Notes de production
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Autour du film
Le scénariste Alex Garland a eu l'idée de
SUNSHINE en 2004 en lisant un article dans
une publication scientifique américaine.
« J'ai toujours eu envie d'écrire un film de
science-fiction, » déclare-t-il. « Je voulais
développer l'idée du voyage de l'homme dans
l'espace et chemin faisant, de ce qu'il découvre
dans son propre subconscient. J'étais à la
recherche d'un sujet auquel je pouvais rattacher
cette idée, lorsque j'ai lu un article qui faisait
une projection de l'avenir de l'humanité en se
plaçant d'un point de vue scientifique et athée.
Le papier énonçait des théories sur la fin
programmée du soleil et en évoquait les conséquences. L'homme a besoin de l'énergie du soleil pour survivre, et
lorsque cette énergie sera épuisée, l'espèce humaine disparaîtra. Ce que je trouvais intéressant, c'était qu'on
pouvait facilement spéculer sur la disparition possible de l'espèce humaine - et je me suis alors dit « et si nous avions
la certitude que l'homme devait disparaître dans un très proche avenir ? » Je voulais raconter une histoire où la survie de
toute la planète dépend d'un seul homme, et en évoquer les effets sur sa santé mentale. C'était le point de départ du
scénario».
Huit mois plus tard, Alex Garland rencontre Danny Boyle dans un pub du West End de Londres afin de lui remettre une
première version du scénario. Boyle rappelle Garland dès le lendemain pour lui faire part de son enthousiasme !
«Ce que j'adore chez Alex, c'est son ambition, » indique Danny Boyle. « En Angleterre, on a tendance à faire des
films modestes, alors qu'Alex s'intéresse à des concepts d'une grande richesse. C'est formidable, même si c'est
ensuite difficile à réaliser ».
Pour le producteur Andrew Macdonald, le scénario d'Alex Garland était totalement captivant. «Je trouve que le style
d'Alex évoque immédiatement des images et, contrairement à la plupart des scénarios, SUNSHINE développe une
intrigue qui vous tient complètement en haleine. Certains scénarios sont assez laborieux, tandis que chez Alex, on
arrive facilement à visualiser les scènes au fil de la lecture.»
Danny Boyle, Andrew Macdonald et Alex Garland avaient déjà collaboré sur 28 JOURS PLUS TARD, produit par Fox
Searchlight en 2003. «Nous aimons le même genre d'histoires, mais nous avons chacun notre regard sur leur traitement,
ce qui ne fait qu'enrichir nos rapports,» reprend Andrew Macdonald. «Ce qui est très important, c'est que chacun affirme
son point de vue, Danny en tant que metteur en scène et Alex en tant que scénariste. Mon boulot consiste à faire en sorte
que leur projet devienne réalité, tout en prenant certaines précautions pour que le film soit un succès.»
«Je crois que nous sommes tous trois très ambitieux, mais lorsque nous travaillons ensemble, nous mettons notre ego
de côté,» remarque Danny Boyle. «Je mets mon nez dans le scénario, Alex fait de même vis-à-vis de la mise en scène,
et nous nous disons les choses très franchement, sans détours, et c'est ce qui fait tout le prix de notre collaboration».
Danny Boyle était intéressé non seulement par le périple d'ICARUS II vers le soleil, mais aussi par la trajectoire
psychologique de l'équipage. «L'idée d'un voyage
vers le soleil est formidable sur un plan visuel, mais
aussi très intéressante sur un plan
psychologique. Comment réagit-on mentalement
lorsqu'on se trouve en présence du créateur de
l'univers qui, pour certains, revêt une dimension
religieuse et spirituelle, et, pour d'autres, un concept
purement scientifique ? Sachant que nous
sommes tous constitués de particules d'étoiles
pulvérisées, quelle serait notre réaction si nous nous
rapprochions du soleil, source de vie du système
solaire ?
C'est très stimulant intellectuellement de soulever ce
type d'interrogations.»
Dans un souci de vraisemblance scientifique, la production
a d'abord sollicité la NASA dans son travail
de documentation : l'équipe a visionné plusieurs
documentaires sur la conquête spatiale et quelques
grands classiques du cinéma de science-fiction, et a
rencontré de nombreux scientifiques et astronautes.
Andrew Macdonald avait repéré le jeune physicien
anglais Brian Cox dans une émission de la BBC et
l'avait contacté afin de s'entretenir du projet avec lui.
Brian Cox, qui travaille au CERN (Centre Européen de
Recherche Nucléaire), le plus grand laboratoire de
physique des particules du monde situé à Genève, a
alors accepté de servir de consultant scientifique, ce qui
s'est avéré extrêmement précieux. Présent sur le
tournage pour guider l'équipe technique et les acteurs et
leur fournir des explications sur le fonctionnement du
système solaire, il a surtout collaboré étroitement avec
Cillian Murphy (Capa), qui interprète le physicien de
l'équipage.
«La dimension scientifique du film est très crédible,»
explique Brian Cox. «On sent bien qu'Alex est à la fois
fou de science et de science-fiction. Nous avons dû faire
quelques ajustements, mais j'ai surtout été utile pour le
contexte du film, plus que pour l'intrigue en tant que
telle».
«On se focalise sur la vraisemblance des détails scientifiques,
et on essaie de respecter les lois de la physique,
mais en fin de compte, on privilégie l'efficacité
dramatique», ajoute Danny Boyle.
Dans leur phase de recherches, l'équipe s'est
également rendue en Ecosse pour visiter un
sous-marin nucléaire. «Je voulais comprendre ce
que cela représentait de vivre dans un espace
confiné pendant un laps de temps très long, et
la claustrophobie que cela engendrait. Nous
avons donc visité un sous-marin nucléaire
moderne, ce qui nous a fascinés. Nous avons
également visionné POSEIDON de Wolfgang
Petersen qui rend parfaitement compte de la
tension qui règne chez plusieurs personnages
obligés de cohabiter dans un espace réduit et
dangereux ».
Par ailleurs, Andrew Macdonald s'est rendu à
Moscou pour visiter la Cité des Etoiles, le plus
grand centre d'entraînement de cosmonautes au
monde. «C'est un endroit fascinant,» précise-t-il.
«D'ailleurs, au départ, on avait même envisagé
de tourner le film sur place. Mais en fin de
compte, cela s'est avéré irréalisable».
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