Sur trois continents, Mondovino met en scène les sagas de succession de tout-puissants milliardaires de Napa, Californie, les rivalités de deux dynasties aristocrates florentines, et les conflits de trois générations d'une famille bourguignonne se battant pour conserver ses quelques hectares de vigne. Mais toutes ces luttes ne sont-elles pas secondaires à ce corsaire espiègle de Bordeaux portant allègrement la bonne parole de la modernité de l'Italie à l'Argentine en passant par New York ?
Le vin a été un symbole de la civilisation occidentale pendant des millénaires. Jamais le combat pour son âme n'a été aussi féroce. Il n'y a jamais eu tant d'argent et de gloire en jeu.
Mais l'ordre de bataille n'est pas celui auquel on s'attend : locaux contre multinationale, simples paysans contre capitaines d'industrie. Dans le monde du vin, les suspects habituels ne sont jamais où on les attend.
Documentaire très critique qui s’est attiré (c’était sûrement le but recherché) les foudres de l’amicale des viticulteurs de france, mondovino montre par là que les « dessous » du monde du vin étaient bien cachés et que les viticulteurs auraient aimé qu’ils le restent.
Le vin aussi précieux que le pétrole ? Pas loin ! Tel Tintin aux pays de l'or pourpre, le réalisateur New-Yorkais, Jonathan Nossiter prend sa caméra sous le bras pour parcourir la route des vignes qui s'étire de notre Languedoc hexagonal à la lointaine Argentine, périple en forme de saga humaine, avec son empire, son business, ses collaborateurs, ses résistants. Tout commence à Agniane, petit village du Languedoc. Le nouveau maire communiste et un viticulteur récalcitrant se sont opposés vertement au rachat de leur terre par une multinationale Américaine. Une affaire qui pourrait n'être qu'anecdotique si elle n'abritait pas en son sein tous les acteurs de la scène viticole mondiale. Derrière la multinationale se cachent les Mondavi, puissante famille yankee à l'emprise unilatérale et hégémonique sur le commerce du vin. Leur appui, Michel Rolland, œnologue et consultant Français le plus recherché au monde, a tenté de faire le médiateur. C'est aussi un ami de longue date de Robert Parker, qui du fond de son maryland fait la pluie et le beau temps sur la qualité du précieux breuvage en lui mettant des notes dans des guides annuels. Ils forment un triangle consumériste et mondialiste de l'uniformisation du commerce et de la distribution et par là même de la pensée. En effet, plus qu'un film efficace sur l'histoire du vin, Jonathan Nossiter, parvient à mettre en exergue sa valeur culturelle, gustative et économique. Par le truchement d'un produit de consommation sous son visage le plus luxueux (ici on parle de Pommerol, Château Margaux, Mouton Rothschild et autres cuvées de prestige) il radioscopie un phénomène historique et culturel qui prend rapidement un goût bouchonné d'affairisme monétaire. Entre amour de la substance (à travers notamment le savoureux Hubert de Montille et sa fille) et mise en lumière d'un système unique sous la coupe du diptyque Rolland/Parker, le réalisateur trace un portrait plutôt juste de la société de consommation. Il évite toutefois un manichéisme de bon ton. Sous l'œil de sa caméra, parfois un peu trop chaotique, les vrais passionnés et les faux tirants s'expriment librement tandis que leurs chiens se moquent allégrement de tout ce petit monde. Jonathan Nassiter n'a pas oublié de poser ce grand cru du documentaire sur un lit d'humour. C'est aussi ce qui fait son charme !
Une caméra qui se promène dans toutes sortes d'exploitations de vin, les petites comme les grandes...
On rencontre différents producteurs avec leurs méthodes particulières, leur fabrication propre, avec tout ce que cela peut engendrer derrière : l'argent, la tradition, la passion du métier, le capitalisme...