Le commissaire Huysmans, un flic désabusé, enquête sur les meurtres perpétrés par un tueur en série sur des prostituées et des travestis de Bruxelles.
A sa sortie de prison, Bo Ancelin - un jeune homme qui a choisi de devenir femme - balade ses incertitudes sur les trottoirs de cette ville, cherchant à obtenir les faveurs du beau Johnny dont il ne reçoit que sarcasmes et humiliations.
Les destins de ces deux hommes se croisent lorsque des amis de Bo sont, à leur tour, victimes de l'assassin. Le jeune travesti mène alors sa propre enquête pour écarter les soupçons qui pèsent sur lui.
Avant toute chose, un fait m'a interpellé dans ce film fraichement sorti sur les écrans cinématographiques : la voix de Richard Bohringer. Soit je suis un peu dur de la feuille...soit la voix rauque originelle de l'acteur devient vraiment difficilement perceptible !! J'ai dû dresser une écoute excessive pour comprendre les paroles prononcées, et ce n'était pas agréable du tout ! L'acteur serait il malade? Le son du cinéma était-il pourri ? La question reste posée en tout cas ! Bon, revenons au film peu marquant : un thriller d'une heure quarante cinq quelque peu fastidieux et aux couleurs d'une intrigue lente et répétitive. Nous sommes dans la jolie ville de Bruxelles où un jeune travelot nommé Bo est amené à témoigner contre son père pour attouchements sexuels lors de son enfance. En même temps se déroule une série de meurtres non loin de là, et Bo se trouve au centre de toutes ces attrocités. De nombreux travelots sont charcutés et assassinés, et le commissaire Huysmans veille au grain sur la culpabilité de Bo. Bo est il le tueur présumé ? L'histoire est elle plus compliquée que cela...au point de tout mélanger et s'y perdre? La question reste posée ... J'ai lu le seul avis pour le moment concernant le film, et je comprend l'optimiste de son rédacteur. Ce n'est pas un mauvais polar en lui-même, mais la banalité du sujet, et surtout, l'intrigue interminable apparaissent plus comme des aspects ennuyeux plûtot qu'un bon suspense palpitant proprement dit. En effet, le film ne cesse d'insister sur des effets de boucle sans fin : un travelo est tué...la police arrive...on croit Bo coupable...un autre meurtre arrive...même scénario ...et tout ceci dans une forme répétitive lourde et itérative . L'histoire en outre n'a rien d'exceptionnelle : une simple intrigue policière qui n'avance pas dans le monde des prostitués et des travelots et un profond manque d'innovation dans l'ensemble. Dès lors, le suspense est intéressant certes, mais reste bien critiquable ! Qui dit suspense, dit intrigue progressive et motivante, dit " tout" relativement captivant et bien mené...or, je n'ai pas vraiment trouvé d'équilibre dans ce thriller...la chaîne de liens logiques se brise à certains moments, et la fragilité l'emporte sur le reste. En revanche, la prestation des acteurs est bonne ce qui remonte mon estime. Richard Bohringer est un homme que j'ai toujours apprécié : mon suivi pour cet acteur est régulier, et il dégage un charisme extraordinaire et pesant. Dans son rôle de commissaire corrompu, il croit être sûr de ses convictions et fait un peu en somme sa propre justice. Malheureusement, son passé le rattrapera et lui fera payer sa malhonnêteté immonde. Mise à part sa voix délicate, Bohringer ici interprète une fois de plus un rôle bien sombre qui lui va comme un gant. Son regard grave et sérieux, ses paroles bien pesées et son ton subtil font de lui un acteur toujours aussi persuasif et les rôles de méchant lui vont drôlement bien. Ensuite, la performance de Bo, alias Robinson Stévenin est également très louable. Difficile de jouer le rôle d'un travesti, mais cet acteur s'intègre parfaitement bien dans la peau de son personnage, et n'hésite pas à tirer la quintessence de son talent. Quant aux autres travestis du film , leur intervention sont épisodiques, mais la encore, bien interpretée, à juste titre. Bref, " Mauvais Genre" est un thriller peu imposant par son histoire, mais qui retiendra l'attention par un bon jeu d'acteurs et par un suspense qui tient en haleine. Il subsiste cependant des répétitions et des longueurs certaines qui gachent un peu tout ce prestige... Dommage... Merci de votre attention.