Après avoir pris la mesure du cinéma HK au niveau polar, les coréens s’attaquent (ce n’est évidemment pas le but...) au social « à la japonaise ». Et quand c’est kim ki-duk qui s’y colle, ça ne peut que faire mouche. Sa caractéristique froideur peut rebuter mais ce serait dommage de se priver de ce Samaria pour si peu.
Sur un théme assez glauque et dérangeant (la prostitution d'adolescentes), Kim Ki-Duk évite le voyeurisme qui mettrait mal à l'aise le spectateur. Il y a un grand contraste entre les réactions irrationnelles de la fille (dont les sentiments coupables lui font faire des actes incompréhensibles mais d'une grande humanité) et celles rationnelles du père (dont le désir de vengeance le pousse à commettre des actes répréhensibles mais compréhensibles). Le ton est mélancolique et contemplatif, le film prend son temps. On est ému, on ne sait plus quelle position adopter à la fin (difficile de juger). C'est encore une fois une belle réussite du cinéma coréen.
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