Yeo-Jin n'a pas encore vingt ans ; elle vit avec son père veuf. Sa meilleure amie, Jae-Young, est prostituée. Yeo-Jin lui sert pour ainsi dire de manager - elle fait le tri des clients et veille à ce qu'il paient leur dû. Un jour, Jae-Young s'amourache de l'un d'eux et lui donne rendez-vous pour un dîner à trois. Yeo-Jin se fâche de cet excès d'intimité et Jae-Young annule le rendez-vous. Peu de temps après, Yeo-Jin commet une faute aux conséquences funestes. Elle fait comme d'habitude le guet lorsque Jae-Young disparaît dans le motel avec un homme. Cette fois-ci, Yeo-Jin n'a toutefois pas remarqué les policiers qui traquent les prostituées mineures.
Après avoir pris la mesure du cinéma HK au niveau polar, les coréens s’attaquent (ce n’est évidemment pas le but...) au social « à la japonaise ». Et quand c’est kim ki-duk qui s’y colle, ça ne peut que faire mouche. Sa caractéristique froideur peut rebuter mais ce serait dommage de se priver de ce Samaria pour si peu.
Sur un théme assez glauque et dérangeant (la prostitution d'adolescentes), Kim Ki-Duk évite le voyeurisme qui mettrait mal à l'aise le spectateur. Il y a un grand contraste entre les réactions irrationnelles de la fille (dont les sentiments coupables lui font faire des actes incompréhensibles mais d'une grande humanité) et celles rationnelles du père (dont le désir de vengeance le pousse à commettre des actes répréhensibles mais compréhensibles). Le ton est mélancolique et contemplatif, le film prend son temps. On est ému, on ne sait plus quelle position adopter à la fin (difficile de juger). C'est encore une fois une belle réussite du cinéma coréen.