La vie d'un grand magasin parisien, les Grandes Galeries, dirigé par un nouveau PDG, M. Lepetit, qui va chercher à rentabiliser l'entreprise en basant sa politique sur le facteur humain.
Ce premier film à l'époque de Klapisch, connu entre autres pour l'Auberge Espagnole, est un véritable régal...
Le film a été nommé aux Césars et propose une véritable tranche de vie sociale sous l'aspect ironique de l'auteur...
Nous retrouvons une brochette d'acteyrs séduisants que sont Luchini, Darroussin, Odette laure entre autres...
Ce film met sur le devant de la scène un lot de personnages dans un cadre défini : des grands magasins parisiens et de nombreux plans sur les vendeuses, des Pères Noël intérimaires, le délégué syndical ou les chefs de rayon.
Le chiffre d'affaire des Grandes Galerie bat de l'aile et les actionnaires s'inquiètent ; rayons mal répartis, personnel peu motivé, où tout le monde se croise mais personne ne se connaît...
Monsieur Lepetit, nouveau PDG plein d'enthousiasme et féru de "communication" dispose d'une année pour faire remonter les chiffres. Ce dernier, aux méthodes de management révolutionnaires prend les paris pour remonter la situation économique et motive ses troupes - une joyeuse et antipathique bande de vendeurs fainéants- à grands coups de dynamique de groupe. Il s'appuie sur une méthode de gestion moderne, privilégiant avant tout la communication à l'intérieur du groupe. Chaque employé réagit selon son tempérament personnel mais les résultats sont là : les Grandes Galeries remontent la pente.
Ce film m'a fait penser à une lecture que j'avais faite de IONESCO, du Rhinocéros. Cette pièce de théâtre illustre la pensée du film en traitant des difficultés de communiquer suite au langage. Le langage en effet n'est plus un outil de communication, mais un obstacle à celle-ci. La dérision du langage y est traitée grâce à un théâtre de l'absurde. Dans cet ouvrage, les raisonnements et dialogue tournent à vide, celci rappelle ce qui se passe dans ce film.
Ce film relève du non ajustement communicationnel dans une conversation et découle sur une communication où les gens ne se comprennent pas et donc sur des conflits.
Enfin, la question du travail et de la rentabilité dans ce film émerge derrière l'obsession d'une bonne communication pour assurer un certain entrain de vente et une meilleure image de marque.
On ne peut espérer comprendre cette crise de la communication en ignorant l'évolution du contenu matériel, relationnel et existentiel du travail, ce que font et vivent les gens quand on dit qu'ils travaillent, ainsi que de ses modes de communication et d'institutionnalisation et de ses multiples fonctions anthropologiques et sociales.
Vous l'aurez compris, ce film mérite bien ses 5 étoiles, ne le ratez surtout pas...