage au Maroc, l’équipe n’était pas seulement constituée d’Américains et de Marocains mais aussi d’Anglais, d’Italiens, d’Israéliens, d’Egyptiens, d’Algériens, d’Australiens, de Soudanais et de Sud- Africains.
Jake Gyllenhaal commente : «Evoluer sur le plateau au milieu d’autant de personnes venant de pays si différents était une expérience captivante. Tout le monde était sympathique et ouvert. Sur chacun des films que j’ai faits, l’ambiance était en grande partie définie par son réalisateur, et grâce à Gavin Hood elle a été vraiment très bonne sur celui-ci.»
Igal Naor ajoute : «Tourner au Maroc avec une équipe comportant autant de nationalités a été une très belle aventure. En tant qu’Israélien, il y a peu d’endroits où je me sente vraiment en sécurité et durant le tournage, c’était pour moi un peu comme être à Paris ou à Londres, c’est-à-dire dans un lieu où je ne n’ai pas à me méfier de tout et de tout le monde. C’était très agréable. Je suis devenu ami avec beaucoup de musulmans. Au final, le judaïsme et l’islam se ressemblent beaucoup, et j’en suis très heureux. J’ai aussi beaucoup d’amis arabes et palestiniens en Israël. Ce devrait être comme ça partout.»
Gavin Hood conclut : «Le film parle des luttes actuelles entre les cultures, il était donc très intéressant d’avoir une équipe constituée de gens venant des quatre coins du globe. Voir tout le monde discuter de ces conflits et apprendre en même temps à se connaître et à s’apprécier était vraiment fantastique. Partout, les gens veulent toujours parler des différences entre les cultures et oublient de parler de ce que nous avons en commun. C’est dommage ! J’espère que ce film saura leur rappeler que malgré les différences, nous sommes d’abord tous des êtres humains riches d’émotions, faillibles et fragiles.»



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