Critiques des visiteurs sur La Chute (25 au total)
  Par : (n°20091) | Le : 14/03/2008 à 08:48:31 Critique :
| Bon film montrant toute la complexité de l'Allemagne Nazie, du pouvoir et de l'emprise d'Hitler sur le peuple Allemand et sur son armée.
| | |    Par : (n°19351) | Le : 10/10/2005 à 13:07:41 Critique :
| comment peut-on reprocher à ce film de montrer hitler en tant qu'être humain. hitler n'est pas un extra terrestre ni un monstre ni un revenant. C'était un Homme. Et un Homme a des émotions.
Ce film montre vraiment la folie d'un assassin... il faut voir
| | | Par : (n°19101) | Le : 19/07/2005 à 20:01:04 Critique :
| Ce film est un vrai hommage à Hitler ! Quand il meurt, le bunker est triste et la mise en scène est telle que qu'il devient presque émouvant ! Il a tout de même engendré la mort de millions de gens, mort par torture physique ou/et mentale !
Seul point fort ; les décors sont réalistes et on est dans la tête des personnages, un peu trop (?).
| | |    Par : (n°18964) | Le : 08/06/2005 à 03:04:30 Critique :
| Ce film est a la fois un pari risqué et audacieux. Tout premièrement risqué car Hitler est montré comme un humain et audacieux puisque ce se sont les allemands qui ont fait le film et non les américains. L'interprétation est vraiment bonne et la réalisation, quoique classique, est efficace. L'un des avantages du film est possiblement le fait que la guerre est montrée d'une façon plus réaliste que dans les films américains du genre. Elle montre beaucoup plus la souffrance des gens que des combats aux effets spéciaux impressionnants. Cependant, quelques scènes sont inutiles et longues. A voir ne serait-ce que pour mieux comprendre l'une des pages les plus noires de notre histoire!!!
| | |    Par : (n°17806) | Le : 07/03/2005 à 21:08:21 Critique :
| Ce film sur les dernières heures d'Adolf Hitler et ses compagnons est terrifiant. On lui a reproché de montrer Hitler sous un aspect humain, c'est justement en cela que c'est effrayant, de voir jusqu'à quel point un homme peut aller. Il est pour cela interprété magistralement par Bruno Ganz qui fait une composition saisissante du personnage. Tout est fidèle à l'idée que l'on se fait d'Hitler et à aucun moment il n'apparait comme quelqu'un de sympathique mais au contraire comme quelqu'un de foid et sans pitié pour qui que ce soit. On est alors fasciné non pas pour le bonhomme en lui-même (difficile de faire plus désagréable que lui!) mais pour la façon dont il en est arrivé là! Comment est-ce possible? Le reste de la distribution est au diapason, nottament l'acteur qui joue l'ignoble Goebbels qui est parfait. Ce film est tout sauf une apologie du nazisme. On peut cependant regretter l'histoire de la secrétaire qui apparait comme une héroine alors qu'elle a participé à toutes ces horreurs (elle n'était pas au courant soi-disant, à d'autres...). Cela nuit un peu à la force du film et diminue son intérêt, surtout après la mort du fuhrer. Le film est donc un peu trop long vers la fin.
En espérant bien entendu que l'ensemble des faits relatés soient exacts, c'est un document à voir pour se rendre compte de la cruauté et du manque total de compassion des partisans du parti nazi.
| | |    Par : (n°17404) | Le : 21/02/2005 à 17:22:58 Critique :
| Tres bon film pour montrer la position et le dechainement d Hitler et de ses compatriotes jusqu'au dernier moment. Tres bon documentaire. Mais, par moment je trouve que c'est lent, ca manque parfois de rebondissements, et l'on reste un peu sur sa fin. Sinon excellent tournage et casting
| | |     Par : (n°16858) | Le : 30/01/2005 à 14:39:49 Critique :
| superbe film relatant la vie d hitler ainsi que la montee du nazisme .realisation trs bonne et les acteurs sont formidables.on se croirait dans un film documentaire
| | |    Par : (n°16830) | Le : 29/01/2005 à 17:40:23 Critique :
| un film tré réaliste tré intérésent
| | |     Par : (n°16828) | Le : 28/01/2005 à 23:48:16 Critique :
| On va bientôt tout savoir sur Adolf Hitler. Le personnage est si fascinant et en même temps si terrifiant que les rares films qui abordent le dictateur par le biais de l’Histoire et du réalisme (on oubliera donc par exemple "Le dictateur" de Chaplin) s’attaquent à seulement un moment particulier de son parcours, car il serait difficile (voir impossible) et extrêmement risqué de raconter toute sa vie en un seul film. Ainsi, récemment, "Max" de Menno Meyres nous montrait comment les terrifiantes ambitions de l’homme sont nées de son échec dans le domaine de l’art. "Hitler, la naissance du mal" de Christian Duguay nous décrivait son ascension au pouvoir. Et une multitude de téléfilms se rapprochait du personnage et de ses méfaits (le bon "Nuremberg", par exemple, avec Brian Cox dans le rôle de Göring). Et voilà "La chute" d’ Olivier Hirschbiegel, qui, à l’inverse du très bon téléfilm de Christian Duguay, illustre avec réalisme les dernières heures d’Hitler et du deuxième Reich (un peu comme Mel Gibson illustrait les dernières heures du Christ dans "La Passion du Christ", mais mieux vaut éviter la comparaison, ce serait indécent à tout point de vue). Le téléfilm avec Robert Carlyle dans le rôle titre n’avait pas déclenché de polémique, d’abord parce qu’il n’était pas allemand mais anglais, ensuite parce que Hitler y était assez caricaturé, confortant le public sur l’idée qu’il avait de lui. De plus, Duguay gardait une certaine distance avec son sujet, ne décrivant Hitler qu’au travers de son parcours, de ses idées, ce qui, forcement, le rendait bel et bien détestable comme ce qu’on s’attendait à voir. Le réalisateur et le spectateur n’avait aucune intimité avec le monstre et ne s’en approchait pas, "Hitler, la naissance du mal" étant plus un téléfilm purement historique (à ce titre, il est passionnant) qu’une approche ou qu’une étude du personnage. Donc le téléfilm et le sujet passèrent comme une lettre à la poste (mais peut être que cela aurait été différent si il était sorti au cinéma), ne déclenchant aucune polémique. Contrairement à "La chute", qui s’attache (et s’attaque) à Hitler comme jamais aucun autre film ne l’a fait.
Il a été reproché au film qu’il « humanisait » un Monstre comme Hitler. C’est exactement cela ! Et c’est bien ce qui rend le film exceptionnel. « Humaniser » un tel homme revient à le ramener au même niveau que n’importe quel être humain, et donc de le rendre encore plus terrifiant. Oui, c’est bien un être humain qui a quasiment dominé le monde et qui est responsable de la mort de millions de personnes ! Le fait de se rapprocher de lui permet de constater à quel point il fut une ordure, et de constater que finalement, il n’y a pas tant d’humanité que cela en lui. Sa femme Eva Braun confiera d’ailleurs dans le film, peu avant de se suicider avec lui, que ça fait 15 ans qu’elle le connaît, et que finalement elle en sait si peu sur lui. Hitler lui-même refuse l’humanité, il le dira mot pour mot dans un des dialogues édifiants et terrifiants du film. En effet, plus que par ses actes (finalement peu nombreux dans le film) ou par son apparence, c’est par ses paroles que l’on détecte le Monstre, à travers des scènes pétrifiantes. Lors notamment d’un dîner dans le bunker avec quelques uns de ses généraux, ou Hitler y fait un monologue abominable ou on l’entendra dire refuser toute compassion ou toute pitié pour les faibles, il ira même jusqu’à justifier ses idées et ses actes en comparant les êtres humains aux singes !! Terrifiant aussi d’entendre de lui autant de mépris envers son propre peuple (il souhaite même sa mort) et ses propres alliés. Dans ce film, Hitler n’agit que par la parole, c’est d’ailleurs par ses qualités effrayantes d’orateur qu’il est venu au pouvoir. Toute l’horreur passe dans les dialogues, dans les mots, alors que l’horreur qu’inspire Hitler avait jusqu’ici toujours été illustré par ses actes, par des images (camps, cadavres, guerre et autres atrocités). Dans "La chute", Hitler, enfermé dans un bunker tout au long du film, ne fait rien et ne peut rien faire. Il ne peut que parler et constater petit à petit sa défaite. Le film nous montre sa perte du pouvoir (même ses généraux commencent à ne plus exécuter ses ordres), mais pas sa perte d’influence. Influence qui éclatera après la mort d’Hitler, car le film ne s’arrête pas à son suicide…On ne peut donc bien parler d’humanisation, dans le sens ou l’on est très proche du personnage, de l’être humain, mais cette humanisation est somme toute relative, puisque d’humanisation, Hitler n’en a plus beaucoup à ce stade de l’histoire. Jamais le spectateur n’approuve ce qu’il dit, jamais il ne s’apitoie sur lui, jamais il n’est triste pour lui. La compassion n’existe pas en Hitler, elle n’existe donc pas non plus chez le spectateur pour lui. Quand Hitler verse une larme, c’est parce qu’un de ses généraux vient de lui avouer que depuis quelques mois, il n’obéissait plus à ses ordres de destruction ! Quand Hitler embrasse sa femme, cela provoque plus de dégoût qu’autre chose. Et pourtant, Hitler est bel et bien au plus bas. Il n’est alors plus qu’une épave, le regard perdu comme la plupart de ses généraux. Il erre dans le bunker, affaibli, de plus en plus silencieux. On finit même par avoir l’impression qu’il est déjà mort, comme si c’était un fantôme, surtout depuis l’instant ou il parle de se suicider (« capituler ? Je préfère encore me tirer une balle dans la tête »). A partir de là, on sait qu’il le fera, on sait qu’il va mourir, et petit à petit, tous les autres personnages en prendront conscience, le spectateur aussi. Alors que jusqu’à cet instant, le film s’attachait aux stratégies de Hitler et de ses généraux et aux différents événements à ce moment (pas mal de scènes d’extérieur), présentant du même coup les personnages, "La chute" se transforme alors en une lente descente certaine vers la mort, justifiant ainsi son titre intelligent.
La polémique n’a donc pas lieu d’être, car on n’a jamais vu Hitler aussi terrifiant que dans ce film. Le Monstre est ramené à l’état d’humain et n’est jamais mis en valeur. D’ailleurs, les méfaits du personnage sont rappelés à la fin du film, juste avant le générique de fin, qui révèle aussi ce que sont devenus les personnages qui ne sont pas morts dans le film (le dernier commanditaire d’Hitler est mort en 2003 !!). Le plus fort dans tout ça, c’est que Olivier Hirschbiegel et son scénariste / producteur (Bernd Eichinger, producteur de "Le nom de la rose", "L’histoire sans fin" ou "Resident Evil", qui signe ici avec brio son premier scénario complet) ne portent aucun jugement ! Le sujet était extrêmement risqué, et ils ne font que l’illustrer avec réalisme et vérité. Certes, il n’y a pas à juger ou à prendre parti sur de telles atrocités (on aurait mal vu un film soutenant Hitler, prendre parti contre Hitler est évident), mais les auteurs évitent soigneusement et avec virtuosité le manichéisme si courant dans les films à sujets graves (on imagine mal ce que Joel Schumacher aurait fait d’un tel sujet, lui qui abordait déjà un peu le nazisme lourdement dans "Chute libre", tiens, encore une chute). "La chute" est un film neutre, qui montre, qui explique, qui dévoile, ce n’est pas à un procès dont on assiste, c’est à des événements, à une histoire. Il n’y a pas de scènes grand guignolesques dans "La chute", au contraire, le film est rempli d’humilité, de subtilité (et jamais prétentieux). La scène de la mort d’Hitler aurait pu être trash ou solennelle, il n’en est rien, elle est tendue et réaliste, comme le reste du film, qui nous prend à la gorge jusqu’au générique de fin. Un film superbement documenté, pas seulement concernant Hitler lui-même, mais aussi pour les autres personnages…
Olivier Hirschbiegel et Bernd Eichinger ont l’immense intelligence de ne pas prendre Hitler comme seul sujet. Ce n’est pas un one man show d’Hitler, loin de là. Ce n’est même pas un film sur Hitler. Comme l’indique le titre, c’est un film qui raconte la chute. La chute d’Hitler, certes, mais aussi, et surtout, la chute de son empire et des autres personnages. Car l’une des grandes qualités du film, c’est d’accorder autant d’importance à Hitler qu’aux autres personnages, tous réels. Et c’est à travers ces personnages qu’on décèle toute la dangerosité d’Hitler, personnage influent et manipulateur qui amèneront presque tout ces personnages à la mort, au suicide ! Influence qui explose lors du carnage qui suit la mort de Hitler, assurément la (dernière) partie la plus hallucinante du film. Car le film ne s’arrête pas à la mort d’Hitler, c’est même à partir de ce moment que la vraie chute du régime commence, chute violente et radicale, la preuve que Hitler n’est pas le centre du film, juste un personnage important qui va provoquer les événements qui suivent sa mort. Sitôt la mort de Hitler annoncée (elle n’est pas montrée à l’écran, laissant d’ailleurs un petit doute dans la tête du spectateur) commence un enchaînement de scènes tétanisantes, de suicides atroces, point culminant de la folie et de la passion qu’avaient les personnages envers Hitler (celui-ci avait fourni à la plupart de son entourage des balles ou du poison pour se suicider après sa mort, il fera même tuer son berger allemand avant son suicide, alors qu’il le considérait comme « plus intelligent que les humains » ). Le summum étant avec la famille de Goebbels, la mère endormant ses enfants (de force pour l’une des filles, qui semblait avoir compris !) pour ensuite les empoisonner un par un durant leur sommeil dans une scène presque insoutenable. Puis la femme de Goebbels se laissera tuer par son mari avant que celui-ci ne se suicide. La moitié des autres généraux ou commanditaires de Hitler se donneront la mort (ceux qui ne le feront pas se retrouveront à Nuremberg) dans des scènes qui laissent sans voix. L’un d’entre eux s’explosera avec sa famille à la grenade lors du repas, un autre se tirera subitement une balle dans la bouche. On assiste véritablement à la déchéance du deuxième Reich, à travers ces suicides, à travers les scènes qui montrent les Russes envahir la ville. A travers ces mines désabusées, à travers les regards perdus, hagards, à travers un Berlin complètement dévasté (comme le dit un des personnages, Berlin passe de « centre du monde » à « cendres du monde »), à travers une musique intense (proche de la musique de l’attaque du village de "La ligne rouge" par Hans Zimmer, en plus calme). Le bunker se vide petit à petit de tous ses occupants (cela devient même flagrant lorsque les deux derniers généraux se trouvant dans le bunker se suicident), jusqu’à devenir une sorte de tombe, une maison hantée (les cadavres de ces deux mêmes généraux seront recouverts par un voile blanc, tel des fantômes). Les personnages tombent ou disparaissent de l’écran un à un. La chute à laquelle on assiste dégage une intensité suffocante et un malaise presque aussi puissant que dans "Le pianiste" de Polanski (dans lequel on retrouvait d’ailleurs aussi Thomas Kretschman, également officier nazi dans "Amen"). Tous ces personnages, généraux, femmes et même enfants sont conditionnés par Hitler, ils dépendent de lui, du plus ignoble (Goebbels est aussi pourri que Hitler, c’est aussi l’un des personnages les plus marquants du film, lui et sa femme) au plus innocent (l’enfant qui tire au bazooka et décoré par Hitler lui-même pour avoir abattu 2 tanks !). Si la folie de Hitler est perceptible dans ses paroles, elle l’est aussi à travers les autres personnages le côtoyant. Beaucoup sombreront avec lui, seuls les personnages les plus terre à terre lui survivront. A ce propos, c’est sur ce point qu’il y a un petit bémol qui peut déranger : certains personnages ont clairement le rôle de "gentils", quand bien même ils sont du coté de Hitler. Je pense au diplomate (qui suivra tout de même Hitler dans son « suicide collectif »), au brave médecin, à Eva Braun (la femme de Hitler) ou encore à la secrétaire du tyran qui, dans le témoignage du générique de fin, avouera ne pas s’être rendu compte du mal qu’à fait Hitler et des conséquences de ses actes, ce dont on peut douter après deux ans de vie commune avec lui (elle a quand même écrit son testament !). Est-ce pour cela que les auteurs lui ont attribué le rôle du personnage référent, celui auquel le spectateur est censé s’identifier, devrait on dire l’héroïne de l’histoire ? C’est bien dans le traitement de ces quelques personnages secondaires, et non dans celui de Hitler, que le film dérange, parce Hirschbiegel et Eichinger veulent clairement les rendre attachants. C’est bien eux qui sont humanisé à outrance (particulièrement gênant pour la femme de Hitler, qu’on plaindrait presque), cela dit ces personnages restent intéressants et forts, et on ne peut pas reprocher au scénariste d’avoir caricaturé les personnages ou d’avoir voulu les rendre tous détestables, ça aurait été trop facile. Il y a sans doute effectivement du bon en certains d’entre eux qui, pour la plupart, n’ont jamais voulu être là et subissent le régime d’Hitler (comme le médecin ou le père du jeune enfant). Même certains des commanditaires de Hitler finissent par être complètement paumés (Ils désapprouvent le comportement de Hitler, traînent dans les couloirs du bunker le regard perdu, ils vont même jusqu’à se saouler alors que leur empire s’écroule autour d’eux), ce qui ne veut pas forcément dire qu’ils sont bons, mais ce qui prouve leur humanité. Ils ne sont que des pantins, volontairement ou pas. Le scénario sait quand même faire la part des choses. Tous les personnages dans le bunker sont complètement déconnectés de la réalité, de l’extérieur. Le bruit des bombes qu’on entend de l’extérieur est omniprésent dans le bunker. Le danger plane en permanence en même temps que la fameuse chute, progressive, avance inéluctablement.
Olivier Hirschbiegel était l’homme de la situation pour un projet aussi risqué. Son précédent film, l’excellent "L’expérience", illustrait, comme pour "La chute", un groupe d’humains enfermé dans un lieu lugubre et froid (le bunker de "La chute" s’apparente d’ailleurs à une prison). Cet enfermement (volontaire, tout comme les personnages dans "La chute") allait faire ressortir leur personnalité. Dans les deux films d’ Hirschbiegel, cet enfermement laisse place à des stratégies ignobles qui ont pour but le pouvoir. Certains personnages, innocents au départ, deviennent de véritables ordures. On pourrait comparer le camps des gardiens de "L’expérience" aux commanditaires d’Hitler dans "La chute", puisqu’ils ont le même objectif. Le camp des prisonniers dans le premier film peut même être assimilé à des Juifs dans un camp de concentration ! D’ailleurs, l’un des personnages troublant de "L’expérience", qui devient progressivement le grand méchant du film, est clairement une référence à la race arienne et au nazisme, le parcours de ce personnage pouvant même être comparé à celui de Hitler lui-même, par la façon dont il prend le pouvoir dans cette prison (et ce dans les deux camps). De même, les deux films ont leur personnage référent, le personnage qui observe, celui auquel le public s’identifie, à la différence que celui de "L’expérience", le prisonnier n°77, est un personnage actif, alors que celui de "La chute", la secrétaire, est un personnage passif. D’ailleurs, on peut voir en "La chute" une version passive de "L’expérience". Les deux films illustrent une action psychologique, une pression progressive subie par les personnages, destinée à un moment ou un autre à exploser, laissant place au carnage. Une pression qui laisse échapper la folie contenue dans certains de ces personnages, quand cette folie était déjà présente en eux (certains généraux de Hitler et Hitler lui-même dans "La chute", le fan de Elvis et le blond nazi dans "L’expérience"…). "La chute" et "L’expérience" sont des huit clos étouffant, mais aussi des films de groupe, qui poussent les personnages dans leur dernier retranchement. C’est aussi cela qui intéresse le cinéaste, c’est d’observer le comportement des hommes dans un contexte d’enfermement. On pourrait presque appeler cela de la télé réalité, d’ailleurs, "L’expérience" en est une virulente et extrémiste critique (beaucoup de scènes sont vues à travers des écrans de surveillance ou des caméras, dont celle du personnage principal). "La chute" serait il une vision historique de la télé réalité ? Non, rien à voir, les enjeux sont bien plus graves et cela n’a rien de divertissant. Là est la grande différence entre "L’expérience" et "La chute", c’est le traitement accordé à une même histoire, l’une fictive, l’autre réelle. "L’expérience" est un thriller directe et brut, notamment parce que les personnages sont caricaturaux (dans le bon sens du terme, le film étant globalement une satire déguisée, qui dit satire dit caricature), que l’histoire avance vite et sur une durée plus courte et que le cinéaste expérimente, se permettant des effets de caméra étonnant pour une réalisation assez stylisée (caméra à l’épaule, très mobile), "L’expérience" étant aussi un film destiné aux jeunes (d’où l’emploi de Linkin Park dans la bande son ou d’un jeune branché dans le rôle du héro). "La chute", c’est exactement le contraire : l’histoire prend son temps et les personnages sont au départ neutres : on finit par reconnaître qui est qui par habitude ou via quelques détails, car le film ne les présente pas au spectateur (à l’inverse de "L’expérience", ou le spectateur peut dés le départ s’attacher ou pas à l’un des persos), c’est comme si le spectateur n’existait pas, comme si il était un témoin invisible enfermé avec ces personnages. Les auteurs se fichent des préférences du public (d’ailleurs, faut il des préférences pour une telle histoire ?) mais n’ignore pas ce dernier pour autant. Par la réalisation et surtout le montage, le cinéaste finit par nous plonger littéralement dans le bunker, avec ces personnages, on finit même par se sentir presque physiquement présent ! On est pas loin de sentir les odeurs dans les couloirs, on ressent les mêmes sensations que si on y était vraiment, on est imprégné de cette atmosphère étouffante, mélancolique, désespérée et morne…L’immersion est totale, Hirschbiegel atteint le même exploit que Polanski avait accompli sur "Le pianiste", nous immerger totalement (mentalement ET physiquement) dans une histoire historique à échelle réduite (on est loin des grandes batailles des films de guerre), dans un contexte qui donne immédiatement mal à l’aise. Dans les deux films, l’évocation de la guerre se fait de l’intérieur (dans le ghetto ou dans le bunker). On en ressort pas indemne, marqué par les images, par ce qu’ont vécus ou ce qu’ont été les personnages (et par ce qu’on a vécu nous aussi), marqué par une histoire aussi forte et atroce que vraie, filmée avec délicatesse. La réalisation de "La chute" est sans artifices, calme. La caméra n’est pas un juge, elle est un témoin, elle est les yeux du spectateur. Elle illustre une histoire et ramène le spectateur dedans. Le cinéaste possède une maîtrise de l’espace étonnante et un sens du montage savant : malgré la multitude de personnages confinés dans cet espace clos, Hirschbiegel garde une cohérence rare, et c’est visuellement qu’on distinguera ces nombreux personnages (en une demi heure, on les connais tous). La première apparition de Hitler (ou plutôt la préparation de cette première apparition) ménage un certain suspense, mais les autres personnages sont intégrés naturellement au récit (certains se font d’ailleurs remarquer au bout d’un moment alors qu’il était déjà présent dés le début de l’histoire). "La chute" est aussi un pur film de personnage, un drame poignant, un film historique passionnant, un suspense tendu, un film d’horreur psychologique, un huit clos angoissant, un film d’atmosphère, un film de guerre stratégique (mais il y a quand même quelques scènes de guerre, dans les rares instants ou la caméra s’installe hors du bunker, dans des scènes d’ailleurs un peu moins intéressantes, mais tout aussi intenses)… "La chute", c’est tout ça et bien plus, c’est une expérience unique et marquante, c’est peut être le meilleur film sur le personnage de Hitler. Ni un film divertissant à grand spectacle, ni un film d’auteur intimiste, "La chute" trouve un parfait équilibre et nous montre l’horreur comme on l’a rarement vue, l’horreur psychologique poussé à l’extrême, l’horreur non physique mais mentale. Eprouvant et intense !
Et "La chute", c’est enfin le courage d’un comédien exceptionnel, le suisse Bruno Ganz, qui prend des risques et met même sa carrière en jeu en incarnant Adolf Hitler. Ce personnage risque de lui coller à la peau, en plus de sa ressemblance hallucinante et flagrante avec le dictateur, alors qu’avant ce rôle, on n’y aurait même pas penser, à voir sa tête sympathique dans les films de Win Wenders (il incarne un ange dans "Les ailes du désir" !) ou, récemment, dans le remake de "Un crime dans la tête". Jamais théâtral comme un Robert Carlyle, Ganz parvient à apporter une dimension supplémentaire à un Monstre souvent caricaturé. Il incarne le Hitler le plus terrifiant, le plus vivant et le plus crédible jamais vu au cinéma, et cette imposante interprétation (alors que Hitler n’est pas de tous les plans, loin de là) restera sans doute comme le rôle de sa vie ! Aussi bien dans les excès de fureur (impressionnant) ou dans les doutes (étonnant) de ce tristement célèbre personnage, le comédien est saisissant ! On se demande bien comment il a pu préparer un rôle aussi complexe et difficile. Les autres comédiens, quasiment tous allemand (dont de vraies gueules), sont tous formidables, il n’y a pas de petits ou de grands rôles, ils sont tous à niveau égal. On en oublie totalement les comédiens pour ne voir que les personnages, ce qui participe grandement à l’immersion dans l’histoire. On ne connaissait pas ces comédiens, et ils risquent pourtant de nous hanter longtemps, comme tout ce à quoi on assiste, impuissant, dans "La chute", assurément d’ores et déjà un des meilleurs films de l’année.
| | |   Par : (n°16807) | Le : 25/01/2005 à 01:08:54 Critique :
| tres bon film
| | | | Pages : |
|
Postez votre critique
Pour poster une critique vous devez être inscrit ou connecté en tant que membre Worldcinemag.com (gratuit).
Si vous avez déjà un compte connectez-vous ci-dessous :
Si vous avez un compte, mais vous avez oublié vos identifiants :
Si vous n'êtes pas encore membre, vous pouvez vous inscrire ci-dessous (gratuit) :
|
|
|
|
|
|