Inscription Newsletter :
  
Recherche : Films     Affiches     Box-office     Vos critiques de films     Actus ciné

La Faille


Notes de production

Parties :

- L'affaire Ted Crawford
- Les acteurs du procès
- Des lois pour mieux les contourner
- Un esprit comme une machine
affiche du film La Faille - worldcinemag.com

L'affaire Ted Crawford
  Le producteur Charles Weinstock explique : «L’écriture d’un thriller n’est jamais chose facile, et LA FAILLE n’a pas fait exception à la règle. Le thriller est un genre difficile car sa chute doit surpasser tout ce qui s’est déroulé dans le film. Si en plus, il commence comme le nôtre d’une façon inhabituelle, cela peut devenir un vrai casse-tête. Nous ne voulions pas d’un simple film d’action. Nous souhaitions que l’histoire puise sa force dans le comportement et le caractère de ses personnages.»
Charles Weinstock a commencé à développer le projet alors qu’il travaillait avec Liz Glotzer, la directrice du département production de Castle Rock Entertainment. Il se souvient : «Depuis des années, je voulais travailler avec le scénariste Daniel Pyne. Quand nous nous sommes rencontrés, il m’a confié qu’il avait en tête un début d’histoire sur un jeune avocat ambitieux qui joue toute sa carrière sur une affaire.»
Charles Weinstock a développé l’histoire durant six ans. C’est avec l’arrivée du scénariste Glenn Gers, du réalisateur Gregory Hoblit et de New Line Cinema que le projet a pris toute son ampleur.
Glenn Gers raconte : «L’idée d’un thriller autour d’un procès où les vrais conflits se déroulent à l’extérieur du tribunal m’a beaucoup attiré. Le plus difficile pour moi a été de rendre un peu moins parfait le crime de Crawford, car Dan Pyne l’avait rendu vraiment irréprochable. Ce qui m’a définitivement donné envie de travailler sur ce film, c’est le triangle liant Crawford, Jennifer et Nunally, le crime et tous les éléments qui se mettent en place au début de l’histoire.»
Glenn Gers ajoute : «Quand j’ai commencé à travailler sur le projet, j’ai bénéficié de l’aide et des conseils de ma soeur, qui est procureur. Grâce à elle, j’ai beaucoup appris sur le système et la procédure juridique. Un an après, elle est entrée dans une firme privée qui défend les entreprises, un peu comme dans le film. Pour un juriste, c’est une transition difficile qui peut représenter un vrai dilemme moral. C’est ce que l’on retrouve chez Willy Beachum. C’est un personnage complètement obsédé par son ambition, sa volonté d’entrer dans un grand cabinet privé. Crawford utilise d’ailleurs cette faiblesse pour le manipuler et le prendre au piège.»
Comme à son habitude, le réalisateur Gregory Hoblit a demandé à ses scénaristes d’être présents sur le tournage avec toute l’équipe. Il explique : «Le scénario constitue la colonne vertébrale d’un film, il doit bouger avec lui sans jamais être figé. Lorsque de bons acteurs s’en emparent, il entame sa propre vie. Si un scénario est bien fait, vous lui restez très fidèle pendant le tournage, vous respectez étroitement ses intentions. Mais le scénario est aussi un immense puzzle car il contient les émotions et les vies des personnages. Vous devez donc être prudent et veiller à toujours donner une marge de liberté aux acteurs. Glenn Gers a très bien compris ce besoin. Une scène peut évoluer lorsqu’on laisse la possibilité de s’exprimer à ceux qui la jouent.»
Gregory Hoblit a lu plus d’une centaine de scénarios avant d’accepter de réaliser LA FAILLE. Il se souvient : «J’ai aimé les surprises, tout ce que l’on ne voit pas venir. J’ai su que cela allait être intéressant et je savais comment j’allais le faire.
«Dès la première lecture du scénario, l’histoire et les personnages m’ont beaucoup frappé. Il y a cette scène intense où Crawford et Willy se rencontrent pour la première fois. Crawford avoue avoir tué sa femme et Willy prend conscience de l’enjeu de cette affaire pour sa carrière. Quand j’ai lu cette scène, je n’avais plus qu’une envie : la tourner. Tout ce qui suit découle de cette confrontation. Filmer cette scène a été un des jours les plus excitants de mes 25 ans de carrière.»


Les acteurs du procès
  Anthony Hopkins interprète Ted Crawford, un ingénieur en aéronautique spécialisé dans l’étude des facteurs d’usure provoquant des dysfonctionnements et l’analyse des crashs d’avions. Passionné par son métier, il est fier de pouvoir détecter toutes les failles d’un système, qu’il soit mécanique ou humain…
Anthony Hopkins a tout de suite accepté de jouer ce rôle. Il se souvient : «C’est un scénario intelligent, sophistiqué et bien écrit. De nos jours, c’est assez rare. J’ai eu beaucoup de chance que l’on me demande d’y participer.»
A propos de son rôle, il explique : «Je me tiens à l’écart de toutes ces analyses compliquées que l’on peut faire sur les histoires ou les personnages. Je me contente de jouer mes rôles tels qu’ils sont écrits dans le scénario. J’ai joué deux criminels dans ma vie : Hannibal Lecter et Ted Crawford. Ces personnages agissent comme des joueurs d’échecs, tout ce qu’ils font est calculé. Crawford fait preuve d’un sang-froid fascinant, mais c’est aussi son plus grand défaut. Il aime manipuler les gens et sa virtuosité le pousse à aller très loin, si loin qu’il finit par prendre des risques. En fait, c’était un rôle plutôt facile à jouer car il était très bien écrit. Les gens font souvent toute une affaire du jeu d’acteur et inventent toutes sortes de procédés et de techniques. Moi je me contente de lire le scénario et de jouer mon personnage comme il est décrit : c’est un ingénieur et un meurtrier intelligent, il porte de chouettes costumes, conduit une voiture hors de prix. Je n’ai pas besoin de plus, c’est aussi simple que ça.»
Gregory Hoblit précise : «Crawford est un personnage aux multiples facettes :
joueur, charmeur, drôle parfois, et surtout un calculateur froid et dangereux. C’est un registre que peu d’acteurs peuvent jouer. Avec une élégance rare, Anthony Hopkins a su rendre toute la noirceur et la violence de Crawford. Il a donné à ses scènes une telle intensité qu’il en a fait des moments majeurs du film. C’est un acteur bien plus consciencieux et profond qu’il ne le dit, un acteur d’une finesse et d’un talent formidables. Il a su faire ressentir cette incapacité émotionnelle qui empêche Crawford de vivre une relation normale. Il est incapable de sortir d’une vision froide et mécanique du monde. Lorsqu’il tire sur sa femme, on sent le trouble et le conflit s’agiter en lui. Au fond, c’est un personnage assez triste.»
Le producteur Charles Weinstock ajoute : «Ted Crawford est un homme blessé mais suffisamment intelligent pour cacher sa blessure à tout le monde.»
Pour le scénariste Glenn Gers, Ted Crawford est un vrai personnage de tragédie classique. Il explique :
«Il pense qu’il peut rester en dehors des lois et du monde des hommes. C’est effectivement ce qu’il parvient à faire durant un moment, puis son crime le rattrape et c’est finalement son arrogance qui le fait tomber. J’avais écrit quelques indications pour jouer ce personnage un peu comme Hannibal Lecter.
Mais Anthony Hopkins m’a répondu qu’il voulait donner une autre dimension à Crawford, et je dois dire qu’il a eu raison. Il lui a apporté beaucoup d’humanité et en a fait plus qu’un simple meurtrier froid et méchant.»
Ryan Gosling interprète Willy Beachum. Il raconte : «Lorsque Gregory Hoblit m’a envoyé le scénario, j’ai été très intéressé, même si je ne savais pas trop ce que j’allais pouvoir apporter. Je savais juste que je devais faire ce film. Ce n’est pas tous les jours qu’on vous donne l’occasion de jouer avec Anthony Hopkins dans un film avec autant de suspense.»
C’est dans DANNY BALINT de Henry Bean que Gregory Hoblit a remarqué Ryan Gosling. Il se souvient : «Ryan a un talent indéniable. Il a un magnétisme indescriptible, il faut le voir jouer ! Dès que vous posez les yeux sur lui, vous sentez que c’est quelqu’un d’intelligent qui a de nombreuses cordes à son arc. Son jeu est très naturel. Je ne connais pas d’autre acteur de sa génération qui soit aussi captivant. C’est très intéressant de tourner avec lui car c’est quelqu’un qui cherche la perfection à chacune de ses prises, il ne fait jamais deux fois la même chose. Je savais que ce serait un vis-à-vis parfait pour Anthony Hopkins.»
Ryan Gosling observe : «Mon personnage, Willy, est complètement manipulé par Crawford. Il est pris dans un jeu sadique sur lequel il n’a absolument aucun contrôle. C’est une affaire capitale pour lui car un échec mettrait en péril sa carrière présente et future. De plus, il n’a pas très envie de voir un meurtrier être acquitté, et ce d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une personne qui se dit plus intelligente que lui et qui se joue des lois.»
Glenn Gers ajoute : «Pour Willy Beachum, c’est aussi une sorte d’initiation. Au début c’est un personnage un peu superficiel qui se soucie peu des gens. Il va découvrir que c’est un comportement qui se paye cher. Au cours de l’histoire, il va devoir grandir et prendre de la maturité.»
Gregory Hoblit commente : «C’est comme une partie d’échecs. Les pièces se placent, se contrent, et ça se termine par une situation d’échec et mat. Du début à la fin, Crawford domine cette partie et calcule méthodiquement tous les coups possibles. Willy pratique un jeu beaucoup plus rapide, comme ces joueurs à Central Park. C’est la rapidité et l’énergie contre la méthode et le stoïcisme. Même si Willy va beaucoup mûrir au cours de cette affaire, la différence d’âge entre les deux personnages apporte aussi un contraste très intéressant.»
Les différences entre les personnages se sont aussi exprimées à travers la façon dont les acteurs se sont préparés pour le film. Les comédiens et le réalisateur ont répété pendant deux semaines avant le début du tournage.
Gregory Hoblit raconte : «Anthony Hopkins est extrêmement précis et économe dans sa préparation, on ne perd pas de temps avec lui. Par contre, Ryan Gosling a besoin de s’échauffer un peu pour trouver son rôle. Lorsqu’il est prêt, il est extraordinaire.»
Pour épargner aux acteurs de nombreuses prises et capter le maximum de chaque scène, Gregory Hoblit a tourné avec plusieurs caméras. Anthony Hopkins commente : «Gregory Hoblit est quelqu’un d’intelligent et de prévoyant, ce qui est toujours un plus sur un tournage. Il a aussi beaucoup d’instinct. Avec lui, on ne fait jamais beaucoup de prises, au grand soulagement de tous.»
Billy Burke interprète l’inspecteur Rob Nunally, l’amant de la femme de Ted Crawford. Glenn Gers raconte : «Nunally tombe amoureux de la mauvaise femme au mauvais moment. Avec Jennifer, ils tentent de trouver une solution à cette situation délicate. Mais lorsque Crawford entre dans la danse, tous ses efforts sont voués à l’échec. C’est un personnage vraiment touchant.»
Gregory Hoblit ajoute : «Je savais que c’était pour Nunally que nous aurions le plus de mal à trouver un acteur. Rob Nunally est un personnage qui bascule d’un extrême à l’autre. En très peu de scènes, il passe de l’amour, du bonheur et de l’optimisme au désespoir. C’est un rôle qui demandait un talent considérable. Il fallait aussi qu’il soit crédible en tant que policier capable de séduire Jennifer Crawford, une femme qui a toujours vécu dans l’opulence. Billy Burke avait la capacité de jouer cette transition brutale. Il donne aussi à Nunally cette aura d’humanité et de force tranquille qui en fait un personnage rassurant.»
Par chance, Billy Burke venait de terminer un film sur lequel il a travaillé avec des négociateurs professionnels spécialisés dans les prises d’otages. Cette expérience lui a permis d’entrer dans son personnage plus facilement. Pour lui, le plus difficile était de garder le fil des émotions de Nunally.
Il explique : «Je n’étais pas régulièrement sur le plateau. Je travaillais quelques jours, j’étais en repos quelques jours puis je revenais pour de nouvelles scènes. Ce n’était pas facile car je devais à chaque fois me resituer dans l’histoire pour savoir si mon personnage était dans une phase de découverte, de désespoir ou de résignation… C’était difficile mais aussi très intéressant. Autant d’émotions, c’est assez rare dans un film comme celui-là car le public n’a en général qu’une vision superficielle des personnages. Nunally était un personnage très riche à jouer et un grand rôle, un de ceux qui reviennent en général à des acteurs plus connus que moi.»
Embeth Davidtz interprète Jennifer Crawford, la femme de Ted Crawford et maîtresse de Rob Nunally. Gregory Hoblit avait déjà travaillé avec elle sur LE TEMOIN DU MAL avec Denzel Washington. Il raconte : «Lorsque ma directrice de casting, Deborah Aquila, et moi avons eu en même temps l’idée de l’appeler pour ce rôle, je me suis dit que c’était un bon présage. Embeth est l’incarnation de la fragilité. Intérieurement c’est une personne forte mais elle a une apparence délicate et un regard très expressif. Elle a beaucoup de talent. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle accepte si vite car c’est un petit rôle. Nous n’aurions pas pu mieux choisir.»
Rendre sympathique au public une femme qui trompe son mari était une des difficultés du rôle. Le scénariste Glenn Gers se souvient : «La douceur d’Embeth Davidtz nous a beaucoup aidés à ce niveau-là. Elle n’a que deux scènes pour faire en sorte que le public la trouve sympathique et s’inquiète pour elle jusqu’à la fin du film. C’était un défi qu’elle a su relever.»
Gregory Hoblit ajoute : «Le mariage de Jennifer Crawford est un échec. Son mari est brillant mais c’est avant tout un homme incapable d’émotions, en marge de la société, et un manipulateur qui l’isole et la rabaisse constamment. C’est le point de départ du film. Les deux personnages ne disposent que d’une scène pour faire comprendre au public cet état de tension. Le but de cette scène est aussi de pousser les spectateurs à prendre parti pour Jennifer et leur faire comprendre qu’elle est loin du cliché de la femme volage.»
Glenn Gers commente : «Il est évident que Jennifer n’a pas épousé Crawford pour l’argent. Je pense qu’elle l’aimait véritablement et qu’elle pensait qu’il s’occuperait bien d’elle. Plus que la trahison, c’est le changement qui s’opère en elle que Crawford ne peut supporter. Ce n’est pas une femme immorale, quitter son mari est pour elle très effrayant. La scène entre Jennifer et Crawford a été longue à écrire, nous l’avons raccourcie de très nombreuses fois car un couple qui vit ensemble depuis longtemps a peu de choses à se dire. Il fallait que les phrases soient courtes mais très lourdes de sens. Anthony Hopkins et Embeth Davidtz avaient leurs idées et ont livré une interprétation impressionnante.»
Embeth Davidtz observe : «Jennifer est au fond du gouffre, mais elle cherche aussi un moyen de s’échapper et de reprendre sa vie en main. C’est quelque chose qui m’a touchée en elle.»
Elle ajoute : «Donner la réplique à Anthony Hopkins était très motivant, c’est un acteur d’un tel niveau ! Billy Burke est aussi très bon, je suis surprise qu’on ne l’ait pas vu dans plus de films. C’est assez curieux, mais le plus difficile pour moi aura été de jouer Jennifer quand elle est dans le coma. Etre allongée dans un lit était bien plus compliqué que je ne pensais !»
L’actrice anglaise Rosamund Pike interprète Nikki Gardner, une avocate vindicative et sans peur, alter ego féminin de Willy Beachum.
Glenn Gers raconte : «Nikki ne peut qu’attirer Willy Beachum, car d’une certaine façon elle est l’image même du job qu’il convoite depuis toujours. Mais cette attraction le détourne du cas Ted Crawford et Willy va devoir faire un choix entre les deux.»
Ryan Gosling explique : «Je crois que Willy n’a jamais rencontré personne possédant autant d’ambition que lui. En cela, les deux personnages se voient comme un reflet l’un de l’autre. Je ne dirais pas que leur relation est une véritable histoire d’amour, c’est plus une sorte de compétition entre eux. Ce sont tous les deux des battants qui luttent pour être les meilleurs, pour eux cela passe avant le reste.»
Rosamund Pike ajoute : «Nikki ne rencontre pas souvent d’opposition. Willy provoque en elle un mélange de curiosité et de frustration.»
C’est dans un film-annonce pour ORGUEIL ET PREJUGES de Joe Wright que Gregory Hoblit a remarqué l’actrice pour la première fois. Alors qu’elle faisait une tournée promotionnelle pour le film à Los Angeles, Rosamund Pike a rencontré le réalisateur. Dès cette première rencontre, Gregory Hoblit a été convaincu qu’elle était l’actrice parfaite pour l’ambitieuse Nikki Gardner.
Le producteur Charles Weinstock raconte :
«Rosamund était un très bon choix. Elle a cette perfection blonde à la Grace Kelly qui apporte à son personnage beaucoup de séduction et de distance en même temps. Nikki représente la tentation sous toutes ses formes. C’est aussi l’incarnation même de l’ambition de Willy. Le rôle était plus difficile qu’il y paraît car c’est aussi un personnage très fort qui va tout de même révéler quelques faiblesses. Rosamund Pike a parfaitement interprété ces deux aspects de Nikki.»
Rosamund Pike confie : «Etrangement, j’ai été assez troublée par ce rôle. C’était assez difficile car Nikki est un personnage qui ne me ressemble pas du tout sur le plan éthique, politique ou même vestimentaire. C’est une de ces femmes fortes qui font passer leur carrière avant leur vie privée, familiale et amoureuse. Rien d’autre n’existe pour elle en dehors de son travail. C’est respectable, mais ses choix en font un personnage auquel il m’est difficile de m’identifier. Ce qui fait son intérêt à mes yeux, c’est qu’elle va prendre des risques pour Willy. Par amour pour lui, elle va entrer en conflit avec son patron et se retrouver dans une situation humiliante.»
Elle ajoute avec humour : «J’ai essayé de lui donner un peu plus d’humanité et de douceur, mais quand je le faisais, Gregory Hoblit me demandait de mettre plus de puissance et d’intensité dans mon jeu. C’est comme ça que le côté sympa du personnage s’est effacé.»
David Strathairn interprète le procureur Joe Lobruto, le patron de Willy Beachum. L’acteur raconte : «Pour moi, Willy Beachum est écartelé entre plusieurs aspirations car tout le monde dans son entourage le manipule et tente de l’utiliser. Jouer un des personnages qui l’influencent me paraissait intéressant.»
Glenn Gers commente : «Joe Lobruto est certes un personnage secondaire, mais son importance est capitale. Il est l’opposé de Nikki, tous ses efforts consistent à pousser Willy dans le sens inverse et à faire naître en lui une certaine conscience morale. David est un de mes acteurs préférés. Le voir jouer est un vrai bonheur. Son personnage est un repère très important et une aide précieuse pour Willy lorsqu’il commence à comprendre ses erreurs.»
David Strathairn explique : «Lobruto n’est pas que le patron de Willy, il se considère avant tout comme son mentor. C’est aussi un homme fier d’avoir choisi de rester un modeste procureur au détriment d’une carrière plus lucrative dans un gros cabinet privé. C’est un petit sujet de discorde entre lui et Willy.»
Ryan Gosling ajoute : «Willy et Lobruto se trompent complètement l’un sur l’autre. Willy pense que Lobruto fait une croisade pour la justice et Lobruto pense que Willy est un mercenaire cupide. J’ai adoré jouer avec David Strathairn, c’était un véritable honneur. C’est un acteur toujours très juste et précis dans l’interprétation de son personnage.»
David Strathairn commente : «Lobruto a beaucoup d’importance en tant que “messager”. A travers sa fonction de procureur, il permet de présenter beaucoup d’explications sur l’affaire Crawford, sur Willy et son histoire. La difficulté était de ne pas en faire un simple pourvoyeur d’informations ennuyeux.»
Cliff Curtis interprète Rafael Flores, le policier qui découvre la tentative d’homicide de Ted Crawford. Malheureusement pour Willy, Flores déteste les hommes de loi encore plus que les criminels. Remarqué dans PAÏ de Niki Caro, Cliff Curtis est aussi connu pour sa capacité à jouer des personnages aux nationalités et origines ethniques variées.
Gregory Hoblit raconte : «Cliff est incroyable. Il a une présence, une personnalité et une retenue très inhabituelles. Il n’avait pas vraiment de référence pour jouer un flic, malgré cela il a su faire de Flores un personnage vraiment redoutable.»
Beachum et Flores travaillent ensemble pour faire tomber Crawford devant le tribunal. Mais rapidement, ils se retrouvent dans une impasse face au manque de preuves évidentes qui pourraient prouver le geste du criminel.
Ryan Gosling explique : «Flores et Willy ont des personnalités complètement différentes. Leurs origines et leurs façons de voir la vie diffèrent beaucoup, la seule chose qui les relie et les oblige à travailler ensemble est cette affaire.» Bob Gunton interprète le juge Gardner, le père de Nikki Gardner. Gregory Hoblit se souvenait de sa prestation dans LES EVADES de Frank Darabont et savait que sa directrice de casting, Deborah Aquila, était une de ses amies. Le réalisateur raconte : «Bob Gunton est un vrai bloc. Nous avions besoin de quelqu’un de crédible et de mémorable, comme pour Jennifer Crawford. Lorsque Deborah l’a fait venir, nous avons su qu’il était celui dont nous avions besoin.»


Des lois pour mieux les contourner
  Depuis qu’il a travaillé avec Steven Bochco sur la série «Capitaine Furillo», Gregory Hoblit a toujours cherché la vraisemblance lorsqu’il s’agit d’histoires judiciaires. Il explique : «Je veux que cela soit comme dans la réalité : tout ce qui concerne les policiers, ce qui se passe dans une cour de justice, les lois, etc. Avec le temps, le public est devenu plus exigeant, il est très capable de savoir si vous avez pris ou non des libertés avec ce que vous lui montrez.»
Bien que les lois soient différentes dans chaque Etat, un soin particulier a été pris pour montrer l’histoire sous un jour le plus réaliste possible. Gregory Hoblit n’était pas le seul à être habitué au milieu criminel et judiciaire, car le producteur Chuck Weinstock a lui-même été avocat à New York. Les cinéastes ont aussi été conseillés par l’avocat Bob Breech, avec qui Gregory Hoblit avait déjà travaillé sur les célèbres séries «Capitaine Furillo» et «La loi de Los Angeles». Gregory Hoblit raconte : «En plus de connaître les lois sous toutes les coutures, Bob Breech a un grand sens de la narration. Il sait comment tirer le meilleur d’une scène tout en restant fidèle aux procédures légales.»
Ryan Gosling ajoute : «La façon de parler et d’agir dans un tribunal est très compliquée. Bob Breech nous a été d’une grande aide.»
Les cinéastes ont aussi bénéficié pour les scènes au début du film, des conseils de Peter Weireter et Lou Reyes, tout deux négociateurs dans la police de Los Angeles. A propos des libertés prises pour ces scènes, Gregory Hoblit explique : «S’éloigner de la réalité peut aussi fonctionner. Mais il faut faire attention à ne pas aller trop loin car ce ne serait pas rendre service aux policiers et encore plus au scénario.»


Un esprit comme une machine
  Les machines «à la Rube Goldberg» qui décorent la maison et le bureau de Ted Crawford constituent un élément très important du film. Ces engins de cuivre et de bois sont une métaphore de l’histoire du film et du goût pour la manipulation caractérisant le personnage. Selon diverses définitions, une machine «à la Rube Goldberg» est un assemblage d’éléments divers qui accomplissent une tâche simple par une succession d’actions compliquées.
L’idée d’introduire ces machines est venue à Glenn Gers alors qu’il jouait avec son fils avec un labyrinthe à bille. La bille suit un trajet complexe truffé de pièges et ressort dans les endroits les plus inattendus.
Gregory Hoblit explique : «Ses machines, sa Porsche GT et même sa maison sont des reflets de la personnalité de Crawford. D’une certaine manière, sa façon de penser ressemble à celle d’un chirurgien ou d’un horloger suisse : minutieuse et calculée.»
Glenn Gers raconte avec humour : «C’est toujours un plus d’avoir un objet qui exprime l’intériorité d’une personne. Quand j’ai intégré cette machine dans l’histoire, j’étais loin d’imaginer à quel point cela pouvait être complexe à construire. Lorsque je l’ai vue sur le plateau, je me suis confondu en excuses auprès de ceux qui avaient dû la fabriquer !»
Le producteur Charles Weinstock et le chef décorateur Paul Eads ont été très amusés de trouver sur Internet un grand nombre de passionnés construisant leurs propres machines «à la Rube Goldberg». Après quelques recherches, ils ont décidé de mettre entre les mains de Crawford une machine réalisée par l’artiste hollandais Mark Bischoff. Gregory Hoblit raconte : «C’est une machine incroyable. Mark Bischoff est un professeur de musique, il lui a fallu dix ans pour la construire. C’est un travail d’une rare qualité et d’une grande complexité - le calibrage des pièces, la dimension des pistes, les essences de bois… Lorsque je l’ai vu en vidéo, j’ai été ébahi. La seule question qui me restait était “Comment allions-nous faire traverser l’Atlantique à quelque chose d’aussi encombrant ?”»
Charles Weinstock se souvient : «Finalement, nous avons passé un accord avec Bischoff pour qu’il nous fournisse les plans de sa machine afin d’en construire une version plus petite. Il nous a beaucoup aidés pour la fabrication et l’assemblage. Il était toujours disponible dès que nous avions une question.»
L’artiste a même prêté à la production une petite machine «de table».
C’est à Larz Anderson, coordinateur des effets spéciaux, et à Paul Eads que le producteur exécutif Hawk Koch a demandé de construire plusieurs configurations à partir des plans de Bischoff. Anderson et son équipe ont réalisé une sculpture cinétique de bois et de cuivre dans l’esprit de l’architecture de la maison de Crawford, ainsi qu’une «doublure».
La version originale mesure 2,40 mètres de long sur 60 centimètres de large et 2,40 mètres de haut et fonctionne à l’aide de deux moteurs électriques de 12 volts à télécommande. La version réduite mesure 80 centimètres de long sur 30 de large et 35 de haut et se pose sur un bureau.
Larz Anderson raconte : «Nous étions comme des gamins en construisant cette machine. Tout le monde voulait participer et apporter des idées. C’était comme un immense puzzle. Une fois monté, ce n’était pas très facile à déplacer car la pièce complète pèse quand même dans les 110 kilos. Une fois sur le plateau, le plus dur était en fait d’empêcher tout le monde de la toucher, de prendre les billes et de jouer avec !»
Hawk Koch ajoute avec humour : «Gregory Hoblit était le plus irrécupérable de tous. Il pouvait passer des heures à la regarder. Elle a un rythme très apaisant, quasi hypnotique. Gregory devenait incapable de faire le moindre mouvement, et encore moins de travailler. C’était assez incroyable.»

    Les dernières photos
Vicky Cristina Barcelona (16 images)Tonnerre sous les Tropiques (58 images)
La Loi et l'ordre (25 images)Appaloosa (41 images)
+ de photos  
   
    Les films du momentFlux RSS des sorties ciné de la semaine
Cette semaine dans les salles Madagascar 2
Cette semaine dans les salles Le Prix de la loyauté
Cette semaine dans les salles Agathe Cléry
Cette semaine dans les salles Pour elle
Sorti depuis une semaine Le Transporteur III
Sorti depuis une semaine Le Plaisir de chanter
Sorti depuis une semaine Hello Goodbye
Sorti depuis une semaine Johnny Mad Dog
A venir la semaine prochaine Burn After Reading
A venir la semaine prochaine L'Emmerdeur
A venir la semaine prochaine Le Jour où la Terre s'arrêta
+ de films  
   
    L'actu cinéFlux RSS des news
30/09 17:57 - Clooney et Depp dans un western ...
30/09 17:52 - Huppert du côté de Tarantino?
30/09 12:54 - John Travolta tourne en banlieue...
30/09 12:41 - « Entre les murs » : Professeur ...
29/09 19:00 - Guillaume Canet dans " Last nigh...
+ d'actus  
   
  Ajouter à vos favoris
  Mettre en page d'accueil
Cnil n°843930 | Informations personnelles | Contact | Partagez vos photos | Aide aux webmasters | Affiches | Météo | Horoscope | Sudoku

Notes de production : Mesrine : L'Ennemi public n°1, La Vie devant ses yeux, Leur morale... et la nôtre, Un mari de trop, Braquage à l'anglaise, ... + de cinéma
Dernières paroles : Just Dance, Forgive Me, Bleeding Love, Better In Time, A Moment Like This, Whatever It Takes, ... + de paroles