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Jay et Claire se retrouvent, chaque mercredi, dans le sous-sol d'une petite maison londonienne pour y faire l'amour. Dans cette relation passionnée, toute idée de sentiment et d'attachement est bannie. Les deux amants ne savent rien de leur vie respective jusqu'au jour où Jay va vouloir en savoir plus sur sa maîtresse. |
Critiques des visiteurs (4 au total)
  Par : (n°15899) | Le : 09/01/2005 à 04:14:23 Critique :
| Un patrice chéreau international pour un film au scénario original.
Les acteurs, tout en retenue, jouent juste et transmettent ce qu'il faut d'émotions.
La mise en scène de chéreau est plutôt convenue et "habituelle" mais ne laisse pas de place aux facilités. Une bonne surprise.
| | |   Par : (n°13544) | Le : 03/01/2005 à 16:34:32 Critique :
| Ce film est troublant, dérangeant et un peu cru. On en sort un peu dérouté mais la mise en scène des séquences charnelles est superbe et très bien réalisée, sans aucun voyeurisme ni excès. Au final, un très beau film intimiste signé par un Chéreau en grande forme.
| | |   Par : (n°7541) | Le : 15/12/2004 à 01:13:57 Critique :
| La plupart des couples démarrent sur une relation amoureuse que j'appelle d'unicité et cette relation est bien fusionnelle à mon goût. Ce film présente très rapidement la relation strictement sexuelle entre un homme, Jay et une femme, Claire, tout deux ne sachant rien l'un de l'autre. Les deux protagonistes s'envoient au septième ciel chaque mercredi durant deux heures et malgré un amour qui pourrait sonner bestial, la réalisation est on ne peut plus estimable et peu choquante. Nous parlerons au début de " baise", puis arrivent les sentiments chez Jay, des sentiments confus mais très forts : pour cela, il suit son inconnue et découvre pas à pas son identité - une comédienne de théâtre dépourvu de talent réél, Claire de son prénom. Progressivement, les sentiments de Jay deviennent de plus en plus forts et l'état amoureux s'installe des deux cotés : Claire, mariée avec deux enfants aime son mari (bien que ce soit discutable), mais aussi Jay et réciproquement : une fois de plus, nous avons une vision du désir humain qui débute par un profond désir charnel auquel semble se substituer le désir amoureux . L'acte charnel serait il un déclencheur d'un état fougueux et amoureux ou bien est ce le mystère de l'identité des deux protagonistes qui nous plonge dans un mystère obscur, et prépare un attachement affectif certain? De plus, l'indépendance sera fonction de leur capacité à répondre au besoin de solitude intérieure qui habite chacun des deux protagonistes. En allant plus loin dans l'analyse, ce terme d'indépendance doit marquer la distanciation affective et émotionnelle qui existe dans plusieurs domaines : L'indépendance affective du film : les deux personnages peuvent ils avoir des sentiments, des relations, des liens affectifs sans menacer l'autre et sans se sentir coupable de les vivre? Cette indépendance affective sera t'elle liée à une capacité de plus en plus grande à la liberté des émotions, à la libre circulation des sentiments charnels? L'indépendance sexuelle : leur plaisir, leur désir dépendent ils uniquement de l'autre? Ont ils suffisamment de croyance en leurs ressources pour ne pas lier leur plaisir (et leur sécurité sexuelle) aux seuls échanges avec un partenaire? Beaucoup de questions sont à poser sur ce film, et encore, mon analyse est bien incomplète et je passe plusieurs aspects sous silence. Ce qui me parait le plus concevable, c'est l'intrigue qui est très bien menée et qui progresse délicatement. Les deux personnages poussent la réflexion, et cela commence par Jay : pour lui, établir une relation, c'est aller plus loin que les sentiments charnels, c'est rapprocher et relier des connaissances sur la personne. C'est établir la libre circulation des écoutes dans un espace à créer, dans un temps à définir et je reste personnellement convaincu que la liberté des sentiments - quels qu'ils soient- passe par la liberté de la parole, aussi douloureuse soit elle. Les liens du coeur et du sexe ne suffisent pas à maintenir ensemble deux personnes...une communication sur les peurs et les désirs est nécessaire. Combien il serait moins douloureux de transformer certains symptômes en parole : la libre circulation des sentiments et de la parole comme signe de santé relationnelle. Seulement, et ce sera ma conclusion, peut on vivre le plus pleinement possible ses sentiments sans blesser ou aliéner ceux ou celles envers qui nous les avons ou nous ne les avons pas? Penser que le dialogue va de soi, c'est en méconnaître les constants malentendus, les pièges subtils. Plus clairement il faudrait tenter de dépasser le niveau des faits ( l'anecdote - que s'est-il passé?) pour celui des ressentis ( mon vécu, mes sentiments et mes émotions) et celui de l'imaginaire ( à quoi cela me renvoie t-il de mes peurs, de mes désirs, de mes fantasmes?), ou encore le niveau du retentissement ( comment cela résonne-t-il dans mon passé, mon histoire?). Chacun de ces niveaux est une source relationnelle, un fleuve d'échanges possibles...
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