Oui, mais...
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1 h 44
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France
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Eglantine, une adolescente de 17 ans en pleine découverte de la sexualité, est entourée d'une mère étouffante, d'un père absent et d'un petit ami trop entreprenant. Pour se libérer du poids de son enfance et de ses parents, elle décide de suivre une brève thérapie avec un psy hors du commun. Son existence va s'en trouver bouleversée. |
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   Par : (n°18812) | Le : 15/12/2004 à 18:50:58 Critique :
| Par le plus grand des hasards, je me suis rendu au cinéma et ne sachant quoi aller voir, j'ai finalement opté pour ce film dont je ne connaissais même pas l'existence.
" Oui, mais" est un film de Yves Lavandier qui retrace les ébats amoureux d'une jeune adolescente de dix sept ans, Eglantine, en proie à une mère poule dépressive, un père presque toujours absent du logis familial et un petit ami qui ne sait voir l'Amour autrement que par la baise. L'adolescente pleine d'illusions et d'esprit fougueux recherche surtout de la douceur dans ses amours, et cette dernière se sent malheureuse devant l'état de ses parents. Elle va tout d'abord consulter un psy pour sa mère, mais finalement, c'est Eglantine elle-même qui va suivre une " thérapie brève" pour essayer de reprendre sa vie et s'affirmer davantage en tant que femme et au niveau caractériel.
Ce sont bien entendu tout les rendez-vous entre la jeune demoiselle et son psy qui vont faire tout le charme du film et notamment, la façon dont la psychologie et les grandes questions complexes existentielles sur l'être humain sont abordées.
Gérard Jugnot joue à merveille le rôle du psychologue, cherchant à aider au maximum la jeune fille et les nombreuses réflexions de l'acteur sont très pertinentes et intéressantes : le film est avant tout constitué d'interrogations et d'alternatives ouvertes.
Il se veut interpellant et véhicule de bonnes maximes de morale qui tendent à soigner les névroses à plus ou moins long terme.
En outre, l'analyse de l'adolescente avec son petit ami cavaleur est très fine car cela suppose un pouvoir de se redécouvrir soi-même et parfois se découvrir tout court dans des domaines inexplorés ( l'affectivité, la sexualité, l'agressivité...) et surtout de pouvoir faire partager, comme ouvrir son coeur, se rendre accessible, dévoiler ses pensées à travers l'échange sur le vécu et le ressenti.
Un autre point qui me parait captivant se trouve chez Sebastien, le petit ami d'Eglantine. Tout deux au début de leur relation n'ont pas les mêmes désirs : la fille recherche la douceur et la stabilité pour s'offrir à son chéri tandis que Sébastien ne recherche que le sexe au début mais finira pas tomber amoureux profondément de la demoiselle.
Tout cela pour dire que devenir un être désirant, c'est prendre le risque de blesser l'autre en énonçant des désirs différents. On voit bien par là qu'affirmer son existence - profond travail qu'Eglantine entreprend sur elle -, c'est la possibilité de ne pas être piégé dans les désirs et les exigences de l'autre, ni même dans les siens d'ailleurs.
Dès lors, la question qu'il faudrait se poser est la suivante : Le difficile consensus du couple? Jusqu'où peut on aller sans faire souffrir l'autre tout en acceptant de se faire plaisir? La question reste posée. Pour les nombreuses réflexions sur le rôle de l'éducation dans ce film, nous voyons ô combien des parents malheureux : la mère déprime souvent, couve sa fille de façon trop pesante et le père travaille 70 heures par semaine et délaisse quelque peu sa famille.
Au niveau de l'interprétation, au niveau de la jeune fille mais aussi du psychiatre, il en découle deux attitudes à adopter mais qui sont toutefois à double tranchant : - Plus l'autre est désemparé, injuste, excessif dans telle ou telle situation, plus il est important de garder le contact, de ne pas se replier ou l'enfermer dans son mutisme. Cependant, il est important d'être exigeant car ce qui tue les relations familiales mais aussi sentimentales, c'est de vouloir tout excuser, tout comprendre !
Il faut garder un certain seuil d'exigence envers l'autre, envers soi-même et c'est un peu la forme de la Connaissance tout cela. Somme toute, ce film tout en psychologie et en étude sur le jeu des acteurs est une pure réussite. Le charisme et le talent de Gérard Jugnot est toujours très appréciable, la délicieuse Emilie Dequenne, alias Eglandine interprète magnifiquement son rôle et resplendit de grâce. Les acteurs secondaires sont déjà moins convaincants mais tous les personnages arrivent à instaurer un pathétisme assez saisissant et la profusion des sentiments tient bien sa place. Le réalisateur a beaucoup misé sur la réflexion même, l'étude du genre humain en prenant deux situations bien précises et l'étude que mène le psychologue au niveau des névroses est vraiment captivante d'un bout à l'autre. Et beaucoup de s'interroger sur comment assumer un équilibre entre développement personnel, liberté, indépendance, ouvertures et interactions privilégiées dans l'amour et au sein de la famille et de l'éducation. Je pense toutefois - et ce sera ma petite touche finale - que la communication ne suffit pas à elle seule pour mener pleinement une existence pacifique : il n'y a pas de changement vrai sans crises et sans souffrances . Nous savons tous qu'il y a beaucoup de crises vitales dans une relation de couple, conjugale ou autre et toutes ces grandes remises en cause des systèmes de valeurs installés sont à la fois passionnantes et périlleuses...
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