Ladder 49
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1 h 55
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Etats Unis
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Jack, un pompier, se retrouve emprisonné dans un bâtiment en feu. En attendant les secours, il se remémore sa brillante carrière. |
Critiques des visiteurs (1 au total)
 Par : (n°18055) | Le : 28/03/2005 à 01:32:47 Critique :
| "Piège de feu". Derrière ce titre débile se cache "Ladder 49" (ils auraient pu traduire par "Echelle 49", ça sonne mieux et ça fait moins con que "Piège de feu"), sorti discrètement il y a peu. Réalisé par l’inconnu Jay Russell, "Ladder 49" laissait augurer un nouveau "Backdraft", les films de pompiers étant très rares, mais il s’avère être un film puritain et opportuniste, qui profite des événements du 11 Septembre pour faire pleurer dans les chaumières dans un final insupportable et dégoulinant (la musique t’agresse pour que tu chiales). Le film débutait bien, on commence par assister à un sauvetage dans un immeuble en feu, et c’est là que le pompier Jack, joué par Joaquin Phoenix, se retrouve coincé et blessé dans ce piège de feu. Alors que ses collègues tentent de le secourir, le pompier héroïque se remémore les grands moments de son existence. Le film est donc construit en flashback. Comme Jack est un homme bien, on a le droit aux souvenirs typiques du bon américain catholique : l’embauche chez les pompiers, le bizutage, l’amitié virile, la rencontre avec la femme de sa vie, le mariage, les blagues et les soirées entre potes, la mort du collègue, l’enterrement, la naissance du gosse, le baptême du gosse, l’anniversaire du gosse (putain mais on s’en fout), l’accident du collègue, la remise en question des risques du métier, blablabla…et dans tout ça, deux ou trois petites scènes d’incendie qui nous sortent un peu de la torpeur (notamment la mort du collègue assez flippante), et des retours en temps réel entre les flashback, ou Jack tente de s’en sortir, le temps lui étant compté…Sur deux heures de film, on assiste donc à une heure et demi de flashback de la vie de notre valeureux pompier, une vie bourrée de clichés mais qui ne peut que rassurer les spectateurs américains à propos de leurs héros, les pompiers. Et oui, "Piège de feu", c’est le "Top gun" du film de pompier, tout à la gloire des pompiers, qui passent ici pour de vrais saints (le film est très puritain, je le rappelle, d'ailleurs la présence de Travolta n'y es peut être pas pour rien). Ce film ne serait sans doute pas le même sans les événements du 11 Septembre 2001 (le scénario avait été écrit avant, mais il a du être repris par la suite), il est destiné à rassurer le public et à remercier les pompiers. Il n’y a pas vraiment de ligne conductrice à l’histoire (contrairement à "Backdraft"), on assiste à une vie de pompier sans enjeux et sans intrigue. Le seul suspense, c’est de savoir si Jack sortira ou pas de ce bâtiment en feu, et ça représente moins d’une demi heure du film, car on s’en fout un peu, du reste et de la vie de Jack, même si c’est parfois amusant et pas forcement désagréable à regarder (notamment les scènes dans la caserne). A part quelques scènes assez saisissantes (le sauvetage d’un enfant, l’aspiration d’un des pompiers dans les flammes…), c’est plutôt mou, et on constate seulement qu’au début, Jack est un timide, et qu’il se la pète de plus en plus. La psychologie du personnage se résume à cela, le reste n’est que cliché…Cela dit, le film a un petit aspect sympathique à décrir le quotidien des pompiers, ça lui donne un air de chronique.
La réalisation est ratée, molle et sans impact, même dans les scènes d’action. Russell (qui réalise là son second film, le premier, avec William Hurt et Sissy Spacek, étant encore inédit chez nous) ne parvient que rarement à nous faire partager les sensations des pompiers en action, alors que ce sont les scènes les plus intéressantes du film. Dommage, y’avait du potentiel, mais le réalisateur navigue entre une caméra toute molle et une caméra à l’épaule (style pour nous faire plonger dans l’action, tu vois). Une réalisation hasardeuse et paresseuse, dont les seuls bons moments sont les plans larges sur le grand immeuble en flammes (au début et à la fin), assez effrayants et impressionnants. Les scènes à l’intérieur des bâtiments en flammes sont trop bordéliques pour être convaincantes. A trop vouloir être réalistes, ces scènes manquent d’impact, de point de vue. La photographie est pourtant réussie. Au moins, "Backdraft" avait le sens du spectacle (haaa, l’effondrement du toit à la fin, superbe) et du suspense (dans "Piège de feu", tout est téléphoné, cf l’accident du pompier black, on devine quelques secondes avant ce qui va se passer alors que c’est censé être une effet de surprise).
Quand aux acteurs, ils sont agréables, sans plus. Travolta (dans un second rôle modeste) et Phoenix sont impressionnants, à défaut de livrer de grandes performances. Par contre, on est bien contents de retrouver dans des seconds rôles les rares et sympathiques Robert Patrick (toujours sous employé mais toujours remarquable), Balthazar Getty (devenu connu grâce à son rôle culte dans "Lost Highway"), Jay Hernandez (vu dans "Torque", et qui sera bientôt Carlito dans la préquelle de "Carlito’s way" !!), le colosse Morris Chesnut (vu dans des chef d’œuvres comme "Magic baskets", "Mission : Alcatraz", "Piège à grande vitesse" ou "AnacondaS", quelle filmo !), Tim Guinee (le prêtre dans "Vampires" ou le médecin dans "Blade") ou la craquante Jacinda Barrett (la lesbienne de "Bridget Jones 2"), la vraie révélation du film (dans le rôle de la femme du héro).
Bref, un film qui en fait trop dans la surenchère émotionnelle et pas assez dans le spectacle, un film qui passe à coté de son sujet pour faire plaisir aux spectateurs. Pas catastrophique, mais bien moins impressionnant qu’un "Backdraft" et bien moins fun qu’un "Firestorm" (c’est dire)…Mais la fin est vraiment naze (elle se termine façon publicité pour l’armée !) !
Petit détail, il y a dans "Piège de feu" une scène qui rappelle beaucoup "Piège de cristal". Vous le remarquerez tout de suite…
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