Critiques :
L'Ivresse du pouvoir
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Critiques des visiteurs sur L'Ivresse du pouvoir (1 au total)
Par : (n°19603) | Le : 22/02/2006 à 17:18:26 Critique :
| Je suis d'accord avec cette critique de l'obs, que je vous transmet:
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"Le blog des (multi)médias"
Tous les lundis, l’actualité des médias et du multimédia
Auteur : CLAUDE SOULA
Lundi 20 février 2006 - Laisser un message à Claude Soula
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Commentaire (1)
Les gants rouges
Chabrol et les média
Difficile de ne pas le savoir, ce mercredi sort un nouveau Chabrol, l’Ivresse du pouvoir. Pub sur tous les murs, omniprésence médiatique, et critiques extatiques partout, y compris dans l’Obs. Tout le monde sert la soupe à Chabrol (je n’ai pas fait exprès, celle la, je n’aime pas l’almanach Vermot).
Cet amour chabrolien tous azimuts en devient indisposant. Pourquoi les critiques de cinéma se pâment ils ? Parce que le fond de l’histoire ne les intéresse pas ? Parce que le message leur échappe ? C’est sans doute parce qu’ils n’ont jamais lu un seul article sur l’affaire Elf qui a inspiré le film dans ses moindres détails. C’est vrai ça, quand on aime le cinéma, on ne s’intéresse pas à l’économie ni aux affaires, c’est trop sale. Donc Chabrol nous raconte l’histoire d’Eva Joly et de son face à face avec Le Floch Prigent, et Chabrol n’a pas beaucoup aimé Eva Joly, qu’il rebaptise la juge Charmant-Kilman ( pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais, Kilman veut dire Tueuse), ce qui n’est pas trés fin. En présentant son film, Chabrol a dit en riant que Huppert avait voulu l’appeler La femme aux gants rouges, ou les gants rouges, je ne sais plus…Normal, puisqu’elle ne quitte jamais ses gants rouges pendant le film, - rouges comme la mort qu’elle inflige bien sur, sans trop y toucher- et ce n’est pas très fin non plus comme symbole. C’est même lourdaud. Dans le film, la méchante c’est elle, celle qui tue –ou presque- son mari, alors que les vrais méchants n’osent pas la tuer, elle…Si un metteur en scène moins « chic » que Chabrol avait utilisé un symbole pareil toute la presse lui serait tombée dessus, mais la, c’est Chabrol, donc ça passe !
La thèse du film, c’est que le monde est mauvais, donc qu’il est inutile de l’améliorer et que ceux qui veulent agir ont forcément de mauvaises raisons pour le faire…Donc, cette malheureuse Eva Joly devient une petite intrigante qui a épousé le fils de famille et l’oublie pour s’occuper de sa gloire à elle. Et le film oublie complètement d’expliquer aux spectateurs quel courage cela supposait de s’attaquer à l’establishment français, à cette société corrompue et corruptrice qu’était Elf. Le film préfère en rire, et critiquer Eva Joly…( je caricature un peu bien sur, car Chabrol n’est pas idiot, il ne condamne pas totalement son Eva Joly-Charmant, mais c’est quand même le fond du film.). Donc, voila, nous vivons dans un pays où tout le monde applaudit Chabrol qui condamne un Juge qui a eu le courage d’affronter le monde de la corruption, sous prétexte que ça ne sert à rien. Chabrol est un anar de droite, et la Juge Eva Joly avait sûrement des mauvais côtés, mais faire un film qui nous montre son mari en train de se noyer, sans qu’elle ne dévie de son enquête, est-ce élégant ? Elle a quand même tué Elf et déstabilisé à jamais quelques hommes politiques corrompus, ce n’est quand même pas inutile quand on aime la démocratie, non ? ( En plus, Chabrol s’est inspiré de deux livres, ceux de Airy Routier, qui dépeignait déjà Eva Joly en quasi furie et celui de Marie-France Etchegoin, sans les citer au générique et ça c’est pas bien).
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