Toorop a mené bien des combats et survécu aux guerres qui ont ravagé le monde depuis le début du XXIème siècle. La mafia qui règne sur l'Europe de l'Est confie une mission délicate à ce mercenaire : convoyer de Russie jusqu'à New York une mystérieuse jeune fille prénommée Aurora pour la remettre aux mains d'un ordre religieux tout puissant.
Tout est laid dans ce navet quatre étoiles à recommander chaudement aux amateurs de ce cinéma bas de plafond. Une véritable bouse cosmique, tant et si bien qu'on finit par se demander si les frères Wachowski - capables de s'inspirer de Schopenhauer pour commettre Matrix Reloaded - n'ont pas participé à cette "galère" (le mot-clé du film, à tout point de vue). Le réalisateur a beau faire porter le chapeau à ses producteurs (des ricains méchants, pour changer), il a quand même fallu les pondre, ces dialogues. D'une bêtise rare, ils semblent avoir été écrits à la hache. Pièces à conviction: "C'est valable pour toi aussi, Gor-s-k-y"; "Vous savez qu'à New York on va tous mourir ? Bonne nuit." (éclat de rire général dans la salle 1 du Pathé d'Orléans - cinéma hors de prix et facho à ses heures. Mention bien au passage à la sympathique hôtesse de caisse). Clairement, le film lorgne du côté du Cinquième élément, du directeur de la photographie (Thierry Arbogast) à la femme parfaite (19 langues parlées à l'âge de deux ans, excusez du peu !) en passant par la douche qui parle. Babylon A.D. se permet d'emprunter une phrase culte au Parrain, avant d'oser une scène à la Blade Runner. Impardonnable, tant les modèles du film sont à chercher ailleurs: Snowboarder, pour sa poursuite en scooter des neiges, et Battlefield Earth, pour son indigence mystique. Quant aux acteurs, ils sont sinistrés: Gérard Depardieu et Charlotte Rampling en sont réduits à leurs propres caricatures, Lambert Wilson est défiguré par des costumes hideux, et Vin Diesel, acteur attachant s'il en est, se voit affublé d'une voix de racaille particulièrement insupportable. A voir entre amis, avant de reprendre le boulot, le film surpasse Snowboarder et s'en va décrocher la palme du plus gros navet récensé actuellement. Peu enclin à l'auto-dérision, Babylon A.D. aligne des scènes tellement forcées, convenues ou mal placées qu'elles en font honte. Quelques séquences d'anthologie néanmoins, parmi lesquelles un "retour rapide" dans un cerveau. Effarant.
Aïe. Aïe, aïe.
Pourtant, le livre n'est pas mauvais. Il est même excellent. Comment Dantec a-t-il pu céder les droits pour faire une bouse techno-punk pareille ? J'espère au moins qu'il a été grassement payé.
"Dieu porte-t-il des lunettes noires ?" On n'en sait rien, ce qui est sûr, c'est que Vin n'en porte pas. Oh, l'erreur !
Il est tard, il faut que j'appelle ma copine aux USA. Je laisse la parole à d'autres plus inspirés que moi pour descendre cette superproduction.
@+ les loulous
PS : à quand l'étoile blanche ?