A la suite d'un accident dont il a été victime dans sa jeunesse, Ramón ne peut plus bouger que la tête. "Enfermé dans son corps", il vit depuis presque trente ans prostré dans un lit. Sa seule ouverture sur le monde est la fenêtre de sa chambre à travers laquelle il "voyage" jusqu'à la mer toute proche ; cette mer qui lui a tant donné et tout repris.
Pourtant très entouré par sa famille, Ramón n'a plus qu'un seul désir : pouvoir décider de sa propre mort et terminer sa vie dans la dignité.
Alejandro Amenabar est un surdoué. Il a commencé sa carrière à 23 ans avec un excellent thriller, « Tesis », a embrayé avec le troublantissime « Abre Los Ojos », et a réussi à ne pas perdre son âme dans la production américaine de « The Others » (sans doute un des plus beaux rôles de Nicole Kidman). Amenabar change de registre et raconte un combat qui a défrayé la chronique dans son pays d’origine : celui de Ramon Sampedro, marin galicien devenu tétraplégique à la suite d’un accident de plongée, et qui a guerroyé contre la justice espagnole pour le droit de mourir dans la dignité. A partir de ce sujet casse-gueule, Amenabar réussit à éviter le « docu-drama » pesant et statique, et signe un vrai film de cinéma, porté par une invention visuelle émouvante et poétique… Mais sur le fond, son vibrant plaidoyer pour l’euthanasie manque un peu de relief : les rares contradicteurs de Sampedro ( dont un écclesiastique très caricatural ) ne sont guère passionnants, et le film reste, sur le plan intellectuel, très unidimensionnel. Bref, Amenabar prouve qu’il peut tout traiter, mais on est en droit de préférer ses sujets plus teintés de fantastiques.