Isa, vingt ans, bourlingue avec pour tout bagage son sac a dos et une "philosophie de la galère" et va de ville en ville à la recherche de petits boulots, jamais les mêmes et jamais trop longtemps. Elle arrive à Lille et rencontre Marie, vingt ans également, elle aussi fille du Nord, solitaire, comme Isa, mais sauvage, écorchée, revoltée contre sa condition sociale.
Cette tranche de vie «docu-fictionnelle», dont le cinéma français raffole et maîtrise parfaitement les règles, ne peut laisser personne indifférent. C'est un film qui vous saisi dès les premières minutes et vous noue l'estomac pour ne plus vous lâcher avant la fin.
Les personnages - ceux qu'interprètent Natacha et Elodie évidemment, et justement récompensées à Cannes pour leur travail; ceux des garçons aussi, Jo, Patrick, Grégoire - sont touchants, attachants, spontanés, justes et terriblement émouvants.
Tout ça pour dire qu'on rit quand même, qu'on pleure beaucoup, et qu'on s'attache, bon sang, qu'on s'attache à ces anges en rêvant qu'elles s'en sortent ou qu'elles s'envolent enfin. On ne croit pas si bien dire.