Unfaithful
|
|
2 h 05
|
Etats Unis
|
|
|

|
|
|
|
|
, , , , , , ...
|
|
|
Edward et Constance Sumner habitent dans la périphérie de New York une vaste demeure qui sent bon l'ordre et la sérénité. Ce lieu est à l'image de leur couple, si harmonieux qu'on pourrait le croire à l'abri de toute surprise.
Un jour, à New York, un vent violent pousse littéralement Connie dans les bras d'un jeune étranger, Paul Martel, négociant en livres rares. Un appel téléphonique de celui-ci, un rendez-vous obtenu à l'arraché sèment en elle la confusion. A la troisième rencontre, Connie "oublie" dans le loft de Paul un objet personnel et cède finalement à ses désirs. |
Critiques des visiteurs (1 au total)
  Par : (n°18637) | Le : 15/12/2004 à 15:15:46 Critique :
| L'amour est sans doute un thème qui depuis toujours, a fait couler l'encre auprès de nos grands écrivains, poètes, musiciens, et le cinéma a souvent tenter d'évoquer le sujet au travers de bien des situations ambiguës et de sujets variés.
Ciao regorge de témoignages sur l'amour ou sur les sentiments et l'homme ne cesse de s'interroger sur le sens de sa présence dans le monde : nous semblons tous éprouver en notre vie l'inquiétude d'une certaine mouvance des choses et des sentiments et aspirant chacun au bonheur, à la liberté, nous éprouvons chaque instant comme quelque dérisoire finitude... Sans doute que cette sorte de déception nous vient de ce que nous appelons « lassitude » et ainsi, toute espérance vient du temps et c'est le temps qui nous en fait désespérer.
Méditer sur la condition humaine et sur le film « Infidèle » de Adryan Lyne, c'est méditer sur le secret de cette déception : l'homme ( en l'occurrence dans le scénario, la femme) plongé dans le temps révolu, attendant tout du temps est désir par excellence et la question qui se pose immédiatement est de savoir si nous sommes condamnés à vivre dans le déchirement, la contradiction et ce quelque chose vers lequel nous tendons, que nous désirons, peut-on dire qu'il n'est jamais ce que nous saisissons ? Sommes nous, pauvres êtres humains, sans cesse poussés en avant par la force du désir dont la vie nous abuse ? La pensée s'interroge et ne finira jamais de se renouveler devant de telles questions pour le moins troublantes.
Méditer sur « Infidèle », c'est réfléchir à son histoire . Unis dans un amour de plénitude et de partage, et tiré par la quintessence de celui ci, Edward et Connie Summer sont un couple qui ont tout pour être heureux : leur fils Charly de huit ans, une situation professionnelle élevée pour le mari, une splendide maison de campagne située dans un coin tranquille des abords de New-York et un sentiment amoureux réciproque qui perdure dans une complicité rayonnante.
Un beau jour, une tempête se déchaîne et la puissance du vent réussit à faire chuter Connie, partie faire des courses dans les rues de Soho. Relevée par un homme au visage bohémien et charmant, négociant en livres de surcroît, la femme commence à se laisser séduire par ce certain Paul Martel et s'ensuit alors une ambiguïté notoire : prise par tant de délicates attentions, attirée par la tentation et le désir charnel du fantasme, Connie va sombrer dans le délice de la nouveauté et va dès lors mener un double jeu qui sera synonyme de parjures, d'adultères, de dissimulations quotidiennes, mais également de mauvaise conscience ainsi que de remords par moments. Méfiant et douteur, le mari Edward finit par éprouver des soupçons et engage un détective privé pour faire traquer son épouse...
Assurément, le scénario paraît captivant au premier abord, mais devant la lenteur du film et ses nombreuses longueurs pour planter le décor, on finit par se lasser rapidement et l'ennui pointe le bout de son nez. Il faut attendre près de quatre vingt minutes pour enfin entrer dans le vif du sujet et passé ce temps, on commence à apprécier puissamment l'histoire dont on suit avec intérêt et suspense le déroulement des péripéties.
Le plus intéressant sous cet aspect demeure dans son problème d'ordre éthique : Connie est tiraillée entre deux personnes de grande influence et est préoccupée en même temps par l'idée de sagesse et de désirs. Faut il voir donc dans le désir une entrave à la sagesse, au point de perturber notre relation quotidienne et notre équilibre ? Le scénario pousse la réflexion au maximum mais il est tant dommage d'assister à des dialogues relativement pauvres entre les personnages, plats, et le feu de la passion est mal retranscrit, sauf dans la réalisation et les scènes plus sulfureuses et bestiales.
Si le scénario néglige grossièrement les ressentis profonds du personnage de Paul, un séducteur qui ne semble attiré que par la « baise », il met en revanche l'accent profond sur le comportement de la femme et sur ses pensées intenses et récurrentes : à la fois espérance et insatisfaction dans son couple, promesse de fidélité et désenchantement, entreprenante vocation de partir voir ailleurs et lassitude du temps et de la répétition, la femme ne se contente pas d'avoir des besoins qu'elle doit satisfaire. Elle se laisse séduire avec méfiance au départ certes, mais on peut comprendre ensuite le rôle capital de l'imagination, sachant que l'absence donne forme au manque ; le besoin prolongé par l'imagination de son objet, de son itinéraire, de son plaisir s'appelle le désir. Le récit centre bien l'imagination de Connie qui la transporte ailleurs et fascine sa conscience et plus clairement, le charme de l'imagination, de la rencontre, la puissance magique de l'absence peuvent ressortir à une conscience coupable qui tombe en tentation.
Après une telle insistance sur le personnage de la femme et un passage rapide sur les sentiments de l'amant ( les ressentis du mari également auraient pu être bien plus montrés, autrement que par une pulsion destructrice et fatale...), on ne serait nier la notion d'adultère et d'amour originel massacré et trahi. Mais une question en amène une autre : la femme n'a t'elle pas de pouvoir sur ses désirs ? Il faut rappeler à juste titre que l'emprise des désirs est aussi vaste que celui des valeurs humaines qui sont non seulement vitales, mais aussi sociales, intellectuelles, morales, spirituelles et autres. La volonté de Connie dans ce film est faiblement efficace si elle n'est pas aiguillonnée par la pointe du désir et en terme de désir, c'est le corps qui ose et improvise. Il est le premier élan et c'est pourquoi tout le poids de l'éthique porte sur le désir et les moyens de le régler.
Mais l'histoire montre en même temps que le désir est aussi cet aspect excitant du monde qui conduit à la souffrance souvent inévitable. Les sagesses de l'instant pour les plus consciencieux expliqueraient qu'il faut réduire nos désirs à ce qui est nécessaire, au strict minimum et où est le désir sont le temps, le souci de l'avenir, la peine, l'inquiétude, la crainte !
Autre point du scénario fort important, celui du temps dirons nous destructeur. Le mari et la femme semble être épanouis et pourtant, quelque chose manque dans leur relation, le piment qui fait la différence, l'étincelle créatrice... La lassitude du quotidien, la vie de couple, l'essence du temps impliquent la douleur de l'insatisfaction, de l'inachèvement mais cette condition souffreteuse du temps est aussi ce qui fait sa généralité.
Par là, il n'y a de changement que par une rupture avec le passé et par un acte novateur et il n'y a de novation que par la peine, l'effort et la motivation. Encore une fois, nous revenons à la notion de « tentation » et l'étude du personnage féminin est fort intéressant.
Néanmoins, on aurait beaucoup aimé que le récit s'attarde largement plus sur les peurs du mari et surtout, sur la souffrance de l'amant ! Ce dernier aime t'il cette femme ? N'en est-il pas amoureux ? Peut-il la partager comme il le fait ? N'est ce pas qu'un objet sexuel pour lui ?
Le scénario reste très flou quant à ses questions et les sentiments du mari sont déjà plus explicites mais très mal menés au fil de l'intrigue et gâchés par un récit trop succinct et qui ne ménage aucunement le suspense. On s'attend aux événements prévisibles, la fin est vraiment peu recherchée et banale et on reste sur une impression très mitigée au final qui oscille entre un profond sentiment de déception et un film au sujet captivant mais mal rendu!
| | |
|
|
|
|
|