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Ecarts de conduite


  Riding in cars with boys

  Penny Marshall

  2 h 02

  Etats Unis

  24 juillet 2002

affiche du film Ecarts de conduite - worldcinemag.com
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Note des membres :
  Drew Barrymore, Steve Zahn, Adam Garcia, Brittany Murphy, James Woods, Lorraine Bracco, Rosie Perez, Sara Gilbert, Peter Facinelli, Maggie Gyllenhaal, ...

  Morgan Ward

  

  Columbia TriStar Films

  En 1965, Beverly Donofrio, une adolescente de quinze ans sûre d'elle-même, rêve de devenir romancière. Ses professeurs et sa meilleure amie, Fay, savent qu'elle en a les capacités, mais une virée avec Ray va en décider autrement... Enceinte, la jeune fille est contrainte d'épouser ce pauvre garçon. Avec cette union, ses espoirs s'effondrent et son père Leonard la rejette.
Alors que le bébé grandit et qu'elle met de l'argent de côté pour reprendre ses études, Beverly découvre que Ray se drogue et a englouti les économies du ménage. Entre lassitude et désespoir, elle ne sait plus vers qui se tourner.

Critiques des visiteurs (1 au total)
  • Ajoutez votre critique

       Par : secretdenfance (n°18597)
    Le : 15/12/2004 à 14:31:16
    Critique :
    Ah l'adolescence ! Période charnière de tout être humain où nos petits bouts de chou deviennent grands, réclament leur indépendance mais continuent à solliciter l'aide des parents pour les actes de la vie de tous les jours. Période également indispensable pour la constitution de la personnalité qui va permettre à chacun d'acquérir une identité, un rôle sexuel et une séparation avec les proches : de la distance, de la froideur, de la susceptibilité, de la vulnérabilité et tout simplement de très nombreuses variations selon les expériences antérieures de l'enfant, j'entends par là tout d'abord son éducation mais aussi ses voeux, ses aspirations, les réactions de la famille, des amis, de l'environnement ( l'école notamment).

    Il arrive parfois qu'un beau jour, le ciel nous tombe sur la tête et à quinze ou seize ans, les choix de la vie sont souvent indécis, pas toujours très clairs et le monde nous semble impossible, difficile, obscur, d'autant plus lorsqu'une fille peut tomber enceinte très jeune suite à une aventure sans nul doute trop rapide. Difficile de maîtriser pleinement sa vie en pleine adolescence avec un enfant dans les pattes, mais est ce vraiment impossible ? La vie devient elle gâchée, foutue, anéantie ou bien faut il encore garder un brin d'espoir et aller de l'avant ?

    C'est bien entendu le thème principal du nouveau film de Penny Marshall; réalisatrice de six films dont les plus célèbres " Jumpin' Jack Flash ", " Big ", " L'éveil "- qui s'intitule " Ecarts de conduite " et qui est tiré non seulement d'une histoire vraie, mais aussi d'un succès littéraire autobiographique de Beverly Donofrio. Ce film met en scène la vie chamboulée d'une jeune fille qui porte un enfant dans son ventre suite à un rapport non protégé et une précipitation certaine sans réelle réflexion.

    Nous sommes dans les années 1965 et Beverly est une jeune adolescente de quinze ans qui aspire à des rêves prometteurs : elle désire étudier le plus loin possible à la fac, se lancer dans le monde de l'écriture et bien des gens autour d'elle reconnaissent son potentiel et un certain talent encourageant.

    Lors d'une soirée où la demoiselle est ridiculisée par un footballeur imbu de sa personne, un garçon nommé Ray prend sa défense et sauve l'honneur de Beverly. Sous le charme et sous le coup de la reconnaissance, la fille fait l'amour avec son sauveur et le pire arrive : elle tombe enceinte et garde le bébé.
    Obligée d'épouser Ray, sa vie devient semblable à une sorte d'enfer cuisant : sa famille est présente mais le père accepte difficilement la situation, les espoirs d'études de Beverly sont quasiment réduits à néant et pour finir en beauté, son mari est autant alcoolique que drogué et utilise tout l'argent économisé pour acheter sa cocaïne.

    Consciente de son mal être et d'un enfant qui grandit au sein d'un foyer très délicat, elle demande à Ray de quitter la maison et elle élève Jason, son petit garçon toute seule, avec l'aide de ses parents et de sa meilleure amie, Brittany, victime elle aussi d'une petite fille à un âge très précoce pour ce genre de situation. Le temps passe, les enfants grandissent, les tuteurs également, et la vie possède des jours mornes, oppressants, pas toujours très enviables...

    Ce film avant toute chose présente plusieurs tonalités qui vont du rire aux larmes, des serrements de coeur à des moments plus joyeux, plus amusants, et l'on oscille puissamment entre compassion et jugement plus rigide, plus rigoureux et condamnable, entre un sentiment d'identification à la jeune fille et en même temps, une certaine tendance à vouloir faire culpabiliser pleinement Beverly.
    Le scénario est de très bonne facture car il met l'accent sur la personnalité du père et de la mère, sur les ressentis du bébé qui ne grandit pas dans un milieu très favorable, mais également sur le soutien des parents de l'adolescente qui veulent accomplir leur rôle familial avec force, sincérité et amour.
    Le rôle des parents, même si secondaire est très important dans ce film car le bébé devient enfant, pré-adolescent ensuite et il se plaint régulièrement de ne pas évoluer dans un cadre propice et bienfaisant à l'équilibre de celui-ci.

    Entre une mère banale et insouciante par moments, fière et bornée dans son éthique qui ramène tous à elle, mais qui va de petits boulots en petits boulots pour tenter de s'en sortir, un père qui ne trouve son salut que dans la boisson et la drogue, et un habitat peu louable et précaire, l'enfant subit la pression quotidienne des aléas de la vie et sa conduite s'explique par la bouderie, l'enfermement, l'agressivité, en somme une certaine morosité au fond de lui qui va du spleen en passant par des moments de flottement, de vide, tel un être oublié qui semble éprouver le non-sens de son existence.

    Pourtant, au niveau de la réalisation, l'ensemble n'est pas focalisé que sur l'aspect tragique et malheureux du film : nous pourrions tous nous attendre à des scènes vues sous l'échec de plusieurs personnages, en particulier celui de Beverly, mais la réalisatrice a su mêler à son scénario des moments plus apaisants, plus amusants et plus comiques pour diffuser un réalisme encore plus saisissant et d'une solennité marquante. Nous passons donc par des moments dignes d'un mélodrame pour en arriver à des faits moins douloureux, davantage légers et la réalisation se sépare en deux dans le dernier quart du film.

    Lorsque Beverly veut en effet retrouver la trace de son ancien mari pour le présenter de nouveau à son fils Jason et pour le faire signer un papier d'une importance capitale, le film se plonge dans le relation qui unit la mère à son enfant, devenu adulte. Une ellipse temporelle de plusieurs années est ainsi mise en oeuvre pour retrouver la mère arrivée à l'âge de trente ans et vingt ans pour le fils. Ces moments sont assez durs pour le spectateur car nous sentons une mère certes accomplie, mais résignée, anéantie par le poids des années, par un sentiment d'aigreur qui ne va pas sans une fierté tout à fait notoire. La femme s'est battue et en dépit de ses défauts, elle a toujours su conférer à son fils l'amour et la bravoure d'une mère dans son combat quotidien.

    Ainsi va le film dans toute sa longueur de cent trente et une minutes, un récit qui va d'instants en instants, qui ne propose rien de profondément tragique, mais simplement une continuation, une linéarité au fil de la fuite du temps et de la vie, une attente douloureuse, happée par chaque petits détails d'une vie parfois pénible, parfois riche, parfois malheureuse, mais toujours ancrée dans des rebondissements plus ou moins agréables.

    Si le coeur de la réalisation est riche et diversifié, il reste cependant des moments longs, d'une lenteur déconcertante qui lasse quelque peu.
    L'action n'est pas le point fort du film, certaines scènes sont franchement plus que banales, pour ne pas dire inutiles et l'ennui se manifeste de temps à autre. Ce genre de scènes superflues est sans doute nécessaire pour instaurer l'ambiance du film et ses petites fioritures qui font l'ensemble d'un " tout ", mais l'on ressent fort bien un manque d'énergie véritable dans l'action, et c'est à la limite de l'élégie, où les plaintes sont bien plus nombreuses que le reste.

    Enfin, le jeu d'acteurs est bien interprété et nous ressentons l'énorme potentiel de Drew Barrymore qui n'en ai pas à son premier film non plus. D'une justesse crédible et convaincante, l'actrice est émouvante, investie dans la peau de son personnage.




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