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Critiques : The Assassination of Richard Nixon



Critiques des visiteurs sur The Assassination of Richard Nixon (4 au total)
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       Par : alain11853 (n°18313)
    Le : 23/04/2005 à 20:49:31
    Critique :
    Tiré d'une histoire vraie,le scénario de"The assassination of Richard Nixon"etait assez surprenant pour faire partie de la sélection"Un autre regard"du Festival de Cannes 2003.Avec justesse,et joliment aidé par le talent de Sean Penn,le réalisateur,Niels Mueller,nous plonge dans une Amérique ou les laissés-pour-compte ont peu de chances de s'en sortir.Mais ce premier long métrage n'est pas sans défauts.Certains y verront un hommage au"Taxi driver"de Scorsese.Malheureusement pour Mueller,il y a encore du boulot.Seule éclaircie:la présence de la belle Naomi Watts.
       Par : skeuwyk (n°14220)
    Le : 06/01/2005 à 02:17:52
    Critique :
    Film au scénario solide mais qui s’adresse à un public restreint (le sujet n’étant pas follement attirant). Sean penn mène le jeu du début à la fin (donc pour ceux qui ne l’aiment pas...) mais il manque un petit quelque chose pour que « the assassination of richard nixon » marque les esprits.
       Par : secretdenfance (n°14168)
    Le : 05/01/2005 à 23:28:33
    Critique :
    Un film porté et fondé sur la critique de la société américaine, en isolant l'existence d'un être, et en expliquant ses visions, ses gestes, ses paroles...

    Un film très solennelle, qui accroche, incisif, on en ressort réfléchi et douteur...

       Par : HellJohn (n°10188)
    Le : 21/12/2004 à 00:09:30
    Critique :
    Contrairement à ce que laisse penser le titre, “Assassination of Richard Nixon” n’est pas un film politique à la “Nixon” ni un thriller historique à la “JFK”. Il ne raconte pas comment le président des Etats Unis a failli être assassiné, mais comment un americain moyen en est venu à tenter de l’assassiner. Le titre aurait tout aussi bien pu être “L’amerique meurtrie”, puisque ce n’est pas Nixon que tente d’assassiner Sam Bicke, mais l’amerique, qu’il considère comme la responsable de tout ce qui lui arrive. Et il n’a pas tort. Et en cela, le film degage un certain malaise, pas par une quelconque critique sociale, mais parce qu’il parvient à nous mettre du coté de Sam, un citoyen que le contexte (lieu, epoque, evenement...) et son entourage vont detruire, le transformant en un illuminé qui va litteralement peter un cable dans la dernière bobine. Et c’est à ce moment que le malaise apparait vraiment, car tout le reste du film nous avait conditionné à apprecier ce personnage, à se ranger de son coté, à approuver tout ce qu’il dit, et on se rend compte petit à petit qu’on supporte et qu’on cotoie un tueur suicidaire, et même qu’on approuve ses actes jusqu’à l’irreversible. L’irreversible, qui finit bien par arriver ; le film s’ouvre sur le début de la scène finale, Sam sort de la voiture en emportant une arme, à partir de là on sait qu’il s’apprête à commetre l’irréparable. Mais ou, quand et pourquoi ? Le film va donc nous amener jusqu’à la suite de cette scène en nous montrant, disons même en detaillant, la transformation progressive de Sam, un homme reservé et déjà à l’origine pas forcement stable psychologiquement (mais qui l’est vraiment ?), detruit par la société d’alors, du moins c’est ce qu’on pense et c’est aussi ce qu’il pense lui, puisque on aborde toujours son point de vue, et seulement le sien. Là ou le bat blesse, c’est qu’on ne sait pas vraiment à quel coté le realisateur donne raison : d’un coté une Amerique egoiste se rapprochant des années Reagan (on ne reussit qu’avec l’argent), de l’autre un homme dérangé et mal dans cette Amerique. Si cette solution de ne pas choisir de camps et de faire que c’est “un tout” qui fera du personnage un tueur permet au film d’eviter dêtre trop engagé (ce qui l’eloigne donc d’un Oliver Stone), mais lui enlève de la personnalité (et les Oliver Stone en ont sacrement), lui donne un aspect neutre un peu ambigüe. C’est même à la fois une qualité et un defaut, l’ambiguïté amenant le malaise.

    Sam Bicke (melange logique de Sam de “I’am Sam” et de Bicke de “Taxi driver”) est un incompris. Son pays ne le comprend pas, lui ne comprend pas son pays, du moins le contexte de son pays, le contexte de la guerre de Vietnam, de Richard Nixon, de la mediatisation. En fait, ce n’est pas que Sam hait son pays, mais il hait ce qu’il est devenu. Pour lui, son pays est devenu mauvais, alors pourquoi ne le serait il pas aussi ? Une phrase qu’il prononce est particulièrement evocatrice à ce propos, d’autant plus qu’il la prononce seul : “il y a plein de gens bien dans ce pays, maestro. Mais à quoi ça sert, d’être bien en des temps pareils ?”. A ce moment là, on commence a comprendre ou il veut en venir, tout comme dans les scènes ou il insulte Nixon à la télé (Nixon : “nous devons crever l’abcès”, Sam : “C’est toi, l’abcès”...là on est sûr, il pense au meurtre). Il veut retablir le bien dans son pays, par le mal. Et le spectateur va le suivre sans le savoir, assister aux maladresses d’un personnage fragile mais attachant. Le spectateur va voir Sam se faire humilier par son entourage, ses proches, chez lui, à son boulot. Par sa femme qui l’ignore et le rejette (Naomi Watts, discrète, pour la seconde fois aux cotés de Penn après “21 grammes”), par son ignoble patron (épatant Jack Thompson, vieux de la veille vu dans “Furyo” ou “La chair et le sang”, et recement dans “Star wars episode 2”) et le frère de celui ci (deux personnages qui incarnent à eux seuls l’Amerique d’alors), par son propre frère (Michael Wincott, hallucinant en une seule scène !). Même ses enfants l’ignorent et ne le connaissent plus. Seul personnage qui comprend Sam, le garagiste noir Bonny (le bon Don Cheadle), son ami, qui fera pourtant les frais de la maladresse de Sam. C’est d’ailleurs lorsque Sam va vraiment se retrouver seul que son plan se met vraiment en marche. Alors qu’il cherchais à aider les autres (Bonny, sa femme, et même son patron), Sam, n’ayant alors plus personne à aider, se fera justice soi même, considerant son pays comme dangereux. Son acte commence d’ailleurs par le l’execution de son propre chien, qu’il adorait vraiment, comme si il voulait le sauver, le sortir du monde dans lequel il vit. Peut être est ce alors pour ça qu’il epargne son patron au dernier moment, le laissant vivre dans un pays dont il est l’image. En tout cas, c’est la solitude et l’incompréhension (car Sam est aussi un homme qui a du mal à se faire comprendre) qui vont mettre le mecanisme en marche chez Sam.

    La solitude du personnage est parfaitement retranscrite. Tout semble vide autour de lui, et même lorsque Sam semble être compris ou en phase avec quelque chose, c’est pour mieux faire ensuite tomber les désillusions (la scène ou Sam presente, plutot bien, son projet de transport de pneus). Même le spectateur n’est pas vraiment proche de lui, il n’a qu’un regard exterieur. Nous observons, impuissants (et en quelque sorte manipulés). Si Sam parle effectivement en voix off, ce n’est pas à nous (comme c’est souvent le cas), c’est à Leonard Bernstein, immense compositeur qui a definit une musique bien americaine, musique à travers laquelle le musicien parvient à traiter certains grands thèmes, celui de la condition humaine, celui de la foi perdue et reconquise. Ces thèmes sont bien sûr defendus par Sam, d’ou son attachement à cet homme. Si Bernstein etait alors encore en vie (il est mort en 1990), il est toutefois completement absent du film, de l’histoire. Sam se confie à lui intimement comme à personne, en l’apellant souvent “maestro”, mais le maestro lui même ignore completement l’existence de Sam, ne l’ecoute pas. Même quand on l’entend en voix off, Sam parle en fait seul, dans le vide, comme dans le reste de sa vie. Il n’a personne, ni même le spectateur. Même le realisateur semble l’isoler dans des decors délabrés et vide, dans les plans ou il est souvent le seul sujet, dans des scènes ou il est le seul acteur. Du coup, les autres personnages secondaires ne sont pas approfondis, mais ils ne sont pas vraiment importants, ils ne servent que de déclencheurs. Ce sont les boulons de la machine, et plus les boulons sautent, plus la machine se détracte, jusqu’a se retrouver sans aucune attache. La solitude de Sam provoque un vide abyssale effrayant, une sorte d’aseptisation aussi bien dans la forme (à la réalisation quasi-clinique s’ajoute une photo froide) que dans le fond (un perso principal souvent seul). Le réalisateur parvient à nous faire partager ce que ressent le personnage (solitude, frustration, deception), et c’est en ça que le film est plutôt retors, et là j’en reviens au debut de mon texte. Arrive alors la scène ou Sam commet l’irréversible, scène tétanisante par son réalisme, sa rapidité, par les effusions de sang brusques, par les cris, et surtout par les gestes de Sam, horribles. Seul un “Je veux pas mourrir” d’une victime fera comprendre, trop tard, à Sam qu’il s’est trompé, et nous rapellera à nous que Sam etait “un type bien”. Durant tout le film, Sam tente de faire le bien mais, dans sa maladresse et sa fragilité mentale, le fera toujours mal. Le bien par le mal, dans une société criante de vérité à l’ecran, d’ou le réalisme de l’ensemble, d’ou la logique dans l’enchainement des evenements., d’ou la peur qui nait.
    Si le film semble vide, ce n’est donc pas pour rien. Ce film est l’expression de la solitude. C’est un drame psychologique sur l’humain et l’inhumanité. Pas de pathos, le personnage en lui même est pathetique et pathologique, mais les situations ne le sont pas, elles sont graves, traitées avec justesse.

    La prestation de Sean Penn a été plutôt contreversée, tantôt encensée, tantôt rejetée. Pourtant, je trouve qu’elle s’aplique parfaitement au personnage, l’acteur s’efface devant lui, devient lui. Loin de ses compositions poussées de personnages pourtant similaires à Sam Bicke (“She’s so lovely”, “I’am Sam”...), bléssés (“Mystic river”, “21 grammes”, voir aussi ses trois films) ou de personnages destabillisés et violents (“L’impasse”, “Outrage”...), ce que deviendra Bicke, l’acteur effectue une performance prenante, aboutie, juste et en phase avec le personnage et le sujet. Après avoir vu le film, je n’imagine pas un autre acteur qui aurait pu prendre sa place dans la peau de Sam Bicke. Un personnage touchant, fragile, dont la maladresse et la naïveté (Sam est un homme simple) amusent parfois (cf la scène ou il vient proposer un autre nom pour une association black), de même que sa tendresse (cf scène du repas avec la famille de Bonny), mais dont les actes deviennnent effrayants tout en etant comprehensibles. Un personnage imprevisible auquel Penn, habitué des personnages imprevisibles, rend justice. Il faut aussi rendre justice à ce film, une experience marquante pour certains, chiante pour d’autres. Dans tout les cas il faut voir ce film pour se faire sa propre opinion. Il faut traverser cet aspect neutre, froid, pour pouvoir approfondir au mieux le film qui, comme le dit si bien l’accroche, raconte l’histoire d’un homme qui plonge peu à peu dans la folie. Aussi passionant que cela peut être chiant !




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