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Moi, Peter Sellers


  The Life and death of Peter Sellers

  Stephen Hopkins

  2 h 08

  Etats Unis

  17 novembre 2004

affiche du film Moi, Peter Sellers - worldcinemag.com
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Note des membres :
  Geoffrey Rush, Charlize Theron, Emily Watson, John Lithgow, Miriam Margolyes, Peter Vaughan, Sonia Aquino, Stanley Tucci, Stephen Fry, Henry Goodman, Alison Steadman, Peter Gevisser, ...

  Ce film retrace l'incroyable parcours du plus délirant des comédiens britanniques qui, après avoir été l'un des animateurs radio vedettes de la BBC, s'est imposé comme l'un des plus talentueux comiques jamais connus.
Subissant la pression d'une mère plus que possessive, Peter Sellers s'est constamment battu pour trouver sa place, face aux femmes, au public... et à lui-même. Ni ses triomphes, ni ses différents mariages ne lui auront apporté la sérénité.
Moi, Peter Sellers dévoile les tourments d'un acteur charismatique qui, à force de doutes et d'humour, a su toucher le monde entier.

Critiques des visiteurs (3 au total)
  • Ajoutez votre critique

       Par : softibou (n°14486)
    Le : 06/01/2005 à 22:18:45
    Critique :
    J'ai été très déçue par ce film. Fan de Peter Sellers, je ne m'attendais déjà pas à ça du personnage. Puis j'aurais préféré voir des vrais extraits de films plutôt que de voir des scènes rejouées.
    Et en plus aucune évocation n'est faite de The Party, qui est à mon avis, la meilleure collaboration de Peter Sellers et Blake Edwards.
    C'est assez triste

       Par : skeuwyk (n°14259)
    Le : 06/01/2005 à 02:59:07
    Critique :
    C’est bien connu, les plus grands comiques sont souvent très différents dans le « civil ». « Moi, peter sellers » en est la preuve avec un portrait sans concessions d’un des plus grands acteurs comiques du cinéma, incarné à merveille par geoffrey rush.
       Par : HellJohn (n°10181)
    Le : 21/12/2004 à 00:00:59
    Critique :
    Stephen Hopkins s’est fait une spécialité des films de confrontation, ou les deux cotés se cherchent, s’épient puis s’affrontent dans un jeu de cache-cache mortel souvent sacrement bien foutu : Freddy contre les jeunes dans “Freddy 5, l’enfant du cauchemar” (toutefois un maillon faible de la saga et de sa filmo), le Predator contre Danny Glover dans “Predator 2” (petit bijou du cinema fantastique), Tommy Lee Jones contre Jeff Bridges dans “Blown away” (captivant !), Kilmer et Douglas contre le fauve dans “L’ombre et la proie” (le titre résume parfaitement le thème et le traitement favori du réalisateur), et Morgan Freeman contre Gene Hackman dans “Suspicion” (exelent remake de “Garde à vue”). On oubliera bien vite sa seule grosse production, le raté “Perdus dans l’espace” ou le réalisateur semble avoir eu très peu de liberté tant son style est absent, tant le film est vide. Aimant révéler ses personnages au fil de ces confrontations tendues dans des suspenses redoutables, on s’étonne un peu de voir Hopkins, par ailleurs aussi un des créateurs de la série “24 heures chrono” (série qui s’inscrit dans la ligné de ses autres films, avec aussi un jeu de manipulation, un ennemi caché, le thème du chasseur et de la proie, l’importance du temps...), réaliser un film qui résumerait la vie du génial Peter Sellers. Mais après tout, il va encore nous révéler un personnage, c’est juste le registre qui est complètement différent.

    Pour sa première comédie, Stephen Hopkins choisi un sujet risqué et relève donc un vrai défi : raconter en deux heures la vie de Peter Sellers (« The life and Death of Peter Sellers », titre original plus évocateur), acteur autant que personnage, une légende du cinéma. Quasiment impossible, et pourtant le film est une jolie réussite. Le tour de pass-pass, c’est le scénario (écrit à deux), qui devrait être un exemple pour toute ces biographies filmées souvent molles et fades. Un scénario qui s’attache autant à la carrière de l’acteur qu’à sa vie privée, et on se rend compte que les deux sont indissociables. Dévoilant une multitude d’anecdotes (apprenons comment Sellers a décroché son premier rôle avec culot ou ce qu’aurait pu être « La romance de la Panthère rose », dernier film de la saga dont Sellers avait écrit le scénario) , le film nous montre aussi une vie privée pas facile et un Peter Sellers aussi drôle que, il faut bien le dire, salaud, sans qu’il s’en rende compte, ce qui donne lieu à des scènes parfois effarantes (« Papa, est ce que tu nous aimes encore ? », demande le fils de Peter Sellers, qui lui répond « Oui bien sûr, mais pas autant que Sofia Loren », et ce devant sa femme). Le comportement enfantin, immature (il casse les jouets de son fils pour se venger), irresponsable (avec sa deuxième femme Britt Ekland), imprévisible (voir son pétage de plomb dans l’avion) et égoïste (il a fait beaucoup de films juste pour le fric et ne se soucie guère des autres) de Sellers est une maladie pour son entourage. Il ne se rend pas compte du mal qu’il fait, humiliant ceux qu’il aime (car il les aimes malgré tout) dans des scènes souvent fortes (notamment l’humiliation publique de Blake Edwards, sans doute véridique)…mais à quoi bon parler de Peter Sellers quand le film le fait si bien ? Il ne faut pas croire non plus que le film nous décrit un gros salaud, non. Il nous décrit un véritable personnage plus qu’un acteur, un acteur envahi par ses personnages, qui envahissent aussi son entourage (voir l’effrayante scène du déjeuner entre Peter Sellers / Dr. Folamour et sa mère Peg, qui dira finalement à son chauffeur qui lui demande si ça s’est bien passé avec son fils : « Je ne sais pas, je ne l’ai pas vu »). Sellers ne fait pas l’acteur que dans ses films, il passe sa vie à faire l’acteur. Le film le dévoile entièrement, on le voit aux chiottes ou en train de faire l’amour, on le voit parfois odieux (avec sa première femme surtout), triste, joyeux (il est comme un fou avec Sofia Loren)…En l’espace de deux heures, on sait tout ce qu’il y a à savoir de Peter Sellers. Par des subterfuges malins du scénario et des trouvailles visuelles ingénieuses, le film aborde une multitude d’autres éléments de la vie de Sellers par le biais de clins d’œil qui mettent en parallèle la vie de Sellers et ses films (par exemple, « The party » est évoqué rapidement à travers le coup du rouleau de papier). C’est aussi l’une des forces du scénario, c’est de faire constamment le lien entre la réalité et la fiction, lien qui se traduit aussi par la réalisation, en symbiose avec ce qu’elle illustre. Ainsi on passe souvent d’une scène de vie privée à une scène de tournage, et ce sans que l’on s’en aperçoive directement. Hopkins est particulièrement doué pour jouer avec la temporalité comme le prouve ce film et sa carrière. Peter Sellers vieillit devant nous progressivement, à partir de sa participation à la radio BBC jusqu’à sa dernière rencontre avec son ami Blake Edwards (superbe scène), dans laquelle il semble avoir 65 ans alors que finalement, il n’en avait que 54, l’âge de sa mort. Comme si le temps l’avait subitement rattrapé, lui qui avait toujours été un grand enfant.
    Comme dans la vie de l’acteur, le film est un savant mélange entre fiction et réalité. Les scènes de la vie privée de Peter Sellers sont parfois aussi pittoresques que des scènes de ses films (comme quand Britt Ekland lui annonce qu’elle est enceinte pendant qu’il est en train de chier).

    Geoffrey Rush est tout simplement génial et ajoute une personnalité de plus dans sa filmographie, entre le Marquis de Sade, David Helfgott (le pianiste de « Shine ») et Trotski. Il a compris le personnage et sa ressemblance est parfois frappante (son visage est d’ailleurs intégré dans de vrais scènes des films de Peter Sellers), notamment quand il est l’Inspecteur Clouseau. Ce n’est pas Rush que l’on voit à l’écran, c’est bien Peter Sellers. Il y a aussi un vrai travail d’imitation, pas seulement de Sellers (à ce niveau là, ce n’est même plus de l’imitation, c’est de l’incarnation), mais de son entourage. En effet, lorsque les proches s’adresse à la camera (donc au spectateur) et parlent de Sellers, ce n’est pas leur visage que l’on voit mais celui de Peter Sellers / Geoffrey Rush (c’est tellement bien amené qu’on ne se rend parfois pas immédiatement compte de l’échange), qui fait là un vrai travail d’imitation. L’acteur peut entrer dans n’importe quel personnage (y compris des personnages de femmes) et on n’y voit que du feu. Un choix judicieux pour incarner Peter Sellers, tout comme certaines autres idées de casting qui touchent au génie, comme Stanley Tucci en Stanley Kubrick ou John Lithgow en Blake Edwards. Si la lumineuse Charlize Theron en Britt Ekland (dont la romance avec Sellers est née d’une confusion) est un peu instrumentalisée, Emily Watson, dans le rôle d’Anne la première femme de l’acteur, est fabuleuse. Puis il y a les magnifiques interprètes de Sophia Loren et de Peg la mère de Sellers. Avec tout ces personnages attachants, cette biographie virtuose ressemble plus à une chronique, sensation accentuée par la photo (qui arrive très bien à traduire le moment, l’instant, et l’époque, ce qui fait qu’elle n’est pas toujours belle, mais toujours vrai ) et la musique légère et adaptée aux situations. Par son traitement, ce film rappelle une autre biographie éclatante, celle de Frank Abagnale filmée par Steven Spielberg, entre légèreté, vérité et gravité, avec ce traitement si ludique, si attrayant et teinté de nostalgie. Abagnale est d’ailleurs comme Sellers, un éternel enfant.
    Etrange que le jury de Cannes ait boudé ce film, le festival étant si attaché aux histoires vraies et scénarios subtils. Il a été dit que le film était trop « classique », pourtant c’est exactement le contraire. « Moi, Peter Sellers » est un film novateur aussi fou que le personnage titre. Une surprise qu’on attendait pas…


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