La Stanza del figlio
|
|
1 h 35
|
France, Italie
|
|
|

|
|
|
|
|
, , , , , , , , , , ...
|
|
|
Dans une petite ville du Nord de l'Italie, Giovanni mène une vie paisible, entouré de sa femme, Paola, et de ses deux enfants déjà adolescents : Irene, l'aînée, et Andrea, le cadet.
Giovanni est psychanalyste. Dans son cabinet qui jouxte son appartement, ses patients lui confient leurs névroses, tandis que sa vie privée est réglée par un tissu d'habitudes : lire, écouter de la musique et s'épuiser dans de longues courses à travers la ville.
Un dimanche matin, Giovanni est appelé en urgence par un patient. Il ne peut aller courir avec son fils, comme il le lui avait proposé. Andrea part plonger avec ses amis. Il ne reviendra pas. |
Critiques des visiteurs (1 au total)
    Par : (n°18665) | Le : 15/12/2004 à 13:57:27 Critique :
| Au travers de ce film, Nanni Moretti, autant réalisateur qu'acteur principal, nous livre un scénario saisissant, poignant, bouleversant, un script qui vous prend les tripes et qui instaure un profond soleil noir : la mort d'un fils au sein d'une famille unie dans l'amour parental. Ce mélodrame douloureux qui atteint des frissons de grandeur et une bonne dose de pathétisme aborde la notion de destin, de fatalité et de déchirure intérieure qui tendent vers la mélancolie la plus acerbe. Ce film qui a reçu la palme d'or à Cannes se passe au nord de l'Italie en présence d'une famille extrêmement soudée. Giovanni le père est un psychologue ( certains avis font état d'un psychanalyste...), marié à sa femme Paola, et entretient une relation d'amour familial avec ses deux enfants : Andréa le cadet et Irène sa fille ainée. Un beau dimanche, la fatalité l'emporte... Giovanni propose à son fils d'aller courir un peu avec lui, mais cette proposition est finalement annulée, en raison d'un appel urgent qui oblige le psychologue à consulter urgemment l'un de ses malades. Pendant que le père se rend au chevet de son patient, le fils Andrea décide d'aller faire de la plongée avec ses amis en mer et dès lors, l'accident arrive...un accident terrible : la mort du garçon. C'est alors que le récit passe de cette " relation" familiale très proche et unie contre toute épreuve, à un désarroi, un desespoir des plus complets, et la vie devient une épreuve cuisante à supporter à chaque instant. Le père éprouve de plus en plus de mal à effectuer son travail de psychanalyste, sa douleur empiète sur l'écoute de ses patients, et la réalisation rend très bien, et de façon très nette cet aspect. On voit cet homme en proie crescendo au mutisme, au renoncement. La blessure que vient de subir cette famille, tel échec tragique, affecte leur vie quotidienne. La liste est infinie des malheurs qui les accablent tous les jours, et tout ceci leur donne brusquement une autre vie : une vie invivable, chargée de peines, de larmes avalées ou versées, de désespoir sans partage, parfois brûlant, parfois incolore et vide. Une existence dévitalisée en somme qui, quoique parfois exaltée par l'effort que font les membres restants de la famille pour la continuer, est prête à basculer à chaque instant dans le souvenir amer, fugace, dans l'expectation brutal d'Andrea. A mes yeux, j'ai beaucoup apprécié la focalisation que tend la caméra à se fixer sur le personnage du père majoritairement. Cet homme abattu montre clairement le sentiment d'être le témoin du non sens de son Etre sans son fils; la disparition d'Andrea continue de le priver de la part la plus valable de lui même, et la morosité s'installe. Toutefois, le père qui se consume de mélancolie est en même temps le plus acharné à combattre la dimension symbolique qui l'enrobe... il essait de vivre, bien que difficilement. Je ne sais si le père rentre dans une dépression obssessionnelle mais ce point est fort probable. Blessé, incomplet, vide, Giovanni assiste à une réunion avec la tristesse et, au delà d'elle, avec cet impossible retour, plus jamais palpable, toujours ailleurs, telles les promesses du néant et de la mort. Somme toute, vous l'aurez compris, rien ne peut remplacer un être cher décédé, si ce n'est le souvenir permanent qui agite les consciences, et les rend torturées, anéanties, déchirées. Il n'y a pas de haine dans ce film, juste des humeurs implosives qui s'emmurent et tuent les personnages en cachette à petit feu, en aigreur ou presque permanente, en accès de tristesse et de mélancolie. Tout ces sentiments diffus sont renforcés par un jeu d'acteur formidable, très bien rendu et mené, et la réalisation quant à elle, laisse puissamment suggérer certaines scènes clés que je passe sous silence, mais que le cinéphile retiendra... Un très beau film à voir donc, plein de souffrances et de douleurs, plein d'émotivité et de sensibilité... un éloge à la vie et à la fatalité du néant...
| | |
|
|
|
|
|