Notes de production
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Par le réalisateur Todd Field
En 2001, après avoir terminé IN THE BEDROOM, j’ai cherché à acheter les droits
d’adaptation du roman de Richard Yates, «La fenêtre panoramique». Cela n’a finalement
pas été possible à cause des héritiers des droits. Dans le livre de Yates, j’avais aimé le thème
central des deux personnages principaux, Frank et April Wheeler, qui ont beaucoup de mal
à gérer leurs identités respectives - mari, épouse, père et mère. Ils ne sont pas prêts à
abandonner leurs rêves de jeunesse pour se consacrer uniquement à leurs enfants. Cette idée
m’a peut-être intéressé parce que ces personnages étaient radicalement opposés à Matt et
Ruth Fowler, les parents de IN THE BEDROOM. En tout cas, ce sujet est resté dans
mon esprit. Je l’ai tourné et retourné sous tous les angles, sans parvenir à l’oublier.
En 2003, j’ai lu sur épreuves le nouveau roman de Tom Perrotta, «Les enfants de choeur».
J’ai été frappé par son thème central, qui me semblait être dans le même esprit que celui
de «La fenêtre panoramique», quoique Perrotta le traite d’une manière très différente. Là
où l’histoire de Yates vous laisse émotionnellement écoeuré, où l’auteur se pose comme un
Dieu impitoyable en colère, Perrotta est moins prompt à juger ses personnages. Il les dépeint
avec empathie et humour. La trame générale du livre de Tom n’est pas sans rapport avec MOTHER, et on en retrouve des indices tout au long de l’histoire. C’est évident dans la
relation entre Sarah et Lucy. Mais il y avait également des relations mère-fille moins
traditionnelles dans ce texte qui m’intéressaient tout autant.
Début 2004, j’ai rencontré Tom pour discuter de la possibilité d’adapter son roman au
cinéma. Je désirais changer certains éléments du livre. Je voulais d’abord que l’on soit
certain de ce que Ronnie a fait ou non pour être incarcéré. Pour moi, l’élément le plus
important chez ce personnage est sa relation avec sa mère. Ses pulsions, ses appétits sont des
choses dont il est très conscient, c’est évident, mais j’avais le sentiment que Ronnie pouvait
incarner une sorte d’archétype tiré d’un conte de fées des frères Grimm comme le troll sous
le pont, ou bien comme Grendel dans Beowulf. La description de Ronnie dans le roman
n’était pas compatible avec cette idée, et c’est la première chose dont Tom et moi avons parlé
lorsque nous nous sommes rencontrés. Je lui ai expliqué ce qui m’intéressait dans son roman,
pourquoi j’avais envie d’en faire un film, et je lui ai dit que je voulais pouvoir explorer les
personnages comme des archétypes évoluant dans le cadre d’une fable. Cette idée a beaucoup
plu à Tom. Il m’a dit : «J’ai déjà mon roman… Il s’agit à présent d’un film. Faisons donc le meilleur film possible !» Au printemps, nous avons commencé à travailler ensemble.
Finalement, nous avons engendré quelque chose que le spectateur pourra trouver différent
du livre de Tom. Cependant, je crois fermement que l’esprit du roman, ce qui m’a enthousiasmé
la toute première fois, se retrouve partout dans le film.
Par l'écrivain Tom Perrotta
Lorsque Todd et moi avons commencé à travailler au scénario de LITTLE CHILDREN,
notre intention fut de tirer quelque chose de neuf de ce livre plutôt que de nous contenter de
le reproduire. Pour l’écrivain que je suis, l’intérêt d’une adaptation réside précisément dans
la possibilité qui m’est offerte de réinventer mon roman avec quelqu’un, d’entraîner les
personnages et l’intrigue dans de nouvelles voies. Je me réjouissais de travailler avec un
scénariste/réalisateur aussi doué que Todd, tout en sachant, dès le départ, que nous produirions
ensemble quelque chose qui ne serait plus totalement «mien». La collaboration de deux
écrivains de styles aussi distincts ne pouvait qu’aboutir à un résultat très différent de ce que
l’un ou l’autre aurait inventé par ses seuls moyens. Le processus m’est apparu à la fois
stimulant et éclairant.
Devant la caméra
Kate Winslet (Sarah Pierce)
Née dans une famille d’acteurs, Kate Winslet débute à la télévision anglaise dès
l’âge de treize ans. Quatre ans plus tard, elle remporte son premier succès international
dans CRÉATURES CÉLESTES de Peter Jackson. En 1995, elle reçoit sa première
citation à l’Oscar pour le rôle de Madeleine Dashwood dans RAISON ET
SENTIMENTS d’Ang Lee, qui lui rapporte également une citation au Golden
Globe, le British Academy Award et le Screen Actors Guild Award.
Après avoir partagé avec Christopher Eccleston la vedette de JUDE de Michael
Winterbottom, Kate Winslet incarne Ophélie dans le HAMLET de Kenneth Branagh,
puis triomphe avec Leonardo DiCaprio dans le méga-succès de James Cameron
TITANIC, qui la consacre à travers le monde et lui rapporte une double citation
à l’Oscar et au Golden Globe pour le rôle de Rose James.
En 1997, Kate Winslet tient la vedette de MARRAKECH EXPRESS de Gillies
McKinnon. En 1998, elle partage avec Harvey Keitel l’affiche de la comédie
dramatique de Jane Campion HOLY SMOKE et interprète face à Geoffrey Rush
la jeune lingère Madeleine, confidente et inspiratrice de Sade durant sa captivité à
Charenton, dans QUILLS - LA PLUME ET LE SANG de Philip Kaufman.
Suivront au fil des années 2001-2003 : IRIS de Richard Eyre, où son interprétation
de la jeune Iris Murdoch lui rapportera une citation à l’Oscar et au Golden Globe ;
le film d’espionnage de Michael Apted ENIGMA ; le drame d’Alan Parker LA VIE
DE DAVID GALE, avec Kevin Spacey.
En 2004, c’est une nouvelle Kate Winslet qui émerge, cheveux bleus orange, pour
incarner face à Jim Carrey la fantasque et craquante Clementine d’ETERNAL
SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND de Michel Gondry, rôle qui lui vaudra
d’être citée à l’Oscar, au Golden Globe et au British Academy Award. La même
année, elle sera Sylvia Llewelyn Davies, idole et muse de James M. Barrie, dans la
biographie romancée de l’auteur de «Peter Pan» NEVERLAND.
Outre LITTLE CHILDREN, Kate Winslet sera cette année à l’affiche des FOUS
DU ROI de Steven Zaillian, une nouvelle adaptation du classique de Robert Penn
Warren «Les Fous du Roi», également interprétée par Sean Penn et Jude Law. Elle
prêtera ensuite sa voix au dessin animé SOURIS CITY puis terminera l’année avec
la comédie romantique AMOURS LONGUE DISTANCE, aux côtés de Cameron
Diaz, Jude Law et Jack Black.
Patrick Wilson(Brad Adamson)
Patrick Wilson a remporté son premier succès dans l’adaptation musicale du roman
culte de Jay McInerney «Bright Lights, Big City», qui lui a valu une citation au
Drama Desk et un Drama League Award. Après avoir eu un second Drama League
Award dans la revue musicale «Fascinatin’ Rhythm» dédiée aux standards de George
et Ira Gershwin, il triomphe dans le rôle vedette de la comédie musicale «The Full
Monty», qui lui vaut d’être sélectionné aux quatre plus grands prix d’interprétation
new-yorkais : Tony, Drama Desk, Drama League et Outer Critic’s Circle. La reprise
à Broadway de la légendaire comédie musicale de Rodgers et Hammerstein
«Oklahoma!», lui vaudra peu de temps après une seconde nomination au Tony du
meilleur acteur dans le rôle de Curly.
Né en Virginie, fils d’une chanteuse/professeur de chant et d’un présentateur vedette
régional, Patrick Wilson est licencié de la Carnegie Mellon University. Découvert
au cinéma dans LE FANTÔME DE L’OPÉRA de Joel Schumacher, il a été cité au
Golden Globe et à l’Emmy dans la mini-série de Mike Nichols «Angels in America»,
adaptée du spectacle fleuve de Tony Kushner, dont il partageait la vedette avec Meryl Streep, Al Pacino, Mary Louise Parker et Emma Thompson. Il a également
inscrit à son actif THE ALAMO, dans le rôle de William Travis, le thriller
psychologique de David Slade HARD CANDY qui fut l’un des grands succès
récents du Festival de Sundance, et, au cours des derniers mois, PURPLE VIOLETS
d’Edward Burns, avec Selma Blair et Debra Messing.
Il a fait récemment son come-back à Broadway dans la reprise de la comédie
romantique de Neil Simon «Pieds nus dans le parc», aux côtés d’Amanda Peet, Jill
Clayburgh et Tony Roberts et sous la direction de Scott Elliot.
Derrière la caméra
Todd Field (Réalisateur/Producteur/Coscénariste)
Todd Field a débuté dans le long métrage avec le drame psychologique IN THE
BEDROOM (2001), dont il cosignait également le scénario. Présenté en avant-première
à Sundance, le film a connu un succès critique international et reçu, entre autres
récompenses, cinq citations à l’Oscar (dont une au titre de meilleur film), les prix du
meilleur film de l’année décernés par le New York Times, le Wall Street Journal, New
York Magazine, The New Yorker et la Los Angeles Film Critics Association.
IN THE BEDROOM rapporta également à Todd Field : les prix du New York
Film Critics Circle (meilleur premier film), de la Chicago Film Critics Association,
de la Los Angeles Film Critics Association, du National Board of Review (réalisateur
de l’année et meilleur scénario), ainsi que l’Independent Spirit Award et une citation
au Golden Globe. Le British Film Institute décerna à Todd Field son prestigieux
Satyajit Ray Award à l’occasion du Festival de Londres, tandis que l’American Film
Institute lui attribuait son Franklin J. Schaffner Alumni Award.
Todd Field avait réalisé auparavant cinq courts métrages, dont «Nonnie & Alex»
(prix spécial du jury au Festival de Sundance 1995) «When I was a Boy», également
présenté à Sundance et dans le cadre du programme «New Directors/New Films»
de la Film Society of the Lincoln Center.
Todd Field a joué par ailleurs dans plus d’une vingtaine de films, dont EYES WIDE
SHUT de Stanley Kubrick (où il interprétait le pianiste Nick Nightingale), RUBY
IN PARADISE de Victor Nuñez.
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