Dans ces lieux où on se côtoie sans jamais se rencontrer. Où la musique gère la pulsion des corps. Il danse, lui, son fiancé, le regard tourné vers lui-même. Il ne la regarde pas. Il est bien trop occupé à fondre son corps à l'hydre primordiale faite du corps des autres. Ils sont tous beaux, ils n'aspirent qu'à se reconnaître dans la beauté de l'autre.
Elle est la fille, habillée de noir. Si jeune et déjà vêtue du deuil d'elle-même. Dans les toilettes, elle prend un rasoir et entaille son poignet. C'est ainsi qu'ils se rencontrent. Désormais, elle prend sur lui le pouvoir des victimes.
Elle paiera le prix qu'il faut pour qu'il la regarde : "Par là où elle n'est pas regardable". Car c'est du regard des hommes qu'est constituée l'obscénité des femmes. Elle l'a choisi parce qu'il n'aime pas les femmes. De ce tête à tête naissent le désir et la haine meurtrière qui l'accompagne.
Quand catherine breillat va-t-elle enfin se lancer dans le porno ? sous couvert de philosophie féministe vaseuse, elle accumule les scènes voulues choc qui n’ont au final plus aucun impact. Encore un film inutile.
Un film qui ose, et qui ose tellement qu'il est emprunt d'intelligence, de poésie et de subtilités en tout genre...
Un scénario pertinent sur les rapports entre deux être dont les visions de la vie opposent...allant des croyances de la vie, à la sexualité, en passant par d'autres thèmes...
Dans la lignée de Baise Moi, avec des images parfois " chocs" mais tellement parlantes...
Ce film est un film superbe à tout point de vue. Breillat met en scène un huis clos infernal, entre deux êtres que tout oppose, de leur conception de la vie, jusqu'à leur sexualité, et qui vont malgrè tout s'apprivoiser, par le dialogue et par le corps. De là naîtra une fusion des chairs, qui ne laissera ni l'un ni l'autre indemnes, une fois l'amalgame rompue.
Les images sont crues, certes, mais les métaphores qu'elles suggèrent sont d'une poésie et d'une force implaccable.
Le style très littéraire des dialogues que certains ont jugés pompeux, sont en fait très adaptés à l'histoire, au film, qui se veut une allégorie sur les rapports entre hommes et femmes, et non une restitution de la réalité.
Derniers points, les acteurs sont formidables, et il aura fallu, j'imagine, beaucoup de force et de caractère à Amira Casar, pour interpréter son personnage, avec tant de talent. Une performance unique dans la carrière d'une actrice!