Au commencement était la Palestine, et commençait l'histoire de Younès, dit Abou Salem, dit l'Homme, dit le père d'Ibrahim, combattant les Anglais à 16 ans, combattant depuis toujours, mais retranché au Liban, et clandestin dans son propre pays. Commençait aussi l'histoire de Nahila, sa femme mariée à lui à 12 ans, qui allaitera leur premier-né lors des marches épuisantes des villageois en route pour le Nord, fuyant leurs maisons incendiées. Celle aussi du père de Younès, Cheik Ibrahim, le vieil aveugle qui connaissait la place du soleil en respirant les arbres le long des chemins de l'exil. C'est aussi l'histoire du docteur Khalil, abandonné par sa mère dans le désordre des camps, et celle de Chams que Khalil aimait, et qui fut exécutée par ses compagnons d'armes.
Une fresque palestinienne qui aurait quasiment pu faire l’objet d’une trilogie (4h30 !). L’avantage est que le roman d’origine peut être traité plus en profondeur et donc plus fidèlement. A voir, même en plusieurs fois.
Un film sur le devenir, l'ampleur future, et la destinée du peuple palestinien, où le mot d'ordre du film se greffe autant dans le jeu de réalisation, divisé en deux parties complétementaires, que dans un scénario, amené, inspiré et ficellé.
Incontestablement, un film à voir et se forger son opinion ensuite...