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Critiques : Man on fire



Critiques des visiteurs sur Man on fire (13 au total)
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       Par : alain11853 (n°17529)
    Le : 25/02/2005 à 21:46:29
    Critique :
    Réalisé par le frère de Ridley Scott,"Man on fire"est frappé du sceau familial.On ne fait pas du cinéma pour laisser le spectateur s endormir dans son fauteuil.De bout en bout,l action est intense.On regrettera les poncifs et les bons sentiments qui parsèment ce long métrage,mais il faut croire que ceux-ci sont indispensables pour qu un studio investisse dans une oeuvre de ce genre.Si Denzel Washington est une nouvelle fois excellent,la petite Dakota Fanning est époustouflante de justesse.A voir rien que pour ça.
       Par : Bou (n°17364)
    Le : 20/02/2005 à 18:18:37
    Critique :
    Ce film est pour moi émouvant, on suit le garde du corps. Cette amitie entre Pita et son garde du corps est sympathique. La fin laisse un froid dans le dos.
    C'est un tres bon film.

       Par : javalove (n°14847)
    Le : 07/01/2005 à 22:45:30
    Critique :
    Le film est très touchant avec l'amitié qui se crée avec Pita et son garde du corp ; la fin est assez triste mais c'est un bon film !!
       Par : ben010 (n°14762)
    Le : 07/01/2005 à 19:49:00
    Critique :
    Un film à deux vitesses ou la première partie plante le décors pendant un peu trop longtemps à mon gout et ou on a tendance a s'endormir suivi d'une deuxieme partie ou ca s'accélère très rapidement avec pas mal d'action! heureusement d'ailleurs...
       Par : skeuwyk (n°14012)
    Le : 05/01/2005 à 04:44:43
    Critique :
    Un film décevant et un rôle mineur car peu original pour denzel washington. Pas de juste milieu ni de traîtement en finesse, c’est du brut (normal, c’est du tony scott...). L’adaptation d’élie chouraqui est préférable.
       Par : dolus (n°12172)
    Le : 27/12/2004 à 00:21:14
    Critique :
    Un honnete polar de Tony Scott.
    Parfois peut être trop violent, il est très bien interprété par Denzel Washington qui sort de ses gonds dans la seconde partie du film.
    Mais personnellement, je pense qu'un tel acteur n'aurait pas du être employé comme un Rambo du troisième millénaire. Dommage

       Par : HellJohn (n°10169)
    Le : 20/12/2004 à 23:47:37
    Critique :
    Voici une critique comparative des deux adaptations de “Man on fire” réalisées respectivement par Elie Chouraqui et Tony Scott. Il est préférable d’avoir vu au moins un des deux films parce que beaucoup de choses sont révélées dans ce texte. Bonne lecture...


    Après le succès de “Top gun” en 1986, Tony Scott cherchais déjà à adapter le roman de A.J Quinnell, “Man on fire”, mais Elie Chouraqui, dont le dernier film remontait à “Paroles et musique” en 1984, l’a devancé sur le projet. C’est donc en 2004 que Tony Scott, apparement trés attaché par cette histoire, peut enfin faire son adaptation à lui.

    Il est interressant de constater à quel point une même histoire peut être racontée aussi differement par deux cineastes eux mêmes trés differents l’un de l’autre :
    Elie Chouraqui et Tony Scott sont partis chacuns dans des directions radicalement opposées. Le “Man on fire” du premier est basé sur l’emotion, celui du second sur les sensations. En resulte de grande differences que je vais exposer ici :

    Le rythme, tout d’abord et avant tout, qui se caracterise aussi bien visuellement que narrativement ; le film d’Elie Chouraqui est contemplatif, lent, alors que pourtant il dure une heure de moins que le film de Tony Scott (1:40 contre 2:35). Le scenario en patit forcement, et est du coup plus aseptisé, plus simplifié. Les scènes se suivent, mais on a pas vraiment le temps de s’impregner des personnages, de l’ambiance, et même de l’histoire. Tout va trés vite, alors qu’en même temps tout est trés lent. Le “Man on fire” du frère de Ridley Scott, grâce à sa durée plus consequente, nous devoile un scenario bien plus riche, certes moins subtil mais bien plus prenant et developpé ; les mêmes scènes vus dans le Chouraqui sont bien plus longues dans le Tony Scott (la scène de la mise au point entre le garde du corps et la fille dans la voiture). L’intrigue est étoffée, de nouveaux éléments font leur apparation, et les deux parties du film (l’avant et après kidnapping) sont plus complètes, donc plus passionantes. De grosses differences de scenario donc, qui influent sur le rythme.

    La narration utilisé participe aussi au grand fossé qui separe les deux films : L’effet de surprise et le suspense sont privilégiés dans le film de Scott, alors que le film de Chouraqui est plus axé sur la psychologie des personnages, sur les situations. Par exemple, dans le film de ce dernier, on apprend dés l’étrange scène d’ouverture que Creazy (Scott Glenn, dans un look trés Chuck Norris, mais version bon acteur) est mort. Son histoire nous est en fait racontée en flash back, et c’est Creazy lui même qui nous la raconte, via une voix off presente tout au long du film, surtout dans la première partie (la seconde etant plus axée sur l’action, donc peu de place pour une voix off). Creazy utilise pour cela ironiquement le “Il etait une fois...” et s’adresse directement au spectateur, lui devoilant ses craintes et ses pensées tout en restant trés mysterieux sur lui même. Le mystère est d’ailleurs un des elements en plus du film de Chouraqui par rapport à celui de Scott. En effet, malgré la voix off explicative (et parfois un peu lourde, il faut bien le dire), le film de Chouraqui est plus subjectif. C’est au spectateur de comprendre que Creazy est un garde du corps là pour surveiller une fillette (d’ailleurs, Creazy lui même ignorait au depart qu’il devait surveiller une fillette de 12 ans), ou de comprendre qu’elle se fait kidnapper, que Creazy veut la retrouver. D’ailleurs, sur ce dernier point, le traitement du scenario du film de Chouraqui contraste beaucoup avec le Tony Scott : le film de 1987 se deroule en Italie, et trés peu d’explications, voir pas du tout (juste un mot de l’inspecteur de police) ne nous sont donnés concernant ce kidnapping, la raison, le pourquoi du comment. Dans le film de Scott, l’histoire se deroule au mexique, là ou le kidnapping (le “rapt”) est un fait à la mode affolant et regulier, et c’est d’ailleurs un contexte important dans le film, qui s’ouvre carrement sur une scène choc d’exposition sur ce phénomène. Cela influe du coup sur le reste du scenario, notement sur un point majeur : chez Chouraqui, Creazy, en se reveillant, apprend que la fille a été kidnappée et sait qu’elle est en vie, il va donc tout faire pour la retrouver. Chez Scott, la fille est considérée comme morte (tout le monde y croit même le spectateur, parce que le phenomène du rapt nous avait conditionné à ça, en affirmant notement que 80 % des kidnappés etaient tués), Creazy (Denzel Washington qui, lui, se revêle avoir une ressemblance etonnante avec Denis Haysbert, ce dernier ayant déjà joué un garde du corps dans “Les pleins pouvoirs” aux cotés de...Scott Glenn !) ne va donc pas tenter de la retrouver, mais va se venger, jouer les anges exterminateurs. Là est la grande difference entre les deux personnages, l’un cherche la fille, l’autre venge la fille. La surprise finale des films en est alors modifiée : on apprend à la fin du “Man on fire” de Scott que la fille n’est pas morte, et à la fin du “Man on fire” (dont c’est d’ailleurs la seule révélation du film) de Chouraqui que Creazy n’est pas mort, faisant du film italo-français un film nettement plus positif. Mais je reviendrais un peu plus loin sur ce point.
    “Man on fire” de Tony Scott est donc basé sur l’effet de surprise et le suspense, à l’inverse du film de Chouraqui, mais tout en etant plus objectif. Tout ici nous est expliqué, le phenomène du rapt, les rouages du kidnapping et son deroulement (un peu à la manière de “L’echange” de Taylor Hackford), les details de la vengeance, les kidnappeurs (à peine esquissés dans le Chouraqui)...De plus, l’identité et la fonction de Creazy ne font aucun doute, elles sont claires dés le debut, via une première partie beaucoup plus longue que dans l’autre film. On sait d’emblée que Creazy est un garde du corps qui doit surveiller une petite (nettement plus jeune que la fillette du film de Chouraqui), lui même le sait (alors que l’autre Creazy n’etait pas au courant de sa clientèle), vu que son ami (Christopher Walken) lui a fait un long briefing dans la voiture qui les mènes à la villa (scène trés courte dans le Chouraqui, ou l’on a droit à trés peu de details). Les relations entre la fillette et son garde du corps sont ici exposées clairement, et elles evoluent devant nous, le film prenant le temps de developper ce point là (au moins une bonne heure, et même plus), alors que ces mêmes relations sont plus ambigües (à l’image du Creazy joué par Scott Glenn) dans le film de Chouraqui, et moins developpées (ils s’aiment, ils s’aiment pas, ils s’aiment...). On a le droit (chez Chouraqui) notement à une scène assez cruelle dans laquelle Samantha, alias Sam, parle trés durement à un Creazy faible et maladroit, mais il faut dire aussi que l’age de la fillette y est aussi pour quelque chose (plus agée que la fille du film de Scott), elle est plus mature. Pour revenir à l’effet de surprise du film de Scott, on avance sans en savoir plus que le personnage, à l’aveuglette, ce qui augmente le suspense (car on ne connait pas le destin de Denzel Creazy, contrairement au film de Chouraqui), suspense beaucoup entretenu par la realisation de Scott (nous y reviendrons). Il n’y a pas de voix off pour nous expliquer ce que Denzel Creazy pense ou ce qu’il veut faire, parce qu’on le sait nous même, ça se voit et c’est logique. La fille est censé être morte, sa vengeance est simple et directe, limite comprehensible (en cela, le film est trés manipulateur, il nous fait adherer au pire). Le suspense de ce film est egalement entretenu par une tension permanente. Par exemple, la scène du kidnapping de la fille dans le Tony Scott est d’autant plus forte et surprenante qu’elle etait attendue durant tout la première heure du film, le kidnapping etant posé dés le debut comme l’un des thèmes principaux de l’histoire, ce qui fait qu’on se demande sans cesse quand, comment et par qui la fille se fera kidnapper, et on sait qu’elle le sera. Dans le film d’Elie Chouraqui, cette scène arrive prematurement, presque à la va vite (auparavant, jamais le terme de kidnapping n’avait été abordé dans le film). L’effet est bien sûr surprenant (là encore c’est au spectateur de comprendre ce qui se passe devant ses yeux, alors que c’est trés clair dans le film de Scott), la scène arrivant subitement, mais celle ci manque de “choc”, même si elle est trés belle. D’ailleurs, le film de Chouraqui est un peu trop gentil pour un tel sujet, celui de Scott au contraire un peu trop mechant. Mais la vraie question, c’est quelle etait la meilleure manière de traiter un tel sujet, celle de Scott ou de Chouraqui ?

    Par les directions prises par les realisateurs, les deux films sont trés differents, notement parce que l’un est un drame, un film d’amour avant d’être un thriller, l’autre est un film de vengeance, un vrai thriller d’une violence etonnante, alors que pourtant ce sont les deux mêmes histoires. La vengeance, justement, qui justifie une telle violence dans le film de Tony Scott, même quand il illustre des scènes identiques au film de Chouraqui, comme celle ou Creazy tente de faire parler le premier kidnappeur en le menaçant de lui couper les doigts : une scène qui symbolise parfaitement la difference entre les deux films : en effet, là ou Chouraqui ne filme pas Creazy en train de lui couper les doigts (on ne sait même pas si il l’a vraiment fait), parce que ce Creazy n’effectue pas là un acte de vengeance mais une recherche, Tony Scott, lui, va jusqu’au bout, aussi bien visuellement que narrativement (une scène proprement hallucinante, ici transposée dans une voiture alors que la scène de l’autre film se passait dans les toilettes d’un cinema porno), parce que son Creazy n’a plus rien à perdre. Il tue le gars de sang froid, comme il l’avait prevu dans son acte de vengeance (il tue tout ceux qu’il pense êtres responsables de la mort de la petite), alors que l’autre Creazy, si il le tue aussi, le fait après avoir hésité, après avoir reflechi dans la salle de cinema à coté des toilettes de torture. Il ne l’a pas torturé avec sadisme pour se venger, mais en esperant retrouver la fille, et le meurtre qui s’ensuit doit être là aussi compris par le spectateur, qui peut interpreter cet acte de differente manière. Qu’a donc pensé Creazy avant de retourner dans les toilettes pour abattre directement cet homme ? On sait trés bien ce que pense Denzel Creazy puisqu’on sait qu’il veut tous les tuer, mais le Creazy Glenn est plus nuancé, plus reflechi (il tue d’ailleurs beaucoup moins, là aussi la durée du film est sans doute en cause). Et visuellement, Chouraqui se montre là aussi plus pudique, même si l’execution nous fait un petit choc (justement parce qu’on pensait qu’il allait l’epargner). Chez Scott, la scène est poisseuse, virtuose (d’autant plus que la scène se deroule dans un lieu minuscule, renfermé), et, encore une fois donc, objective (on nous montre tout, l’interrogatoire, les cris, le sang qui gicle sur le pare brise, l’execution...). Cette séquence represente bien les deux films chacuns. “Man on fire” d’Elie Chouraqui est un drame, une histoire poignante au traitement un peu transparent, trop rapide, qui montre l’attachement d’un garde du corps que le metier a rendu insensible à une petite fille vive qui ne demande que d’être aimée, et ce aussi bien dans la première partie que dans la deuxième (dés que Creazy est séparé de Sam, il va tout faire pour la retrouver, pour se rattacher à elle). C’est parfois trés “fleur bleue”, l’ambiance est lisse, avec une musique orchestrale (qui prend dans quelque scène des allures de romance !) et une photographie froide (et des decors franchement laids). Au contraire, le film de Tony Scott est violent, l’ambiance est glauque, moite, tendue, avec une bande originale tonique et dynamique, parfois agressive, et la photographie est composée de couleurs chaudes (et les decors sont ici exotiques, tout en donnant l’impression d’être dans une jungle dangereuse). Si le “Man on fire” de Tony Scott illustre le même thème dans sa première partie (une première heure touchante et drôle, mais ou le danger plane en permanence), il le pousse dans ses derniers retranchement dans la seconde, Creazy prouvant son amour en donnant la mort, et il serait même prêt à mourrir pour accomplir sa vengeance. Un acte suicidaire (d’ailleurs, la prononciation de Creazy rapelle beaucoup celle de Crazy, “fou” en anglais, ce n’est peut être pas pour rien), parce que Creazy n’a plus rien à perdre, alors que l’autre Creazy tient à vivre (malgré une scène dans le Chouraqui dans laquelle Creazy fera croire à un kidnappeur qu’il est prêt à mourrir avec lui en faisant exploser une bombe si ce kidnappeur ne parle pas, il s’averera que ce n’etait que du bluff) pour revoir la fille. On pourrait presque dire que Denzel Creazy compte retrouver la fille au ciel, lui qui est trés croyant (il lit la Bilble et la connait par coeur, ce point n’est pas abordé dans le film de Chouraqui), prenant quasiment la place de Dieu, punissant ceux qui meritent de l’être, qui que se soit (americains ou pas, puissants ou pas, il epargnera seulement une femme, et de justesse). Un traitement extremiste chez Tony Scott (de plus, son Creazy est trés porté sur la bouteille), un film jusqu’au-boutiste à tout les niveaux, macabre et tragique, qui renforce par sa violence les sentiments qui sont ramenés au même niveau que les sensations, en temoigne ce magnifique final presque à pleurer, qui voit Creazy se sacrifier pour sauver Sam, prenant sa place dans les mains des kidnappeurs qui lui feront sans doute subir le pire (Creazy en a butté beaucoup et a menacé la famille du chef). L’autre Creazy est “tué” à l’inssu de son plein gré, alors qu’il etait à deux doigts de retrouver Sam. On apprendra plus tard qu’il a survecu et qu’il correspond regulièrement avec Sam, ayant changé d’identité (officiellement, il est mort), etant desormais marié et père, en securité, heureux quoi. Un film positif, un happy end qui dilue un peu les emotions parce que pas assez fort. Le final de “Man on fire” de Tony Scott amène l’amour jusqu’a la mort, et là c’est trés fort. Les personnages eux mêmes ressemblent au film : dans le Chouraqui, Creazy est assimilé à un personnage du livre que lit Sam (le film est trés lineaire, il est d’ailleurs adapté d’un livre), alors que dans le Tony Scott, il est mis en relation avec un volcan (le personnage calme cache en lui une violence devastatrice, exactement comme le film, dont la première partie laisse place à l’explosion...jusqu’a ce que le volcan s’eteigne, que Creazy meurt). Des personnages trés symboliques, qui eux mêmes symbolisent leur film. Creazy Scott Glenn est passif, reflechi (comme le film, lent et plus d’”auteur”), Creazy Denzel est actif, extremiste (comme le film, vif et plus “de genre”). Ils influent sur le rythme, l’ambiance, la narration. Ces deux films reflètent le mental de leur personnage. Mais on en concluera que pour une histoire aussi forte, le traitement de Tony Scott est bien plus adapté, bien qu’il soit si extremiste et qu’il s’eloigne sans doute du roman d’origine (cela dit, je n’ai pas lu le livre, j’eviterais donc de rajouter dans cette comparaison le livre, ça serait en plus trop complexe), pas au niveau de l’histoire (plus complète, donc forcement plus proche du roman que celle montrée dans le film de Chouraqui), mais au niveau du traitement lui même.

    Mais cette difference se caractérise par la realisation. Visuellement, les deux films sont, comme pour le reste d’ailleurs, complement à l’opposé l’un de l’autre. Chouraqui est issu du journalisme (d’ailleurs son chef d’oeuvre “Harrisson’s flowers” fait trés documentaire), et ça se voit (les medias ont d’ailleurs beaucoup d’importance dans les deux films) : sa mise en scène est calme, posée, observatrice, faites de longs et magnifiques travellings, et une camera “à l’epaule” lors des scènes d’action (comme du pris sur le vif). Mais en general trés academique. Elle ne sert qu’a illustrer l’histoire et le fait d’ailleurs trés bien. Mais Tony Scott va plus loin. Pire, il atteint avec “Man on fire” les limites de son système. Issu du clip video (tout l’inverse du journalisme), Scott experimente au fur et à mesure que sa carrière avance, ses images devenant de plus en plus sophistiquées. Pour “Man on fire”, Scott nous jette à la gueule une veritable claque visuelle. Les mauvaises langues diront que c’est de la bouillie filmique à la Michael Bay, moi je dis que c’est presque du genie. La realisation est exactement à l’image du personnage, calme puis tourmentée, puis ultra violente et agressive (oui, les images sont agressives, elles nous frappent presque physiquement) lors des scènes d’action physiques ou mentales, physiques pour la scène de l’enlèvement (faites de quelques plans chez Chouraqui, frenetique chez Scott) ou celle du carnage au lance roquette (oui, ce Creazy est vraiment crazy), mentales pour la scène de la torture dans la voiture ou celle ou Creazy va prendre la famille du kidnappeur en otage. Scott ne fait pas n’importe quoi, il s’adapte à son sujet, le maitrise completement visuellement. La première heure, il etonne par la douceur de sa camera, par la justesse de ses plans, filmant au plus près les personnages qu’il rend attachant. Puis, traduisant ce dechirement entre tout les personnages (et pas seulement entre Creazy et la fille), la deuxième partie est visuellement ebourrifiante. Alors que Scott nous avait fait entrer dans son film pendant la première partie (assez longue pour qu’on soit absorbé par l’intrigue), nous voilà subitement plongé au coeur de l’action, du drame et de la violence. La realisation de Scott est immersive, elle sert le propos, active les sensations et decuple les emotions, rien que ça. Elle demande bien sûr un minimum d’effort, loin de la simplicité de la realisation de Chouraqui (simple mais belle), trop distante par rapport à son sujet. Complexe, son efficacité est aussi dû à un montage exeptionel et a des effets de style innovants, aussi variés que percutants, sans jamais être encombrants mais en etant toujours utiles. Par exemple, Scott aurait pu faire joujou longtemps avec le split-sceen, mais il ne l’utilise qu’une fois, quand la situation l’impose. Mais le plus etonnant dans cette demonstration d’effets visuels, c’est l’utilisation des sous titres, lorsque les personnages parlent une langue etrangère. Là ou le film de Chouraqui ne traduisait pas ce que disait les personnages lorsqu’ils parlaient Italien (c’est encore au spectateur d’imaginer), celui de Scott traduit exactement ce qu’ils disent, mais d’une façon telle qu’on se croirait dans une bande dessiné (en ajoutant à cela la stylisation des images et l’iconisation d’un hero proche du “Punisher” et des autres super heros vengeurs, on assiste veritablement à une bande dessiné, à un comic). Les sous titres traduisent les paroles, le rythme et le ton dans lesquels elles sont prononcées, l’importance et l’insistance qu’elles ont (un mot prend parfois tout l’ecran). Parfois même, dans la foulé, même lorsque les dialogues redeviennent comprehensibles, ils restent sous titrés, pour souligner l’importance de ce qui se dit et pour effectuer le changement de langue progressivement. C’est comme si on etait DANS la scène, comme si on assistait au dialogue. A ce titre, la scène de la torture dans la voiture est un monument, une scène à la fois chaotique et virtuose. Là ou certains realisateurs illustre le chaos en filmant n’importe comment (camera qui bouge de partout, qui vibre), Scott reussit l’exploit de le rendre lisible et de nous le faire partager, de nous le faire ressentir. La scène d’intro en est un bon exemple. Puis lorsque, vers le final, Creazy part et que le volcan commence à s’eteindre, la camera redevient comme avant, douce, attachée au personnage de Creazy, parce qu’il a retrouvé la paix. C’est exactement ce qu’est la realisation de Scott, un volcan. Celle de Chouraqui est un livre, comme je le disais precedement. Le personnage se melange à la narration et à la realisation, le tout ne formant qu’un. Le film EST le personnage, surtout dans le cas du film de Tony Scott, qui ne pourra pas faire mieux ou pire dans son prochain film que dans “Man on fire”. Il va falloir qu’il se réinvente, parce qu’il a atteint ici ses limites, de la plus belle manière qui soit, alors que dans certains de ces precedents films, sa realisation n’etait pas toujours justifiée (la fusillade finale de “Enemi d’etat” par exemple, baclée à l’inverse du reste du film). Ajoutons à cela une superbe photographie, et “Man on fire” est d’une beauté visuelle riche et inventive.

    Riche, le film de Scott l’est aussi beaucoup plus que celui de Chouraqui sur le plan du scenario. Celui de Chouraqui est signé par Sergio Donati et par le cineaste lui même, et celui de Scott est de Brian Helgeland, un cineaste qui, à l’image de ses histoires, va souvent au bout de ses idées extremistes (“Payback”, aussi une histoire de vengeance, “Chevalier”...oublions le raté “Le purificateur”, dont le seul point commun avec “Man on fire” est la religion du hero). Je ne vais pas detailler les nombreuses differences entre les deux histoires, mais les seconds rôles ont une grande importance dans le film de Scott, et presque aucune dans le Chouraqui.Le rôle de l’avocat tenu par Mickey Rourke chez le Scott a une grande importance, celui tenu par Jonathan Pryce dans le Chouraqui est quasiment inexistant (on ne le remarque presque pas, d’autant plus qu’il apparait trés peu). De même, le rôle du kidnappeur dans le Scott (je ne connais pas l’acteur) est bien plus etoffé que dans le Chouraqui (Danny Aïello apparait peu, mais quelle apparition !). Mais surtout, le rôle des parents (chez Scott, le père est incarné par l’exelent Marc Anthony, vu dans “A tombeau ouvert” et “The substitute”, et la mère est jouée par la magnifique Radha Mitchell, precedement dans “Pitch Black” et “Phone game”), crucial chez Tony Scott, est insignifiant chez Chouraqui (c’est à peine si on remarque la mère, Brooke Shield en plus !). Le perso de l’inspecteur fait beaucoup plus dans le Scott (ou il est interprété par Giancardo Giannini, vu aussi dans “Hannibal” realisé par devinez qui ? Ridley Scott ! Quelle coïncidence...) que dans le Chouraqui. Seul personnage secondaire d’une importance minimum dans la première version, le rôle de l’ami de Creazy (Joe Pesci vs Christopher Walken dans la nouvelle version, deux acteurs qui se sont illustrés par de grands rôles de mafieux), assez etrange (faut le voir peter un cable lorsqu’il chante) et impulsif (c’est bien du Joe Pesci, quoi). Chez Chouraqui, les deux seuls personnages vraiment importants, c’est Creazy et Sam (tiens, à propos, il y a un petit clin d’oeil au film de Chouraqui dans le film de Tony Scott : le chien de la petite s’apelle Sam !). Puis dans le film de Scott, il y a aussi des personnages importants ajoutés (la journaliste, jouée par la trop rare et precieuse Rachel Ticotin, souvenez vous, la brune de “Total recall”)Dans le “Man on fire” de 2004, tout les personnages sont importants, ils font avancer l’histoire et sont tous porteurs d’emotions. Mais ils faut aussi prendre en compte la performance incroyable des acteurs, des seconds rôles au premiers. la petite Dakota Fanning (vue dans “Le chat chapeauté”, “Mauvais piège” ou “Sam, je suis Sam”, et bientôt dans “La guerre des mondes” de Spielberg) est fabuleuse et cruellement attachante (d’ou le vide que l’on ressent lorsqu’elle nous quitte), Denzel Washington (de nouveau sous la direction du cineaste après “U.S.S Alabama”) est touchant, imosant (on ne l’a jamais vu comme ça), enfin humble et loin de ses recentes prestations grand-guignolesques (beurk, “john Q”, il incarne ici un bien meilleur John). Dans la version de Chouraqui, seuls l’immense Scott Glenn (qui a déjà cotoyé Denzel dans “Training day”, ou quand les deux Creazy se retrouvent...), qui joue souvent des rôles de protecteurs au lourd passé et qui a pas mal de realisateurs en commun avec Denzel (Zwick, Scott, Demme...), et la jeune Jade Malle se distinguent. A noter quand même dans les differences que dans le Chouraqui, Creazy entraine Sam à courrir plus vite (course à pied), et que dans le Tony Scott, il l’entraine à partir au coup de feu (à la natation), ce qui est là aussi representatif de ce que sont les deux films (le coup de feu est assimilé au metier de Creazy, la course à pied à ce que devra faire Sam lorsqu’elle sera en danger, courrir). Et enfin, le fait que le “Man on fire” de Chouraqui soit beaucoup moins long s’explique peut être par l’histoire, qui se deroule sur une periode beaucoup plus courte que celle du film de Tony Scott (qui fait plus “fresque”). Quoi qu’il en soit, le film de Tony Scott a tout juste bien qu’il risque de ne pas plaire à beaucoup de monde, alors que le film d’Elie Chouraqui tente, lui, de plaire au plus grand nombre. L’un est “trop”, l’autre “pas assez”, mais pour une telle histoire, c’est le “trop” qui s’imposait. “Man on fire” est l’un des meilleurs films de Tony Scott et l’une des meilleures prestations de Denzel Washington.
    Quand deux realisateurs ont une vision, une manière de travailler et un style completement different d’une même histoire, ça donne deux films qui sont l’exact opposé l’un de l’autre. Je vous conseille vraiment de voir les deux adaptations, c’est vraiment interressant.

    “Man on fire”, 1987, Elie Chouraqui : 3 / 5
    “Man on fire”, 2004, Tony Scott : 5 / 5

       Par : mahon (n°7955)
    Le : 15/12/2004 à 17:34:17
    Critique :
    ce film est très bien!de toute manière,tous les films où denzel washington a joué sont à voir absolument!en fait je trouve que ce film nous montre ce qu'il peut se passer parfois dans certain pays!très bon film intriguant
       Par : jejeb (n°7765)
    Le : 15/12/2004 à 13:35:37
    Critique :
    Film magnifique et prenant malgrès son scénario classique ! Denzel est super on en redemande !
       Par : dave123 (n°7175)
    Le : 14/12/2004 à 15:31:40
    Critique :
    Je suis allé voir ce film sans a priori particulier, l'affiche m'avait tout de meme interpellé. L'histoire est touchante, poignante. Denzel Washington a trouvé le ton juste, la fin, contrairement a beaucoup de films américains, me semble réussi, sans etre moralisateur.
    Pages : 1 2

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