Critiques des visiteurs sur Nobody knows (4 au total)
   Par : (n°14916) | Le : 08/01/2005 à 00:33:18 Critique :
| Un film très beau mais aussi très dur, qui met un avant uine histoire vraie qui fait froid dans le dos. CE film met aussi l'inconsistance de certains adultes face à leur devoir de parent. Au final un bon film, mais qui parfois difficile.
| | |     Par : (n°14513) | Le : 07/01/2005 à 01:16:33 Critique :
| Un drame social comme seuls les japonais savent les faire. C’est touchant, triste mais avec son petit lot de situations cocasses qui font sourire. Les jeunes acteurs sont très crédibles et servent cette histoire à merveille.
| | |    Par : (n°13452) | Le : 03/01/2005 à 13:34:34 Critique :
| Un film touchant, délicat et très intimiste. Une histoire très dure mais inspirée d'un triste fait réel "l'affaire des quatre enfants abandonnés de Nishi-Sugamo". On ne peut qu'être bouleverssé par cette tragédie réalisée à la manière d'un documentaire. Un film qui vous remue de l'intérieur, à voir absolument.
| | |     Par : (n°7139) | Le : 14/12/2004 à 14:22:31 Critique :
| L’heure est au temps du comment de l’éducation, de quelle manière, avec quelle aide, quels contacts et nous n’avons jamais autant parlé de la nécessaire évolution des relations entre parents, enfants et professionnels… Cela implique de la prévention dans la protection de l’enfance et ce film n’a d’autre ambition que celle d’interpeller, d’une part, à la négligence et l’insouciance d’une mère en proie à son immatûrité, et de signaler, d’autre part, dans le cadre des relations parents-enfants-professionnels, les possibles pistes d’adaptation et d’amélioration du dispositif de prévention.
Ce long film tragique japonais de 2h21, proposé par Kore-eda Hirokazu, nous dévoile une sombre histoire familiale, celle d’une mère qui finit par abandonner ses enfants, et les laisse livrés à eux-mêmes. « Nobody Knows » ou « Personne ne sait » et effectivement, personne ne sait ce drame éducatif qui est en train de se dérouler, ni les gens de l’HLM, ni les gens de l’extérieur…
L’histoire… Nous sommes à Tokyo où une jeune femme et son fils ainé débarquent pour venir habiter un appartement… Tout deux se présentent devant les propriétaires du logement, et le tour est joué pour émménager…
Dans le même temps, autre plan, des cartons à défaire et à monter… Dans trois de ses cartons, trois enfants encore vivants, progéniture de cette jeune femme… Une petite fille de 4 ou 5 ans, une autre d’environ 10-11 ans, et le petit frère de 6 ans dirons nous…
Les consignes sont claires : ne pas faire de bruit, vivre dans ce deux pièces exigus, ne pas se mettre à la fenêtre pour éviter d’être repéré, et bien entendu, aucune sortie extérieure, pas d’école, de lien social, pas d’échange… Ah si, la plus grande fille est autorisée à faire la lessive, sur le balçon…
Seul le fils aîné officiellement présenté se chargera de faire les courses, de jouer le chef de famille, lorsque maman sera amenée à s’absenter, un peu trop souvent par ailleurs…
On la devine au départ partie pour raison professionnelle, et on se rend vite compte que cet argent envoyé de temps à autre n’est pas sans raison… Elle « abandonne » ses enfants, sinon mentalement, du moins, physiquement…
Ainsi s’opère le quotidien de ces jeunes enfants, nourri par le nouveau chef de famille âgé de 12 ans, Akira, vaillant, brave et de surcroît réaliste quant au sort qui lui est réservé, ainsi que ses frères et sœurs…
Il s’improvise donc veilleur du bien être des autres, s’occupe des courses, des repas, de la toilette, de l’argent restant…
Le scénario de ce film est douloureux, indigeste, incisif : on entre dans le cœur et les tripes des personnages qui à défaut, d’exprimer leur ras-le-bol de vive voix, le font par gestes, par regards, toutes et tous murés dans leur solitude, capturé dans un deux-pièces entre quelques jouets, linges, et immondices qui s’accumulent…
Une histoire bien glauque, ponctuée par le rythme des saisons, telle une dégradation qui n’en finit pas de toucher, de s’appesantir sur le sort des gamins, bientôt rejoints par le mutisme et le renoncement, en touche finale pour le vol, la manche alimentaire…
Scénario étudié encore pour montrer cette détresse intérieure, comme s’ils ne s’agissaient plus d’êtres humains, mais de fantômes inconnus de l’état civil et des services sociaux. Ne parlons pas de l’école…la mère leur a clairement expliqué l’inutilité de cette drôle de structure !
La réalisation se concentre sur le quotidien misérable des gamins et beaucoup d’endroits récurrents viennent danser dans l’œil de la caméra : tout d’abord, ces escaliers que l’on monte et que l’on redescend pour revenir dans cette prison cloîtrée, ces lieux sur l’école, synonyme d’envie d’y être et d’impossibilité, ce balçon trop souvent pris pour cible pour mieux montrer l’appel du dehors, ce magasin si souvent fréquenté, ces employés compatissants… Tant de lieux, le drame est devant la caméra à tout instant…
Puis un jour, les enfants décident de gagner la liberté, jours printaniers se succèdent, et le sourire s’affiche enfin…un peu moins timidement, comme la quintessence d’une libération enfin atteinte.
L’aîné finira par tomber sur des jeunes de son âge, se lient d’amitié avec eux… Ces loustics viennent squatter dans l’appartement, sans réélle considération, apportant leur console de jeux et s’éclatant au maximum.
Les saisons passent, triste noël solitaire, déchéance officieuse de l’autorité parentale…
Cette réalisation qui percute de plein fouet au détour d’une négligeance vestimentaire, de l’électricité, du gaz et de l’eau coupés, d’un corps inerte suite à un accident domestique, d’un avion qui passe dans la nuit, au dessus du corps mis sous terre…
Il faut préciser que la portée tragique de ce film montre aussi l’autre côté du miroir, à savoir qu’un enfant, porté par le poids des carences éducatives, peut aussi réagir par lui-même, et sentir en lui pousser des ailes inconnus ! La réalisation distille aussi tous ces passages où l’on sent cet esprit de solidarité, de chaleur humaine entre cette fratrie, et la cruauté des scènes laisse parfois place à un sentiment plus léger, plus chaud, plus sécurisant…
Je crois au pari de la résilience dans ce film et du bien être que l’on peut apporter, afin que le jeune puisse retrouver un sourire, et cela, à bien des niveaux.
Si les conséquences des carences éducatives sur les victimes doivent évidemment animer les actions des intervenants (inexistants dans le film, sauf peut être la présence d’une adolescente solitaire qui se manifeste de temps à autre ) et remuer le public , il ne faut pas sous estimer également les capacités de digestion, de récupération et de transformation de ces enfants, pour peu qu'ils disposent d'un bagage psychologique et affectif suffisant, du soutien de l'entourage et d'une capacité à parler de ce qu'ils ont subi et à être entendus, y compris par la justice. Cette " résilience" naturelle peut et doit être soutenue, voire induite par un maximum de personnes que les victimes rencontrent, en particulier quand l'aide de la famille est défaillante. Il vaut mieux faire le pari de l'existence de capacités de restauration et les soutenir ; il sera toujours temps de constater qu'elles sont insuffisantes chez certains !
On dira sûrement que mon dernier paragraphe est utopique, compte tenu des relations sociales nulles au cours du film… Mais il est peut être préférable encore d’avoir une mère absente qu’une mère violente…
Dans le cadre de mon travail, je rencontre des contextes atroces, allant des viols, à l’inceste, en passant par des attouchements sexuels, ou des situations de milieu carcéral…et je me dis qu’il faut se méfier des dépressions qui dorment. Ainsi sait on que des dépressions dans l'enfance occasionnent à l'adolescence un risque de comportements antisociaux et agressifs multiplié par 10 par rapport à ceux qui n'ont pas été déprimés. On sait aussi que de nombreuses dépressions passent inaperçues du fait de leurs manifestations trompeuses : échec scolaire, provocations et indiscipline, errance et fugues, prise de risques....et que, faute d'être identifiées, elles ne sont pas soignées et donnent lieu à des réponses éducatives inadéquates.
Il me reste à dire quelques mots sur le jeu des acteurs, ébouissants… Prix d'Interprétation Masculine au festival de Cannes à 14 ans pour le jeune garçon, Yagira Yuuya, qui endosse avec brio la qualité de son personnage désorienté ( Akira ).
Kitaura Ayu est assez convaincante dans le rôle de la mère, et finit par agacer, tant dans sa voix crispante que dans ses propos tenus… Le personnage est irresponsable, l’actrice est touchante…
Les enfants jouent bien, la tristesse se lit sur leur visage, rien n’est dit ou exprimé, tout est douleur au fond d’eux…
Somme toute, si la séparation ne doit pas constituer une fin en soi entre l’enfant et sa mère, il en va autrement lorsque la mère abandonne physiquement ses enfants… Ce film met en jeu des systèmes de valeurs et de représentations, des modèles et des pratiques qui peuvent diffèrer, voire s’opposer par rapport à une éducation dite normale, du moins suffisamment équilibrée pour permettre un bagage psychologique et affectif louable.
Cet état de fait dans ce film, cette réalisation discrête et intense, créent un important décalage, qui renforce l’incompréhension réciproque, entre les attentes des enfants et les pratiques de la mère… On se trouve ainsi face à des parents démissionnaires : les pères se sont envolés dans la nature et la mère s’éclipse on ne sait où, pour ne plus revenir.
Un traumatisme de la séparation se crée automatiquement et le film dévoile l’absence des pères dans le cadre de l’exercice parental… Certaines situations montrant qu’ils ne sont vus que dans les moments de crise…
Ainsi, le manque d’argent vient à gagner les enfants au foyer, et un faisceau de difficultés sur le plan économique et social apparaîssent de plus en plus. Situation de précarité, problèmes de l’inconfort du logement, insalubrité, surpopulation…et mort d’un être…
« Le film tout entier est un songe claustro hanté par une fatalité lancinante » .
| | |
|
Postez votre critique
Pour poster une critique vous devez être inscrit ou connecté en tant que membre Worldcinemag.com (gratuit).
Si vous avez déjà un compte connectez-vous ci-dessous :
Si vous avez un compte, mais vous avez oublié vos identifiants :
Si vous n'êtes pas encore membre, vous pouvez vous inscrire ci-dessous (gratuit) :
|
|
|
|
|
|