A Sainte-Marie-La-Mauderne, un petit village portuaire, les habitants, autrefois de fiers pêcheurs, sont maintenant contraints de vivre des allocations gouvernementales. Au fil des chèques de prestations sociales, la fierté des villageois s'effrite et laisse place à la morosité, la torpeur et le désespoir.
Après le départ du maire vers la grande ville, Germain, un des habitants, décide de prendre les choses en main. Afin de répondre aux exigences d'une entreprise qui cherche à y implanter une petite usine, il doit attirer un médecin dans le minuscule patelin. Or qui oserait venir se perdre dans une bourgade aussi reculée ?
La grande séduction est une très bonne surprise comique. On est séduit par ces habitants d’un village rural bien comme il faut qui cherchent à tout prix à attirer un médecin chez eux pour développer le fameux village. Le film n’est pas parfait mais la gouaille des comédiens emporte l’adhésion.
Sainte-Marie-la-Mauderne, qui n’a de moderne que le nom, est un petit village, peuplé d’irréductibles Canadiens vivant en autarcie sur leur bout de terre reculé, où même la fumée des cheminées des quelques maisons exalte bien-être et volupté. Un problème vient enrayer la mécanique parfaitement huilée de ce tableau idyllique : sans médecin pour les cent vingt âmes vivantes, l’usine qui doit voir le jour et, de fait, sauver l’économie chancelante du pays, ne pourra pas s’implanter. Cela tombe bien car un jeune et séduisant docteur est condamné à passer un mois à Sainte-Marie. Commence alors pour les habitants de Sainte-Marie-la-Mauderne une mise en scène de séduction visant à le convaincre de s’établir définitivement.
Véritable phénomène au Canada, La grande séduction est une comédie très légère, sans surprise. Mais bien davantage que l’humour, parfois insistant, ce sont les valeurs du film qui séduiront le quidam qui avait déjà craqué pour Le fabuleux destin d’Amélie Poulain : naïveté de l’espèce humaine, croyances utopiques, ambiance désuète tout y est… jusqu’à la présence du nain de jardin, toujours aussi ‘gentil’, qui tend un billet chaque soir au docteur exilé, comme par enchantement. Mais le poulain s’est transformé ici en troupeau de villageois prêts à défendre leur territoire avec deux armes imparables : l’humour et la tendresse. Et ils y vont avec leurs gros sabots. Pour les nostalgiques du Petit monde de Don Camillo, l’excitation sera au rendez-vous. En effet, plane aussi dans l’air autour de Germain (Raymond Bouchard) qui s’est lui-même institué maire du village et des réunions en forme de conseils de guerre dans l’église, comme des remugles de ce cinéma de terroir cher aux acteurs d’antan. Sainte-Marie-La Mauderne est l’archétype même du film bien sous tous rapports : truffé de gags de situations, de bons mots et de nobles sentiments, les personnages soulèvent des montagnes pour prouver que dans la vie, il n’y a pas de problème mais toujours des solutions…
Le village existe vraiment, il s'agit de Harrington Harbour sur la Côte Nord du Québec. Aucune route n'y mène, la plus proche est à plus de 100 km. Le seul moyen d'accès est le bateau... une seule fois par semaine, aux beaux jours !