Film Un amour a New York de Peter Chelsom
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Critiques : Un amour a New York



Critiques des visiteurs sur Un amour a New York (1 au total)
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       Par : secretdenfance (n°18909)
    Le : 15/12/2004 à 16:38:25
    Critique :
    En dépit des critiques massives émises sur ce film, mes ressentis sont plutôt enthousiastes et je vois en « Un amour à New York » une romance, une comédie romantique pleine de bons sentiments, irréductible et de surcroît, convaincante. Le thème majeur du scénario est le sentiment amoureux entre deux êtres vu sous un coup de foudre puissant et enivrant et l'amour est un sentiment tellement reconnu, tellement admis qu'il n'est en effet guère nécessaire d'en faire l'éloge, ni même de démontrer qu'il en est une. Pourtant, la sobriété de ce film et son élasticité ne laissent pas de marbre et plusieurs domaines sont ciblés, pour le plus grand intérêt de chacun et pour les plus grandes réflexions existentielles admises.

    En quelques mots, ce film de Peter Chelsom met en scène un homme et une femme, Jonathan et Sara, sous le signe d'une rencontre, un soir de Noël dans un magasin. Tous deux se découvrent, se regardent, se parlent, se sourient, et Jonathan est désireux de garder contact avec cette demoiselle dans le cadre d'une relation plus poussée, et plus intimiste. Charmée et séduite, Sarah décide de poursuivre cette histoire potentielle si le destin s'en mêle et elle s'en remet à chaque signe de la destinée : elle inscrit ses coordonnés dans un livre qu'elle revendra dans le négoce, lui, note son téléphone sur un billet de cinq dollars et le hasard est mis en jeu ensuite. Dix ans plus tard, les deux personnages ont fait leur vie amoureuse de leur côté et sont sur le point de se marier, mais chacun repense à cette rencontre magique, à ses degrés d'intensité élevés , à ce trouble puissant du coup de foudre, comme si Jonathan ou Sara ne pouvait plus se passer de l'un et de l'autre ? Que va t'il se passer et comment vont évoluer les personnages ? Le destin va t'il les rapprocher ou est ce trop utopique pour y croire ? Suspense ?

    Si ce film peut présenter des moments niais ou à fleur de peau exacerbés, il va sans dire que l'on s'identifie aux personnages, dont on suit avec plaisir et intérêt l'évolution. On apprécie la forme sensuelle de leurs expressions, le feu du regard, leurs sourires, et la poésie romantique dans cette comédie laisse entrevoir une plénitude certaine qui rapproche encore plus les deux protagonistes.
    Le décor en effet joue un rôle essentiel dans cet aspect romantique : nous sommes en pleine période de fêtes, la neige tombe, diffusée du charme des éléments naturels et les illuminations diverses parsèment l'ensemble d'une élégance sublime tels que jeux de lumières, lueurs radieuses, étincelantes, brillantes, récréatifs du regard.

    L'émotion est donc à son comble, doublée de quelques passages humoristiques pour rafraîchir le spectateur et nous assistons à un réel enchantement devant la découverte oppressante et les péripéties des personnages : le c'ur bat à la même vitesse que le rythme du récit et les signes du destin sont relativement bien mis en scène et ancrés dans un scénario recherché, travaillé et original. La réalisation quant à elle demeure plutôt sobre, mais les mouvements de caméra demeurent suffisants pour filmer ce qu'il doit être filmé : une expression faciale nostalgique ou pleine d'amertume, des lieux, des gestes, tel ou tel symbolisme caractéristique à chaque instant. Ni trop, ni moins'l'idéal somme toute.
    On retiendra également certaines visions aériennes enchanteresses comme New York et ses buildings, la vie de la métropole, Big Apple et d'autres endroits spécifiques propres aux personnages : patinoire, parc, magasins et autres.

    Enfin, que serait ce film sans la prestance délicieuse des personnages, qui ne sont autres que John Cusack et Kate Beckinsale.
    On connaît John pour le très bon « High Fidelity », mais également pour « Dans la peau de John Malkovitch » et « Minuit dans le jardin du bien et du mal ». Plus en forme que jamais, l'acteur apparaît comme un amoureux transi dans ce film, sentimental et sensible et il représente le grand pourchasseur de ses rêves, à la recherche de l'absolu. L'attitude de ce personnage est très énergétique, acharnée et il est vraiment tiraillé par le souvenir de cette jolie et agréable femme. Il décuple donc ses forces dans la proportion du temps qui passe, et de la vitesse approchante de l'heure fatale de son mariage. La pensée de Sara lui apparaît comme une sorte de breuvage fortifiant et tonique, un perpétuel encouragement vers l'action.
    Jonathan ne désire pas fuir cette occasion de tentation, mais il n'est pas pour autant un homme frivole ou manipulateur : autant viril que romantique, il sent en lui ce cuisant coup de foudre et laisse agir son c'ur malgré son contexte sentimental. Certains passages demeurent bouleversants au sein de l'intrigue, et notamment, les espérances perdues du jeune homme. Pourtant, il n'abandonne pas et se consacre tant et plus à la recherche de Sara, tel un esprit sensible pour qui la beauté et la sympathie naturelle sont la promesse du bonheur. Bonheur oui, et raison suprêmes ! Ce soleil dont l'intensité absorbe tout autre vision ! Mais Sara est là, trouble le miroir de la pensée de Jonathan, et ce dernier reste un ambitieux triste, un illustre malheureux, chatouillé par l'inspiration de cette femme, des sentiments vrais, où la passion et la morale l'emportent sur le reste.

    Il en va de même pour Sara, alias Kate Beckinsale, vue bien entendu dans Pearl Harbor pour sa subtile interprétation. Cette actrice ? outre sa grâce naturelle, sa beauté et son charme ? possède ce pétillant dans les yeux qui fait vraiment craquer les âmes masculines. Sara a tout pour être heureuse à son tour : psychologue de son métier, ravissante, casée avec un artiste, elle repense toutefois à cet homme qui l'a tant marqué l'espace d'une rencontre bien furtive. Son âme dans ces moments là ne raisonnait pas, mais vivait et jouissait et sa voix intérieur la pousse également à rechercher cet être masculin. Les souffrances salutaires du souvenir ont leurs charmes, et dans l'enivrement de la rêverie, on trouve parfois un soulagement et surtout l'énergie nécessaire pour accomplir son dessein.
    La puissance du souvenir est en effet rigoureusement peinte dans la vision rétrospective des deux personnages : lors de cette entrevue chacun se souviendra de l'air le plus attendri et le plus onctueux des personnages, de cette candide désolation ( plus prononcée chez Jonathan), et enfin, le silence classique de l'émotion. Le plus délicieux est la notion d'espérance qui meuble ce film à tout instant : la vraie sagesse consiste moins à maudire qu'à espérer et sans le don de l'espérance, comment pourrions-nous traverser ce hideux désert de l'ennui et de la nostalgie foncière et fugace ( et expectative ! ) ?
    L'esprit des personnages est noble, beau, délicat . Plus un esprit est délicat, plus il découvre de beautés et de charmes originaux ; plus une âme est tendre et ouverte à l'espérance, plus elle trouve dans l'autre de motifs d'élans amoureux ?

    Pour conclure, dans une atmosphère songeuse, enivrante , des grands jours, ce film est une comédie romantique qui nous berce et qui laisse puissamment parler le transport des changes des personnages. Emu au contact de la volupté du souvenir, attendri par l'attitude et les états d'âmes des personnages, il demeure à chacun d'aimer ce film ou non. Je conseille « un amour à New York » pour sa musique bouleversante et émouvante aux moments clés et plein d'amertume, pour le jeu des acteurs, pour les personnages attachants et plein de sincérité, et tout simplement, pour les âmes sensibles et réceptives qui aspirent aux belles histoires et aux émotions puissamment diffuses. Un film qui a engendré bon nombres de critiques, mais chacun ses critères de sélection et puis après tout, les goûts et les couleurs ?
    Merci pour votre attention, et bonne continuation.


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