Critiques des visiteurs sur L'Equipier (8 au total)
   Par : (n°18464) | Le : 08/05/2005 à 20:35:22 Critique :
| Belle idée que celle du réalisateur de placer son histoire sur une ile,renforçant d'autant l'intensité des relations humaines.La tension dramatique est à son comble au fil de tout le long métrage.Il profite aussi du jeu des acteurs que sont Sandrine Bonnaire et Philippe Torreton.A voir absolument.
| | |    Par : (n°14028) | Le : 05/01/2005 à 05:07:37 Critique :
| Un beau film sur la solidarité contre l’adversité. Le trio d’acteurs principaux est convaincant et touchant. La mise en scène maîtrisée de philippe lioret et le cadre maritime ne gâchent rien.
| | |    Par : (n°13450) | Le : 03/01/2005 à 13:33:31 Critique :
| Le sujet ne semble pas forcément passionant à première vue mais finalement, on se laisse vite emporter par les émotions et par les superbes images de cette île. C'est un huis-clos à la fois émouvant et touchant, pleins de sensibilité, le tout accompagné par une pointe d'humour bienvenue. C'est un beau film et surtout une belle leçon... à voir !
| | |   Par : (n°11701) | Le : 23/12/2004 à 18:46:04 Critique :
| La star de L'équipier ce n'est pas la toujours belle et talentueuse Sandrine Bonnaire ni l'excellent Philippe "Captain Conan" Torreton, c'est le phare ! Phare, symbole phallique par excellence, autour duquel se trament des jalousies et autres déchirures provoquées par l'arrivée d'un "continental", en l'occurence Torreton. Servi par une bonne distribution et une réalisation inspirée, L'équipier nous plonge dans l'ambiance si particulière de cette île où l'action se situe dans les années 1960. Un bon film français !
| | |    Par : (n°7998) | Le : 15/12/2004 à 18:27:44 Critique :
| Ce film est émouvant, drôle et vraiment très bien. Je suis aller voir ce film dans le cadre du festival de Paris, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. En effet, un film sur un phare et après la guerre d’Algérie, je ne trouvais pas cela très enthousiasment mais ce film s’est avéré être touchant. Un homme arrive dans un petit village et bouleverse la vie de cette communauté. Il tombe amoureux de la femme de son coéquipier et seul vrai amis, mais à la fin tout s’arrange plus ou moins.
| | |   Par : (n°7552) | Le : 15/12/2004 à 02:17:58 Critique :
| Un film comme un tableau! Qui depeint a petites touches le lieu, les habitues du cafe, le cure, et les personnages de "cette maison". Car finalement c'est la Maison,avec un M majuscule qui est le lien de toute la trame, le personnage principal de ce film. Cette maison ou une jeune femme, effacee mais rayonnante, la trentaine, retourne avec sa tante pour ranger les dernieres affaires avant de la vendre. Une maison sur le palier de laquelle, elle trouve le courrier entasse depuis plusieurs jours ou semaines, dont un livre...le fameux livre. Ce livre qu'elle va ouvrir apres que sa tante soit partie se coucher. Un livre qui lui raconte l'histoire de sa mere, de son pere, et de son equipier de phare.
Les relations, les emotions, et les sentiments sont en demi-teinte, jamais franchement affiches dans ce trio ambigu fortement marque par la rudesse de la vie et de ce lieu venteux et.superbe de "l'ile du bout du monde", a l'extremite de la Bretagne.
Ce film est un huis-clos, surtout le flash-back. Pourtant le paysage est abrupt, ouvert, et aere...mais les personnages vivent presque ensemble, dans ce village ou tout se sait, ou tout se commente. Malgre ce paysage a perte de vue, la mer agitee et ecumeuse, le froid et la pluie, l'humidite, la proximite avec les elements, cette femme et ces deux hommes, animes de sentiments ambivalents, d'amitie, d'amour et de culpabilite, nous etouffent avec leur detresse, certes passagere. Car, finalement, le sentiment qui s'en degage est la generosite. Et on en sort baigne par cette emotion. Un autre scenariste ou realisateur en aurait fait un film pleurnichard ou melancolique. Ici les decisions, comme les actes, sont, comme le decor, brusques, parfois violents et destabilisants, mais beaux.
Une kyrielle d'acteurs vraiment remarquable, surtout Mabe,...euh Sandrine Bonnaire, un peu plus agee, un peu plus mure, quelques marques d'expression, et de plus en plus hypnotisante, magnifique et complice a la fois, delicate mais naturelle, fine mais habituee aux intemperies, etonnamment robuste!
L'histoire merite le silence. La trame a deja ete contee dans la plupart des journaux et tout le reste est l'ebauche d'un tableau. Il n'y a pas a discourir, c'est simple et beau, il suffit de regarder.
| | |    Par : (n°7197) | Le : 14/12/2004 à 16:06:19 Critique :
| J'ai eu la chance d'assister a l'avant premiere de l'Equipier au grand Rex a Paris. Je ne le regrette pas, c'est un film emouvant, touchant, drole, tres francais finalement, ou les sentiments et le rapport aux autres est dissequer le plus souvent brillament. C'est tout simplement l'histoire d'un homme, rejeté au début parce que différent, n'appartenant pas au milieu des gardiens de phares, qui, par son courage, sa tenacité, son humilité, se fait accepter. Une belle lecon d'humilité et d'humanité !
| | |     Par : (n°7137) | Le : 14/12/2004 à 14:20:53 Critique :
| Je me souviens du film « Mademoiselle » qui m’avait agréablement marqué, avec la présence de la très sublime Sandrine Bonnaire. C’est avec cette même actrice, et ce même réalisateur qu’est Philippe Lioret, que j’ai découvert « L’équipier », un film aux couleurs sensibles et aux accents multiples.
C’est l’histoire d’abord de l’Ile Ouessant située au bout du monde au fin fond de l’Ouest. Sur ces lieux se tient dressé le phare de la Jument, grande tour située au bout de l’île où sont présents depuis plusieurs générations guides et veilleurs. La mer est régulièrement déchainée, dangereuse et celui qui n’a pas connaissance du terrain peut risquer sa vie à tout moment.
La vie là-bas semble routinière, coutumière, les gens se connaissent tous et apparaissent fermés et méfiants en ce qui concerne la venue de personne étrangère.
Année 1963, un petit nouveau arrive, Antoine, sorti tout juste de formation pour être gardien de phare, et son statut de mutilé de guerre d’Algérie lui confère cet emploi « réservé ».
Arrivé sur cette terre, il est amené à faire équipe avec Yvon, un homme plutôt froid, insatisfait du manque d’expérience d’Antoine, prêt à le renvoyer et à rompre cette confiance…
Mais peu à peu, Yvon n’est pas si bourru qu’on le croit, et les efforts décuplés d’Antoine finissent par convaincre, et tous deux se lient d’amitié et d’affection.
Mabé, femme d’Yvon, n’est pas insensible au charme d’Antoine, et une relation commence à naître entre eux…
Dans ces petits domaines réservés, sorte de huit clos, comment va évoluer l’intrigue, tant au niveau d’Antoine, que de Mabé ou des gens sur l’île ? Antoine étranger, Antoine accepté ?
Le scénario est tout à fait habile et la cohérence est rigoureuse : le point de départ du film se situe dans le personnage de Camille, venue sur l’île pour vendre la maison familiale.
En ramassant le courrier, elle découvre un livre envoyé à sa mère intitulé « Mon bout du monde », écrit par Antoine qui raconte ce petit bout de passé...
De ce livre part l’histoire, l’intrigue, la thématique du film, et nous allons visionner cette tranche de vie pendant ces deux mois de présence d’Antoine…
L’histoire se focalise sur les ressentis de Mabé, d’Yvon, de Brigitte ( jeune femme fiancée à un soldat qui elle aussi, tombe sous le charme d’Antoine ) et des autres personnages qui se cotoient, qui boivent, travaillent, discutent ensemble. On respire l’air breton, tout en découvrant ce qui lie les personnages les uns aux autres, ce qui les unit et ce qui les oppose. Un scénario encore en huit clos qui montre le travail sur le phare, au milieu de l’océan, pendant deux semaines d’exil, où seule la radio permet de communiquer avec quelqu’un sur la terre ferme.
C’est aussi le parcours de cet Antoine, qui va être littéralement envoûté par Mabé, à la fois sensuelle et magique, dévouée à son mari, Yvon… Mabé semble tellement magique qu’elle fait pénétrer Antoine dans un univers où tous ses repères disparaissent peu à peu. Mabé mariée, Yvon le mari et collègue de travail d’Antoine, et ce coup de foudre naissant, Mabé et Antoine inscrits dans la période de tous les plaisirs et de tous les dangers.
Ce film intimiste est d’une grande délicatesse, les personnages semblent fragiles à leur façon, et l’histoire enchante et joue avec le cœur des spectateurs. Plus le film se dévoile, plus l’on ressent une surabondance des sensations et des perceptions de chacun, de leur montée en puissance…
Le point de départ du film semble être ce duo – Mabé et sa vie près du phare, et l’arrivée d’Antoine, deux vies parallèles…Le réalisateur choisit l’itinéraire d’Antoine, dont on ne connaît que très peu le passé, pour nous mener à leur intrigue commune.
Antoine est donc le personnage central, loin du rationnel, au cœur des sentiments les plus sincères qui puissent être.
« L’équipier » nous entraîne dans une bouleversante et mystérieuse histoire d’amour, par laquelle on s’identifie aux personnages, à leur problématique, leurs choix ou leurs doutes, mais cela n’est intéressant que si c’est à partir de DEUX points de vue.
Le scénario est assez construit, ce ne sont pas une succession de scènes, mais d’abord une histoire. Le film tient à ce que la force et le lien de la relation entre Antoine et Mabé – entre Antoine et Yvon, se manifestent avec naturel, simplicité, presque normalement, comme une évidence.
Au niveau réalisation, ce film fait penser à une œuvre d’art où le réalisateur, Philippe Lioret, capture le secret des êtres du coin des regards, au détour d’une tasse de café, d’une promenade en vélo, sur les envolées de charme entêtants.
On se centre énormément sur les visages, et surtout les yeux… Mabé offre ses yeux et berce par sa parole… Ces regards partagés ont cette chose extraordinaire qui amène l’échange, et qui est le sentiment d’aimer. Ce sentiment se met en place doucement, délicatement, attentivement, telle une attente qui n’en finit pas d’être remise au lendemain.
Au passage, de très jolis paysages, l’Océan agité, ce phare impressionnant, les éléments naturels…Sublime, tout simplement.
L’émotion est esthétique, la réalisation épate par l’image d’un regard incisif, l’agitation d’une tempête en mer, où la beauté et la poésie des éléments se mêlent. Au fil des saisons, le paysage change et les rapports entre les individus deviennent plus forts, plus complices. La caméra glisse superbement sur les paysages de l’Ile d’Ouessant, à notre plus grand plaisir visuel.
Dans ce film, le mot « présence » semble meilleur que le mot « amour ». Le mot amour est trop chargé de ce qui le complique très vite : jalousies, ressentiments et contentieux… Ici, Antoine affiche sa présence simplement, une présence symbolisant pour Mabé la forme pure de l’amour, tel un homme perçu d’une manière singulière et inexplicable, discret sur son passé. Cette présence se ressent une fois de plus dans ce jeu de réalisation efficace et de bonne facture : on ressent la présence d’Antoine et de Mabé par un de ses effets de côté – c’est un regard, une courbe du visage, une manière de marcher, un profil du corps et on est seulement pris sous le charme. C’est aussi une voix fluide, mélodieuse d’Antoine, une manière de lever le bras, de se retourner, de sourire. Il est de ces signes de reconnaissance, reconnus.
On assiste à un voyage intérieur des personnages, plus rien ne semble impalpable, telle une intime évidence. Le réalisateur distille les indices d’une séduction avancée, avec une certitude amoureuse déchirante et une détresse intérieure.
Même si tout doit rester officieux, l’impression reste sereine. Sereine ne veut pas dire nécessairement heureux mais plutôt homogène…
Enfin, il est bien des choses à dire sur le jeu des personnages. Celui d’Antoine ( Grégory Derrangère ) semble mal accepté au départ car sa sensibilité est violentée par des goûts différents, des saveurs étrangères et brutales, d’où le sens extraordinaire que peut prendre le temps en découvrant pas à pas, les réactions des personnages.
Le personnage d’Antoine est remarquablement interprêté, le mystère plane tout autour de lui, ce qui renforce cet effet de charme. L’incursion en la personne d’Antoine n’est pas sans rencontrer nombre d’obstacles, qui tiennent à des difficultés du moment ou à des réminiscences. Revenir en arrière, revenir dans le passé, c’est rencontrer les personnages et les souffrances de l’enfance…
La nostalgie touche donc le film, car même si celle-ci est discrête, elle interroge sur le passé d’Antoine, ce mot « nostalgie » rassemble tout ce qu’il y a en soi de fort, de complexe, d’irréprésible.
Et par cette histoire d’amour naissante, on s’attendrit sur la faiblesse des personnages qui invite à les dorloter, à mûrir leur envie d’agir.
Même dans le métier de gardien de phare, la bravoure est au rendez-vous : Antoine traverse les tempêtes qui ne vont pas manquer d’assaillir un être encore insuffisamment expérimenté.
L’émotion bouleversante suscitée par Sandrine Bonnaire est un véritable régal. Cette actrice dont le talent n’est plus à prouver est touchante de justesse et je la trouve admirable tout simplement. Tous les rôles lui vont et plus particulièrement les rôles un peu « graves », un peu torturés. A l’affiche également dans « le cou de la girafe », Sandrine Bonnaire s’adapte à n’importe quel rôle, sait parfaitement intégrer la peau de ses personnages, que ce soit dans la légéreté ou dans la gravité.
Petit bémol sur la prestation d’Emilie Dequenne, Brigitte dans le film séduite par le charme d’Antoine. Mademoiselle Dequenne semble surjouer son personnage ; les sourires ne sont pas francs mais trop poussés, et il semble se dégager dans son interprétation une impression de « trop », ou alors de « pas assez », ce qui pousse la comparaison avec ce si beau naturel de Sandrine Bonnaire qui conduit à la réussite. Emilie Dequenne est bien jolie, mais il reste quelques efforts à faire au niveau cinématographique…
Les personnages secondaires amènent leur pierre à l’édifice…
Finalement, un film où le souvenir prends corps et l’émotion se heurte à un scénario pétillant d’esprit, rayonnant d’intelligence, affolant de frissons. Ce coup de foudre est décidément éblouissement pénible.
Ce film ne semble pas avoir été fait pour raconter, mais pour montrer, avec les images du réalisateur, quelques mots et des silences bien sûr, surtout des regards.
C’est un film « beau », au regard paisible, constamment juste, aucun exhibitionnisme.
Le spectateur ressent une histoire dans une sensibilité à fleur de peau, d’autant plus intense que constamment freinée.
Un film d’une tranquilité et d’une violence intérieures, porté à bras le corps par un jeu d’acteur éblouissant de justesse.
5 étoiles…
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