Critiques :
Parle avec elle
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Critiques des visiteurs sur Parle avec elle (7 au total)
    Par : (n°15984) | Le : 09/01/2005 à 06:27:34 Critique :
| Après quelques réalisations mineures (mais de qualité) dans sa filmographie, pedro alomodovar a mis tout le monde d'accord avec ce sublime "parle avec elle", maginfique hymne à l'amour.
Le jeu des comédiens est déconcertant de sincérité et la réalisation toujours soignée du cinéaste espagnole amène une émotion sincère. Un très grand film.
| | |    Par : (n°15163) | Le : 08/01/2005 à 13:36:25 Critique :
| Encore une superbe réalisation de Pedro Almodovar. Beaucoup plus soft au niveau des décors que les précédents films. L’histoire est très touchante, c’est très beau. Au départ ça ne m’intéressait pas et dès que j’ai commencé à le visionner, je me suis laissée porter et la magie a encore opéré.
| | |     Par : (n°13473) | Le : 03/01/2005 à 14:10:37 Critique :
| Un film superbe, véritable chef-d'oeuvre du maître Almodovar. Un film tout en douceur, intimiste, boulverssant et terriblement émouvant. Le propos est toujours juste, sans jamais sombrer dans la facilité du mélodrame pompeux et pleurnichard. Une oeuvre très personnelle qui ne laissera personne insensible. Bravo.
| | |     Par : (n°12649) | Le : 28/12/2004 à 14:56:31 Critique :
| Almodovar genre un peu de registre avec ce film en abandonnant les comédies rythmées pour le genre plus émouvant et plus doux.
Tous les sujets dramatiques qui lui tiennent à coeur sont ici passés au crible, toutes les émotions sont magnifiquement montrés et cela grâce à des acteurs et actrices épatants.
| | |     Par : (n°12430) | Le : 27/12/2004 à 17:50:08 Critique :
| Du très grand Almodovar, sur une histoire poignante il créé des personnages très travaillés. Bref c'est là un vrai trait de génie!!! Bravo!!!
| | |     Par : (n°9313) | Le : 18/12/2004 à 14:35:56 Critique :
| Pour faire plus court : Ce film est une merveille !!!Un chef-d'oeuvre!! Merci Pedro!!
| | |     Par : (n°7492) | Le : 14/12/2004 à 23:59:32 Critique :
| Quatorzième film du très grand Pedro Almodovar et qualifié selon les critiques comme le meilleur du réalisateur , « Parle avec elle » est à l'affiche depuis plusieurs semaines et marche avec un succès notoire et réjouissant.
Après « Matador », « Talons aiguille », « En chair et en os », « Tout sur ma mère » et bien d'autres, Almodovar nous présente ici un mélodrame saisissant qui atteint des frissons de grandeur et qui fait la beauté de ces récits.
L'histoire se caractérise par la superposition de deux intrigues qui toutefois, s'imbriquent l'une dans l'autre.
Marco est un journaliste qui travaille à son compte personnel et devant sa télévision, il suit avec attention l'interview d'une toréador , Lydia. Il s'intéresse à cette jeune femme et décide de la trouver et lui parler afin d'en savoir un peu plus : cette dernière s'avère réticente dans un premier temps, mais finalement, se laisse dirons nous « dompter » . Les jours passent, une idylle amoureuse se crée entre les deux protagonistes et l'incident arrive : Lydia est encornée par un taureau et rentre dans un profond et long sommeil, celui du coma, celui de la frontière entre la vie et la mort ?
Au fil du récit s'intercale l'histoire de Benigno et Alicia. L'homme est un infirmier qui habite un immeuble dont les fenêtres donnent sur une salle où peuplent des danseuses et ce dernier espionne Alicia, une belle et prometteuse jeune fille, pleine de grâce et de charme. Un jour, la demoiselle perd son porte-monnaie dans la rue et Benigno en profite pour le lui faire remarquer et la raccompagne à sa grille d'entrée. Le hasard de la vie fait qu'Alicia va subir un accident de voiture, se retrouver dans le coma et arriver dans l'hôpital où exerce l'infirmier en question. Très épris d'elle, il va s'en occuper avec soin et délicatesse ?
Au travers de ces deux principales histoires , Marco et Benigno ( qui deviendront deux grands amis ) se rencontrent initialement à une représentation de ballet et ensuite à l'hôpital pour leur amoureuse respective. Autant l'infirmier parle à Alicia, tel un dialogue qui se transforme en monologue, autant Marco en est incapable et se réfugie dans le silence le plus glacial : les deux perspectives de croyance s'opposent de façon criante et si l'on pouvait résumer le thème clé de ce film, ce serait de dire que c'est en perdant le contact avec les mots qu'on perd le contact avec les êtres.
Tout d'abord, il faut vraiment voir ce film en tant que mélodrame, détails associés : l'incipit commence par une chorégraphie tributaire à la solitude ? les danseuses de ballet semblent se rendre absentes à elles-mêmes, en pleine concentration de méditation, d'inspiration et leur action exige le silence ? pour finir en fin de film sur l'image symbolique du couple, une image d'une dimension plutôt heureuse et pleine d'espérances.
La grâce de ces danseuses relève de la physiologie : leur corps est leur pensée, leur pensée est leur corps et nous entrons dans un sentiment de lyrisme qui ne peut laisser de marbre et qui saisit l'attention du regard au moindre mouvement.
Pour continuer, il faut savoir que ce film repose sur des faits réel que l'auteur a pu voir, entendre, vivre et la similitude entre les deux histoires se distingue toutefois selon le contexte en vigueur : Lydia fait partie du milieu de la tauromachie, un milieu d'une tendance nettement violente et brusque ( également symbolisé par les habitudes de l'habillage ) tandis qu ? Alicia est intégrée dans un monde et un art plus calme, plus serein et d'une quiétude infinie, celui de la danse et des mouvements gracieux et échappatoires.
Ainsi, ce mélodrame possède une visée didactique : réanimer une poésie d'apparence classique pour rendre au public la familiarité avec les images, les gestes, les harmonies que cette poésie véhicule, ce qui s'appelle la culture locale. Poésie du présent, poésie à plusieurs langages et le réalisateur s'empare du pouvoir de la poésie pour mieux transmettre sa parole et son message, notamment l'importance que donne la poésie à certains gestes mesurés, l'emprise d'un « tout » sur la sensibilité par le rythme, la suggestion des images.
En outre, Almodovar ne se contente pas d'évoquer ces fameux rituels caractéristiques, il interpelle également le public par des effets d'intertextualité au sein même de son récit : par là, il inclut à l'intérieur de son film des morceaux du film muet « l'amant qui rétrécissait » et la version de « Cucurrucucu » au sein même du songe de Marco pendant le concert de Caetano Veloso.
Pour revenir aux sentiments des personnages, Marco observe sa bien aimée ancré dans ce profond sommeil béni par le silence de la mort éventuelle, et l'on s'identifie pleinement à cet homme qui se trouve avec toute son âme plongé dans le purgatoire du doute, tel un anéantissement de l'esprit toujours en quête du petit espoir . Il attend, est aux aguets et il n'empêche que le malheur ou le bonheur vient le surprendre là où il ne s'y attendait pas, car si la présence de l'aimée produit vraiment de la joie, c'est au moment où elle se double du souvenir ou de la menace, d'une absence, que les serrements de c'ur prennent le dessus et le message principal de ce film est la communication et le maintient de celle ci. L'illusion serait de croire que l'amour tient tout seul, par ses propres forces ; et fait tenir la relation. Il ne tient que par la vigilance, l'aide éclairée des amoureux et le partage même au delà de la vie consciente.
Ainsi, la nostalgie exprime le rêve éperdu d'un ailleurs paradisiaque toujours déjà perdu et Marco ne peut que tricher avec le temps, ne plus rien en attendre lorsqu'il se glisse dans les sombres délices de la mélancolie. Les retours en arrière dans le film nous montre bien les ressentis de l'homme qui retourne de l'autre côté, dans le monde silencieux du souvenir et son attente ? malgré la présence de son ami Benigno- apparaît marquée par la solitude et la discorde. Le présent pour lui n'est qu'une ombre du passé et il continue de croire en cette illusion de réalité qui sortirait Lydia du coma : la plus belle et la plus poétique des attentes devant la mort s'achève ainsi sur l'annonce d'un nouveau départ, celui de la renaissance, de l'acceptation du caractère de finitude de toute vie. On pourrait même dire que la mort renvoie au sacré de la vie et que la vie impose de vivre le présent, au milieu des vivants, mais aussi des endormis : le sens de la vie ne peut-être donné sous cet aspect que par une personne qui en est privé.
En ce qui concerne Benigno, il croit puissamment au pouvoir de la communication pour ramener l'être endormi et essaie tant bien que mal de convaincre son ami Marco. La vision principale de l'infirmier est que l'on se mettre à être en devenant présent à sa propre vie et à la vie de l'autre, pour que le temps se mette à changer d'allure.
Il s'en dégage une véritable réflexion sur le temps de l'horloge et le temps de la conscience : le temps, on le sait, apparaît souvent comme un mangeur de vie, mais en réalité, c'est nous qui sommes en fuite parce que nous sommes presque toujours dans le regret du passé et dans la crainte de l'avenir . Le temps est tout simplement ce que nous sommes et en rentrant dans le temps de soi-même, on se donne à soi et aux autres. Ce que la mort réalise, le temps ne l'éprouve ni ne le recueille et l'on sait qu'il ne respecte rien de ce qu'on a fait sans lui. S'il est une longue patience, il en est de même de l'amour ( à titre posthume ou non) et c'est bien le sentiment et la communication qui conquièrent le génie et l'amour durable et permanent. D'où le sentiment contradictoire qu'à l'homme à la fois du caractère fatal du temps et de la nécessité de bien l'employer : c'est là la double angoisse qui caractérise la vie humaine, angoisse devant le sort qui le domine et devant la libre initiative que chacun peut employer devant la mort proche.
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