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Irène


  Irène

  Ivan Calbérac

  1 h 38

  France

  28 juin 2002

affiche du film Irène - worldcinemag.com
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Note des membres :
  Cécile de France, Bruno Putzulu, Olivier Sitruk, Patrick Chesnais, Estelle Larrivaz, Agathe de La Boulaye, ...

  Jolie comme tout, Irène a tout pour être heureuse : un bon job, des amies amusantes et un nouvel appartement avec une vue globale sur Paris.
Mais chaque rencontre se solde par un échec : soit l'homme en question est marié et a du mal à quitter sa femme, soit il vient juste d'être muté à Tokyo, ou encore mieux, il découvre son homosexualité durant leur relation. Si bien qu'à trente ans, au grand désespoir de ses parents, Irène est toujours célibataire.

Critiques des visiteurs (1 au total)
  • Ajoutez votre critique

       Par : secretdenfance (n°18640)
    Le : 15/12/2004 à 15:18:52
    Critique :
    L'amour est un sentiment que chacun recherche dans sa vie et il n'est pas rare de voir des gens déprimés en proie à la solitude, à l'isolement, au repliement sur soi-même : la vie à deux implique en général la période du changement, des paradoxes, la réorganisation des habitudes, de la personnalité et il est préférable d'être sur avant de s'engager... Mais cette recherche du couple, à quel prix peut-on la trouver ? Comment peut-on être certain de son ou ses choix ? Amour d'un soir, amour de votre vie, amant, petit ami, chaque histoire a son histoire. Tout peut commencer dans un temps béni où l'autre est parfait, tel un complément idéal d'une vie partagée ou tout simplement, l'aventure sans lendemain accordée à ses désirs les plus poussés. C'est souvent que viennent les premières désillusions, livrées aux affres de l'incertitude et qui contrarient puissamment votre enthousiasme et vos élans amoureux. Quelle est la meilleure solution à adopter au sein d'une relation constructive ? N'est ce pas une erreur regrettable que de ne jamais rien tenter qui puisse un jour rendre heureux ? Ne faut il pas avec patience et tendresse se donner tous les moyens pour vivre au plus près de ce que l'on peut désirer ?

    Ceci m'amène à vous présenter le tout premier film d'Yvan Calbérac, « Irène » qui est en quelque sorte le remake du « journal de Bridget Jones » , mais qui est cependant bien mieux que la version américaine. Autant j'ai pu détester Bridget et la continuité du film mal dirigée, sa lenteur incommensurable, l'intimité de la femme ennuyeuse à mourir, le manque d'insistance sur les ressentis intrinsèques d'ordre psychologique, autant j'ai pu apprécier à juste titre « Irène » qui ne présente rien de plat, de vide , mais qui au contraire, met l'accent sur les émotions éprouvées de la jeune femme et qui surtout, met en scène une histoire et un scénario vraiment intéressant et rigoureux dans son traitement .

    L'histoire est la suivante : Irène est une jolie et charmante jeune femme de trente ans qui vient d'emménager au sein d'un appartement spacieux,lumineux, mais avec des murs défraîchis et en piteux état. La jeune juriste engage François, un peintre recommandé par l'une de ses amies, Sophie.
    Les jours passent, François s'applique dans la qualité de son travail en prenant quelques aises non négligeables pour faciliter son bien-être. Pendant ce temps, Irène travaille pour une grande société et son célibat lui pèse de plus en plus : elle finit par flasher un beau jour sur Luca, un employé de la boite et les aventures commencent.
    Entre un peintre très serviable et doux et Luca d'une tout autre nature, comment vont évoluer les relations envers l'un et l'autre ? Irène parviendra t'elle à se sentir moins névrosée et satisfaire son besoin d'amour, en combattant sa timidité ? C'est toute l'intrigue du film dans sa splendeur offerte pour nous, spectateurs !

    Assurément, le scénario est divinement bien tourné, trouvé et travaillé. Il arrive pleinement à concilier la magie des rêves de la jeune femme et le quotidien, le monde de ses espoirs et les aléas chimériques de chaque jour, en somme ses songes d'amour et les exigences de la dure réalité. Irène refuse de se laisser aller et s'enferme dans sa déprime, sa déception, d'autant plus devant le récit de ses deux copines qui entretiennent deux types de relations différentes : l'une purement sexuelle et l'autre se dit « célibattante » où chacun des deux partenaires possède sa propre liberté sans empiéter sur celle de l'autre. Au milieu de tout cela se trouve la jeune femme en mal d'amour devant deux garçons qui sont stéréotypés comme dans Bridget Jones : le beau gosse qu'est Luca et le gentil mais sans gêne François.

    Si l'histoire est vraiment prenante et captivante, c'est parce qu'elle nous entraîne dans un jeu de cache-cache permanent où Irène se plait à entendre ce qu'on lui dit. Elle s'évertue à croire Luca là où il n'est pas et elle reste tout de même dans le doute, à se demander pourquoi ce besoin mutuel de perpétuer une relation procure si peu de plaisir ! Sous cet aspect, le scénario propose une interrogation profonde sur l'autre, homme ou femme, tiraillé(e) par les déboires sentimentaux, par son manque de confiance en soi, et le ton du film est assez contradictoire dans son ensemble : ce dernier va d'affirmations en dénégations, de certitudes en égarements, de tous ses refrains déjà trop connus et ces fameux coups de théâtre imprévus et au final, nous assistons à un scénario qui met en scène plusieurs participants et bien des particularités qui concourent à conquérir un espace de liberté et d'amour nécessaire au bonheur partagé.

    Le plus remarquable dans ce film est la gradation des sentiments qui est subtile et montrée de différentes manières au niveau de la réalisation : on ressent pleinement l'amertume d'Irène pendant les réunions et les entrevues avec ses amies où il est question d'une certaine hantise de l'âge ( qui est surtout évoquée intrinsèquement et implicitement) et d'un débat sur la notion de couple et de l'amour.

    En outre, le contexte familial est également important dans le film : plusieurs scènes montrent clairement et avec un point d'honneur la relation difficile, éprouvante et conflictuelle que voue la bureaucrate à ses parents qui eux, manquent à leur devoir d'écoute et de compréhension véritable. Ils ne comprennent pas son célibat et les scènes de repas sont sans doute les plus corrosives et chaotiques au sein de l'intrigue même. Les parents renforcent l'intensité du désarroi de la jeune femme puisqu'au lieu de ressentir du calme, de la quiétude et un peu de sympathie, Irène rencontre les reproches, l'incompréhension, le jugement difficile et sa mélancolie ne fait que la braquer, toujours et tant plus.
    Toutefois, le découragement profond pour elle est un bon moyen pour s'assurer la solitude nécessaire afin d'approfondir son analyse sur le garçon bien aimé.
    Aucune scène en dehors de cela n'est inutile et chacune d'entre elles possède son importance capitale pour renforcer le prestige du film : la scène à retenir est sans nul doute celle du morceau musical joué par le peintre François. Cette composition classique prend les tripes, nous fait vibrer au fil des sons, des notes et le regard attendri de la jeune femme en dit long tant sur son émotion que sur ses ressentis instantanés.
    Il faut enfin préciser que la tristesse d'Irène n'est pas synonyme d'alcool, de cigarettes et autres refuges néfastes pour fuir le quotidien, contrairement à Bridget Jones. Le réalisateur a préféré utilisé d'autres moyens plus habiles et plus convaincants pour instaurer un sentiment de nostalgie obscur et il suffit de voir les petits détails de l'intrigue pour en être rassasié à souhait.

    Si le scénario s'accorde puissamment avec la réalisation, le jeu d'acteurs est également à ravir, avec un profond enchantement pour Cécile de France. Cette actrice belge joue en ce moment dans trois films respectifs - « A plus Pollux », « l'Auberge espagnole » et « Irène »- et son talent est prometteur.
    Elle joue vraiment très bien son personnage de femme déprimée et rien ne manque : ses grimaces et sa mauvaise humeur parlent d'elles-mêmes, ses regards sont enivrants et terribles, sa timidité amuse et oppresse en même temps, et nous sommes conquis par sa grâce et son charme diffus. Dans un autre style, j'ai beaucoup apprécié le rôle de Bruno Putzulu !

    Bref, entre Bridget Jones et Irène, il n'y a pas photo...Irène l'emporte 1-0 !




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