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Massacre à la tronçonneuse : le commencement


Notes de production

Parties :

- Jusqu'aux racines de l'enfer
- Bienvenue dans la famille
- Sur la route qui mène à la terreur
- Le tournage
affiche du film Massacre à la tronçonneuse : le commencement - worldcinemag.com

Jusqu'aux racines de l'enfer
  En 1974, MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE, un modeste film réalisé par Tobe Hooper, créait la surprise et s’imposait instantanément comme un film culte. Son terrifiant héros, Leatherface, allait devenir une icône du cinéma et prendre une place de choix dans notre imaginaire pour le hanter à jamais.
Près de trente ans plus tard, le célèbre réalisateur Michael Bay et ses partenaires en production,Andrew Form et Brad Fuller, eurent l’idée d’offrir un nouveau souffle à cette incroyable histoire. Michael Bay avait rencontré ses deux collaborateurs alors qu’il leur donnait des cours et l’ambition du trio était d’offrir leur chance à de jeunes réalisateurs tout en faisant le cinéma qu’ils aimaient.
En 2003, le succès du remake de Marcus Nispel dépassa les prévisions les plus optimistes. Le public avait envie de découvrir ou de retrouver l’épouvantable famille Hewitt. Michael Bay, producteur, raconte : «Pour notre petite société de production, Platinum Dunes, ce succès était non seulement un encouragement mais il nous donnait aussi les moyens de notre indépendance. L’idée de concevoir une suite au film pouvait être tentante d’un point de vue commercial mais n’offrait pas vraiment d’intérêt pour les cinéphiles que nous sommes. Par contre, se pencher sur ce qui s’était produit avant, découvrir ce qui avait conduit cette famille à devenir ainsi était beaucoup plus intéressant.»
C’est à Sheldon Turner, le scénariste avec lequel ils avaient travaillé sur leur second projet, le remake d’AMITYVILLE, que les producteurs ont confié le soin d’écrire l’histoire. Sheldon Turner explique : «Tout l’intérêt était d’imaginer ce qui avait pu conduire ces gens à devenir ainsi. Quel était leur parcours ? A quoi avaient-ils été confrontés pour en arriver là ? Comment Monty s’était-il fait doublement amputer ? Pourquoi Hoyt n’avait-il plus de dents et surtout pourquoi étaitil devenu shérif ? Et bien sûr, pourquoi Leatherface agit-il ainsi et quel secret se cache sous son horrible masque ?»
Le potentiel scénaristique était énorme et concernait l’un des films les plus populaires du cinéma d’horreur. L’enjeu n’était pas uniquement d’effrayer le public, mais aussi de lui apporter des réponses, de l’entraîner vers un autre aspect de l’histoire. Non seulement le film allait faire peur, mais il allait aussi révéler. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE : LE COMMENCEMENT nous entraîne sur le redoutable chemin qui a conduit à l’horreur pure.
Pour la réalisation, les producteurs n’ont pas hésité. Ils connaissaient Jonathan Liebesman depuis longtemps. Ils avaient déjà envisagé de lui confier la réalisation de leur version de 2003 mais Liebesman était alors sous contrat avec Sony. Il étaient restés en contact, y compris au moment de leur remake d’AMITYVILLE, mais ils ont directement préféré lui proposer MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE : LE COMMENCEMENT.
Jonathan Liebesman se souvient : «Faire une simple suite d’un film aussi célèbre ne me tentait pas vraiment, surtout si le principal méchant du film a finalement perdu sa capacité à être menaçant.Par contre, explorer les origines d’un mythe, découvrir les réponses aux questions que je me posais moi-même en tant que fan, était fascinant !»
Le réalisateur poursuit : «Dès notre première entrevue avec Michael,Andrew et Brad, je me suis senti totalement en accord avec leur approche. Pour moi, le coeur du film, c’était la création et la naissance de l’enfer !»
Andrew Form, producteur, ajoute : «Le remake de Marcus Nispel était remarquable, mais ce n’était qu’un remake. Sur ce film-ci, nous étions libres.Nous étions inspirés par deux films mais complètement ouverts. C’était un champ incroyable à explorer. Nous allions pouvoir découvrir ce qui se cachait sous le masque de Leatherface. Nous pourrions percer le secret des étranges relations qui unissent les différents protagonistes. Qui manipule ? Qui est le véritable instigateur de cette violence ? Pourquoi ?»
Sur ces bases, le projet prit aussitôt une autre ampleur, au point que Mike Fleiss,Kim Henkel et surtout Tobe Hooper lui-même s’investirent dans la production.
Brad Fuller commente : «L’action du film se situe en 1969, soit trois ans avant l’époque de MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE. Thomas Hewitt a perdu son travail et comme pour beaucoup, la rage et la rancoeur le rongent. Cela ne fait qu’attiser les braises de violence qui sont en lui depuis son enfance. Son oncle, déjà instable, assure l’autorité sur le village mais avec l’idée d’y faire régner sa propre loi. C’est dans cet environnement explosif qu’un groupe de gamins, euxmêmes confrontés à leurs problèmes, va arriver. Cette rencontre est l’étincelle qui va mettre le feu aux poudres. Un meurtre pour en cacher un autre, et la spirale infernale ne fait que commencer…»


Bienvenue dans la famille
  Le premier comédien engagé sur le film fut R.Lee Ermey, l’interprète de Hoyt. Il représentait le trait d’union humain le plus fort avec le film précédent, dans lequel il avait déjà interprété ce rôle.
Brad Fuller explique : «Souvent, les films d’horreur manquent de dimension psychologique parce que ceux qui les font ne se soucient pas du talent de leurs interprètes. Avec Lee, nous étions certains d’obtenir un excellent niveau de jeu et cela tirait toute la distribution vers le haut.Même s’il jouait un personnage emblématique, il devait aussi le sortir des clichés pour le montrer en tant que membre d’une famille.»
Jonathan Liebesman ajoute : «Lee apporte une dimension viscérale à son personnage. Il en fait quelqu’un de malsain, d’intense et c’est ce qui le rend passionnant. Il existe un mystère derrière cet homme et Lee incarne cela à la perfection.»
L’acteur confie : «Hoyt est un pervers maniaque aux tendances criminelles.Une fois cela dit, il faut encore composer l’homme et ne pas le réduire à ses travers. Hoyt est de loin le personnage le plus désaxé que j’aie jamais eu à jouer et j’ai pu l’explorer encore davantage. C’est lui qui manipule Thomas et va contribuer à faire de lui ce qu’il est…»
D’autres acteurs retrouvent aussi leur personnage, dont Marietta Marich dans le rôle de Luda Mae, Terrence Evans dans celui du vieux Monty ou Kathy Lamkin dans celui de la Dame au thé et, bien sûr, l’interprète de Leatherface lui-même, Andrew Bryniarski.
Jonathan Liebesman commente : «Ces comédiens ont vécu avec leurs personnages depuis des années. Ils les connaissent, les maîtrisent, et pouvoir utiliser leur expérience et leur vécu était une chance. Chacun savait exactement ce qu’il pouvait apporter pour approfondir son personnage en parfaite cohérence avec l’intrigue.» Le réalisateur poursuit : «Marietta Marich joue depuis plus de cinq décennies, elle sait ce qui renforce un personnage. C’est elle qui a proposé que Luda Mae chante pendant les séances de torture. Elle fait froid dans le dos, comme lorsqu’elle joue avec une langue en préparant le dîner… Lorsqu’une femme de son âge et aussi digne qu’elle fait ce genre de truc, vous vous en souvenez longtemps !»
La comédienne commente : «Luda Mae, mon personnage, est le pilier de cette famille. Elle est la seule à qui Hoyt, perdu dans sa mégalomanie, obéit encore de temps en temps. Lorsque je joue un rôle, j’essaie toujours de lui inventer une histoire, un parcours qui l’a conduit là où je le rencontre. C’est exactement ce que ce film me permettait de travailler par rapport au précédent, et il y avait matière à faire !»
Monty est d’une nature plus soumise. Il n’a ni conviction ni envie. Il est simplement le larbin de la famille.Terrence Evans déclare : «Mon personnage est l’un des plus innocents de cette horrible bande. Il ne fait qu’obéir et réagir.Cela ne l’empêche pas d’être un rouage essentiel de cette mécanique infernale, mais il n’est pas un moteur. On ne lui demande pas son avis. Je crois que s’il était tombé dans une autre maison, sa vie aurait pu être différente, mais pour son malheur et celui des autres, il est sous le contrôle de Hoyt. On ne peut pas rêver pire comme père de substitution…»
Le rôle de Leatherface est à lui seul un challenge. Incarner une icône est déjà impressionnant, mais interpréter un personnage ne pouvant exprimer ses émotions que par des attitudes ou des regards relève de l’exploit.
Andrew Bryniarski, qui joue Thomas «Leatherface» Hewitt, commente : «Il faut être clair. Ce type est un asocial complet. Les gens l’angoissent et cela l’a poussé à développer un type de réaction assez sanguinaire.»
Le film va nous donner l’occasion de découvrir ce qui se cache sous le masque du tueur et pourquoi il se dissimule ainsi. C’est le célèbre studio de maquillage KNB qui a conçu le masque mais pour cela, il fallait lui inventer une histoire. Andrew Form explique : «Nous découvrons pourquoi Thomas va devenir Leatherface et on les voit évoluer, lui et son masque, jusqu’à l’image que nous connaissons tous.»
L’un des aspects les plus intéressants du film concerne les étranges relations qui unissent tous les membres de cette famille. Sur le sujet, chacun avait son idée mais il a été décidé de ne pas tout éclaircir pour garder du mystère. A l’horreur qui se trame, s’ajoute l’ambiguïté de ce qui unit les complices.
Andrew Form commente : «Qui sont-ils ? Pères, frères, simples comparses, cousins ? Il existe plusieurs solutions dans chacun des cas et parfois le film donne des indices, mais les spectateurs devront se faire leur idée !»


Sur la route qui mène à la terreur
  L’arrivée d’un groupe de jeunes dans le village des Hewitt va déclencher une réaction en chaîne et porter l’horreur à un autre niveau. Ces deux frères et leurs compagnes cherchaient à prendre un peu de bon temps avant d’aller se mesurer à l’enfer du Vietnam, ils vont découvrir qu’ils sont tombés dans un endroit bien pire. Brad Fuller explique : «C’est à eux que le public s’identifie.Nous partageons leurs espoirs, leurs peurs. Nous voulions des interprètes aussi sympathiques que possible auxquels il serait facile de s’attacher.»
Jonathan Liebesman commente : «Dans un film d’horreur, le personnage que je préfère est celui qui est aussi effrayé que le public mais qui va trouver la force de se dépasser. Ce ne sont pas des héros mais des individus normaux confrontés à l’exceptionnel. Et ils réagissent en conséquence… Jordana Brewster, qui joue Chrissie, est exactement ce genre de personne.» Jordana Brewster fut la première comédienne du groupe de jeunes à être engagée. L’actrice confie : «Chrissie est la petite amie d’Eric Hill et elle en est profondément amoureuse. Même si elle a peur de le voir repartir au Vietnam, elle le soutient dans son choix. Elle est vulnérable et fragile mais elle est aussi capable de déplacer des montagnes pour ceux qu’elle aime.»
Le réalisateur reprend : «Jordana ne joue pas une belle jeune femme terrifiée. Elle réagit. Il se dégage quelque chose d’elle qui même face à la puissance de Leatherface, parvient à impressionner.»
Pour le rôle de Bailey, les cinéastes ont choisi Diora Baird. L’actrice commente : «Bailey est une jeune fille libre, belle, romantique. Elle incarne l’esprit hippie et ses aspirations de paix et d’harmonie.»
Jonathan Liebesman explique : «Bailey est très nature. Diora en fait quelqu’un de remarquablement vivant. Elle a en plus un talent pour jouer la peur et nous la faire partager.A travers elle, la terreur devient palpable. Dans toutes les scènes où elle est terrifiée, même sur le plateau, elle a réussi à nous y faire croire !»
A 21 ans, Taylor Handley était le plus jeune des comédiens du film. Sa cassette d’audition était si impressionnante que les cinéastes décidèrent de lui confier le rôle de Dean sans attendre.
Le comédien commente : «J’adore les films d’horreur. En tant que comédien, c’est toujours l’occasion de jouer des sentiments extrêmes. Il y a de l’action, du sentiment, de la peur et même de l’humour, mais toujours à plus haute dose que partout ailleurs. Chaque plan est une question de vie ou de mort ! Dean, mon personnage, est un jeune homme encore innocent. Il est romantique et artiste dans l’âme. Il sait que le Vietnam sera une épreuve dont il ne reviendra pas indemne - s’il en revient - mais il va découvrir que pour aller en enfer, il n’y a pas besoin de partir aussi loin.»
C’est Matt Bomer qui incarne Eric Hill, le grand frère de Dean. Jonathan Liebesman précise : «Il nous fallait quelqu’un qui ait à la fois une ressemblance physique avec Taylor, et qui soit immédiatement sympathique et puisse laisser filtrer dans son jeu l’expérience que le personnage a déjà des combats. Eric connaît le Vietnam et pour protéger son jeune frère, il est prêt à y retourner. Cela résume parfaitement l’individu.»
Matt Bomer explique : «Pour crédibiliser l’expérience de mon personnage, je me suis beaucoup documenté sur la guerre du Vietnam. J’ai lu des livres, vu des films et tout cela m’a nourri. L’une de mes plus grandes sources d’inspiration a aussi été R. Lee Ermey, qui fut un Marine. Nous avons beaucoup discuté et cela m’a vraiment aidé.»


Le tournage
  Sur le film de 2003, les producteurs avaient pu vérifier l’utilité d’organiser des rencontres avant le tournage entre des comédiens censés jouer un groupe. Ils ont répété l’expérience en allant plus loin.
Michael Bay se souvient : «Quelques semaines avant le début des prises de vues qui ont démarré en octobre 2005, nous avons fait en sorte que l’équipe passe beaucoup de temps ensemble. C’est un atout inestimable pour le jeu, qui permet à chacun de mieux connaître l’autre et de jouer vraiment avec un lien authentique.»
Point fort de cette approche originale, toute l’équipe de comédiens s’est longuement rendue sur le décor qui allait à nouveau servir après avoir été utilisé sur le film de 2003. Cette vieille ferme, bâtie en 1854 et abandonnée depuis les années 60, n’avait pas bougé depuis le précédent tournage.
Andrew Form se souvient : «Se retrouver là, sur les lieux mêmes de l’action du premier film qu’ils avaient tous vu avait quelque chose d’étrange. Cela provoquait des sentiments très utiles à l’appréhension du climat. Les équipes techniques n’étaient pas encore là, le lieu semblait tout simplement réel.Nous avons tous trouvé l’expérience troublante. Nous étions vraiment chez les Hewitt et ils risquaient d’arriver d’une seconde à l’autre !»
C’est au chef décorateur Marco Rubeo qu’a été confié le soin de créer l’environnement du film. Il raconte : «Nous devions être cohérents avec le film de 2003 tout en ayant une approche différente d’un point de vue visuel. Jonathan Liebesman avait sa propre vision des choses. Nous devions aussi rajeunir tous les décors déjà vus puisque l’action de ce film se déroule quelques années plus tôt.»
Le réalisateur, le chef décorateur et le directeur de la photographie, Lukas Ettlin, ont collaboré étroitement pour définir le style du film. Jonathan Liebesman explique : «J’ai choisi une approche de réalisation assez concrète, proche du documentaire. Pour l’ambiance, nos couleurs de base étaient le blanc, le bleu et le rouge. Tout est parti de l’idée d’un drapeau américain aux couleurs désaturées. Nous avons aussi incorporé des éléments ou des images qui tirent sur le sépia pour donner l’impression que le temps a passé sur ce village et cette famille.»
Le réalisateur poursuit : «C’est aussi l’histoire d’une famille qui a eu des rêves de réussite, qui a eu son rêve américain et qui a échoué. A un moment, leur vie a déraillé.»
Lukas Ettlin commente : «Plus l’histoire avance, plus le style visuel évolue.Nous commençons dans un esprit de romance et de lumière, servi par des plans larges. Peu à peu les angles de prise de vue se resserrent, l’univers s’assombrit et tout s’accélère.»
Dans la mesure du possible, MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE : LE COMMENCEMENT a été tourné dans l’ordre chronologique afin de faciliter la restitution par les comédiens de l’évolution de leurs personnages. Le tournage a donc débuté par des plans plus longs, plus calmes, pour finir dans l’excitation de l’action et de la peur.
C’est le célèbre coordinateur des cascades Kenny Bates qui a supervisé les scènes d’action les plus éprouvantes et les plus spectaculaires du film. Andrew Form se souvient : «J’ai entendu Brad essayer de dissuader les acteurs de faire certaines cascades eux-mêmes. Il leur disait que ce serait vraiment dur, réellement dangereux, qu’ils risquaient d’en sortir traumatisés et qu’en plus, il faudrait peut-être les refaire de nombreuses fois ! Malgré cela, tous étaient volontaires et ont joué le jeu. C’était un vrai plus pour le film et la densité de l’interprétation.»
Michael Bay conclut : «Je n’étais pas souvent sur le plateau mais en voyant les rushes, j’étais impressionné. Je trouve que Jonathan et toute l’équipe ont fait un film à la fois original et remarquablement efficace tout en étant un bel hommage aux films précédents. Il est rare qu’un film fasse aussi peur tout en donnant autant de clés autour d’un mythe aussi puissant…»

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