Last days
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1 h 37
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Etats Unis
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Blake, artiste replié sur lui-même, fléchit sous le poids de la célébrité, du succès et d'un sentiment d'isolement croissant. Réfugié dans une maison au milieu des bois, il tente d'échapper à sa vie, à son entourage et à ses obligations. Il regarde, écoute, et attend la délivrance. |
Critiques des visiteurs (3 au total)
  Par : (n°19096) | Le : 19/07/2005 à 15:25:18 Critique :
| Alors qu’on s’attendait au départ à une biopic sur le légendaire Kurt Cobain (pas la peine de le présenter) filmée par le réalisateur récemment sacré de "Elephant", "Last days" ne fait finalement que s’inspirer des derniers jours de l’icône grunge. "Last days" semble être un film opportuniste. En effet, le réalisateur applique à cette histoire tout ce qui a fait le succès de son "Elephant". Visuellement, le cinéaste fait la même chose depuis son expérimental et hallucinant "Gerry" : on retrouve dans "Last days" ces plans séquences dans lesquels la caméra suit le personnage vu de dos (et qui font la marque d’ "Elephant") ou ces plans fixes, immobiles, ou la caméra semble posée, observant le peu de choses à observer (des feuillages dans le vent, une conversation…). Le réalisateur emploi aussi exactement la même structure narrative que dans "Elephant", ou les scènes s’entrecroisent et se rejoignent. Si cette réalisation est toujours du plus bel effet, elle n’est guère adaptée à ce sujet (une réalisation plus percutante, plus Rock’n roll, aurait donné un film tout autre, plus surprenant de la part du cinéaste). Gus Van Sant ne prend plus de risques et son nouveau film rappelle un peu trop le précédent. On peut même considérer cela comme de la prétention, comme si le cinéaste se contentait de refaire ce qui lui a rapporté une Palme d’or (d’ailleurs, "Last days" est aussi en compétition à Cannes), de la même façon qu’il a tenté de refaire "Will Hunting" (deux Oscar) avec le joli "A la rencontre de Forrester". Sûr de son style visuel, Van Sant fait mine d’innover, alors qu’il ne fait que refaire ce qu’il a déjà fait dans ses deux précédents films. Pourtant, son film est d’une beauté lyrique envoûtante. Lent, posé, "Last days", comme "Elephant" et surtout "Gerry", intrigue, berce, semble passer comme une hallucination. Le film est lent mais passe très vite, comme un rêve. Comme pour "Gerry" et "Elephant", on reste sonné lorsque le film est fini, un peu comme lorsqu’on se réveille. Il nous faut un petit temps d’adaptation pour retrouver notre réalité. Si le concept est quand même moins poussé que dans "Gerry" (d’où le bide du film), il fonctionne toujours, même employé pour la troisième fois de suite. L’immersion est totale.
"Last days" reprend la même thématique que celle d’ "Elephant" (folie généré par la société, qui amène au suicide, mais rien à voir avec du Paul Shrader) et traite de certains sujets similaires (jeunesse, bisexualité…), et ce dans une sorte de huit clos extérieur comme souvent chez le cinéaste. En effet, dans la plupart des films du cinéaste, l’environnement enferme les personnages, environnements qui deviennent alors des personnages à part entière ; L’Amérique dans "Elephant", le désert dans "Gerry", le motel dans le mal aimé "Psycho", quand ce n’est pas les personnages qui sont enfermés dans leur propre mentalité ("Prête à tout", "Will Hunting", "A la rencontre de Forrester", "Drugstore Cowboy"…). Dans "Last days", c’est un peu les deux : isolé (l’isolation, encore un des thèmes cher au cinéaste) dans la forêt, Blake (qu’on peut donc assimiler à Kurt Cobain) est enfermé dans son monde. Incarné par un Michael Pitt habité et complètement déchiré du début à la fin du film, le personnage de Blake n’est pas une seule fois lucide. Pas une phrase censée ne sortira de sa bouche, si ce n’est à travers le chant, notamment lorsqu’il entamera le superbe Death To Birth (je vais m’acheter la BO rien que pour ce titre !), intensément écrite et chanté par Michael Pitt, et ce en un seule plan, à la suite d’un dialogue. Le plus beau moment du film, et la plus incroyable démonstration du talent de l’acteur, déjà puissant dans ses précédents rôles. Il était déjà un rocker tourmenté dans "Hedwig and the angry inch". Ayant débuté au cinéma grâce à Gus Van Sant (on l’a vu dans "A la rencontre de Forrester") après quelques apparitions à la télé, il enchaîne "Bully" de Larry Clark, "Calculs Meurtriers" de Barbet Schroeder et "Innocents, the dreamers" de Bernardo Bertolucci. Plus discret dans "Wonderland" de James Cox, "Le livre de Jeremie" d’Asia Argento (qu’on retrouve dans "Last days") et "le Village" de M. Night Shyamalan, Michael Pitt compte déjà une prestigieuse collaboration avec de grands metteurs en scène, alors qu’il n’a encore que 25 ans. On imagine la suite. L’acteur porte "Last days" sur ses épaules, tellement dédié au personnage qu’il en devient confondant de crédibilité (et sa ressemblance avec Kurt Cobain force l’identification), évitant le ridicule qu’on pouvait craindre (un type arraché pendant une heure quarante, y’avait de quoi douter). A ses cotés, on retrouve aussi, en plus de la pour une fois discrète Asia Argento, Lukas Haas, l’inoubliable gamin de "Witness" remarqué aussi dans "Mars attacks !" de Tim Burton et "Music Box" de Costa Gavras, Ricky Jay, l’acteur fétiche de David Mamett, ou encore Karmony Korine, cinéaste indépendant, réalisateur-scénariste-acteur du film culte "Gummo" (1997), aussi réalisateur de "Julien Donkey-boy" (1999) et de clips réputés, et scénariste de "Ken Park" de Larry Clark. Mais Michael Pitt éclipse les autres personnages…
Gus Van Sant semble avoir réalisé une trilogie sur la destruction lente de l’être humain, ce à quoi on assiste dans "Gerry" (les deux hommes que le désert tue petit à petit), "Elephant" (on est le témoin impuissant de la mise en marche d’un horrible drame) et "Last days" (la mort lente du personnage). Dans "Last days", Blake est annihilé, progressivement détruit, il semble même déjà mort, tel un zombie ou un fantôme. L’ambiance fantastique qui plane sur tout le métrage ne manque pas de souligner la condition fantomatique du personnage, comme certains personnages dans "Elephant" (John et Benny ressemblaient à des anges). On pouvait s’attendre à une chronique rock, mais on a finalement un film contemplatif, pas musical du tout (la musique, assez rare dans le film, apparaît comme une lumière, aussi bien pour le spectateur que pour le personnage), qui cumule certes les tics du réalisateur (qui veut faire « auteur »), mais qui demeure d’une grande sincérité. Van Sant s’intéresse à ses sujets, et ça se voit. Il illustre celui de "Last days" avec une vision neutre, sans prendre parti, sans défendre ou critiquer quoi que ce soit…à l’image du personnage. Michael Pitt aura mit deux ans à préparer ce rôle…
Le fait que le cinéaste ne prend pas de risques (le fait que "Last day", comme "Elephant", s’inspire d’un fait réel grave mais ne l’illustre pas directement, s’ajoute au manque d’innovation du réalisateur, de même que ce dernier ne lève pas plus le voile sur le mystère de la mort du chanteur, ceci n’étant peut être pas plus mal) n’enlève en rien la puissance de "Last days", puissance abstractive et magnétique qui hypnose et fait planer le spectateur. Espérons juste que Van Sant prenne d’autre initiative pour son prochain film (ou qu’il retrouve la véracité de "Prête à tout") …
| | | Par : (n°18945) | Le : 28/05/2005 à 19:13:55 Critique :
| D'un ennuis abissal... je me suis encore plus ennuyer que pendant "Elephant", je suis retourné voir un film de cet auteur juste pour kurt Cobain, j'aurais pas du!
pour être franc, il y a juste une scène de magnifique, celle où l'acteur compose à la guitare, malheureusement, ce film est sans aucun autre intérets. et donc sans commentaites..
| | |    Par : (n°18483) | Le : 14/05/2005 à 15:59:50 Critique :
| Après Elephant et Gerry, voici le nouvel opus de Gus Van Sant. D'emblée, il s'inscrit dans la lignée de ses prédecesseurs avec cet homme que l'on voit errer dans la forêt, filmé en partie de dos, désormais patte distinctive du réalisateur. Que raconte celui-là? Et bien les 2 derniers jours de la vie d'un chanteur de rock, inspiré par Kurt Cobain. Mais attention, ici point de biographie détaillée, on a juste droit à quelques extraits de ce qu'aurait pu être ses derniers jours, rien de plus. On y voit déambuler une sorte de mort-vivant, marmonnant et visiblement déconnecté de tout ce qui l'entoure. Peu de dialogues, pas de véritable action, beaucoup de plans fixes qui prennent leur temps, le style du film est hpnotique et contemplatif. Le son est très important et très travaillé et lorsque la musique fait son apparition, l'atmosphère devient planante comme si on rentrait à l'intérieur du personnage. Le tout est très épuré (pas d'effets), cela peut irriter certainement, mais c'est assez captivant. On regrette tout de même que le personnage d'Asia Argento soit très peu présent, mais où donc est-elle passée à la fin du film??
Pour amateurs d'expériences nouvelles au cinéma, à voir forcément!! (4.5 mais on peut pas...)
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